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Audierne Polynésie Bretagne : Contes et légendes, Histoire. Minorités ethniques : Thai, H'mongs, Boni, Saramaca Civilisations disparues : Angkor (Camboge),Minoenne (Crète), Mayas et Aztèques (Mexique). Sud Maroc, Thaïlande

18 juin 1815 : Waterloo, morne plaine.

Jean Yves

 

La bataille de Waterloo s'est déroulée le 18 juin 1815. Elle s'est terminée par la victoire de deux armées : celle des alliés composée principalement de Britanniques, d'Allemands et de Néerlandais, commandée par le duc de Wellington, et celle des Prussiens, commandée par le maréchal Blücher, toutes deux opposées à l'armée française emmenée par l'empereur Napoléon Ier. Ci-dessous, carte Wikipédia :

 

 

 01Carte Wikipédia


Toutefois, les combats n'eurent pas lieu à Waterloo mais un peu plus au sud, sur le territoire des communes actuelles de Lasne et de Braine-l'Alleud. La bataille a souvent été appelée en France «bataille de Mont Saint-Jean», lieu plus précis de l'engagement effectif. En Allemagne, elle est appelée «bataille de la Belle-Alliance».

 

 

 

 

 

02Waterloo 002

 

 


Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le Lion de Waterloo n'est pas un lion Anglais, mais le lion des Armoiries des Pays-Bas créées par Guillaume de Nassau, prince d'Orange, (1533/1584).  Appelé également Guillaume le Taciturne, il est surtout connu pour avoir été l'initiateur et le chef de la révolte des Pays-Bas espagnols contre le roi d'Espagne Philippe II, fils de Charles Quint. Cette révolte, souvent appelée Guerre de Quatre-Vingts Ans, conduisit à l'indépendance des Provinces-Unies.

 

 

 

03lion

 


 

Guillaume le Taciturne est considéré comme le Père de la Patrie Néerlandaise. La devise du prince était : Je maintiendrai (en français dans ses armoiries).

 

 

 04Armoiries


 

 

La butte du lion à Waterloo a été érigée par les Hollandais de 1824 à 1826, à l'endroit même où fut blessé le prince héritier de Hollande,  Guillaume II, Prince d'Orange.

 

 

05Lion

 

 

 

Pour élever ce monument, on a raclé la terre sur le champ de bataille. Au milieu de ce tumulus de 169 m de diamètre, s'élève une colonne de briques de 41 m de hauteur qui supporte le piédestal du lion d'un poids de 80 tonnes et la statue elle-même qui pèse 28 tonnes.

 

 

 06lion


 

 

 

07lion

 

 

 

08lion

 


 

226 marches permettent d'atteindre le sommet.

 

 

09lion

 

 

 

010lion


 


À côté du Lion, se trouve un bâtiment circulaire : le Panorama. Il contient une peinture de 110 mètres de circonférence et 12 m de haut, réalisée en 1912 par le peintre militaire français Louis Dumoulin aidé d'autres peintres et représentant un panorama de la bataille. C'est à partir de cette fresque que j'ai réalisé quelques photos.

 

 

 

011Waterloo

 

 

 

Quant au déroulement de la bataille elle-même, je préfère vous renvoyer au récit fait par Victor Hugo dans "Les Misérables", deuxième partie du tome 1 : "Cosette", livre premier : "Waterloo". Extraits en italique.

 

 

 

012lionLion

 

 

 

Les ondulations des plaines diversement inclinées où eut lieu la rencontre de Napoléon et de Wellington ne sont plus, personne ne l’ignore, ce qu’elles étaient le 18 juin 1815. En prenant à ce champ funèbre de quoi lui faire un monument, on lui a ôté son relief réel, et l’histoire déconcertée ne s’y reconnaît plus. Pour le glorifier, on l’a défiguré. Wellington, deux ans après, revoyant Waterloo, s’est écrié : "On m’a changé mon champ de bataille".

 

 

013BelleAlliance01

 

 

La belle Alliance vue du sommet de la Butte du Lion

 

 

 

014BelleAlliance02 

 

 

S’il n’avait pas plu dans la nuit du 17 au 18 juin 1815, l’avenir de l’Europe était changé. Quelques gouttes d’eau de plus ou de moins ont fait pencher Napoléon. Pour que Waterloo fût la fin d’Austerlitz, la providence n’a eu besoin que d’un peu de pluie, et un nuage traversant le ciel à contre-sens de la saison a suffi pour l’écroulement d’un monde…

 

 

 

 

015EtatMajor

Etat major de napoléon à Waterloo : à gauche, le maréchal Ney, à côté de lui, Cambronne,

assis à droite, le maréchal Soult.


 

 

 

La bataille de Waterloo, et ceci a donné à Blücher le temps d’arriver, n’a pu commencer qu’à onze heures et demie. Pourquoi ? Parce que la terre était mouillée. Il a fallu attendre un peu de raffermissement pour que l’artillerie pût manœuvrer…

Supposez la terre sèche, l’artillerie pouvant rouler, l’action commençait à six heures du matin. La bataille était gagnée et finie à deux heures, trois heures avant la péripétie prussienne…

 

 

 

016Carte ancienne de Waterloo 11h15


 Carte ancienne de Waterloo à 11 h 15


 

 

 

Mais la bataille de Waterloo commence mal : d'abord, il y a Hougomont :

 

 

 

017Hougomon01

 Sur la droite de la photo, le petit bois.

 

 

 

La façon dont les attaques contre Hougoumont ont été menées a toujours été un sujet d'étonnement pour tous les militaires qui ont étudié la bataille. La seule explication plausible est que Napoléon et ses généraux ne savaient pas ce que cachait le bois d'Hougoumont. Ce n'est qu'au cours des combats qu'ils apprennent qu'il y a "des maisons, un village". Mais aucun d'eux n'a conscience de la configuration réelle de l'ensemble, un château et une ferme dont les bâtiments forment un rectangle…

 

 

 

 

 

 

018Hougomont02

 

On distingue le mur sur la droite de la photo.

 

 

 

 

Il n’y a de meurtrières qu’au mur sud, l’attaque principale venait de là. Ce mur est caché au dehors par une grande haie vive ; les français arrivèrent, croyant n’avoir affaire qu’à la haie, la franchirent, et trouvèrent le mur, obstacle et embuscade, les gardes anglaises derrière, les trente-huit meurtrières faisant feu à la fois, un orage de mitraille et de balles ; et la brigade Soye s’y brisa. Waterloo commença ainsi.

 

 

 

019Hougomont03

 

 


 

 

Vers quatre heures, la situation de l’armée anglaise était grave...

 

La bataille, pour Wellington, avait deux points d’appui, Hougomont et la Haie-Sainte ; Hougomont tenait encore, mais brûlait ; la Haie-Sainte était prise.

 

 

 020LaHayeSainte01

 


 

 021LaHayeSainte03

 

 

 

 

 

022LaHayeSainte02


 


Là où est aujourd’hui la grosse pyramide de terre surmontée du lion, il y avait une crête qui, vers la route de Nivelles, s’abaissait en rampe praticable, mais qui, du côté de la chaussée de Genappe, était presque un escarpement.

Le long de la crête du plateau courait une sorte de fossé impossible à deviner pour un observateur lointain.

 

 

 

023CheminCreux01

 


 

Qu’était-ce que ce fossé ? Disons-le. Braine-l’Alleud est un village de Belgique, Ohain en est un autre. Ces villages, cachés tous les deux dans des courbes de terrain, sont joints par un chemin d’une lieue et demie environ qui traverse une plaine à niveau ondulant, et souvent entre et s’enfonce dans des collines comme un sillon, ce qui fait que sur divers [ 46 ]points cette route est un ravin. En 1815, comme aujourd’hui, cette route coupait la crête du plateau de Mont-Saint-Jean entre les deux chaussées de Genappe et de Nivelles ; seulement, elle est aujourd’hui de plain-pied avec la plaine ; elle était alors chemin creux.

 

 

 

 

024CheminCreux02


 

 

Un jour de bataille, ce chemin creux dont rien n’avertissait, bordant la crête de Mont-Saint-Jean, fossé au sommet de l’escarpement, ornière cachée dans les terres, était invisible, c’est-à-dire terrible. [ 48 ]

 

 

 

 

025heminCreux03


 

 

Au moment où Wellington rétrograda, Napoléon tressaillit. Il vit subitement le plateau de Mont-Saint-Jean se dégarnir et le front de l’armée anglaise disparaître. Elle se ralliait, mais se dérobait. L’empereur se souleva à demi sur ses étriers. L’éclair de la victoire passa dans ses yeux.

 

 

 

 

026Waterloo 041


 

 

Wellington acculé à la forêt de Soignes et détruit, c’était le terrassement définitif de l’Angleterre par la France ; c’était Crécy, Poitiers, Malplaquet et Ramillies vengés. L’homme de Marengo raturait Azincourt.

 

 

 

 

027Waterloo 042

 


 

Il donna l’ordre aux cuirassiers de Milhaud d’enlever le plateau de Mont-Saint-Jean. [ 52 ]

 

Ils étaient trois mille cinq cents. Ils faisaient un front d’un quart de lieue. C’étaient des hommes géants sur des chevaux colosses. Ils étaient vingt-six escadrons ; et ils avaient derrière eux, pour les appuyer, la division de Lefebvre-Desnouettes...

 

 

 

 

 

028Waterloo 013

 

 

 

Ils portaient le casque sans crins et la cuirasse de fer battu, avec les pistolets d’arçon dans les fontes et le long sabre-épée.

 

 

 

029Waterloo 005

 


 

 

A l'extrémité [ 53 ]gauche, les cuirassiers de Kellerman ; à l'extrémité droite, les cuirassiers de Milhaud.

L’aide de camp Bernard leur porta l’ordre de l’empereur. Ney tira son épée et prit la tête. Les escadrons énormes s’ébranlèrent.

 

 

 

 

 

030Ney01

 


 

 

Alors on vit un spectacle formidable.

 

Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au vent, formée en colonne par division, descendit d’un même mouvement et comme un seul homme, avec la précision d’un bélier de bronze qui ouvre une brèche, la colline de la Belle-Alliance, s’enfonça dans le fond redoutable où tant d’hommes déjà étaient tombés, y disparut dans la fumée, puis, sortant de cette ombre, reparut de l’autre côté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à travers un nuage de mitraille crevant sur elle, l’épouvantable pente de boue du plateau de Mont-Saint-Jean.

 

 

 

 

 

031Ney02

 

 

 

Ils montaient, graves, menaçants, imperturbables ; dans les intervalles de la mousqueterie et de l’artillerie, on entendait ce piétinement colossal… On croyait voir de loin s’allonger vers la crête du plateau deux immenses couleuvres d’acier. Cela traversa la bataille comme un prodige.

 

 

 

 

032Ney03

 

 


 

 

Tout à coup, chose tragique, à la gauche des anglais, à notre droite, la tête de colonne des cuirassiers se cabra avec une clameur effroyable. Parvenus au point culminant de la crête, effrénés, tout à leur furie et à leur course d’extermination sur les carrés et les canons, les cuirassiers venaient d’apercevoir entre eux et les anglais un fossé, une fosse. C’était le chemin creux d’Ohain.

 

 

 

 

033CheminCreux04

 

 

 

L’instant fut épouvantable. Le ravin était là, inattendu, béant, à pic sous les pieds des chevaux, profond de deux toises entre son double talus ; le second rang y poussa le premier, et le troisième y poussa le second ; les chevaux se dressaient, se rejetaient en arrière, tombaient sur la croupe, glissaient les quatre pieds en l’air, pilant et bouleversant les cavaliers, aucun moyen de reculer, toute la colonne n’était plus qu’un projectile, la force acquise pour écraser les anglais écrasa les français, le ravin inexorable ne pouvait se rendre que comblé, cavaliers et chevaux y roulèrent pêle-mêle se broyant les uns sur les autres, ne faisant qu’une chair dans ce gouffre, et, quand cette fosse fut pleine d’hommes vivants, on marcha dessus et le reste passa. Presque un tiers de la brigade Dubois croula dans cet abîme.

 

 034CheminCreux05

 

 

 

Ceci commença la perte de la bataille.

 

 

En même temps que le ravin, la batterie s’était démasquée.

Soixante canons et les treize carrés foudroyèrent les cuirassiers à bout portant.

Toute l’artillerie volante anglaise était rentrée au galop dans les carrés. Les cuirassiers n’eurent pas même un temps d’arrêt. Le désastre du chemin creux les avait décimés, [ 62 ]mais non découragés. C’étaient de ces hommes qui, diminués de nombre, grandissent de cœur.

 

 

 

035CheminCreux06

 

 

 

Alors ce fut effrayant.

 

Toutes les faces des carrés anglais furent attaquées à la fois. Un tournoiement frénétique les enveloppa. Cette froide infanterie demeura impassible. Le premier rang, genou en terre, recevait les cuirassiers sur les baïonnettes, le second rang les fusillait ; derrière le second rang les canonniers chargeaient les pièces, le front du carré s’ouvrait, laissait passer une éruption de mitraille et se refermait.

Les cuirassiers anéantirent sept carrés sur treize, prirent ou enclouèrent soixante pièces de canon, et enlevèrent aux régiments anglais six drapeaux, que trois cuirassiers et trois chasseurs de la garde allèrent porter à l’empereur devant la ferme de la Belle-Alliance.

 

À cinq heures, Wellington tira sa montre, et on l’entendit murmurer ce mot sombre : "Blücher, ou la nuit !"

 

 

037CarrésBritaniques

 

 

 

 

On connaît la poignante méprise de Napoléon : Grouchy espéré, Blücher survenant ; la mort au lieu de la vie.

 

La destinée a de ces tournants ; on s’attendait au trône du monde ; on aperçoit Sainte-Hélène.

 

Or, une heure de retard, c’est le général prussien Muffling qui le déclare, et Blücher n’aurait plus trouvé Wellington debout ; « la bataille était perdue ». [ 70 ]

 

 

 

038Waterloo 009


 

 

On sait le reste : l’irruption d’une troisième armée, la bataille disloquée…

 

A la nuit tombante sur nos régiments démantelés, toute la ligne anglaise reprenant [ 74 ]l’offensive et poussée en avant… L’extermination, le désastre de front, le désastre en flanc, la garde entrant en ligne sous cet épouvantable écroulement.

 

 

039Waterloo 010

 



 

La garde impériale sentit dans l’ombre l’armée lâchant pied autour d’elle, et le vaste ébranlement de la [ 75 ]déroute, elle entendit le "sauve-qui-peut !" qui avait remplacé le "vive l’empereur !" et, avec la fuite derrière elle, elle continua d’avancer, de plus en plus foudroyée et mourant davantage à chaque pas qu’elle faisait. Il n’y eut point d’hésitants ni de timides. Le soldat dans cette troupe était aussi héros que le général. Pas un homme ne manqua au suicide.

 

 

 

 

041Waterloo 014042Waterloo 015

 

 

 

Ney, éperdu, grand de toute la hauteur de la mort acceptée, s’offrait à tous les coups dans cette tourmente. Il eut là son cinquième cheval tué sous lui. En sueur, la flamme aux yeux, l’écume aux lèvres, l’uniforme déboutonné, une de ses épaulettes à demi coupée par le coup de sabre d’un horse-guard, sa plaque de grand-aigle bosselée par une balle, sanglant, fangeux, magnifique, une épée cassée à la main, il disait : "Venez voir comment meurt un maréchal de France sur le champ de bataille !" Mais en vain ; il ne mourut pas.

 

 

043Waterloo 075

 

 

 

Quelques carrés de la garde, immobiles dans le ruissellement de la déroute comme des rochers dans de l’eau qui coule, tinrent jusqu’à la nuit.

 

 

 

044BestréT007

 

 

 


 

Chaque régiment, isolé des autres et n’ayant plus de lien avec l’armée rompue de toutes parts, mourait pour son compte. Ils avaient pris position, pour faire cette dernière action, les uns sur les hauteurs de Rossomme, [ 82 ]les autres dans la plaine de Mont-Saint-Jean. Là, abandonnés, vaincus, terribles, ces carrés sombres agonisaient formidablement…

 

 

 

045Waterloo 007


 

 

Au crépuscule, vers neuf heures du soir, au bas du plateau de Mont-Saint-Jean, il en restait un. Dans ce vallon funeste, au pied de cette pente gravie par les cuirassiers, inondée maintenant par les masses anglaises, sous les feux convergents de l’artillerie ennemie victorieuse, sous une effroyable densité de projectiles, ce carré luttait.

 

 

 

046Waterloo 012



 

Il était commandé par un officier obscur nommé Cambronne. À chaque décharge, le carré diminuait, et ripostait. Il répliquait à la mitraille par la fusillade, rétrécissant continuellement ses quatre murs…


Quand cette légion ne fut plus qu’une poignée, quand leur drapeau ne fut plus qu’une loque, quand leurs fusils épuisés de balles ne furent plus que des bâtons, quand le tas de cadavres fut plus grand que le groupe vivant, il y eut parmi les vainqueurs une sorte de terreur sacrée autour de ces mourants sublimes, et l’artillerie anglaise, reprenant haleine, fit silence. Ce fut une espèce de répit.

 

 

040Waterloo 006

 

 

 

Ils purent entendre dans l’ombre crépusculaire [ 83 ]qu’on chargeait les pièces, les mèches allumées pareilles à des yeux de tigre dans la nuit firent un cercle autour de leurs têtes, tous les boute-feu des batteries anglaises s’approchèrent des canons, et alors, ému, tenant la minute suprême suspendue au-dessus de ces hommes, un général anglais, Colville selon les uns, Maitland selon les autres, leur cria : "Braves français, rendez-vous !", Cambronne répondit : "Merde !"

[ 84 ]

 

 

 

049le dernier care hillingford

 

Tableau de Hillingford


 

Donc, parmi tous ces géants, il y eut un titan, Cambronne.

 

Dire ce mot, et mourir ensuite, quoi de plus grand ? Car c’est mourir que de le vouloir, et ce n’est pas la faute de cet homme, si, mitraillé, il a survécu.

 

L’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, ce n’est pas Napoléon en déroute, ce n’est pas Wellington pliant à quatre heures, désespéré à cinq, ce n’est pas Blücher qui ne s’est point battu ; l’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, c’est Cambronne.

 

 

050Pierre Cambronne

 

 

 

Foudroyer d’un tel mot le tonnerre qui vous tue, c’est vaincre.

 

 

Faire cette réponse à la catastrophe, dire cela au destin, donner cette base au lion futur, jeter cette réplique à la [ 85 ]pluie de la nuit, au mur traître de Hougomont, au chemin creux d’Ohain, au retard de Grouchy, à l’arrivée de Blücher, être l’ironie dans le sépulcre, faire en sorte de rester debout après qu’on sera tombé, noyer dans deux syllabes la coalition européenne, offrir aux rois ces latrines déjà connues des césars, faire du dernier des mots le premier en y mêlant l’éclair de la France, clore insolemment Waterloo par le mardi gras, compléter Léonidas par Rabelais, résumer cette victoire dans une parole suprême impossible à prononcer, perdre le terrain et garder l’histoire, après ce carnage avoir pour soi les rieurs, c’est immense.

 

 

 

051Waterloo 078

 


 

Au mot de Cambronne, la voix anglaise répondit : feu ! Les batteries flamboyèrent, la colline trembla, de toutes ces bouches d’airain sortit un dernier vomissement de mitraille épouvantable ; une vaste fumée, vaguement blanchie du lever de la lune, roula, et, quand la fumée se dissipa, il n’y avait plus rien. Ce reste formidable était anéanti, la garde était morte.

 

 

Victor Hugo "Les Misérables, tome 1 – Waterloo"

 

 

 

 

052Waterloo 046

 

 

 

Cambronne, blessé à la tête, sabré au bras droit et ayant également reçu un coup de baïonnette à la main droite et d'autres blessures à la jambe, s'écroule inanimé. Sa détermination provoqua l'admiration des Britanniques, qui firent tout pour le capturer. Il se fait ainsi capturer par les hommes du bataillon "Osnabrück" de H. Halckett. Soigné durant sa captivité par Mary Osburn, une infirmière d'origine écossaise, Cambronne l'épousa.

 

 

053Waterloo 066

 

 

Wellington écrira de Bruxelles : " C'est l'affaire la plus désespérée où je me suis trouvé. Je n'ai jamais pris tant de peine pour une bataille ; je n'ai jamais été si près d'être battu ! "

 

 

054Wellington

 

 

 

En sortant du bois de Paris, les Prussiens forment leur ligne parallèlement à la chaussée de Bruxelles. Le corps de Ziethen fait sa jonction avec la gauche de Wellington, et s'avance vers la ferme de Papelotte, sur le flanc de l'Armée française.

 

 

 

 

055Papelotte

 

 

Le corps de Bülow s'avance dans la direction du village de Plancenoit, afin de prendre l'armée française à revers et de lui couper sa retraite.

A Plancenoit, où la lutte s'est poursuivie avec un acharnement extraordinaire, deux bataillons de la Vieille Garde ont tenu le village jusqu'à la tombée du jour, permettant le repli des débris de Lobau.

 

 

 

 

056Carte ancienne de Waterloo 19h45


 Carte ancienne de Waterloo à 19 h 45

 


Lors de la bataille de Ligny entre Français et Prussiens, le 16 juin 1815, où les Prussiens furent battus, le maréchal Blücher échappa miraculeusement à la capture par les Français. En effet, vers la fin de la bataille, le cheval de Blücher est tué, s'écroulant sur lui et l'immobilise totalement, alors que les soldats français approchent ! Mais le soleil se couchant, les cavaliers français ne virent pas le vieux Prussien, qui fut dégagé de son cheval par son fidèle aide de camp, le comte von Nostitz, resté près de lui après sa chute.

 

 

057Blücher (nach Gebauer)

 

 

Le bilan des pertes au cours de la journée du 18 juin est évalué à 40.000 Français morts, blessés ou disparus, 15.000 Anglais et 7.000 Prussiens. Mais ce bilan demeure très incertain du fait de nombreuses désertions sur le champ de bataille. (Le jour J en Normandie : 10 300 hommes dont le tiers de tués).

 

 

 

058Kellerman

 

Le général Kellerman

 

 

Vue générale du champ de bataille vu du côté Anglais, de la bute du Lion.

 

 

 059ChampdeBataille

 


Commentaires

Durgalola 28/09/2010 22:10


excellent article + photos
dommage de voir que la guerre tue si fort.
bonne soirée


Soledad 25/09/2010 15:36


Samedi venteux,
mes meilleurs vœux
pour un week-end en forme.
Là tu te rapproche l'ami...
Je la connais cette histoire là et
surtout la région... J'ai travaillé par là
et j'y ai aussi un peu de famille...
As tu assisté aux représentations de la bataille?
Bisous à bientôt.


Urban 24/09/2010 18:46


J'ai d'abord cru que les Hollandais avaient érigé le lion sur une pyramide ;-) quand on voit ces plaines , on imagine la violence des batailles entre ces armées >:(
Bon week-end Jy


:0010: LIliFlore :0091: 23/09/2010 17:46


wahou bravo Jean Yves c'est comme si j'y assistai, Article superbe. Je te souhaite une bonne journée ici la pluie arrive et ...sera ...peut-être bientôt chez toi pour faire plaisir au jardin.
Bisous.


spartacus 23/09/2010 09:43


Waterloo, Waterloo morne plaine .....
Belles images de la morte plaine pleine d'histoire. Compliments. Spartacus