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Polynésie : la pêche aux cailloux

Jean Yves

Retrouvé dans ma bibliothèque, ce livre de lecture en usage en Polynésie Française dans les classes de CM1/CM2/Classes de fin d'études. Souvenirs, souvenirs…

 

 

Le texte de lecture en pages 30 et 31, relatant une pêche aux cailloux dans les années 1950, est un extrait du livre de Jacques Chegaray : "Ma Polynésie de goélette en pirogue", ouvrage paru en 1952.

 

 

 

Les illustrations (scannées) en noirs et blancs sont celles du livre, les photos couleurs d'une pêche aux cailloux de 1978.

"Les pirogues s'éloignent et prennent le large, se déployant tel un vaste éventail. Bientôt, les plus éloignées disparaissent tout à fait.

 

 

J'embarque à mon tour avec Rupe et ma camera et rejoins bientôt quelques-unes des trente-cinq embarcations qui dessinent un immense cercle, face à la côte.

 

 

De la rive s'élève un son lointain de conque marine. C'est le Signal.

 

 

Lentement, chacune à sa place, les pirogues commencent à progresser vers la plage. A l'avant, un homme (ou une femme) lance sans arrêt la pierre dans l'eau et la retire aussitôt pour recommencer de plus belle.

 

 

Peu à peu, les pirogues se rapprochent de la côte. Les cris, les rires fusent toujours et cela doit contribuer à l'effroi du poisson qui, chassé par le bruit des pierres, des pagaies et par ce tintamarre grandissant, s'enfuit devant lui, droit vers le rivage.

 

 

 

 

Le demi-cercle des pirogues se resserre progressivement, tandis que le bruit s'amplifie.

Tout se précipite bientôt. Les bateaux glissent de plus en plus vite, les rires déferlent, les cris redoublent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le sable, perpendiculairement à la ligne du rivage, on a posé les deux tronçons de guirlandes, à cent mètres d'intervalle environ. Les pieds dans l'eau, des femmes en robe-pareu, la tête couronnée de fleurs, attendent en piaffant d'impatience le moment où, elles aussi, entreront en action.

 

 

 

Il vient enfin. Sur un cri du chef,

 

 

voilà les deux guirlandes qui s'animent, trainées, portées par cinquante bras et qui pénètrent dans l'eau en frôlant l'avant des pirogues maintenant immobilisées en un demi-cercle impeccable. Les deux guirlandes, finissent par se rejoindre.

 

 

 

 

Au bord du rivage, les femmes ont de Peau jusqu'aux Chevilles. Au plus profond, on voit-juste émerger leurs épaules.

Au centre de cette demi-couronne, le poisson git captif. Il pourrait, il est vrai, essayer de se glisser sous cette barrière flottante, mais elle l'effraie. La ceinture se resserre peu à peu et l'on aperçoit bientôt toute une faune captive sauter hors de l'eau dans un étincellement d'écailles multicolores,

Quand la guirlande, s'approchant toujours du sable, a réduit ses proportions, on l'a double avec des filets de pêche et le poisson est définitivement prisonnier."

 

 

 

 

A la mémoire de Taï Hanere qui m'a fait participer en 1978 à une pêche aux cailloux :

 

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