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Audierne Polynésie Bretagne : Contes et légendes, Histoire. Minorités ethniques : Thai, H'mongs, Boni, Saramaca Civilisations disparues : Angkor (Camboge),Minoenne (Crète), Mayas et Aztèques (Mexique). Sud Maroc, Thaïlande

Audierne : diaporama PPS et morceaux d'Histoire

Jean Yves
On quitte momentanément les chemins de Guyane pour prendre un petit bol d'air marin en Bretagne. Audierne, petite ville du Sud Finistère d'environ 2 300 habitants, nichée à l'embouchure d'une rivière, le Goyen, est surtout connue pour sa baie (la Baie d'Audierne), pour son port et ses plages. Ci-dessous, le Finistère, très facile à localiser, est tout au bout de la France, côté Ouest. Le point rouge, c'est Audierne.

 

 

 

dep29

 

 

 


Voici un petit diaporama PPS que je vous ai préparé pour une vue d'ensemble de l'embouchure du Goyen vers la Plage. En cliquant sur la photo ci-dessous, vous accèderez au téléchargement du diaporama.

 

 

 

 

0001Audierne

 

 

 

Battue par la houle et ouverte aux vents dominants d'Ouest/Sud-Ouest, la baie d'Audierne est un immense croissant de lune…

 

 

 

 

001BaieAudierne

 

 

 

 

 

 

 

 

002BaieAudierne

 

 

 

 

 

…hérissée d'écueils à ses extrémités : elle est fermée au Nord par la redoutable chaussée de Sein…

 

 

 

 

003PteDuRaz

 

 

 

 

 

…et, au Sud, par la Pointe de Penmarc'h.

 

 

 

 

 

004PtePenmarch

 

 


 

Sur ce littoral, l'estuaire du Goyen constitue le seul véritable havre naturel. L'abri formé par le premier méandre de l'estuaire du Goyen est en mesure d'offrir un refuge aux navires basés à Audierne ou y relâchant.

 

 


 

 

005portAudierne1

 

 

 

 

 

 

Au Haut Moyen-âge débarquent les Bretons d’Angleterre : en témoignent encore les "plou" ou "plo" et les "tré" si nombreux dans les toponymes actuels de Bretagne.

Au XIème siècle, un terme nouveau se répand en Bretagne : le "Ker" ou "Kar" venus du Gallois "Kaer", la forteresse. Il désigne une petite agglomération.

 

 

 

 

006Goyen1

 

 

 

 

 

A la même époque, un prénom féminin fait un véritable succès : Hodierna, nom primitif d'Audierne. En l’an 1050, la première abbesse de Locmaria (quartier de Quimper) porte le nom d’ Hodiern.

 

 

 

 

007kas

 

 

 

 

 

Le terme "Kaer Hodiern" apparaît par écrit à Esquibien en 1294.

Dans les cartes marines du cartographe Génois Pétrus Vesconte de 1321, on relève le nom d'"Odierna". Sur une carte hollandaise de 1580 on peut lire :"Odjern".

Jean Baptiste Ogée (ingénieur géographe à Nantes, 1728 - 1789) donne pour étymologie d'Audierne, Aod thiern, "grève du thiern ou du prince".

 

 

 

 

 

 

008 2Cordages008poulie

 

 

 

 

 

 

Audierne doit son origine au port établi à l’entrée de la rivière appelée Goyen.
La plus ancienne pièce trouvée parlant d'Audierne est fournie par Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois dit dom Morice (bénédictin, auteur d'une histoire de Bretagne – 1693 - 1750 -), au sujet d'une enquête faite en 1410 sur "les droits de coutume ou d'imposition du port de Goezian que aulcuns appellent Odierne"

 

 

 

009Goyen3

 

 

 

 

 

A propos d'Audierne, on rencontre donc les appellations suivantes : Odierna (en 1313 et en 1339), port de Goezian (1410-1411), Trefgoazien (en 1507), Treffgoazien (au XVIIème siècle).

 

 

 

 

010PortAudierne2

 

 

 

 

 

Au XIVème siècle, les bateaux ne s’aventurent pas au-delà des Pays-Bas au Nord, et de la Galice au Sud. A l’aller, le sel occupe la majeure partie des cargaisons, tandis qu’au retour arrivent textiles et céréales, et surtout le vin.

 

 

 

 

 

011PortAudierne3

 

 

 

 

Les XVème et XVIème siècles furent une période de prospérité extraordinaire, grâce au développement des pêcheries et sècheries. Des navires marchands quittaient Audierne avec du poisson et ramenaient divers produits (vin, tissus, épices, bois…).

Les "pilotes" d’Audierne étaient alors réputés pour leurs connaissances maritimes ; ils furent parmi les premiers pionniers à découvrir les bancs de morues à Terre-Neuve (où on trouve une île d’Audierne anglicisée en Oderin).

 

 

 

 

012PortAudierne4

 

 

 

 

 

Au XVIème le port d’Audierne et celui de Penmarc'h étaient alors les deux principaux ports de commerce bretons.

Les nations voisines affrétaient les navires bretons pour assurer leurs propres transports. Un quasi monopole breton commence : on relève à Arnemuiden aux Pays-Bas, en 1499,  80 % de navires bretons (180 unités), et en 1521, 426 bateaux représentant 74 % des entrées. En 1533/34, on en dénombre toujours 815 navires bretons sur 995 entrées, soit 81%.

 

 

 

 

 

013portAudierne5

 

 

 

 

 

Tous ces navires sont équipés de voiles faites en Bretagne, plus exactement en Cornouaille, dans le Sud Ouest du Finistère. Et la petite ville qui les fabrique se nomme Locronan, près de Douarnenez. Voici ce qu'écrit Irène Frain dans son livre "Quand les Bretons peuplaient les mers " :

 

 

 

dep29 2

 

 

"La Cornouaille est le paradis du lin. On réclame de partout les toiles de Locronan (point vert sur la carte). Elles sont devenues si célèbres qu'on les appelle du village du nom où on les produit, ou du port d'où on les expédie. Les Zélandais, qui en importent des cargaisons entières, finissent même par oublier que Pouldavid (ancien port de Douarnenez, point mauve sur la carte) est le port Breton d'où partent les voiles de Locronan, et appellent toute voile un "poldavy". Les écus pleuvent à Locronan".

 

 

 

014BateauCapSizu

 

 

 

 

 

Cette période dura jusqu’aux désordres de la Ligue (guerres de religion). A cette époque, La Fontenelle, brigand de grand chemin et opportuniste politique, pille la région. Les industries ferment leurs portes et ne les rouvrent qu’après la signature de l’Edit de Nantes en 1598.

Les commerçants, armateurs et maîtres de barque, retrouvent alors leur richesse d’antan. Une grande partie des monuments, églises, maisons de maîtres de barque, des armateurs, des négociants date de cette période.

 

 



015MaisonAudierne1

 

 

 

 

 

016MaisonAudierne2

 

 

 

 

 

 

017MaisonAudierne3

 

 

 

 

 

Au XVIIème siècle, très riches, ils font sculpter des bateaux sur les façades des églises pour rappeler que l'église a pu être construite par leurs dons. On dit aussi que ces navires avaient pour objectif d'accorder la bienveillance de Dieu aux armateurs et d'assurer des pêches fructueuses. On peut en voir sur les façades de l'église St Nonna de Penmarc'h et sur celles de St Raymond d'Audierne :

 

 

 

018StRaymond1

 

 

 

 

 

 

019StRaymond2

 

 

 


 

L'église de saint Raymond d'Audierne (XVIème/XVIIème siècle) fut construite sur les douves d'un ancien château grâce en partie aux dons des maîtres de barques :

"Les maîtres de barques et de navires naviguant par mer de ce lieu et environs, au retour de chaque voyage, remettaient un don de bonne traversée. Ce don était le plus souvent de 10 livres tournois".

 

 

 

 

 

020StREaymond3

 

 

 

 

 

Deux bateaux sont sculptés sur la façade Sud, et un au-dessus du porche Ouest de l’église : un bâtiment à hune, une barque de pêcheurs et un langoustier.

 

 

 

 021StRaymond4023StRaymond6

 

 

 

 

 

022StRaymond5

 

 

 

 

 

 


A la fin du XVIIIème siècle, le port d'Audierne est décrit en ruine par plusieurs témoins. De 2 300 habitants au XVIIème siècle, Audierne ne compte plus que 1 080 habitants en 1790. La concurrence des grandes compagnies maritimes anglaises et hollandaises et les incessantes guerres de la monarchie française depuis la fin du XVIIème siècle ont miné l'activité de cabotage des marins audiernais.

 





024CarcasseBateau



 

 

Sous la Révolution, le 16 thermidor an VII, la Direction Générale des Ponts et Chaussées approuve le projet d’ensemble d’aménagement du Port. En un demi-siècle, 798 mètres de quais et cinq cales sont construits. Le vieux môle, long de 990 mètres est opérationnel depuis 1766.

 

 

 

 

025PortAudierne6

 

 

 

 

 

Audierne demeure une trève d'Esquibien jusqu’en 1801, date du Concordat qui marque aussi la création de la paroisse. En 1804, on y comptait 1 017 habitants.

 

L’invention de Nicolas Appert en 1804 concernant la méthode de conservation des substances alimentaires par chauffage, favorise les conserveries et le renouveau de la ville. On y comptera jusqu'à 18 usines.

   

La construction du môle du Raoulic, de 1847 à 1852, fixe la position du chenal, jusqu’alors incertaine. Audierne revît autour de son port. La ville est alors à son apogée : 4706 habitants en 1906.

 

 

 

 

026Raoullic1

 

 

 

 

 

 

Nouveau déclin à partir de 1930 du à la concentration des usines de conserve de sardines.

 

 

Une autre pêche (langoustes et crustacés) prend, à la fin du XIXème siècle, une importance considérable. Grâce à la mise au point de nouvelles techniques de pêche (casiers) et de conservation (viviers : dans les navires et à terre), la commercialisation se développe rapidement. Jusqu’aux années 1960, Audierne sera, avec Camaret, l’un des deux plus grands ports langoustiers français.

 

 

 

 

 

027BateauCapSizun2

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui au port de pêche qui compte encore une cinquantaine de bateaux, partagés entre fileyeurs et ligneurs, s'ajoute le port de plaisance :

 

 

 

 

 

 

Aud020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

028Fileyeur

 

 

 

 

 

Tous les jours, les 4 ou 5 hommes d'équipage d'un fileyeur calent leurs filets sur les fonds de la mer d'Iroise et les relèvent chaque nuit. Leurs prises sont constituées de lottes, de barbues, de saint-pierre, de turbots, mais aussi de homards et de langoustes.

 

 

 

029Ligneurs1

 

 

 

 

 

Petites et puissantes embarcations, les ligneurs sont l'outil d'une pêche sportive, technique et dangereuse.

 

 

 

 

 

030Ligneurs2

 

 

 

 

 

Une main sur la ligne, l'autre sur la manette des gaz et l'œil à l'affût des paquets de mer et des déferlantes, le pêcheur travaille dans le Raz et la chaussée de Sein au milieu des forts courants, de brisants et d'écueils innombrables.

 

 

 

 

031PtDuRaz

 

 

 

 

 

Les poissons ainsi pêchés sont différenciés du poisson d'élevage par un étiquetage "bar, dorade ou lieu de ligne".

 

 

 

032Etiquettes

 

 

 

 

 

033LieuJaune

 

 

 

 

Au dos de ces étiquettes, un numéro vous renseignera sur le lieu de pêche, sur le nom du pêcheur et de son bateau et sur la façon dont le poisson a été pêché.

Pour information, le poisson en photo ci-dessus est un lieu jaune dont l'estampille porte au dos le numéro :


L 00655

 

 

Toutes les informations (et recettes pour le cuisiner) sur le site suivant où vous pourrez taper ce numéro (n'attendez pas trop longtemps).

 

 

 

http://www.pointe-de-bretagne.fr/

 

 

 

 

Ci-dessous, le "terrain de jeux" des ligneurs :

 

 

 

 

 

034PhareLaVieille

 

 

 

 

Sources :

 

 

Irène Frain : Quand les Bretons peuplaient les mers.

 

 

http://www.infobretagne.com/audierne.htm

 

http://www.audierne.info/

 

http://www.capsizun.com/

 

Site officiel de la Mairie d'Audierne : http://www.audierne.fr/

 

Office du tourisme : http://www.audierne-tourisme.com/

 

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Commentaires

PGC 13/04/2010 22:49


Tout à fait superbe et hyper intéressant. La musique va super bien avec. Bravo.
Kenavo !


Channig 27/02/2010 14:28


Je suis très contente de lire le billet complet que tu as fait sur la ville où j'ai mon chez moi !!! malheureusement je n'y passe pas beaucoup de temps .. et je n'y connais pas grand chose de son
histoire.
Vous avez essuyé une tempête les jours derniers ; tu n'as pas été filmer quelques points stratégiques ?? Cette nuit nous avons, tout comme vous, une alerte tempête ; outre les dégâts qu'elle peut
provoquer et toutes leurs conséquences....j'aime la tempête ; ça me rappelle un peu mon enfance au phare et plus près : les cyclones que nous avons eus en 1983 à Tahiti !!!
Espérons qu'il n'y aura pas trop de dégâts ...
A bientôt JY et BiZhous


Miss Art 12/02/2010 16:34


La Bretagne magnifique petit coin de bonheur.
J'ai eu l'opportunité de passer quelques jours dans cette belle contréen c'était à Lockmariakaer, quel est ton avis sur ce village? as tu des photos?


lespetitsbretons 11/02/2010 12:26


Bonjour,
J'aime bien ce petit coin. C'est charmant comme tout et quand on remonte le Goyen jusqu'à Pont Croix, c'est magnifique !
Le môle du Raoulic est sympa à faire également.
Audierne est aussi l'un des points pour se rendre sur l'île de Sein.
J'ai hâte d'en connaître encore plus de ce joli coin.
Merci pour la balade :)
A bientôt


Andrée 10/02/2010 21:18


Qu'elle est jolie la Bretagne.
et cette petite fille délicieuse
bonne soirée