Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 10:33

Le monastère d’Arkadi  est un monastère orthodoxe situé sur un plateau à 23 km au sud-est de Rethymnon. Il est le symbole de la Résistance Crétoise contre les Turcs. Il fut fondé par un moine nommé Arkadios au début du XIIIème  siècle.



P01Arkadi



PCartCrete08                                                    Arkadi : petite étoile près du carré rouge (Réthymnon)



Bien que la Crète se soit soulevée contre l'occupant ottoman lors de la guerre d'indépendance grecque (1821/1830), le protocole de Londres de 1830 ne permet pas à l'île de faire partie du nouvel État grec. D'où la révolte crétoise de 1866/1869.



P02Arkadi



Arkadi fut un centre actif et un des hauts lieux de la résistance contre l'occupation ottomane, ce qui fit sa célébrité. Entouré d'épaisses et hautes murailles et situé sur un plateau difficilement accessible, le monastère est une véritable forteresse.



P03Arkadi

 



P04Arkadi



Le 7 novembre 1866, de nombreux habitants des environs, et en particulier des femmes et des enfants, trouvent refuge au monastère. Ce jour-là, le monastère abrite 964 personnes : 325 hommes dont 259 sont armés, le reste étant des femmes et des enfants.



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Au matin du 8 novembre, une armée de 15 000 Turcs avec 30 canons, dirigée par Suleyman arrive sur les hauteurs du monastère.

Il est impossible pour des renforts crétois d'arriver jusqu'au monastère dans la mesure où toutes les routes d'accès sont bloquées par les Turcs.



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Après trois jours de combat, alors que des centaines de Turcs sont désormais entrés dans le monastère, les derniers Crétois survivants se réfugient dans la poudrière.



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Les Turcs se pressent à l'entrée de ce refuge, mais, sur les ordres du supérieur du monastère, l'higoumène Gabriel, les Crétois font sauter les barils de poudre, préférant se sacrifier plutôt que de se rendre.



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Tous, sauf une centaine, sont morts lors de l'assaut. Sur les 964 personnes présentes au début du combat, 846 sont tuées. 114 hommes et femmes sont capturés, trois ou quatre parviennent à s'échapper.



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À l'extérieur du monastère, à une soixantaine de mètres à l'ouest, se trouve un bâtiment (l'ancien moulin du monastère) commémorant le sacrifice des Crétois morts en 1866. Les ossements de nombreux chrétiens furent recueillis et placés dans ce moulin transformé en ossuaire en hommage aux héros d'Arkadi.




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Les Ottomans considérèrent la prise d'Arkadi comme une grande victoire et la célébrèrent solennellement en tirant des coups de canon. À l'inverse, ailleurs, les évènements d'Arkadi provoquèrent émotion et indignation, chez les Crétois, mais aussi en Grèce et dans le reste du monde.



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Le monastère est devenu aujourd'hui un sanctuaire national en l'honneur de la Résistance crétoise. Le 8 novembre est désormais le jour de fêtes commémoratives à Arkadi et à Rethymnon. L'explosion ne mit pas un terme à l'insurrection crétoise, mais attira l'attention de l'Europe sur ce peuple qui se battait pour son indépendance.



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La Guerre d'Indépendance grecque avait déjà soulevé un courant de sympathie en Europe, surtout après le massacre de Chios.
Chios était une des îles les plus riches de la mer Égée. En mars 1822, le Sultan partit à la reconquête de l'île avec une troupe de 30 000 hommes.



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La résistance des Grecs fut brève. Repoussés, ils finirent par évacuer l'île tandis que la population commença à être systématiquement massacrée et les otages exécutés. Une bonne partie de la population fut réduite en esclavage et vendue sur les marchés. Les estimations les plus courantes sont de 25 000 morts et de 45 000 personnes réduites en esclavage.



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Une immense émotion face aux horreurs commises traversa l'Europe.



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Le recueil Les Orientales de Victor Hugo, comprend un poème, "L'enfant grec", consacré au massacre de Chios. Extraits :


                                          L'enfant grec

                Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
                 Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
                 Courbait sa tête humiliée ;
                 Il avait pour asile, il avait pour appui
                 Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
                 Dans le grand ravage oubliée.



 P20Arkadi



                     Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
                     Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
                     En boucles sur ta blanche épaule
                     Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
                     Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
                     Comme les feuilles sur le saule ?



P21Arkadi



                          Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
                          Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
                          Plus éclatant que les cymbales ?
                    Que veux-tu ? Fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
                          Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
                         Je veux de la poudre et des balles.


                                                              Victor Hugo, Les Orientales, 1829



P22Arkadi



Par Jean Yves - Publié dans : Crete - Communauté : images du monde
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 11:20

Spinalonga est un îlot forteresse et une presqu’île situés en Crète à l’entrée ouest du golfe de Mirabello, face à la ville d’Elounda.

L'île est également appelée Kalydon, tandis que la presqu'île est appelée presqu'île de Kolokitha.



N01Spinalonga

 

 

 

NCarte9



Spinalonga vient de l’italien spina longa "la longue épine".



N02Spinalonga

 

 



NCartCrete09

                                             Situation : Spinalonga : triangle rouge ; étoile : Golfe de Mirabello

 

 

 



La longue presqu'île aride et inhabitée était rattachée jadis à la côte par un isthme : l'Isthme de Poros, qui fut percé en 1897 par des marins français [un contingent de 170 marins français stationnait à Elounda pendant la période d'autonomie de la Crète (1897/1913)].



N03Spinalonga

 

 

 

 

 


N04Spinalonga



Les Vénitiens construisirent en 1579, sur les ruines d’une acropole antique, une puissante forteresse destinée à protéger le port d’Elounda. Les hauts murs et les deux bastions circulaires, sur le dessus de la colline, permettaient à l’artillerie de commander l’entrée du port d’Elounda.



N05Spinalonga

 

 





N06Spinalonga
 


Cette forteresse était l’une des places fortes des plus importantes et des mieux défendues de la Crète. Elle fut l’une des seules de toute la Crète, avec les forteresses de Souda (près de La Canée), de Graboussa (au nord-ouest de la Crète et de Kastelli (Kissamou), à ne pas tomber aux mains des Turcs, quand ceux-ci conquirent la Crète en 1669 après le siège de Candie.



N07Spinalonga



Tout au long du XVIIe siècle, la forteresse est restée dans des mains vénitiennes et était un refuge pour les chrétiens se sauvant des Turcs. Après avoir résisté près d’un demi-siècle à la suprématie turque, et après un ultime siège de 3 mois, les Vénitiens, durent finalement céder la place forte aux Turcs en 1715.



N08Spinalonga



En juin 1715 les Turcs assiégèrent la forteresse de Spinalonga. Après un blocus de trois mois, pendant lequel tous les approvisionnements alimentaires furent épuisés, le 4 octobre 1715, le commandant Vénitien Zuan Francesco Giustiniani remit la forteresse au Kapudan Pasha (Grand Amiral Ottoman).



N09Spinalonga



En vertu du traité de la reddition, tous les habitants, étrangers ou grecs, de l'île étaient libres soit de quitter l'île avec leurs affaires, ou de rester là comme sujets du sultan.



N10Spinalonga



Le traité de la reddition a été observé en ce qui concerne le retrait des vénitiens, mais les habitants de l'île, qui étaient des réfugiés de Crète, sous domination ottomane, ont été emprisonnés, puis vendus sur le marché des esclaves.



N11Spinalonga



Des documents, provenant des archives turques d'Héraklion, racontent les destins des prisonniers : 120 hommes "se sont adaptés pour ramer" et ont été envoyés à la station navale impériale, alors que 230 hommes "incapables de ramer" et les 240 femmes et enfants furent vendus comme esclaves.



N12Spinalonga



Les Turcs s’y installèrent donc jusqu’au début du XXe siècle, quant à leur tour, ils furent chassés de Crète.
Et là, on décida de parquer dans l'îlot les personnes atteintes de la lèpre qui auparavant se cachaient dans les nombreuses grottes que compte la Crète.



N13Spinalonga



La léproserie, la dernière en Europe, se trouvait dans le fort vénitien, restauré par les lépreux qui y vécurent de 1903 à 1957. Il y eut jusqu'à 400 personnes vivant en communauté, avec les corps de métiers qu’on trouve dans n’importe quel village grec, du coiffeur au pope. Le dernier habitant, un prêtre, y aurait vécu jusqu’en 1962.



N14Spinalonga


Aujourd’hui l’île est inhabitée. Elle reste toutefois un site touristique principal de la région. On peut y accéder très facilement par bateau en 15 mn à partir d’Elounda



N15Spinalonga




N16Spinalonga



ou en 5 mn à partir du village de Plaka.



N17Spinalonga



L'île est une zone protégée.

 

 

 

 

N18Spinaloga

 

 

 

 

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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 10:58

La Mer d’Iroise est le nom de la partie de l’océan Atlantique s’étendant de l’île de Sein à celle d’Ouessant, en Bretagne. Dangereuse et très fréquentée, c'est l'endroit du monde où la densité de balises et de phares est la plus importante au m2.
De nombreux phares parsèment la côte et les îles. On y trouve les phares les plus mythiques isolés en pleine mer, appelés les "enfers": Armen, la Vieille, Thévennec, la Jument, Kéréon, les Pierres Noires.
Ses courants sont aussi réputés pour leur violence : le passage du Four et le Fromveur au nord (dicton marin : nul n'a passé le Fromveur sans connaître la peur), le Raz de Sein au sud.

[Quand on fait remarquer aux femmes de l'île de Sein combien leur cimetière est étroit, elles vous répondent par le dicton suivant :
                                               Etré an Enez ha ar Beg
                                               Eman berred ar gwazed.
                                          (Entre l'île et la Pointe [du Raz]

                                           est le cimetière des hommes.)
 (Anatole le Braz, la Légende de la Mort chez les Bretons Armoricains)]



E23 ND DesNaufragés                                                               Le raz de Sein, statue de Notre Dame des Naufragés



Et sur cette mer de tous les dangers, un remorqueur de haute mer veille… Ci-dessous, un extrait du roman de Roger Vercel (*) : "Remorques"



E01 Remorque



"Dès l'entrée du goulet, le remorqueur se heurta vraiment pour la première fois, cette nuit-là, à la mer et au vent. La passe ouvrait devant lui un large torrent d'écume qui accourait contre son étrave. Il régnait, dans ce détroit, une effervescence chaotique de déversoir, et un immense bruit d'eau bouillante l'emplissait. A l'avant, les premiers coups de mer s'ouvrirent en hauts éventails blêmes, les premières lames s'écrasèrent en tonnant contre les tôles.



E02 la Vieille                                                                                          La Vieille, au fond : Thévennec



Le capitaine n'apercevait de son remorqueur qu'une île noire qu'il poussait devant lui : son gaillard d'avant, vaguement distinct et qui émergeait seul. L'eau clapotait avec force sur le pont, jetée au tangage contre le gaillard et le château.



E03 Remorque



Et cette eau, intérieure que le bateau emportait, secouait, qui se ruait partout, contre les pavois, les capots, les portes des coursives, cette eau-là était la seule que l'on pût surveiller de la passerelle.



E04 SNSM



A chaque pointe que l'on doublait, le suroît, devant qui tombait une barrière, renforçait son attaque. Il frappait maintenant les tôles et les visages comme un projectile ininterrompu. Il arrivait à ce degré de force et de ténacité où son appui, ses  poussées sont ressentis comme le choc d'un poing et le coup d'une arme. Il devenait impossible, sur la passerelle, de croire que ce ne fût simplement qu'un souffle.



E05 Tempete



Les quatre hommes qui étaient là, debout, pour voir, pour guetter les feux, et qui devaient y rester, sous le ciel noir, sous les coups de l'ouragan, sous le fouet des embruns plus cinglant que les jets dont les dompteurs martèlent les fauves quand ils se battent à mort, ces hommes, capitaine, second, timonier, homme veille, comprirent tous les quatre à la fois, que la partie serait une des plus dures de toutes celles qu'ils avaient jouées.



E06 Tempete



Mais ils gardaient, tous les quatre, une assiette que les cabrades incohérentes du bateau n'avaient point encore surprise. Ils collaient aux planches comme des mouches.



E07 SNSM



Le vent, lui, secouait des tôles aux oreilles, ces crépitements, métalliques qui tambourinent seulement aux plus grandes vitesses des tempêtes, les jours où les anémomètres semblent délirer. Il songea :
Qu'est-ce que ce sera par le travers de Saint-Mathieu ?



E08 Tempete



Car chaque sortie était graduée. Une mer plus creuse les attendait sur trois seuils : à l'entrée du Goulet, à sa sortie, et enfin à la pointe extrême du monde, quand la dernière terre abandonne à cette Pointe Saint-Mathieu, où commence l'Iroise : c'est entre deux sinistres îles, Sein et Ouessant, le corridor Manche-Atlantique, tout plein de courants d'air et d'eau. Le sens des lames s'y renverse deux fois par jour, au flux et au reflux, oscillant entre deux barrières de brisants, la chaussée de Sein au sud, au nord les Pierres Noires, Ouessant et ses nébuleuses d'écueils. C'était l'ordinaire du champ de bataille du Cyclone.



E09 PtDuRaz                                                            Le Raz de Sein quelques instants avant la tempête



Cependant, on sentait que l'on n'avait plus les flancs couverts par aucune terre protectrice, qu'on était désormais livré au déchaînement des espaces, à l'enveloppement de la nuit furieuse. Car le vent avait débordé le bateau et se refermait derrière lui. Ce n'était plus seulement son appui dur sur le visage, son passage brutal sur les joues et les oreilles qu'il collait à la tête. Il frappait maintenant de dos comme de face et les lames jaillissaient le long du bateau tout entier. Le CycIone titubait dans des chutes soudaines de l'avant, retombait à contre-temps dans la mer comme dans un mur ; des chocs dangereux l'ébranlaient.



E10 Tempete



C'était comme l'attaque générale du bateau…
Deux panneaux d'écoutilles avaient été arrachés sur le pont avant. Le hauban tribord arrière avait cassé son ridoir, et, faisant fouet, cinglait dangereusement. Une autre ruée avait brisé les carreaux de la claire-voie, et faussé les batayoles avant. On eût dit le dépeçage du bateau par un tir réglé, dont toutes les slaves portaient. Le cyclone sonnait, fumait sous les coups à le défoncer. Des trombes le parcouraient de l'avant à l'arrière. Les lames ne se cabraient plus pour s'assener de tout leur poids. C'était à présent des volées obliques et basses, qui semblaient dirigées par une volonté féroce de détruire tout ce qui dépassait de ce bateau. L'air et l'eau sifflaient, crissaient, comme une colossale chaudière crevée et crachant sa vapeur.



E11 Tempete



Vers onze heures du matin, les grains s'espacèrent, mais la mer n'avait rien cédé ; les tempêtes sont longues comme des maladies, elles épuisent les vigueurs et les patiences. On n'y résiste que grâce à l'épuisement qui rend les hommes insensibles comme elles.
Il connaissait trop la mer pour ne pas deviner qu'elle préparait un sale coup. Il s'en apercevait à une amollie trop brusque, à un silence où l'on entendit tout à coup avec une étrange netteté le battement de la machine, mais surtout à la danse large de la mer.



E12 BaieTrepasses                                                                   La Pointe du Raz  vue de la Baie des Trépassés



C'était devenu, sous le Cyclone, un large creux lisse et froid qui oscillait. Les eaux se déhanchaient, se balançaient d'est en ouest comme lorsqu'on secoue un baquet à demi plein. Renaud savait que ce balancement était un élan, celui que prennent les eaux pour frapper…



E13 Baie Audierne                                                             Début de tempête sur la Baie d'Audierne



Le cri de l'ouragan le fit taire... Il sentit sous lui le remorqueur trembler. Puis une force glacée emplit d'un coup la passerelle crevée, hésita un fragment de seconde et se rua. Renaud avait accroché ses deux mains à une épontille : le passage de la cataracte lui arracha les pieds du sol… La lame lui tapait dans le ventre, des tonnes d'eau lui passaient le long des oreilles ; il se sentait battre de tout le corps, comme une flamme à une tête de mât.



E14 Tempete



A l'ouest, on apercevait Sein, un seuil plat, une dalle gercée et noire, basse sur l'eau comme un radeau échoué, si basse que ses mille habitants se réveillent, la nuit, tous ensemble, avec de l'eau le long du ventre, Sein tellement usée par les lames, que cette île de roc a pris les courbes molles, allongées, des bancs de sable, qu'elle apparaît sur les cartes avec une figure inquiétante d'ectoplasme.



E15 IleDeSein                                                                                 L'Ile de Sein vue du Grand Phare



Ses prolongements enserrent des lagunes bouillantes et seules les maisons s'y élèvent un peu au-dessus du flot.



E16 IleDeSein



Renaud, à force de la doubler, en était devenu curieux. Il avait tenu à la visiter un jour, à descendre chez les femmes à coiffes noires…



E17 FemmeIleSein                                                                             Femme en costume de l'Ile de Sein



Yvonne, sa femme, l'accompagnait. Il l'avait photographiée, debout entre les "Causeurs", les deux grands menhirs qui se font face à la pointe extrême de l'ancien monde.



E18 Les Causeurs Sein                                                                          Ile de Sein : les menhirs appelés "Les Causeurs"



Il se souvint d'être monté au phare et d'en avoir reçu une grande satisfaction. En tournant autour de la lanterne, n'avait-il pas aperçu, pour la première fois, dans la lumière vibrante, de ce dimanche de juillet, tout l'ensemble de cette Chaussée de Sein contre laquelle il se battait dans le noir, dans les embruns, dans les brumes et qu'il n'avait vraiment jamais vue, même quand il allait chercher les navires jusque dans ses crocs.



E19 PhareIleSein                                                                                    Le Grand Phare de l'Ile de Sein

 

 

Il revoyait, avec une précision parfaite, le tableau : une chaussée, oui, une route remplie d'écume, une avenue cahoteuse, large de quatre milles et hérissée de milliers de cailloux noirs. Et là-dedans, les entrelacs incohérents des courants et des remous, une sorte de foisonnement de l'eau, d'enchevêtrements absurdes, de retours, de repentirs.



E21 ChausséeSein                                                                         La Chaussée de Sein par beau temps



Sur les bords de cette route, deux rangées de geysers, des arbres d'écume sans cesse renaissants et retombés. Les cailloux, il les avait nommés comme un vainqueur dénombre une armée vaincue : la Tête du Chat, Dentock, Penbara, Nerroth, à l'ouest et au nord ; Gouelvanic, Forock, Men Mankik à l'ouest. Et tout le semis des autres qui portent des noms celtiques de sens farouche ou grotesque. Le gardien du phare lui avait dit :
"Il y a là-dedans encore plus d'épaves que de cailloux".



E22 Tempête



Un grain creva, noyant tout. Quand le nord redevint clair, les brisants surgirent si proches que Renaud en reçût un choc, comme de retrouver présente, au réveil, la menace d'un cauchemar.



E25 PointeDuRaz                                                                              La Pointe du Raz dans la toumente



Un moutonnement furieux y courait, d'est en ouest, et les recouvrait. C'était quelque chose de prodigieusement vivant, une galopade d'avalanche, des crinières démesurées qui échevelaient. Les roches, parfois, pointaient sous l'écume comme des engins difformes crachant à d'extraordinaires hauteurs des explosions tonnantes.



E24 Tempete



Et leur immobilité, sous la formidable ruée qui les parcourait, semblait miraculeuse et presque méritoire."



E26 PointeDuRaz


        
(*) Roger Vercel, de son vrai nom Roger Cretin est né le 8 janvier 1894 au Mans et mort le 26 février 1957 à Dinan.


 

Roger Vercel  


Remorques, écrit en 1935 est adapté au cinéma en 1941 par Charles Spaak et André Cayatte, avec entre autres, Jean Gabin et Michèle Morgan. Le scénario et les dialogues sont de Jacques Prévert, la musique d'Alexis Roland-Manuel.



E27 ND DesNaufragés



Ses souvenirs de guerre inspirent quelques-uns de ses premiers livres (Notre père Trajan, Capitaine Conan, Léna) mais c'est le monde maritime qui est au cœur de son œuvre. Roger Vercel était passionné par la mer et la vie des marins et bien que n'ayant pratiquement jamais pris la mer lui-même, la plupart de ses romans se dérouleront dans un cadre maritime, comme la trilogie "La fosse aux vents".
Au Large de l'Eden lui vaut le Prix du Comité Fémina France-Amérique en 1932. Il obtient le prix Goncourt en 1934 pour Capitaine Conan.



E28 Thévennec                                                                                                      Thévennec



Le 19 novembre 1976, les cendres de Jean Gabin (1904/1976) sont immergées depuis LA JEANNE en mer d'Iroise, à 20 nautiques de Brest, au sud de la chaussée des Pierres-Noires, selon les dernières volontés du défunt.


                          A voir cette vidéo sur You Tube, le remorqueur Abeille Flandre



Par Jean Yves - Publié dans : Tempêtes - Communauté : Photos de Bretagne
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 11:59

Photos prises sur le "spot" de "l'Ile aux vaches" près de la station de la SNSM à Esquibien, Baie d'Audierne.

 

Bulletin Météo Marine, prévisions pour la journée du 3 janvier 2012 :

 

"Vent de Sud-ouest fraîchissant 8 à 9, avec fortes rafales en matinée et début d'après-midi, virant au secteur Ouest, 6 à 7 avec rafales ensuite.

Mer devenant très forte à grosse.

Sur Pointe de Bretagne : grande houle de secteur Ouest 4 à 5 m, s'amplifiant 5 à 6 m dans l'après-midi.

Temps pluies gagnant par l'ouest.

Visibilité 5 à 10 milles, s'abaissant 1 à 3 milles sous précipitations, et parfois inférieure au mille sous brouillards à la mi-journée".

 

Petit problème : le "petit" bonhomme sur sa planche mesure 1,80 m. Sachant que sa voile fait au moins deux fois sa taille, quelle est la hauteur des vagues derrière lui ?

 

Cliquer sur l'image ci-dessous pour télécharger le diaporama.

 

 

ImageTempete2

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Diaporamas PPS - Communauté : le Finistère
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 11:01

A tous ceux qui passent par ce blog, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2012. Que cette année vous apporte bonheur et surtout le bien le plus précieux : la santé.

 

Une pensée particulière pour ceux qui sont abonnés à mes articles, et une plus particulière pour Maëlle qui veille à mon orthographe.

 

Télécharger le diaporama "Vœux 2012" en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

 

 

 

ImageVoeux12

 

Par Jean Yves - Publié dans : Diaporamas PPS - Communauté : le Finistère
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 10:43

La souche de Noël

 

 

Les gens du pays l'appelaient Ni. Elle avait eu un autre nom, mais il serait perdu en route, au fur et à mesure qu'elle escortait au cimetière les membres de sa famille et, à chaque fois, il se perdait un peu plus. Voilà qu'ils étaient tous partis piquer des poireaux à Saint-Nic, façon de dire qu'ils étaient morts jusqu'au dernier.

 

 

 

D01

 

 

 

Maintenant, la femme restait seule dans sa maison avec sa vache et son tricot. La vache lui tenait chaud, n'étant séparée d'elle que par une cloison à mi-hauteur.

 

 

 

D02

 

 

 

Le tricot lui servait à venir à bout de ses journées, rien de plus. Elle n'en tirait ni bas, ni gilet, ni châle, ni écharpe, rien que des choses informes à défaire aussitôt avant de les recommencer. Jamais elle n'ouvrait la bouche la première. Quand on lui adressait la parole, elle faisait toujours la même réponse : "Ni rien".

"Le temps est beau, n'est-ce pas!

- Ni rien.

Vous allez au bourg ?

- Ni rien."

 

 

 

D03

 

 

 

Si elle avait d'autres ni dans la tête, personne n'en a jamais rien su. Mais ce Ni lui était resté. Son nom de baptême était Marie-Josèphe et ses parents s'appelaient Sauveur. Si je vous le dis, c'est parce que c'est marqué sur le registre de la mairie.

 

 

 

D04BaieTrépassés

 

 

 

Le chemin creux qui menait à sa maison était bordé de deux grands talus sur lesquels se dressaient à la file, de place en place, des têtards de chêne. Chaque année, à la fin de l'hiver, Ni déracinait l'un deux pour le mettre à sécher dans l'appentis.

 

 

 

D05

 

 

 

La nuit de Noël venue, elle le faisait rouler dans le foyer, sur une couche de bois menu et d'aiguilles de pin. Elle y mettait le feu mais se gardait  bien de laisser le morceau de chêne brûler trop longtemps.

 

 

 

D06

 

 

 

La souche de Noël, en vérité, passait pour éloigner la foudre. On la choisissait de bonne taille pour pouvoir la garder tout au long de l'année. Chaque fois qu'éclatait un orage, on s'empressait de la rallumer et l'on était sûr d'éviter tout mal. Et maintenant, vous savez à quel propos cette Ni avait le cœur faible : elle redoutait beaucoup le feu du ciel.

 

 

 

D07

 

 

 

Or, une veille de Noël, la femme se trouvait dans son champ avec sa vache et son tricot. II était à peine 4 heures de l'après-midi. Soudain, la nuit tomba autour d'elle, ses aiguilles jetèrent des éclairs bleus.

 

 

 

D08PorsPoulhan

 

 

 

Et Ni de laisser choir son tricot dans l'herbe, d'arracher le pieu qui attachait sa vache au pré, d'enrouler la corde et de chasser la pauvre bête vers la maison à force de clameurs.

 

 

 

D09Penhors

 

 

 

Un éclair fendit le ciel sur la gauche. La femme se boucha les oreilles avec les poings. Mais le bruit du tonnerre la traversa de pied en cap. Heureusement, elle n'était pas loin de sa maison. Elle y poussa sa vache et courut au foyer. Elle avait disposé d'avance, pour la nuit à venir, la souche de Noël sur un lit de petit bois.

 

 

 

D10PhareMillet

 

 

 

Ni se hâta de frotter une allumette, mais le petit bois refusa de prendre feu. Il avait plu le matin et, en raison de la direction des vents, la cheminée avait pris de l'eau.

 

 

 

D11

 

 

 

L'orage se déchaîna, épouvantable. La maison tremblait d'un bout à l'autre sous les coups de tonnerre. Ni avait beau arranger le bois de son mieux, présenter ses allumettes de tous les côtés, rien à faire pour enflammer la souche de Noël.

 

 

 

D12StTugen

 

 

 

Soudain, la foudre s'abattit sur la cheminée. Le pignon de la maison se trouva fendu de haut en bas par une lézarde aussi large qu'une main, si bien qu'on voyait, à travers elle, fumer le verger comme l'enfer.

 

 

 

D13PorsPoulhan

 

 

 

Quelque part, un chien aboyait à la mort. La tête perdue, Ni s'efforçait toujours d'allumer le feu. A la fin, la flamme pris dans le petit bois et se mit à lécher la souche. Et alors, croyez-moi si vous voulez, la lézarde se referma bellement et l'orage tomba jusqu'à rien.

 

 

 

D14

 

 

 

Pour une fois, Ni trouva bon de parler pour conter le miracle. Après quoi, elle devint aussi avare qu'avant de ses paroles.  Mais elle avait changé sa réponse :

"Il fait beau, n'est-ce pas ?

– Ni le tonnerre.

Vous allez au bourg ?

- Ni le tonnerre."

 

Ni Le Tonnerre, voilà le nom qui lui resta jusqu'à la fin.

 

 

Pierre Jakez Hélias

(Les autres et les miens)

 

 

 

D15PtDuVan

 

 

 

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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 10:35

Réthymnon est la troisième ville de Crète avec 35 000 habitants environ. Chef lieu du département qui porte son nom, Réthymnon est également le troisième port de l'île de Crète.

 

 

 

M01Rethymnon

 

 

 

 

MCartCrete07

 Réthymnon : carré rouge

 

 

 

M02Rethymnon

 

 

 

Vénitiens et Ottomans ont laissé de nombreuses traces de leur passage au cours des siècles.

 

 

 

M03Rethymnon

 

 

 Port vénitien de Réthymnon


 

M04Rethymnon

 

 

 

Il n’existe pas vraiment de preuves concernant l’emplacement d’une ville ancienne nommée Rithyma, mais des inscriptions, des monnaies ornées de symboles marins et des découvertes archéologiques laissent supposer que Rithyma était située sur la colline Paliokastro, où se trouve aujourd’hui la forteresse.

 

 

 

M05Rethymnon

 

 

 


 

M06Rethymnon

 Plage de Réthymnon

 

 

La forteresse (Fortezza), située au sommet du mont nommé Palaiokastro, ce qui signifie ”le vieux château”, se trouve probablement sur l’emplacement de l’ancienne cité Rethymna.

 

 

 

M07Rethymnon

 

 

 


 

M08Rethymnon

 

 

 

Elle domine la ville. Les Vénitiens l'érigèrent en 1573 en lui donnant le nom de "Castel Vechio". Ensuite d’après les plans de l’architecte Michèle Sammicheli, ils construisirent des remparts qui furent détruits en 1571 au cours de l’attaque du pirate Hairedin Barberousse.

 

 

 

M09Rethymnon

 

 


 

 

M10Rethymnon

 

 

 

En septembre 1646, les turcs assiégèrent la cité et s’en emparèrent. Les conquérants prirent place dans les palais et habitations vénitiennes.

 

 

 

M11Rethymnon

 

 

 


 

M12Rethymnon

 

 

 

Khizir Khayr ad-Dîn, dit Barberousse, grand amiral de l'Empire ottoman, est né en 1466 dans l'île de Lesbos, et mort en 1546.

Avec ses deux frères, il va convoyer des Musulmans et des Sépharades fuyant la pression de l'inquisition espagnole en 1492, de l'Andalousie vers l'Empire Ottoman. Cela lui confèrera un grand prestige auprès des Juifs et des Musulmans, et ce fut à cette période qu'il acquit le surnom de "Barberousse".

 

 

 

M13Rethymnon

 

 

 


 

M14Rethymnon

 Mosquée de la forteresse de Réthymnon

 

 

Avec ses deux frères il va sillonner la Méditerranée s'adonnant à la "Course" contre les navires chrétiens avec pour ports d'attache Tunis, Djerba, Jijel et Alger.

À Constantinople, Barberousse va réorganiser la flotte ottomane. Les Turcs le considèrent comme le père de la Marine ottomane.

 

 

 

M15Rethymnon

 Les ruines des magasins de la forteresse

 

 


 

M16Rethymnon

 La tour des conseillers de la Fortezza

 

 

En 1543 François Ier créa la première ambassade européenne à Istanbul et demanda au Grand Seigneur (le sultan ottoman) d'envoyer sa flotte contre l'empereur Charles Quint. Barberousse sortit avec cent galères pilla et saccagea la Calabre. François Ier s'allia par la suite avec Barberousse à plusieurs reprises.

 

 

 

M17Rethymnon

 Eglise de la forteresse de Réthymnon

 

 


 

M18Rethymnon

 

 

 


 

M19Rethymnon

 

 

 

Le port est conservé sous la forme qu'il avait à l'époque vénitienne. Le phare a été construit par les Turcs.

 

 

 

M20Rethymnon

 

 

 Port vénitien de Réthymnon et phare turc


 

M21Rethymnon

 

 

 

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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 10:46

Le plateau de Lassithi se situe au sud de Malia, entre le mont Séléna at la chaîne de Dikti. D'une superficie de 50 Km2, c'est une dépression entre les montagnes. Près de 3 000 habitants vivent sur ce plateau situé à plus de 800 m d'altitude.

 

 

 

L01Lassithi

 

 

 


 

L02Lassithi

 

 

 

Pour y accéder, les routes serpentent le flan des montagnes. La porte d'entrée ou de sortie (c'est selon) est Tzermiado…

 

 

 

L03Lassithi

 

 

 

 


L04Lassithi

 

 

 

… où de vieux moulins en ruines, alignés comme à la parade, surplombent la vallée.

 

 

 

L05Lassithi

 

 

 


 

L06Lassithi

 

 

 


 

L07Lassithi

 

 

 

Le plateau a souvent servi de refuge à la population face aux différents envahisseurs. En 1263, lorsque les Vénitiens occupèrent la Crète, ils décidèrent de vider le plateau, repère de résistants, de sa population.

 

 

 

L09Lassithi

 

 

 


 

L10Lassithi

 

 

 


 

L12Lassithi

 

 

 

Ils déracinèrent les arbres et arrachèrent les cultures. En deux siècles, à cause de la rivière qui le traverse, le plateau se transforma en une cuvette marécageuse.

 

 

 

L13Lassithi

 

 

 


 

L14Lassithi

 

 

 

Mais suite à une pénurie alimentaire, les Vénitiens recolonisèrent le plateau et il fut à nouveau cultivé. Ils y installèrent de nombreuses éoliennes pompant l'eau pour irriguer les champs. La plupart de ces éoliennes ont disparu aujourd'hui et ont été remplacées par des pompes à moteur.

 

 

 

L15Lassithi

 

 

 

 

L16Lassithi

 

 

 

Ce plateau fut aussi un des hauts-lieux de la résistance Crétoise face à l'occupant turc.(Etoile rose sur la droite de la carte).

 

 

 

LCartCrete06

 

 

 

 

L17Lassithi

 

 

 

 

 

L08Lassithi

 

 


 

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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 11:30

Un petit historique de la ville accompagné de quelques photos prises à Héraklion.

 

 

 

K01Heraklion

 

 

 

Héraklion, ou son proche voisinage, aurait été le port de la cité minoenne de Knossos. Fondée en l'an 1000 av JC par les Doriens, la cité fut appelée Héraclès en l'honneur du héros mythique Hercule.

 

 

 

K02Heraklion02

 

 

 

 

KCartCrete05

 Point rouge : Héraklion

 

 

En 395 après JC, l'Empire Romain se scinde en deux parties : l'Empire Romain d'Orient ou Empire Byzantin et l'Empire Romain d'Occident. Pendant la période byzantine (215/815 après JC), la Crète est rattachée à l'Orient et Héraklion change de nom. Les Byzantins l'appellent Mégalo Kastro.

 

 

 

K03Heraklion

 

 

 

Lorsque les Arabes, expulsés d’Espagne puis d’Alexandrie, s'installent dans l'île en 824, ils choisissent Héraklion comme capitale, l'entourent d'un fossé et lui donnent le nom de Rhabd-el-Khandak, abrégé ensuite en Chandak. C'est de ce fossé (chandak en arabe) que provient le nom de la ville.

 

 

 

K04Heraklion

 

 

 

Séduits par la beauté et la fertilité du climat, les Arabes décident de s'y fixer. Ils croyaient voir en la Crète, la "terre délicieuse où coule le lait et le miel" et que Mahomet promet à ses croyants.

 

 

 

K05heraklion

 

 

 

Les Crétois sont soumis à une servitude sévère. La Crète se détache du reste de l'Empire byzantin et s'efface économiquement et culturellement.

En revanche, les Arabes dynamisent l'agriculture de la Crète en y développant la canne à sucre, le coton et le mûrier.

 

 

 

K06Heraklion

 

 

 

 

K07Heraklion

 

 

 

Pendant le siècle et demi d'occupation arabe, l'île redevient une base de la piraterie. C'est le point d'appui majeur de la puissance maritime arabe dans le bassin oriental de la Méditerranée. Ainsi, pour les Byzantins, la reconquête de la Crète ne signifie pas seulement la libération, mais aussi la neutralisation de cette menace pour les flottes de Méditerranée et la reprise du contrôle des voies commerciales dans la région.

 

 

 

K08heraklion

 

 

 

La reconquête de la Crète a lieu en 961 lorsque Nicéphore Phocas (général de l'empire byzantin qui accède au trône et devint empereur régnant de 963 à 969) prend le commandement de l'expédition militaire.

Nicéphore Phocas débarque dans le nord de l'île et marche sur Chandak qu'il assiège de la seconde moitié de 960 à mars 961. Ce siège est dur et long. Chandak résiste plusieurs mois mais finit par tomber le 7 mars 961. Les Musulmans sont massacrés et la ville pillée. Le reste de l'île tombe rapidement.

 

 

 

K09Heraklion

 

 

 

Puis ce fut l'occupation vénitienne et la ville change encore de nom, elle devient Candie de 1204 à 1669.

 

Lors de la quatrième croisade (1202/1204), l'armée des croisés commandée par un compte Italien, Boniface de Montferrat, est détournée de son objectif (la conquête des lieux saints) par la République de Venise qui fournissait les navires. Pour payer leurs dettes à la république, les croisés mettent à sac Constantinople en 1204 et se partagent ses territoires.

 

 

 

K10Heraklion

 

 

 

Boniface de Monferrat a obtenu la Crète, et pour payer ses dettes, il la vend alors pour 1000 marcs d'argent au Doge de Venise, Enrico Dandolo. Ce dernier prend immédiatement possession de la Crète avec 30 galères et le gouvernement de l’île s’installe à Candie, ex Chandak. L’île servait essentiellement d’entrepôt pour les épices sur la route de la Syrie.

 

 

 

K11Heraklion

 

 

 

Pour protéger l'île des convoitises, les Vénitiens fortifient Candie. Dès la chute de Constantinople en 1253, l'ingénieur Michele Sanmicheli entoure la ville d'un rempart imposant, long de 5 Km et comprenant 7 bastions. Pendant 100 ans, chaque homme de la ville âgé de 14 à 60 ans devait donner à la ville 1 semaine de travail par an.

 

 

 

K12heraklion

 

 

 

Le fort vénitien (ci-dessous) construit de 1523 à 1540, appelé Rocca A Mare par les Vénitiens, mais actuellement connu sous le nom de Koulès donné par les Turcs, est en bon état de conservation. Il accueille des expositions et des spectacles en été. Il servit de prison au temps des Turcs pour les Crétois révoltés.

 

 

 

K13Heraklion

 

 


 

 

K14Heraklion

 

 

 


 

K15Heraklion

 

 

 

La fontaine Morosini ci-dessous, au centre d'Héraklion, date de 1628.

 

 

 

K16Heraklion

 

 

 


 

K17Heraklion

 

 

 

En mai 1648 les Turcs se rendent maîtres de la Crète. Cependant, ils devront mettre le siège pendant 21 ans devant Candie avant que cette dernière ne tombe entre leurs mains. Mais c'est avec traitrise que la ville tombe : 70 000 pièces d'or sont versées à un traitre, l'ingénieur Andréas Barotsi, pour qu'il fasse défection en donnant à l'ennemi les indications nécessaires sur les points faibles de la défense. La ville tombe aux mains des Turcs en novembre 1669.

 

 

 

K18Heraklion

 

 

 

La cathédrale Agios Minas construite entre1862 et1895.

 

 

K19Heraklion

 

 

 

 

K20Heraklion

 

 

 


 

K21Heraklion

 

 

 

Le 25 août 1898, une révolte de la population, réprimée sauvagement par les Turcs, déclenche le processus qui mènera à la libération de la Crète.

 

 

 

K22Heraklion

 

 

 

 

K23Heraklion

 

 

 

En 1972, Héraklion reprend le titre de capitale de l'île à La Canée. Héraklion compte actuellement 140 000 habitants.

 

 

 

K24Heraklion

 

 

 

K25Heraklion

 

 

 

 

 

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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 10:45

Au nord de la route reliant Mires au village d’Aghii Deka se situe le site archéologique de Gortyne. Là, l’ombre d’un platane, lointain descendant de cet arbre vénérable sous lequel Zeus et Europe s’aimèrent, témoigne encore des ébats dont naquirent le légendaire roi Minos ainsi que ses frères Radhamante et Sarpédon.

 

 

 

J01Gortyne

 

 

 

D'après la légende, c'est aussi à Gortyne que le taureau dont Poséidon fit présent à Minos s'unit avec la reine Pasiphaé et de cette union naquit le Minotaure.

Là aussi, de nos jours, un Odéon romain abrite encore "La Grande Inscription".

 

 

 

J02Gortyne

 

 

 


 

J03Gortyne

 

 

 

Cette "Grande Inscription", le "Code de Lois de Gortyne", est inscrit sur 12 colonnes de 1,75 m de hauteur. Sa longueur tout entière est de 9 m. Chaque colonne contient de 53 à 56 lignes, soit environ 600 lignes. Il y a quelques vides, car le graveur a sauté les endroits abîmés de la pierre. C'est le plus ancien Code civil écrit d'Europe. La Grande Inscription est connue aussi sous le nom de "Reine des inscriptions" ou comme "Lois des douze tables de Gortyne".

 

 

 

J04Gortyne

 

 

 

On ne connaît que trois autres codes juridiques écrits plus anciens que cette "Grande Inscription".

 

Le premier, "Le Code d'Ur-Nammu" est la plus ancienne tablette contenant un code juridique qui nous soit parvenue intégralement. Elle fut rédigée en sumérien vers 2100-2050 av JC. Les lois sont exprimées sous la forme casuistique : si "un crime est commis", alors "un châtiment est appliqué". Il précède ainsi le Code d'Hammurabi de près de trois siècles.

Ur-Nammu a été roi d'Ur de 2112 à 2095 av. J.-C. La datation de son règne est très approximative. La Liste royale sumérienne lui attribue 18 années de règne. Il est vu comme le premier roi de la Troisième dynastie d'Ur, empire qui domine la Mésopotamie pendant environ un siècle.

 

(Ur, ville antique de la Mésopotamie du IIIe millénaire av. JC, est actuellement appelée Tell al-Muqayyar, dans l'actuel Irak).

 

 

 

J05Gortyne

 

 

 

Le second, "Le Code de Hammurabi" (vers 1750 av. J.-C.) est le premier quasiment complet, écrit en caractères cunéiformes akkadiens. Texte babylonien non religieux mais présenté comme d'inspiration divine, réalisé sous l'autorité d'Hammurabi, il prolonge en matière juridique l'œuvre militaire et politique du fondateur de l'empire.

Hammurabi est le sixième roi de la première dynastie de Babylone. Son règne est l’un des plus longs de l’antiquité du Proche-Orient.

 

Le Code de Hammurabi se présente comme une grande stèle de 2,5 mètres de haut, en basalte. Toute une échelle de peines est inscrite suivant les délits et crimes commis. La Loi du Talion est la base de cette échelle. Cette loi est souvent symbolisée par l’expression "œil pour œil, dent pour dent".

 

(Babylone, ville antique de Mésopotamie sur l'Euphrate, se situe à environ 100 km au sud de l'actuelle Bagdad (Irak), près de la ville moderne de Hilla).

 

 

 

J06Gortyne

 

 

 

Le troisième, sans doute le plus connu, est celui des "Dix Commandements", écrit par Moïse sur le Mont Sinaï, lors de la fuite des Hébreux d'Egypte (l'Exode).

Les archéologues estiment qu'il fut rédigé dans les années 1 300 / 1 200 av JC, mais il n'y a aucune certitude.

 

 

 

J07Gortyne

 

 

 

 

La Grande Inscription est à l'emplacement où elle a été découverte en 1884, sur l'Odéon de l'époque romaine, par l'archéologue Italien Federico Halbherr.

 

Le centre de la vie sociale de Gortyne, l'Agora, fut probablement construit vers les années 600 av JC. Au centre de l'Agora se dressait la tribune des orateurs et sur le côté Est, un Bouleutérion (endroit où se réunissait une assemblée restreinte de citoyens chargés des lois de la cité) fut construit.

 

 

 

J08GortyneVue générale de Gortyne (carte postale)

 

 

 

 

JCartCrete04

 Gortyne : point rose au sud

 

 

Les plaques en tuf avec le Code des lois de Gortyne furent insérées sur le mur circulaire du Bouleutérion.

Ce bâtiment fut transformé en Odéon à l'époque romaine (1er siècle ap JC), mais on laissa en place les plaques avec les lois. Elle est protégée par une petite construction de briques voûtées en plein cintre, aménagée en 1889 par le Service archéologique grec.

 

 

 

J09Gortyne

 

 

 

L’inscription serait contemporaine de Périclès (Ve siècle, 495-429 av JC), mais peut-être plus vieux d’un siècle ou deux, peut être contemporain de Dracon.

Dracon, dans les années 620 avant notre ère, s'était rendu célèbre par la codification des lois athéniennes.

 

 

 

J10Gortyne

 

 

L'esprit de la réforme de Dracon était de ne rien tolérer d'impur au sein de l'État, et de ne laisser porter aucune atteinte à la tranquillité des citoyens. La pénalité établie par Dracon était d'une sévérité si implacable qu'elle en est devenue légendaire. La mort était le châtiment le plus usité. Elle atteignait les paresseux, les oisifs, les voleurs de fruits ou d'herbe aussi bien que les assassins et les sacrilèges. De nos jours, on emploie encore l'adjectif "draconien".

 

 

 

J11Gortyne

 

 

 

La Loi de Gortyne ne règle pas la vie de la cité, c’est un code civil, le plus ancien code civil d’Europe. Il ne régit pas tous les sujets.

 

 

 

J12Gortyne

 

 

 

La célèbre table écrite en grec ancien est rédigée en boustrophédon.

 

On qualifie de boustrophédon le tracé d'un système d'écriture qui change alternativement de sens ligne après ligne, à la manière du bœuf marquant les sillons dans les champs, de droite à gauche puis de gauche à droite. Le sens des lettres est inversé en changeant de sens : par exemple, la lettre Є tracée de gauche à droite deviendrait Э de droite à gauche.

 

 

 

J13Gortyne

 

 

 

C'est un véritable monument législatif, garantissant notamment aux femmes un certain nombre de droits (divorce, veuvage, etc.) qui n’étaient pas toujours en usage dans les autres cités du monde grec (elles peuvent décider de leur mariage, peuvent être propriétaires). La bigamie et la polygamie sont interdites.

 

Les questions dont traite le code tournent autour du droit familial : adoption, succession et héritage, divorce, enfants naturels, donations entre époux. Il traite aussi les atteintes aux bonnes mœurs : viols, séduction, adultère. Des textes concernent les questions de vente, d'hypothèques, de dettes. On y trouve aussi des références concernant les libertés individuelles et les esclaves (ils peuvent se marier, divorcer, obtenir une indemnisation en cas de sévices).

Le témoignage en justice est obligatoirement sous serment, le faux serment étant puni. Le juge est obligé de se référer à la jurisprudence. L'auto justice interdite.

 

 

 

J14Gortyne

 

 

 

La civilisation minoenne commence à décliner après les dernières destructions de 1450/1350. Envahie par les Mycéens (Grecs du sud), puis semble-t-il par les Doriens (Grecs du nord), les cités crétoises se livrent des guerres qui les conduiront à leur perte.

 

 

 

J15Gortyne

 

 

 

Puis la Crète se tint volontairement à l’écart de la Grèce pendant la période hellénistique.

 

Par la suite, la Crète tombe sous la domination des Ptolémées (dynastie égyptienne régnant de 323 à 30 av JC)  jusqu’à ce que Philippe V de Macédoine (protecteur de la Grèce) en fasse un repaire de piraterie pour lutter contre l’Egypte.

 

Enfin, la Crète devient romaine en 67 av JC. Rome envoie Metellus en Crète. Celui-ci soumet la Crète en rasant toutes les poches de résistance.

 

 

 

J16Gortyne

 

 

 

Gortyne, qui s’était rangée du côté des Romains dès le début, devient la capitale de la province. Elle conservera ce titre jusqu'à la conquête arabe de 828 après JC. Les Romains édifient routes, aqueducs, et tous les monuments publics à Gortyne comme l’Odéon, qui servait aux manifestations musicales et théâtrales.

 

 

 

J17Gortyne

 

 

 

L'Odéon se compose de trois parties principales : La Cavea avec ses gradins et escaliers, l’orchestra, d’un diamètre de 8,5m était dallée de plaques de marbre blanches et bleues, et la scène rectangulaire surélevée. Reconstruit sous Trajan (1er siècle ap JC), c’est un théâtre romain typique.

 

 

 

J18Gortyne

 

 

 

La basilique « Saint-Tite », du nom du premier évêque de Crète et disciple de Paul de Tarse. Fondée à l’époque de Justinien (courant VIe siècle), cet édifice est l’un des monuments les plus importants de l’architecture byzantine en Crète.

 

 

 

J19Gortyne

 

 

 


 

J20Gortyne

 

 

 

Des oliviers séculaires, connus sous le nom de "frankoliès", sont disséminés sur tout le site archéologique de Gortyne.

 

 

 

J21Gortyne

 

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Une précision de Michel Fournier (Crète)

 

Il est avéré désormais que l'Eglise dite de ST Tite, dans le site archéologique de Gortyne, n'est pas l'Eglise St Tite mais "Panagia Kera" ( la Vierge aux chandelles").

 

Intéressons-nous à l'étymologie de "Panagia"....

Le préfixe " Pan-" se retrouve dans des mots comme PANdémie"... et a le sens de "partout"...." - gia" est tout simplement la Terre, la Mère de tous les humains...

 

Je laisse le soin à tout un chacun de COMPRENDRE ce que le nom de "PANaGIa" peut signifier, surtout quand on SAIT que la véritable "église" St Tite se situe à 500 mètres de là, qu'elle est la première "cathédrale de la chrétienté", cathédrales qui étaient autrefois nommées "métropoles"... alors que le mot "métropole" a pour radical ( sans E), MITRA qui signifie "utérus" quand "polis" signifie "ville" ou "multitude"....

Un chercheur TRES compétent, Maurice Rosart, soutient une thèse qui n'a jamais pu être contestée et que je vous laisse découvrir

http://knol.google.com/k/symbolique-des-labyrinthes-de-cath%C3%A9drales#

 

 

 

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