Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 10:55

Région du Yucatan, 1562 :

Diego de Landa fut parmi les premiers moines de l'ordre franciscain à être envoyé au Yucatan pour apporter la religion catholique aux peuples mayas, après la conquête espagnole de ce territoire.

 

 

 

G 01Portrait

 

 

 

Il organise, en juillet 1562, un autodafé : il fait jeter dans un immense bûcher plus de 70 tonnes de documents mayas. Outre des idoles de bois et de pierre, des centaines de manuscrits. Il disperse ainsi un patrimoine écrit d'une valeur incommensurable. (ci-dessous : Diego De Landa)

 

 

 

G Num02

 

 

 

Voici comment il justifie son geste :

 

"(Ces gens) étaient gouvernés par leurs superstitions et leurs tromperies, qui étaient si nombreuses qu'il y en avait assez pour faire errer ces gens simples, et il y aurait de quoi s'en étonner, si on ne savait que ce sont des choses naturelles et l'expérience qu'on en a du démon.

Ces gens usaient de certains caractères ou lettres pour écrire dans leurs livres les choses antiques et leurs sciences et par leurs moyens et celui de figures et de quelques signes dans les figures, les donnaient à entendre et les enseignaient.

Nous trouvâmes un grand nombre de livres écrits avec ces lettres, et comme il n'y en avait aucun où il n'y eut de la superstition et des mensonges du démon, nous leur brulâmes tous, ce qu'ils sentirent merveilleusement et leur donna beaucoup de chagrin" (Diego De Landa, "Relation des choses du Yuacatan").

 

Finalement, on se demande de quel côté était le diable !

 

 

 

G 03Portrait

 

 

 

Heureusement quatre manuscrits ont échappé au feu. On appelle ces manuscrits des "codex". Ce sont des manuscrits constitués d'un support en papier, extrait d'une écorce de ficus battue ou de fibres d'agave.

 

 

 

G Num04

 

 

 

Les feuilles charnues de l'agave donnent une fibre textile, le sisal, une sorte de coton épais et grossier que les femmes mayas tissent pour en faire des cordes, du fil à coudre, des sacs ou des nattes. Les Espagnols appelaient cette plante inconnue "l'arbre des merveilles".

 

 

 

G Num05

 

 

 

Les codex ont l'aspect d'une grande bande pliée en accordéon entre deux couvertures de bois ou de cuir. Le texte, écrit des deux côtés du support, est accompagné d'illustrations peintes de couleurs vives. Les quatre codex ont le nom des villes où ils se trouvent actuellement :

Le codex de Dresde,

Le codex de Madrid,

Le codex de Paris,

Et le dernier, retrouvé au Mexique en 1960, le codex du Mexique, qui serait une partie de celui de Paris.

 

 

 

G Num06

 

 

 

Le codex de Dresde, le plus ancien, date d'environ 1200. Il est constitué d'une bande en fibres d'agave longue de 3,50 m et replié en 78 faces. Il s'agit d'un recueil d'almanachs d'astronomie et d'astrologie.

 

 

 

G Num07

 

 

 

En 1832, Constantin Samuel Rafinesque, (un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, né en 1783 à Constantinople et mort en 1840 à Philadelphie) consulte une reproduction de quelques pages de ce codex.

Ce polyglotte est un homme aux talents très variés : il s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. C'était un excentrique dont le comportement demeurait souvent incompris par ses contemporains. (Photo ci-desous)

 

 

 

G Num08

 

 

 

Rafinesque déclare dans son bulletin d'information, le "Journal de l'Atlantique et ami de la connaissance", que les points et les barres vu dans les glyphes mayas, représentaient des chiffres. Il s'est à l'époque heurté à l'incrédulité des savants qui se penchaient sur le déchiffrage de l'écriture maya.

 

Plus tard, les résultats lui ont donné raison et ont également révélé que les Mayas avaient même un symbole pour le zéro, qui est apparu sur les sculptures mésoaméricaines dès 36 avant JC.

 

 

 

G Num09

 

 

 

(Dans l'Ancien Monde, le symbole du 0 a été inventé au Vème siècle avant JC par des mathématiciens indous, mais c'est seulement au VIIIème siècle après JC que les Arabes l'importent en Espagne. Puis les chiffres indiens sont importés d’Espagne en Europe chrétienne aux environs de l’an mil par Gerbert d’Aurillac, devenu le pape Sylvestre II. Le zéro ne se généralise pas pour autant dans la vie courante).

 

 

 

G Num10

 

 

 

Dans la numération maya, trois symboles, le point, le trait, la coquille suffisent à écrire tous les nombres. Le point a pour valeur 1, le trait a pour valeur 5. Les chiffres vont de 1 à 19. En outre, de 0 à 20,  les chiffres peuvent être aussi représentés par des glyphes à l'effigie de divinités.

 

 

 

G Num11

 

 

 

Les treize premiers nombres représentent les 13 grandes divinités du monde supérieur, les autres ceux des divinités du monde souterrain. Le vingt étant indiqué par le glyphe de la lune. Pour les Mayas, les chiffres sont des instruments de calcul, mais en même temps, ils sont les symboles des dieux et de l'univers.

Le chiffre 13 est le plus chargé de spiritualité et d'ésotérisme : les Mayas vénèrent les treize dieux du Monde supérieur qui gouvernent les treize strates ou "ciels" qui le composent.

 

 

 

G 12Portrait

 

 

 

C'est une numération de position en base 20 : elle se lit de bas en haut, la première place est occupée par les unités, la seconde par les vingtaines, celles au-dessus par des puissances de vingt.

Le chiffre 20 est primordial pour les Mayas : depuis l'origine de leur civilisation, ils fondent leurs calculs astronomiques et calendaires sur un système vicésimal. Le nombre 400, multiple de 20, revient souvent dans les textes sacrés et sur les inscriptions.

Le zéro est utilisé par les Mayas durant le 1er millénaire, il n'indique ni le "rien" ni l'absence de quantité ou d'unité, mais représente le complément de la série.

 

 

 G Num13

 

 

 

 

Les calculs mathématiques des Mayas sont à la base de leurs études d'astronomie, de leur calendrier et de leurs rites religieux.

 

 

 G 14Portrait

 

 

 

 

Petit exemple de multiplication maya :

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=46oviWU-sQY&feature=player_embedded

 

 

 

Source (pour partie) : Maria Longhena, "L'écriture maya, portrait d'une civilisation à travers ses signes",

 

Et Diégo de Landa : "Relation des choses du Yucatan"


Par Jean Yves - Publié dans : Mexique - Communauté : images du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 09:49

Entre 250 et 900 de notre ère de nombreuses cités mayas émergent dans le Yucatan. Chaque cité s'identifie par le pouvoir central qui la dirige, c'est-à-dire un souverain qui a le statut de "roi sacré", de "Divin Seigneur" comme on a pu le déchiffrer sur les inscriptions des temples. C'est un souverain entouré de quelques familles nobles et par une "caste" de prêtes.

 

 

 

F Palenque01

 

 

 

C'est un pouvoir qui a la capacité de mobiliser une main-d'œuvre nombreuse pour réaliser des ensembles architecturaux d'envergure, comme des palais, des temples… Toutes ces constructions étaient recouvertes de stuc blanc, avec des motifs peints de couleurs vives. (Le stuc est un mélange de chaux fine et d'eau où est dissoute une gomme végétale. Il prend une apparence proche du plâtre après polissage).

 

Le roi est le personnage central, intermédiaire entre ses sujets et les puissances cosmiques, et souvent assimilé au soleil ou au maïs, et est tenu d'assurer les rites qui assurent la prospérité de son peuple.

 

 

 

F Palenque02

 

 

 

Mais même si ces cités ont parfois créé des alliances entre-elles, elles ne sont jamais parvenues à constituer un état centralisé étendu à l'ensemble de leur aire culturelle.

 

 

 

F Palenque03

 

 

 

C'est ainsi que Kin Pacal 1er (Le Bouclier du Soleil), fut le grand constructeur de Palenque. Il régna de 615 à 683, et son fils Kan Balam lui succéda.

Pacal était alors âgé de douze ans, et sa mère exerça sans doute le pouvoir effectif au cours des premières années d'un très long règne qui dura jusqu’en 683. Quand il arriva au pouvoir, la cité était en pleine décadence. Malgré cela, réputé être le protégé des dieux, il mena Palenque à un niveau de splendeur jamais égalé. Il édifia la majeure partie des palais et des temples de Palenque.

 

 

 

F Palenque04

 

 

 

Palenque se situe dans l’État mexicain du Chiapas, près du fleuve Usumacinta (point vert sur la carte).

"L'existence d'une telle cité était jusqu'à lors entièrement insoupçonnée. On ne la trouve mentionnée dans aucun livre, et je n'ai jamais entendu dire qu'elle l'ait été un jour. On ignore encore son nom d'origine, et le seul qui lui ait été donné est Palenque, le village près duquel les ruines sont situées." John Lloyd Stephens, (Aventures de voyage en Pays Maya)

 

 

 

 F CartePalenque

  Point vert : Palenque

 

 

 

F Palenque05

 

 

 

Faisant partie d'un ensemble qui s'étire sur 6 à 8 km, la zone cérémonielle couvre une surface de 500 m sur 300 m, Palenque connut son apogée entre le VIIème et le IXème siècles.

 

Le Palais

 

"Nous fîmes gravir à nos mules un amas de décombres, si abrupt que les pauvres bêtes parvinrent tout juste à grimper jusqu'à son sommet – une terrasse a tel point recouverte d'arbres qu'il était impossible d'en déterminer la forme. Continuant à avancer, nous nous arrêtâmes au pied d'une seconde plate-forme : nos indiens crièrent alors : "el Palacio" et nous vîmes par des éclaircies dans la forêt la façade d'un grand édifice dont les piliers étaient ornés de personnages en stuc, aux formes curieuses et raffinées. Des arbres avaient crû tout près, et les branches pénétraient dans ses ouvertures. Unique par son style et l'effet qu'elle produisait, cette extraordinaire structure nous frappa par sa beauté funèbre." John Lloyd Stephens, (Aventures de voyage en Pays Maya)

 

 

 

F Palenque06

 

 

 

Sur une plate-forme de 100 m sur 80 m, haute de 10 m, s'étale un ensemble de Palais de différentes époques groupés autour de quatre cours au milieu desquelles se dresse une tour de quatre étages de presque 20 m de hauteur.

 

Chacune des cours, de dimensions différentes, est entourée de galeries et de salons décorés. Les murs sont décorés de personnages mystérieux. Le Palais est en fait un agrégat de souterrains, de patios, de galeries et d'édifices traditionnellement appelés «Maisons», chacune étant affectée d'une lettre par les archéologues.

 

 

 

F Palenque07

 

 

 

 

F Palenque08

 

 

 

Les archéologues ne s'accordent pas sur sa destination : bien que certains, comme son nom peut le laisser penser, le considèrent comme un ensemble résidentiel, d'autres pensent plutôt qu'il s'agit d'un complexe administratif ou de bâtiments à vocation cérémonielle.

 

 

 

F Palenque09

 

 

 

Le bâtiment n'est pas couronné d'une crête faîtière et contrairement à la plupart des bâtiments mayas peints en rouge, il était blanc. Son nom maya est d'ailleurs Sak nuk naah «grande maison blanche». Sa façade était décorée de médaillons peints en bleu et en orange. Le trait le plus distinctif du Palais, un édifice en forme de tour de quatre étages, de base presque carrée (7 m X 7,50 m), a été ajouté à l'ensemble sous le règne de K'inich K'uk Bahlam (son fils). Les archéologues pensent qu'il servait d'observatoire. Le dernier étage est une reconstitution.

 

 

 

F Palenque10

 

 

 

Le Temple des Inscriptions

 

Construction la plus importante, cette pyramide à neuf étages (les neuf niveaux du monde souterrain maya) soutient un temple dont les cinq portes sont séparées par des piliers ornés de personnages en stuc.

 

 

 

F Palenque11

 

 

 

Elles s'ouvrent sur une salle rectangulaire qui communique avec trois pièces à l'arrière. A l'intérieur se trouvent trois tablettes couvertes d'inscriptions Le temple leur doit son nom. Ensemble, les tablettes forment un seul texte de 617 blocs glyphiques, un des plus longs que l'on connaisse du monde maya.

 

 

 

F Palenque12

 

 

 

Entre 1949 et 1952, le gouvernement mexicain envoya à Palenque une équipe de fouilles et de recherche dirigée par l’archéologue mexicain Alberto Ruz Lhuillier. On lui doit la découverte, sous le Temple des inscriptions, du tombeau de Pacal Premier. C'est la découverte la plus importante à ce jour pour toute la zone mésoaméricaine. Alberto Ruz fut le premier être humain à pénétrer dans le tombeau en plus de mille ans.

 

 

 F Palenque13

 

 

 

 

Depuis le temple, un escalier qui était dissimulé par une dalle, tourne deux fois à angle droit et mène à une crypte située 22 m plus bas, un peu au-dessous du niveau du sol extérieur. Une grande dalle triangulaire fermait la crypte. Le long de l'escalier court un conduit en pierre reliant le temple à la crypte. Les archéologues baptisèrent ce conduit «psychoduc» ou «conduit de l'âme», considérant que sa fonction était de servir de trait d'union entre l'esprit du défunt et le monde des vivants. La crypte mesure 4 x 10 m et la voûte a une hauteur de 7 m. L'espace est pratiquement entièrement occupé par le sarcophage.

 

 

 

F Palenque14

  Tombe du roi Pacal au musée d'Anthropologie de Mexico

 

 

Le couvercle du sarcophage, à l'iconographie cosmique complexe, représente le souverain défunt dans une position curieuse qui a suscité différentes interprétations. La plus communément admise est que Pacal tombe dans la gueule du monstre terrestre au moment de sa mort à l'image du soleil couchant. Une autre possibilité serait que le roi émerge de la terre à l'image du soleil levant. Derrière le roi se dresse un arbre cosmique en forme de croix sur lequel est perché un oiseau.

 

 

 

F Palenque15

 

 

 

 

F Palenque16

 

 

 

Sous la dalle de 4 tonnes, le sarcophage contenait les restes du prêtre-roi Pacal portant un masque en mosaïque et entouré de nombreux bijoux de jade. En étudiant cet ensemble, on se rend compte que la crypte fut construite avant la pyramide qui la couvre et finalement avant le temple. L'ensemble fut bâti sous l'égide de Pacal qui régna soixante-huit ans avant d'y être inhumé. Ce cas est unique dans la région maya.

 

 

 

F Palenque17

 

 

 

Le trésor de jade et les masques de stuc découverts dans la crypte sont actuellement conservés au Musée d'anthropologie de Mexico.

Pour les Mayas, le jade était le symbole de la vie et de l'immortalité.

 

 

F Palenque18

 

 

 

Les Temples du Soleil, de la Croix et de la Croix Feuillue.

 

Entre le Palais et la montagne de l'est, de l'autre côté du ruisseau, trois temples construits sur des monticules.

 

Le groupe de la Croix de Palenque comprend trois temples sur pyramide, disposés à des hauteurs différentes autour d'une place ouverte au sud.

 

Le Temple de la Croix, au nord, est le plus grand et le plus haut placé :

 

 

 

F Palenque19

 

 

 

Le Temple du Soleil, à l'ouest, est dressé sur une pyramide de 4 m de hauteur. Il est le plus petit mais aussi le mieux conservé des trois édifices :

 

 

 

F Palenque20

 

 

 

Le Temple de la Croix Feuillue se trouve à une hauteur intermédiaire sur le côté est de la place :

 

 

 

F Palenque21

 

 

 

Les trois édifices ont été construits sous le règne du fils de Pacal 1er. Les inscriptions dans les temples forment un tout cohérent et suivent un ordre chronologique bien établi : le texte commence au Temple de la Croix, se poursuit au Temple du Soleil et s'achève au Temple de la Croix Feuillue.

 

 

 

F Palenque22

 

 

 

Ces temples sont des stations d'un parcours rituel qui partirait du nord, pour aller à l'ouest et se terminer à l'est, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, sens privilégié de la cosmologie méso-américaine.

 

 

 

F Palenque23

 

 

 

Le Temple de la Croix représente le ciel, le lieu d'origine du monde du surnaturel. L'icône centrale dans le temple représente l'arbre de la création qui se trouve au centre du monde selon la mythologie maya. L'arbre émerge d'un masque du monstre terrestre. A son sommet se trouve perché un oiseau surnaturel (la même iconographie que sur le sarcophage de Pacal Premier).

 

 

 

F Palenque24

 

 

 

 

F Palenque25

 

 

 

On passe ensuite au Temple du Soleil, ce qui équivaut à une descente dans le monde souterrain, lieu de passage du soleil nocturne symbolisé par le jaguar, maître de la guerre et des sacrifices. Le jaguar est l'aspect nocturne du soleil, associé à la guerre. Dans cet édifice, la thématique générale de l'iconographie relève de l'inframonde et de la guerre.

 

 

 

F Palenque26

 

 

 

 

F Palenque27

 

 

 

La dernière station dans le Temple de la Croix Feuillue est une renaissance dans le monde humide et fertile des couches supérieures de la terre. Sur Le panneau central, dit de la Croix feuillue, des personnages se tiennent de part et d'autre d'un plant de maïs ressemblant grossièrement à une croix, ce qui explique son nom.

 

 

 

F Palenque28

 

 

 

Comparée aux autres cités mayas, Palenque est de taille moyenne : La zone représente 2,5 km² mais on estime avoir exploré moins de 10 % de la superficie totale de la cité. Il reste encore plus de mille structures couvertes par la forêt.

La cité était déjà abandonnée lors de la conquête du Mexique au XVIe siècle.

 

"Dans le roman de l'histoire du monde, rien ne m'a jamais impressionné davantage que le spectacle de cette cité jadis puissante et belle, aujourd'hui mise à bas, désertée et oubliée – une cité découverte par hasard, enfouie au cœur d'une forêt s'étendant sur plusieurs kilomètres à la ronde, et sans même un nom pour la désigner." John Lloyd Stephens, (Aventures de voyage en Pays Maya)

 

 

 

F Palenque29

 

 

 

Sources : Claude François Baudez, "Les Mayas"

 

John Lloyd Stephens (1805 –1852) était un explorateur, écrivain, et diplomate américain. Son nom, généralement lié à celui de son partenaire et ami Frederick Catherwood, est associé à la civilisation maya. Bien qu'ils ne fussent que des amateurs, les deux expéditions qu'ils menèrent en Amérique centrale et au Mexique jetèrent les fondements de l'archéologie maya moderne. Stephens fit le récit de leurs voyages dans des ouvrages qui devinrent des best-sellers à leur époque et révélèrent les Mayas au grand public.

 

PS : Le passage de la souris sur une image vous renseigne sur celle-ci.

 


Par Jean Yves - Publié dans : Mexique - Communauté : Communauté voyages et tourisme
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 09:13

"Le monde maya est mort, bien avant l'arrivée des Espagnols sur le continent américain. La beauté, l'harmonie, la science se sont éteintes avec lui. Mais la parole de ce peuple n'a pas tout à fait disparu. Elle a laissé sa trace sur cette terre, dans le corps des hommes, génération après génération, et sa force vibre encore. Le monde maya est mort, sans explication, sans drame. Alors que la plupart des autres peuples donnent une raison à leur propre fin, conquête, révolution, cataclysme, le peuple maya a disparu seul, sans heurt apparent, comme si un jour les dieux avaient détourné leur regard et l'avaient abandonné.

 

 

 

E Cite Maya01

 

 

 

Ainsi cet empire de l'harmonie s'est disloqué, ses villes saintes sont mortes, ses monuments ont été repris par la forêt et par la terre, et oubliés ses lois, ses connaissances, son langage, son écriture. Oubliés : entrés à l'intérieur du long sommeil, cachés derrière les paupières fermées des dormeurs, étranges forces lointaines agissant dans les profondeurs, qui parfois ressurgissent, animent ces masques, comme si tout à coup les mots de l'ancien savoir, empruntant une langue nouvelle, allaient parler, ordonner l'espace.

 

 

 

E Cite Maya02

 

 

 

Comme si les voix éteintes venues du fond de l'espace, les voix du soleil et des étoiles, allaient résonner à nouveau dans le silence du Yucatan, et que le peuple des Itzas allait sortir de ses puits, de ses grottes. Comme si, encore une fois, le miracle du Katun allait commencer, et que le ciel allait conquérir la terre."

 

J.M.G. LE CLEZIO(1) [les prophéties du Chilam Balam(2)]

 

 

E Cite Maya03

 

 

 

Dans la jungle d'Amérique centrale, les explorateurs découvrirent des cités perdues, effacées de la mémoire des hommes, dont le nom même était oublié, recouvertes par la forêt, les racines bousculant les pierres, les branches ébranlant les murs, la terre recouvrant en partie les édifices. Sur les monuments érodés, des sculptures complexes sont demeurées presque intactes, cachant dans ses entrelacs les secrets d'une civilisation disparue.

 

 

 

E Cite Maya04

 

 

 

 

E Cite Maya05

 

 

 

Au temps de sa splendeur, la civilisation maya s'étendait sur la totalité de la péninsule du Yucatan, la région du Péten au Guatemala (en vert sur la carte), le Belize (en rouge sur la carte), la partie est du Honduras (en jaune) et le nord du Salvador (en orange). Pendant des siècles, les ruines des cités mayas, dissimulées par la forêt, demeureront insoupçonnées.

 

 

 

E Yucatan01

 

 

 

En 1735, un prête espagnol, le père de Solis, envoyé en mission dans le village de Palenque au Chipas par son évêque, tombe par hasard sur des monuments de pierre. En 1784 et 1785, le gouverneur espagnol du Guatemala envoie sur place deux fonctionnaires locaux chargés de faire un relevé des ruines.

 

 

 

E Cite Maya06

 

 

 

En 1786, Charles III d'Espagne, passionné d'archéologie, envoie en mission au Mexique le capitaine Antonio Del Rio, le chargeant de décrire et de mesurer les ruines et de rapporter le plus possible d'échantillons qui seront envoyés au Cabinet royal d'histoire naturelle de Madrid. Son rapport sera publié à Londres en 1822, illustré, d'après les croquis originaux, par un certain Waldeck.

 

 

 

E Cite Maya07

 

 

 

Artiste peintre français d'origine autrichienne, Jean-Frédéric Maximilien de Waldeck, arrive à Palenque en 1832, voulant voir de plus près ce qu'il avait dessiné d'après des croquis. Il y séjourne plus d'un an, vivant dans des conditions précaires dans une cabane au pied du temple de la Croix de Palenque.

 

 

 

E Cite Maya08

 

 

 

Avec quelques métis, il défrichera les ruines et dessinera les édifices, les sculptures de pierre et de stuc, des paysages de ruines. A son retour à paris, il publiera un livre "Voyage pittoresque dans la province du Yucatan".

 

 

 

E Cite Maya09

 

 

 

C'est en découvrant ce livre dans une librairie de New-York que John Stephens, un américain de la Nouvelle Angleterre, envisage de se rendre sur place, accompagné d'un dessinateur et jeune architecte Anglais, Frédérick Catherwood. Son livre, "Aventures de voyage en pays Maya", publié en 1840 et illustré par des dessins et des gravures de Frédérick Catherwood, eut un succès considérable. Son influence sur l'archéologie Maya aura été considérable.

 

 

 

E Cite Maya10

 

 

 

A l'aube de la photographie, ce livre éveillera la vocation de Désiré Charnay, un français, le premier explorateur à publier, en 1863, des photographies des ruines de Palenque, de Uxmal et de Chichen Itza. Il est suivi de près par un autre photographe, Anglais celui-là, Alfred Maudslay, puis par un Allemand, Teobert Maler. Les photos prises par ces trois hommes vont ouvrir la voie aux archéologues proprement dit, qui viendront fouiller les sites, et aux savants, qui s'attaqueront aux déchiffrages des glyphes et des dessins.

 

 

 

E Cite Maya11

 

 

 

Source : "Les cités perdues des Mayas" de Claude Baudez (3)

 

(1) Jean-Marie Gustave Le Clézio, plus connu sous la signature J. M. G. Le Clézio, né le 13 avril 1940 à Nice, est un écrivain de langue française, de nationalités française et mauricienne.

Il connaît très vite le succès avec son premier roman publié, Le Procès-verbal (1963). Il est influencé par ses origines familiales, par ses incessants voyages et par son goût marqué pour les cultures amérindiennes.

Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 2008.

 

 

 

E Cite Maya12

 

 

 

(2) Les livres de Chilam Balam sont des manuscrits mayas rédigés au Yucatan au cours des deux siècles qui ont suivi la conquête espagnole. Ils sont écrits en yucatèque, mais en caractères latins. Leur nom vient des mots «chilan» (le n se change en m devant la lettre b) qui signifie «prophète, devin» et de «balam» qui signifie «jaguar». «Chilam Balam» désignerait un individu, prêtre, prophète, chamane, qui aurait annoncé la venue des Espagnols. Ces écrits traitent du calendrier maya, de chroniques historiques, de prophéties et de mythes traditionnels comme le mythe de la création. Ils contiennent aussi des conseils et des recettes médicinales. (Wikipédia)

 

Ci-dessous, exemplaire du Chilam Balam exposé au Musée de Mexico :

 

 

 

 

E Cite Maya13

 

 

 

 

E Cite Maya14

 

 

 

(3) Claude Baudez, Directeur de recherche au CNRS, archéologue, a d’abord étudié, au Costa Rica et au Honduras, les vestiges de civilisations peu connues de la Méso-Amérique. Depuis 1971, il se consacre essentiellement aux recherches sur les Mayas. Il a été codirecteur des fouilles françaises du site de Tonina (Mexique), et a dirigé le programme d’exploration et de restauration de Copan (Honduras), tout en étudiant sa sculpture. Il est coauteur du livre les Mayas, publié dans la collection «Univers des formes» chez Gallimard. Il est l’auteur de "Une histoire de la religion des anciens Mayas" (Albin Michel 2002) et de "Les Mayas" (Belles Lettres 2004).

 

 

 

E Cite Maya15

 

 

 

Ci-dessous, le Temple du Soleil à Palenque photographié par l'explorateur Britannique Perceval Maudslay entre 1883 et 1890 :

 

 E TemplSoleil16

 

Source :

http://www.brooklynmuseum.org/opencollection/archives/set/72/collection_of_photographs_by_alfred_p._maudslay_1883-1890./index/32/

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Mexique - Communauté : images du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 10:17

Vers 300 avant JC, les tribus Zapotèques vivaient dans la plus importante vallée de la région d'Oaxaca. Décidant de s'unir, elles fondèrent une cité en rasant le sommet d'une imposante colline, dominant de 400 m la vallée. : Monte Alban.

 

 

 

D Monte Alban01

 

 

 

Située à 2 000 m d'altitude et à 9 Km d'Oaxaca, à son apogée au VIIè siècle, la capitale Zapotèque abrite près de 30 000 personnes et son territoire s'étend probablement jusqu'aux frontières de Teotihuacan.

 

 

 

D CartZapoteque

 

 

 

 

D Monte Alban02

 

 

 

Sur le haut de la montagne, la grande place qui mesure environ 600 m sur 250, forme un ensemble qui fut aménagé pendant près de quinze siècles de travaux. Les Zapotèques ont laissé de nombreux temples, soigneusement alignés et orientés, un grand nombre de tombes et un jeu de pelote. Comme dans presque tous les cas, les surfaces des temples étaient revêtues d'une couche de stuc peint en rouge et de fresques qui ont disparu. Le tout est rigoureusement urbanisé et implanté en fonction de la course du soleil et des points cardinaux.

 

 

 

D Monte Alban03

 

 

 

 

D Monte Alban04

 

 

 

Le Jeu de Balle, en forme de H, est bordé d'une terrasse puis d'un talus qui a perdu ses gradins, d'où les spectateurs assistaient au jeu rituel. Cette piste, de type ancien, ne comporte pas encore les anneaux caractéristiques (tlachtli) qui n'apparaîtront qu'à l'époque toltèque. Mais aux quatre coins du jeu, des niches semblent remplacer la fonction des anneaux. Sur le sommet des talus existaient des temples dont il ne reste aujourd'hui que les bases.

 

 

 

D Monte Alban05

 

 

 

 

D Monte Alban06

 

 

 

 

D Monte Alban07

 

 

 

La cité entre en décadence à partir de 700 après JC, ses habitants sont refoulés par un autre peuple, les Mixtèque, le Peuple des Nuages. Ceux-ci feront de Mont Alban leur cimetière royal, transformant ce qui avait été une cité sainte en une cité des Morts.

 

 

 

D Monte Alban08

 

 

 

Les constructions se composent de larges escaliers typiques de l'architecture zapotèque. La première des 3 pyramides possède un escalier intérieur qui, de la base, débouche au sommet. Un passage souterrain communiquait avec les constructions du centre de la place.

 

 

 

D Monte Alban09

 

 

 

 

D Monte Alban10

 

 

 

Dans l'ensemble situé au centre de la cour, une petite construction de forme irrégulière (appelée édifice J), construite vers 200 avant JC, orientée vers le sud-ouest et percée d'un passage intérieur, paraît avoir été un observatoire astronomique.

 

 

 

D Monte Alban11

 

 

 

 

D Monte Alban12

 

 

 

Contrairement aux autres vestiges du site orientés selon les quatre points cardinaux, cette structure en forme de flèche suit une direction différente, à 35° vers le sud-ouest. De cet observatoire, les Zapotèques pouvaient suivre la course de Capella, une étoile majeure de la constellation de l'Aurige (du Cocher), de l'endroit où elle se lève à son passage au zénith.

 

 

 

D Monte Alban13

 

 

 

 

D Monte Alban14

 

 

 

 

D Monte Alban15

 

 

 

Une vingtaine de dalles incrustées montrent des inscriptions. C'est l'écriture la plus ancienne de Mésoamérique et elle serait peut-être à l'origine du système graphique Maya.

 

 

 

D Monte Alban16

 

 

 

 

D Monte Alban17

 

 

 

Le temple des Danseurs : le monument intérieur, recouvert plus tard par une autre construction, fait partie des plus anciens de Monte Alban. Il était formé d'une plate-forme aux côtés tapissés de dalles gravées. Les personnages qui y sont représentés sont appelés "danseurs", sans doute en raison de leurs attitudes contorsionnées. En réalité, il s'agit plus vraisemblablement des victimes humaines d'un rite cruel de mutilation.

 

 

 

D Monte Alban19

 

 

 

 

D Monte Alban18

 

 

 

 

D Monte Alban21

 

 

 

Les glyphes qui accompagnent les personnages n'ont pas été traduits, mais ils démontrent l'existence d'une écriture datant d'au moins cinq siècles avant notre ère.

 

 

 

D Monte Alban22

 

 

 

L'ensemble nord est formé d'une vaste plate-forme à escalier central. Les nombreuses tombes retrouvées à la base contenaient des représentations de personnages et un ensemble de glyphes important. Au sommet, un grand vestibule soutenu par des colonnes permettait l'accès à une cour enfoncée, au milieu de laquelle une stèle gravée de hiéroglyphes se dressait sur sa base.

 

 

 

D Monte Alban23

 

 

 

 

D Monte Alban24

 

 

 

Monte Alban, abandonnée par ses habitants, et deviendra une nécropole où reposaient les membres de l'aristocratie. Certaines tombes aux murs couverts de peintures renfermaient des objets précieux comme des urnes anthropomorphes en terre cuite.

 

 

 

D Monte Alban25

 

 

 

 

D Monte Alban26

 Ci-dessus : le dieu Jaguar

 

 

La civilisation de Monte Alban contribua à la diffusion de quelques éléments culturels fondamentaux en Mésoamérique : l'écriture, les mathématiques et le calendrier.

 

 

 

D Monte Alban27

 

 

 

 

Source (pour partie) : Maria Longhena, "Mexique ancien'

Archéologue, Maria Longhena est spécialiste des civilisations précolombiennes. Elle a publié de nombreux articles sur la culture et la religion maya et sur l'Antiquité mexicaine et péruvienne. Auteur de plusieurs ouvrages dont "L'Ecriture maya", "Pérou des Incas" ou "Mexique ancien", Maria Longhena enseigne à l'université de Bologne et intervient régulièrement dans des congrès internationaux sur l'Amérique précolombienne.

 

Capella est un système stellaire situé à environ 42,2 années-lumière de la Terre dans la constellation du Cocher. Étoile la plus brillante de cette constellation, c'est la sixième étoile la plus brillante du ciel nocturne et la troisième de la sphère céleste de l'hémisphère nord, après Arcturus et Véga.

Capella est l'étoile de première magnitude (c'est-à-dire la plus brillante) la plus proche de l'étoile polaire.

 

 

 

D Monte Alban28

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Mexique - Communauté : images du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 10:26

A 2 000 m au-dessus du niveau de la mer, entourée des collines semi-désertiques du haut plateau central du Mexique, à 48 km au nord de Mexico, Teotihuacan est la ville la plus importante de toutes les civilisations précolombiennes. On ne sait toujours pas qui a construit cette grande métropole que les Aztèques baptisèrent Téotihuacan, la Cité des Dieux, et dont les légendes mexicaines nous apprennent que le soleil qui s'y est levé était celui de la cinquième ère, l'ère des Aztèques Mexicains.

 

 

 

C Teotihuacan01

 

 

 

Vers l'année 100 après JC, une violente éruption volcanique du volcan Xitle détruisit la ville de Cuicuilco. On pense que les survivants se sont alors réfugiés à Teotihuacan à laquelle ils ont donné une nouvelle impulsion.

 

 

C CarteTeotihuacan

 

 

 

 

Au cours du premier siècle, la Voie des Morts fut tracée (ainsi appelée parce que les espagnols pensaient que les bâtiments qui la bordaient étaient des tombeaux), et on érigea la pyramide du Soleil et celle de la Lune.

 

 

 

C Teotihuacan02

 

 

 

La Pyramide du Soleil, la plus grande du site culmine à 63 m sur une base de 222 m sur 225 m. Sa hauteur devait dépasser 75 m lorsque le temple du sommet existait encore. Elle a été édifiée en deux étapes entre le début de notre ère et l'an 200. Son emplacement correspond à une grotte dans laquelle coulait une rivière qui devait être liée au culte de la fécondité. Elle est orientée de façon à permettre une bonne observation de l'astre solaire de l'aube au crépuscule.

 

 

 

C Teotihuacan03

 

 

 

Son aspect actuel ne correspond pas à ce qu'il fût, car elle était recouverte d'une couche supplémentaire de constructions peintes et stuquées d'environ 6 m d'épaisseur qui a été en partie détruite.

 

 

 

C Teotihuacan04

 

 

 

Sous le socle, une sorte de tunnel artificiel partagé en petites salles a été creusé probablement pour accueillir des rites culturels. Les grottes jouent un rôle important dans les religions mésoaméricaines : elles sont un symbole de fertilité, le lieu d'émergence de l'homme, mais aussi un accès à l'inframonde, celui de la mort.

 

 

 

C Teotihuacan06

 

 

 

La Pyramide de la Lune, édifiée sur une plate-forme de 120 m sur 150 m, d'une hauteur de 43 m, semble atteindre la même hauteur que la Pyramide du Soleil à cause d'une élévation de terrain. Constituée de quatre corps superposés elle recouvre aussi un ensemble de pièces et de passages qui sont des lieux culturels très anciens. Sa construction s'effectua en plusieurs temps.

 

 

 C Teotihuacan07

 

 

 

 

Sa silhouette s'apparente à l'ancien volcan le Cerro Goirdo, qui se profile derrière elle.

 

 

 

 C Teotihuacan08

 

 

 

Les fouilles menées en 1998 ont permis de vérifier que, contrairement à la pyramide du Soleil et à l'instar de nombreuses autres pyramides mésoaméricaines, elle est le résultat de la superposition de plusieurs monuments : les archéologues ont dénombré pas moins de sept phases de construction.

 

 

 

 C Teotihuacan09

 

 

 

Sur la plate-forme de sa partie supérieure se déroulaient des cérémonies en l'honneur de Chalchiutlicue, la divinité de l'eau liée à la Lune, à laquelle était dédié le temple. On a retrouvé une sculpture de cette divinité au pied de la pyramide.

 

Face à la pyramide se trouve la Place de la Lune, comportant un autel central ainsi qu'une construction originale délimitant des divisions internes, formée par quatre corps rectangulaires et quatre autres en diagonale qui dessinent ainsi une figure qui a reçu le nom de "croix de Teotihuacán".

 

 

 

 C Teotihuacan10

 

 

 

Tout autour de la Place de la Lune, se dressent des édifices importants, certains étaient des temples, d'autres des habitations pour la classe dirigeante de la ville.

 

 

 

 C Teotihuacan11

 

 

 

Aujourd'hui, tous ces monuments se confondent avec l'environnement. Il n'en allait pas de même autrefois. Toutes ces constructions étaient recouvertes d'une couche de stuc (plâtre durci par de la résine) peint de couleurs vives. Les bâtiments rouges, blancs, verts ou bleus se détachaient ainsi dans le paysage.

 

 

 C Teotihuacan12

 

 

 

 

Tous les quinze ou vingt ans, la couche de plâtre était refaite. On imagine le volume de plâtre qu'il a été nécessaire de produire pour habiller ces monuments, et la quantité de combustible qui furent nécessaire pour brûler la chaux. Et c'est en partie à cause de ce décor qu'ont disparu les forêts entourant le site, entraînant par la suite une modification du climat.

 

 

 

 C Teotihuacan13

 

 

 

La Chaussée des Morts, longue de 2 Km et demi, et large de 40 m, traverse Teotihuacan, orientée selon un axe Nord/Sud pour arriver à la Pyramide de la Lune. Des temples sont érigés de chaque côté de cette chaussée.

 

 

 

 C Teotihuacan14

 

 

 

Le Temple des Conques à plumes

 

Ce temple en ruines a été recouvert par un autre édifice lorsque ce dernier était en fonction. Un passage artificiel réunit ces deux monuments, et à l'intérieur, là où a été découvert le Temple des Conques à plumes, se trouve l'accès aux murs dont cet édifice tire son nom : les pilastres sont en effet décorés de conques à plumes disposées en enfilade, encadrées de frises et de jambages de fleurs.

 

 

 

C Teotihuacan15

 

 

 

 

C Teotihuacan16

 

 

 

 

C Teotihuacan17

 

 

 

Le Palais du Quetzal-Papalotl

Cette construction, qui se trouve à côté d'autres édifices qui semblent en faire partie, mais appartiennent en fait à des périodes antérieures, a été réutilisé ultérieurement. Ce sont les sculptures, sur les pilastres, représentant l'oiseau mythique Quetzal-Papillon, qui ont donné son nom à ce palais.

 

 

 

C Teotihuacan18

 

 

 

 

C Teotihuacan19

 

 

 

L'identité des habitants reste un mystère. On pense que c'étaient des agriculteurs, des artisans, et des commerçants gouvernés par une puissante caste sacerdotale qui privilégiait le culte rendu au dieu de l'eau et de la fertilité.

 

Actuellement, ce sont des marchands de souvenirs qui ont remplacé les anciens commerçants :

 

 

 

C Teotihuacan20

 

 

 

Teotihuacan contrôlait les importants gisements d'obsidienne de Sierra de las Navajas. Elle était également un lieu d'échanges avec les autres entités politiques de Mésoamérique, notamment pour le commerce du jade, du copal, de l'onyx.

 

 

 

C Teotihuacan21

 

 

 

Teotihuacan atteint son apogée entre 250 et 650 après JC. Avec ses 42 Km2 et sa population estimée entre 75 000 et 200 000 habitants, elle représentait une véritable métropole marchande, culturelle et religieuse dont l'influence, même après son déclin, s'étendait jusqu'au Guatemala. La culture et les idées de Teotihuacan ont influencé les centres Maya longtemps après le déclin de la ville.

Mais on ne sait pas comment, ni à partir d'où, le style s’est propagé dans la région maya.

 

 

 

C Teotihuacan22

 

 

 

Vers 725, la grande métropole fut ravagée par un incendie, peut-être envahie par une tribu dont on ignore l'identité, ou provoqué par des émeutes contre la classe dirigeante à l'intérieur de la ville. Certaines hypothèses imputent le déclin de Teotihuacan à de longues périodes de sécheresse liées aux changements climatiques constatés en 535-536 de notre ère.

Vers 900 après JC Téotihuacan était définitivement abandonnée.

 

 

 

C Teotihuacan23

 

 

 

Quand les Aztèques, découvrirent ses ruines, cinq siècles plus tard, ils n'en crurent pas leurs yeux, doutant que cette cité fut crée par des hommes.

 

 

 

C Teotihuacan24

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Mexique - Communauté : Communauté voyages et tourisme
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 10:09

Le Mexique compte environ 110 millions d'habitants, c'est le 11ème pays le plus peuplé du monde.

 

Sa population est majoritairement catholique : mestizos (métis) d'origine autochtone et européenne (70% de la population totale), 20% d'indigènes, 10% de descendants Européens. Pour cause d'exode rural elle est devenue urbaine à 70% avec une très large concentration dans la région de Mexico.

 

 

 

B Mexique01

 Place centrale de Mexico et la cathédrale

 

 

Les groupes d'indigènes les plus importants sont les Nahuatls dont la population est estimée à plus de 2 500 000 personnes, les Mayas avec 1 500 000 personnes, les Zapotèques (800 000), …..

 

 

 

B Mexique02

 Indienne du Sud du Mexique (San Cristobal de las Casa)

 

 

Plus de 40% de la population ont moins de 20 ans.

 

Les plus grandes villes sont Mexico, Guadalajara, Monterrey, Puebla.

La population du Mexique a doublé entre 1970 et 2000.

 

La population active atteint 36 millions de personnes, mais seulement la moitié est inscrite à la sécurité sociale.

 

Mexico est de loin la ville la plus peuplée : 23 millions si l'on compte les habitants de la périphérie.

 

 

 

B Mexique03

 Mexico vu de N.D. de la Guadalupe

 

 

Il n’existe pas de déclaration constitutionnelle qui fasse de l’espagnol la langue officielle, mais c’est celle-ci qui est utilisée pour tous les documents officiels et est parlée par la quasi-totalité des Mexicains. Les langues indigènes sont parlées par plus de 6 millions de personnes vivant du sud-est du Mexique jusqu’au Honduras.

 

 

 

B Mexique04

 Indiennes de San Cristobal

 

 

Les deux langues indigènes qui sont les plus parlées sont :

 

- Le nahuatl avec près de 2 millions de personnes. Cette langue est principalement parlée dans le centre du Mexique. Elle était utilisée au sein de l’empire aztèque.

 

- Le maya (yucatèque) avec environ 800 000 personnes. Il est parlé dans la péninsule du Yucatan.

 

 

 

B Mexique05

 Maya : Marché de Mérida

 

 

D’autres langues mayas sont également parlées : le tzotzil, le tzeltal… avec quelques centaines de milliers de locuteurs chacun, essentiellement dans le Chiapas. Ces langues sont apparentées aux différents dialectes du maya classique oriental que l’on retrouve sur les monuments et codex de la civilisation maya.

 

 

 

B Mexique06

 

 

 

Le Mexique est un pays laïc. La grande majorité des Mexicains (88%) sont catholiques et 6% sont protestants et principalement concentrés à Mexico. Le christianisme populaire reste cependant imprégné des cultes indigènes ancestraux, figures vénérées et fêtes liturgiques s'hybridant (fête des morts, Vierge de Guadalupe, etc.).

 

 

 

B Mexique07

 N.D. de la Guadalupe

 

 

Le Mexique est une République Fédérale de 31 Etats et d'un District Fédéral, (Mexico et ses environs immédiats). La séparation des trois pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) est garantie par la constitution de 1917.

 

Le chef de l’exécutif est le président de la République, élu pour une période de 6 ans, non renouvelable, au suffrage universel direct à un seul tour et à la majorité relative. Il n’y a pas de Premier ministre. Le président nomme et révoque les ministres, le procureur général (ministre de la Justice), les ambassadeurs et les consuls généraux.

 

Le Congrès est divisé en deux chambres: la Chambre des Députés et le Sénat.

 

 

 

B Mexique08

 Mexico : Palais du Gouvernement sur la place centrale

 

 

L'unité monétaire est le Peso mexicain (MXN) : 1 €uro vaut environ 17 pesos.

 

 

 

B Mexique09Billet de 20 pesos

 

 

 

L’explosion du narcotrafic et du crime organisé a des conséquences affolantes en matière d’homicides, avec près de 5 400 assassinats en 2007 et près de 8 000 enlèvements par an.

 

 

 

B Mexique10

 Contrôle routier

 

 

Les forces de l’ordre locales sont le plus souvent corrompues et accusées de connivence avec les cartels. La manière forte est d’autant plus contestée que le plan "Mexico", connu sous le nom "d’Initiative Mérida" - un programme militaire de lutte supposée contre le trafic de drogue, financé par les États-Unis - s’est révélé inefficace à ce jour.

 

 

 

B Mexique11

 

 

 

Au cours des cinq dernières années (2007-2011), les violences liées aux narcotrafiquants ont fait plus de 55 000 morts au Mexique, notamment dans les villes du nord du pays. La guerre entre les cartels de la drogue ravage le pays. Les villes près de la frontière américaine sont les plus touchées.

 

 

 

B Mexique12

 Contrôle routier

 

 

L'État mexicain, impuissant à gagner la guerre contre les cartels de la drogue, compte sur l'armée pour mettre de l'ordre dans les rues. Cependant l'économie et le monde politique sont de plus en plus dépendants de l'argent des narcotrafiquants qui contrôleraient plus de 70% des 2 200 villes du pays.

 

 

 

B Mexique13

 

 

 

L'éducation est obligatoire, mais de nombreux enfants, surtout dans les états du sud, ne vont pas à l'école : ils aident leurs parents à gagner leur vie en vendant des produits locaux aux touristes. La lutte contre le narcotrafic devrait pourtant commencer par mettre en place une éducation accessible à tous.

 

 

 

B Mexique14

 Marché de Mérida : la petite fille et la grand'mère

 

 

 

B Mexique15

 Enfants à San Cristobal (sud du Mexique)

 

 

 

B Mexique16

 

 

 

 

 

B Mexique17

 

 

 

Au-delà de sa bonne production agricole (maïs, café, bovins...), le Mexique exporte de nombreux minéraux, notamment l’argent, dont il est le deuxième producteur mondial après le Pérou, ainsi que des pierres semis-précieuses comme l'émeraude, l'aigue-marine, etc…

 

 

 

B Mexique18

 

 

 

Le Mexique est le 5e producteur mondial de pétrole et le 9e exportateur. Les champs pétrolifères se situent principalement dans les États de Veracruz, de Tabasco, de Chiapas et de Campeche. La compagnie d’État Pemex a le monopole de l’exploitation, production, transport et commercialisation du pétrole sur le territoire mexicain. La quasi-totalité des exportations de pétrole mexicain se font en direction des États-Unis dont il est le troisième fournisseur.

 

Pemex possède également le monopole de l’exploitation et de la production de gaz naturel au Mexique.

 

 

 

B Mexique19

 

 

 

Le tourisme est également une ressource financière importante pour le Mexique. Les américains (du nord et du sud) sont attirés par les complexes touristiques comme Cancun…

 

 

 

B Mexique20

 Hôtels à Cancun

 

 

Les Européens, plutôt vers la civilisation Maya et ses temples :

 

 

 

B Mexique21

 Palenque

 

 

Les mariachis : Le terme de mariachi désigne tout à la fois un type de formation musicale originaire du Mexique, puis le style de musique associé, et une culture musicale. Un groupe de mariachis est constitué au moins de deux violons, deux trompettes, un joueur de guitare espagnole, un vihuela et d’un guitarron. Certaines formations comportent plusieurs dizaines de musiciens. Les mariachis sont originaires de l’État de Jalisco.

 

 

 

B Mexique22

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Mexique - Communauté : images du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 21:56

Le Mexique a une superficie de 1 964 180 km2, soit près de quatre fois celle de la France. C'est le troisième plus grand pays d'Amérique Latine et le 14ème pays le plus vaste du monde. Il est largement ouvert vers le nord, à la frontière avec les États-Unis d’Amérique. Sa partie inférieure rétrécit et s’incurve vers l’est où elle est limitée par la République du Guatemala et le Bélize.

 

 

 

A Mexique01

 

 

 

Il totalise près de 13 350 Km de frontières (États Unis, Guatemala et Belize) et près de 10 000 Km de côtes, que bordent trois mers : l'océan Pacifique, le golfe du Mexique, et la mer des Caraïbes.

 

 

 

A Mexique Relief

 

 

 

Il y a environ 3 000 km du nord au sud entre les USA et le Guatemala, et 3 100 km de frontière commune avec les États-Unis, dont une grande partie est constituée par le Rio Bravo del Norte (Rio Grande pour les USA).

 

Le relief mexicain est très accidenté : il comporte de grandes chaînes de montagnes, dont les pics dépassent 5 000 mètres, de vastes plateaux, de grandes dépressions et de profonds ravins.

 

 

 

A Mexique02

 

 

 

Trois chaînes de montagnes (prolongement de celles qui traversent du nord au sud l’ouest des Etats-Unis) forment la partie du territoire mexicain : la Sierra Madre Orientale, La Sierra Madre Occidentale et la Sierra de Basse Californie.

 

 

 

A Mexique03

 

 

 

Ces trois grandes cordillères, dont chacune est formée de plusieurs rangées de montagnes, sont orientées, dans l’ensemble, du nord-ouest au sud-est.

 

 

 

A Mexique04

 

 

 

Les deux Sierras Madres ceinturent le Haut Plateau Mexicain, dont la limite sud est constituée par une énorme masse montagneuse formée de cônes volcaniques et de blocs de lave, connue sous le nom d’Axe Volcanique. C’est ici que se dressent, le long d’un axe ouest-est, les sommets les plus élevés du pays comme le Pic d’Orizaba ou Citaltépetl, le Popocatépetl, l’Iztaccíhuatl…

 

Le Popocatépetl et l’Iztaccíhuatl sont deux volcans tout près de Mexico (environ à 70 Km).

 

 

 

A Mexique05

  Le volcan Iztaccihuatl

 

 

Dans la mythologie aztèque, Popocatepetl était un guerrier amoureux d'une princesse nommée Ixtaccíhuatl. Le père d'Ixtaccíhuatl envoya Popocatepetl tuer un ennemi de leur tribu en lui promettant la main de sa fille s'il revenait victorieux. Mais il savait que l'exploit était impossible. S'acquittant de sa tâche avec succès, Popocatepetl mourut de chagrin quand il sut qu'Ixtaccíhuatl était elle aussi morte de chagrin en apprenant la fausse nouvelle de sa mort.

Ayant pitié de leur sort, les dieux recouvrirent leur corps de neige et les changèrent en montagne. Celle d'Iztaccíhuatl fut nommée "femme endormie" parce qu'elle ressemblait à une femme allongée sur le dos, et Popocatepetl devint le volcan du même nom, faisant pleuvoir de rage le feu sur terre après la perte de sa bien-aimée.

 

 

 

A Mexique06

  "La Femme Endormie"

 

 

L’isthme de Tehuantepec représente la plus courte distance entre le golfe du Mexique et l'océan Pacifique (235 Km). Son nom vient de la ville de Tehuantepec dans l'État d'Oaxaca. Le mot Tehuantepec est dérivé du mot nahuatl tecuani-tepec, signifiant «colline du jaguar».

Il marque la délimitation entre l'Amérique du Nord et l'Amérique centrale.

 

 

 

A Mexique07

 

 

 

Le Mexique se considère officiellement un pays d'Amérique du Nord membre de l'Alena. Pour lui l'Amérique centrale, historiquement et géographiquement, commence avec le Guatemala.

 

 

 

A Mexique08

 

 

 

Le Tropique du Cancer traverse le territoire mexicain vers son milieu, de sorte que la partie nord, plus étendue, correspond à la zone tempérée, et la partie sud, beaucoup plus étroite, à la zone torride ou intertropicale.

 

 

 

A Mexique09

 

 

 

Réputé pour son soleil et ses plages, d’Acapulco à Cancun, le Mexique bénéficie d’un climat très agréable : généralement chaud et ensoleillé une bonne partie de l’année. On distingue deux grandes tendances climatiques :

 

- Tempérée au Nord avec des hivers plus froids

- Tropical au Sud avec des températures quasi constantes.

 

 

 

A Mexique10

 

 

 

Entre 400 et 1 500 mètres, la température est particulièrement clémente. La température moyenne annuelle de Mexico (situé à 2 240 mètres d’altitude) est de 16,5º.

 

 

 

A Mexique11

 

 

 

Le Mexique connaît une saison des pluies et une saison sèche marquées.

La saison des pluies dure, dans la majeure partie du pays, de juin à mi-octobre. Il pleut nettement moins le reste de l’année. Février et juillet sont respectivement le mois le plus sec et le plus humide. Par exemple, la ville de Mexico reçoit environ 5 millimètres de pluies en février et 300 mm en juillet.

 

 

 

A Mexique12

 

 

 

Les régions côtières, et spécialement celles du golfe du Mexique reçoivent leurs précipitations maximales en septembre. Tabasco enregistre plus de 300 mm de pluies pendant ce mois.

 

 

 

A Mexique13

 

 

 

Les sommets des plus hautes montagnes sont toujours enneigés. Les Plateaux de l’Anahuac et du Chiapas jouissent en revanche toute l’année de températures douces bien qu’ils soient situés dans la zone torride, tandis que les régions basses, comme celles situées à proximité des côtes - la Péninsule du Yucatan, l’isthme de Tehuantepec et les plaines de Tabasco et de Campêche - connaissent des chaleurs extrêmes.

 

 

 

A Mexique14

 

 

 

Le Mexique est situé dans la ceinture des ouragans et toutes les régions côtières sont susceptibles de subir une de ces tempêtes de juin à novembre.

 

Les ouragans de la côte Pacifique sont moins fréquents et souvent moins violents que ceux qui affectent la côte est du pays. Plusieurs ouragans frappent chaque année les côtes du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes, avec des vents violents qui peuvent dépasser les 200 km/h, ils mettent en péril la vie des habitants et provoquent des dégâts importants aux hôtels et habitations de la région.

 

 

 

A Mexique15

 

 

 

Petite précision : Ce blog est un blog hebdomadaire. Les articles paraissent en début de semaine, généralement le lundi. En ce moment, c'est une série d'articles sur le Mexique (une petite incursion dans le Mexique Ancien : Zapotèques, Mayas, Aztèques). Pour n'en rater aucun et être prévenu de chaque publication, inscrivez votre adresse mail dans la case "S'abonner aux articles" en haut du blog, colonne de droite, mais n'oubliez pas de cocher la case "article". Merci

 

Par Jean Yves - Publié dans : Mexique - Communauté : Communauté voyages et tourisme
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 09:32

Pour terminer cette série d'articles sur la Crète, et en guise de conclusion, voici un extrait d'un texte tiré du livre "L'été grec" de Jacques Lacarrière(*).

 

 

 

G02Phaistos

 

 

 

"La Crète moderne est un monde où le deuil est roi, où pendant des siècles, la guerre, la guérilla, la vendetta n'ont cessé de régner.

 

 

 

T01

 

 

 

C'est pourquoi, ma première rencontre avec Cnossos m'apparaît aujourd'hui si essentielle et si fragile : elle fut la découverte d'un temps d'innocence et de joie avant ces longs siècles d'horreur et d'occupation étrangère. Le dernier rêve de bonheur qui prit corps sur le sol crétois.

 

 

 

C09Cnossos

 

 

 

Car on sent bien ici, en ce monde de la Crète antique qu'un bonheur a été trouvé, construit par des luttes constantes et conscientes contre les forces obscures que symbolisaient peut-être ces taureaux…

 

 

 

E06Ariane

 

 

 

 T002

 

 

 

… ces serpents que l'on rencontre dans les sculptures, les fresques, les mythes et les rites, forces que les Crétois, loin de les enliser, ont affrontées dans la lumière du jour…

 

 

 

T03

 

 

 

On sent que ce bonheur, cette joie de vivre si manifestes sur les personnages des fresques sont faits de maîtrise et de coexistence dominée entre le monde souterrain et celui du soleil.

 

 

 

N01Spinalonga

 

 

 

Bien sûr, rien de tout cela n'est directement sensible dans les ruines de Cnossos. On n'y voit au premier abord qu'un ensemble de cours, de terrasses, de bâtiments à moitié reconstruits (étranges ruines à mi-chemin de la mémoire et de l'oubli)…

 

 

 

C05Cnossos

 

 

 

… et un monde de fresques où s'expriment la joie des fêtes, l'ordonnance des rites, toutes les luxuriances réinventées de la nature.

 

 

 

E16Ariane

 

 

 

Les jeux l'emportent ici sur la chasse et la guerre, les rires sur le deuil, et l'importance qu'y prennent les femmes, partout présentes dans ces rites, ces fêtes et ces jeux, fait penser à cet autre monde de la douceur de vivre, cette autre civilisation engloutie elle aussi, celle de l'amour courtois et des villes occitanes.

 

 

 

B07Crète 155

 

 

 

Peut-être n'y a-t-il là que rencontre fortuite ? Comme l'occitane, la civilisation crétoise a disparu, anéantie par les désastres qui n'ont laissé d'elle que ces vestiges enchantés. Mais là, indiscutablement, fut éprouvé, fut pratiqué un art de vivre qui laisse aux yeux – et comme aux lèvres – un goût de paradis perdu.

 

 

 

B010SalleReine

 

 

 

Le Crétois d'aujourd'hui a-t-il oublié les plantes d'autrefois ? A-t-il à jamais perdu ce regard que ces ancêtres portaient sur le monde vivant, cet attrait pour les poulpes…

 

 

 T004

 

 

 

 

… les coquillages, les poissons, les oiseaux, les lys, les papyri, tout cet univers retranscrit, magnifié sur les fresques et les poteries, fait d'ombrelles, d'orbes et d'oves, de tentacules, de méandres, de spirales vivantes, comme un labyrinthe de tiges et de bras où la beauté est prise au piège ?

 

 

 

C017Cnossos

 

 

 

 T005

 

 

 

 

 

T06

 

 

 

Ainsi décoré, empreint des messages tourmentés de la vie, chaque vase minoen apparaît comme une main dodue enserrant dans sa paume les rites et les détours secrets que nul n'aperçoit plus.

 

 

 

T07

 

 

 

Je me demande d'ailleurs, en pensant à ces dessins, à ces hymnes de lignes et de formes si tout cela ne fut pas en Crète l'œuvre d'artistes femmes. Idée absurde de prime abord puisque la poterie fut, avant tout, une activité d'hommes. Mais il y a dans cette île une telle présence féminine, un tel parfum de femme qu'on ne peut s'empêcher de pressentir leur influence, leur regard et peut-être leur main dans ces œuvres d'argile."

 

 

 

H10Zakros

 

 

 

(*) Jacques Lacarrière est un écrivain français né le 2 décembre 1925 à Limoges et mort le 17 septembre 2005 à Paris. Ses cendres ont été dispersées au large de Spetses (Grèce). Il est connu pour ses récits de voyage, notamment en Grèce.

 

 

Lacarriere01

 

 

Il est élève du lycée Pothier d'Orléans puis étudie le droit, les lettres classiques à la Sorbonne et l'hindi à l'Institut national des langues et civilisations orientales. Il obtient les licences de lettres et de droit puis commence une carrière de journaliste, critique et reporter.

 

 

 

S01Imbros

 

 

 

En 1950, il passe plusieurs mois en Crète puis au mont Athos. Entre 1952 et 1966, il y retourne régulièrement.

Amoureux du grec ancien et de la mythologie, son essai L’Été grec (1976) lui vaut un succès immense.

En 1991, il reçoit le Grand prix de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.

 

 

 

S04Imbros

 

  

 

 

 

 


Par Jean Yves - Publié dans : Crete - Communauté : Communauté voyages et tourisme
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 11:35

Pour se rendre aux gorges d'Imbros, le trajet se fait à travers les paysages spectaculaires des Lefka Ori, les Montagnes Blanches dont 30 sommets culminent à  plus de 2000 m. La route serpente le long des flancs des montagnes, montant petit à petit, avec des vues magnifiques sur les vallées.

 

 

 

S01Imbros

 

 

 

 

S02Imbros

 

 

 

 

SCartCrete11

Le rectangle violet : les gorges d'Imbros ; le point rouge, le village d'Hora Skafion.

 

 

Tout au long des routes de Crète, on peut apercevoir sur le bas-côté, ce genre de petites chapelles qui semblent être des exvotos :

 

 

 

S03Imbros

 

 

 

On émerge tout à coup dans le plateau d’Askifou, une de ces petites plaines que l’on trouve un peu partout au milieu des montagnes de l’île.

 

 

 

S04Imbros

 

 

 

On descend ensuite les gorges à partir du petit village d'Imbros jusqu'à la mer de Lybie, où l'on arrive au village de Hora Skafion, autrefois prospère grâce au commerce et à la piraterie, et qui ne vit aujourd'hui que du tourisme.

 

 

 

F11Skafia

 

 

 

Les Sfakiotes sont des rebelles qui se sont opposés aux Vénitiens et aux Ottomans. Ils sont également connus pour leur rôle important dans la bataille de Crète en 1941 contre les Allemands. Des milliers de soldats ont pu quitter l'île à partir d'Hora Sfakion après la défaite.

 

 

 

S06Imbros

 

 

 

 

S07Imbros

 

 

 

Pour accompagner la visite des gorges, voici une légende grecque qui a donné une  expression de la langue française :

 

La boîte de Pandore

 

Fils du Titan Japet, c'est Prométhée qui créa les hommes à partir d'eau et de terre. Alors qu'Épiméthée (son frère) est le créateur des animaux.

Lorsque Zeus s’apprêta à faire apparaître la Lumière, il fallut embellir les divers éléments terrestres. Épiméthée supplia que l'on le laisse faire. Il répartit fort bien les qualités et défauts parmi les animaux en leur donnant les dons les plus importants : force, rapidité, courage et ruse ; poil, ailes ou coquille, etc… Si bien qu'à la fin, il ne restait plus rien pour l'homme, qui se trouva donc nu et faible.

 

 

 

S08Imbros

 

 

 

Épiméthée (dont le nom veut dire "qui réfléchit après coup"), ne sachant que faire pour les hommes, appela à l'aide son frère qui imagina un plan pour favoriser l'humanité. Prométhée (dont le nom veut dire "le prévoyant") fit en sorte que l’homme puisse tenir debout sur ses deux jambes, il lui donna un corps plus grand, distingué et proche de celui des dieux. Mais Zeus interdit aux hommes l'usage du feu.

 

 

 

S09Imbros

 

 

 

Prométhée se révolta. Il monta sur l'Olympe avec une branche de fenouil. Il déroba à Zeus une semence de feu enlevée à "la roue du soleil", et l'insère dans la tige de fenouil à l'abri des regards. Puis il redescendit sur terre avec son butin.

 

 

 

S10Imbros

 

 

 

 

S11Imbros

 

 

 

Pour châtier Prométhée, Zeus le condamna à être enchaîné sur un rocher du Caucase et envoya un aigle dévorer quotidiennement le foie qui, chaque nuit, se reconstituait. Mais Hercule, passant à proximité, prit Prométhée en pitié, tua le rapace et le délivra. (La légende de Prométhée laisse supposer que les Grecs anciens avaient découvert que le foie est l'un des rares organes humains à se régénérer spontanément en cas de lésion).

 

 

 

S12Imbros

 

 

 

Mais Zeus ne renonça pas pour autant à punir les hommes, et décida d'envoyer aux humains le pire des fléaux, la source même de tous leurs malheurs ultérieurs… la femme !

 

 

 

S13Imbros

 

 

 

Ce fut Héphaïstos qui la façonna avec de l'argile et des larmes puis chaque olympien lui conféra un don : Athéna lui donna ensuite la vie, l'habilla en lui noua sa ceinture, après l'avoir parée d'une robe blanche, tandis que ses mains faisaient tomber de son front un voile aux mille broderies. Aphrodite lui donna la beauté et l'art de la séduction. Pitho la déesse, de la Persuasion et les Charites lui passèrent au cou un collier d'or pour rehausser sa beauté.

 

 

 

S14Imbros

 

 

 

Héphaïstos posa sur sa tête un diadème qui portait d'innombrables ciselures représentant tous les animaux de la terre. Apollon lui donna le talent musical, Hermès lui apprit la parole et "l'art" du mensonge. Enfin Héra lui donna la curiosité et la jalousie. Après l’avoir nommée Pandore (celle qui a tous les dons), Zeus l’envoya sur la Terre pour séduire les mortels et les conduire à leur perte.

 

 

 

S15Imbros

 

 

 

Mais après avoir combattu Zeus par deux fois, Prométhée comprit qu'il y avait danger à accepter un présent des dieux. Il en avertit son frère Épiméthée. Epiméthée, (celui qui pense après coup), qui avait pourtant juré à son frère de ne jamais accepter un cadeau venant de Zeus, la choisit pour épouse.

 

 

 

S16Imbros

 

 

 

S17Imbros

 

 

 

Pandore s'installa chez Epiméthée. Sa curiosité (naturelle) la poussa à contrôler les richesses du foyer, notamment à vérifier le contenu des jarres où sont entreposées les nourritures.

 

 

 

S18Imbros

 

 

 

L'une d'elle, plus grosse et plus grande que les autres, l'intrigua particulièrement. Que contenait-elle ?

 

 

 

S19Imbros

 

 

 

Epiméthée lui avait bien recommandé de ne jamais l'ouvrir (pas très psychologue, non plus, Epiméthée). Mais n'était-elle pas la maîtresse de maison ?

 

 

 

S20Imbros

 (L'âne peut servir d'ambulance en cas d'accident dans les gorges)

 

 


S21Imbros

 

 

 

Elle souleva donc le lourd couvercle de la jarre. Aussitôt, tous les maux invisibles qu'elle refermait s'échappèrent : la mort, la vieillesse, la maladie, les guerres, le désespoir, la tristesse, la famine, la misère, le vice, et bien d'autres. Tous les malheurs se répandirent en un instant à la surface de la terre. Pandore referma rapidement la jarre, mais il était trop tard. Seul l'espoir, plus lent à réagir, resta au fond de la jarre.

Cependant, grâce à la fermeture opportune de la jarre par Pandore, l'humanité ne souffrira que des maux, et non pas de l'attente de ces maux, qui est probablement le pire de tous.

 

 

 

S22Imbros

 

 

 

 

S23Imbros

 

 

 

Voilà donc l'histoire de la boîte de Pandore. Misogyne les Grecs ? Pas plus que les extrémistes des trois grandes religions monothéistes qui continuent d'opprimer les femmes.

 

 

 

S24Imbros

 

 

 Les gorges d'Imbros vues du sommet de la montagne :

 

S25Imbros

 

 

 

 

S26Imbros

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Crete - Communauté : images du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 27 février 2012 1 27 /02 /Fév /2012 11:13

A 37 Km de Rethymnon, en traversant la Crète du nord au sud, à travers des routes de montagne, on arrive au monastère de Préveli.

 

 

 

R02Preveli

 

 


 

 

R03Preveli

 

 

 

Le monastère de Preveli surplombe la mer de Libye, sur la côte sud de la Crète. Il fut fondé à la fin du 16è siècle par un fermier appelé Père Jacob Prévelis, originaire du village de Preveliana.

 

 

 

RCartCrete10

Le monastère de Préveli, croix jaune au S.O. de la Crète,

donne sur la Mer de Lybie.

 

 


R04Preveli

 

 

 

 

R05Preveli

 

 

 

Il a joué pendant plusieurs siècles un rôle important comme centre d'études et de conservatoire de traditions artistiques (icônes, sculptures sur bois). Son rôle social n'était pas non plus négligeable, car le monastère, propriétaire de nombreuses terres, était très riche.

 

 

 

R06Preveli

 

 

 

 

R07Preveli

 

 

 

Comme dans tous les monastères grecs, aucune photo n'est autorisée à l'intérieur.

 

 

 

R08Preveli

 

 

 

Lors de la Révolution de Crète de 1866, il servit d'abri aux révolutionnaires, et fut complètement détruit par les Turcs. Il a été reconstruit plus tard.

 

 

 

R09Preveli

 


 

Durant la Résistance contre l'occupant nazis, le monastère soigna les partisans et les moines aidèrent les Troupes Alliées vaincues à quitter l'île. En 1941, après la bataille de Crète, de nombreux soldats britanniques, australiens et néo-zélandais s'y sont réfugiés avant d'être évacués en sous-marin vers Alexandrie en Egypte. Une partie du monastère a été détruite par les Allemands en représailles.

 

 

 

R10Preveli

 

 


 

 

R11Preveli

 

 

 

Au sommet de la falaise, face à la mer de Lybie, sur un vaste espace entretenu, un monument à la Liberté rappelle cet épisode de l'Histoire.

 

 

 

R13Preveli

 

 

 

 

R14Preveli

 

 

 

Représentation inaccoutumée, on y voit un religieux armé.

 

 

R15Preveli

 

 

 

Deux dalles de marbre ont été gravées en grec et en anglais. La première est signée par Phillip G. Pool, capitaine anglais de la Royal Navy. 

 

 

 

R16Preveli

 

 

 

 

R17Preveli

 

 

 

La seconde est signée par Michael M. Papadakis, avocat : "Dans cette sainte demeure de la nation et de l’orthodoxie, plus de cinq mille personnes sont passées, ont mangé, ont dormi, ont trouvé de l’aide. Beaucoup d’entre eux se sont échappés vers le Moyen Orient après l’envoi de deux sous-marins avec la grande coopération du courageux abbé Agathaggelos Laggouvardos".

 

 

 

R18Preveli

 

 


 

 

R20Preveli

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Crete - Communauté : images du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires

Recherche d'emploi

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Lien

Présentation

Recherche

Créer un Blog

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés