Un petit tour au Brésil : Oiapoqué
Oiapoqué, 20 282 habitants, est une ville de l'Etat d'Amapa dont la capitale est Macapa. C'est un des états les plus pauvres du Brésil. Le ton est donné lorsqu'on arrive à Oiapoqué : bien qu'elle compte plus de 20 000 habitants, seule la rue menant au fleuve vient d'être récemment goudronnée. Toutes les autres rues sont en terre battue.

Cette ville-frontière brésilienne vit du trafic de l'or. Depuis le début des années 1990 et la nouvelle ruée vers l'or en Guyane, des milliers de garimpeiros (chercheurs d'or) sont passés par Oiapoqué, au nord de l'Etat brésilien d'Amapa, qui partage une frontière avec la Guyane sur sept cents kilomètres (voir carte, article précédent). En vingt ans, la population de la ville frontière a triplé.
Au bord du fleuve, à Oiapoqué, des comptoirs achètent l'or extrait - illégalement ou non - dans la forêt guyanaise. L'or est déclaré auprès des cinq comptoirs d'Oiapoqué autorisés par la banque centrale du Brésil. A partir de là, la marchandise devient officielle.
Sur les documents fournis par les comptoirs, l'origine de l'or déclaré est "Oiapoque", une commune où, pourtant, il n'y a pas d'orpaillage. Au passage, l'Etat fédéral prélève une taxe de 1 %.
Pratiquement tout l'équipement pour les chantiers clandestins part d'Oiapoqué. La majorité du matériel franchit la frontière sans documents officiels en toute illégalité.
D'après le WWF, "Les quantités d'or vendues à Oiapoque peuvent être multipliées par deux ou trois si l'on tient compte de l'or non déclaré. Il peut donc y avoir chaque année entre 2 et 6 tonnes d'or produites en Guyane, et exportées illégalement vers le Brésil, où elles sont blanchies".
Lors de la visite officielle de Nicolas Sarkozy à Brasilia, le 7 septembre, la question de l'orpaillage clandestin n'a pas été abordée publiquement. Un accord de lutte conjointe sur l'Oyapock a été signé, en décembre 2008, à Rio de Janeiro, par les présidents Français et Brésilien, mais il n'a toujours pas été ratifié par les parlements.
Outre les profits rapportés par l'or, les nombreux touristes guyanais boostent aussi l'activité commerciale de la ville. Attirés par cette ville frontalière réputée offrir de meilleurs prix qu'en Guyane, (notamment pour les alcools, le tabac, la viande brésilienne), ils y passent généralement une journée et une nuit, histoire de se mettre dans l'ambiance brésilienne. Par exemple, dans les restaurants, après s'être servi en garnitures et viandes grillées, on pèse l'assiette pour en déterminer le prix.
La plupart des magasins acceptent les paiements en euro et les vendeurs parlent français. Au cas où vous voudriez payer en réals, le change se fait dans la rue. Au débarcadère des pirogues, vous serez abordés par des personnes vous proposant des réals. Les taux proposés sont corrects.