Centre Vietnam, Danang : La montagne de Marbre
Vol vers l’aéroport international de Danang, à environ 800 Km de Saïgon.
Danang est la quatrième ville du pays avec près de 850 000 habitants. Son port en eau profonde (Tiên Sa) contribue à son développement économique.
En 1787, le roi de Cochinchine, Nguyên Anh, signe à Versailles un traité d’alliance avec la France. Celle-ci envoie alors vers l'Anam quatre frégates et 1 200 hommes en échange de Danang. Les Français la baptisent Tourane, déformation de son nom chinois Cua Han. C’était une étape très appréciée des marins français en route vers la Chine.
Le successeur de Nguyên Ahn reprend Tourane suite à des démêlés avec les Français. En 1858, Napoléon III envoie une force navale franco-espagnole pour reprendre Tourane qui devient une concession française en 1888, les Espagnols ayant été poliment remerciés de leur participation.
Le 8 mars 1965, les premiers marines américains débarquèrent dans la baie de Danang.
A environ 10 Km de Danang, sur la route de Hoi An, notre prochaine escale, se dressent 5 collines connues sous le nom de « Montagne de Marbre ». (On les aperçoit à l'horizon sur la photo du haut). Au 19ème siècle, l’empereur Gia Long donna aux cinq monts le nom des cinq éléments, et en fit un centre de pèlerinage bouddhique :
Le Métal : mont Kim Son ; Le Bois : mont Môc Son ; L’Eau : mont Thuy Son ; Le Feu : mont Hoa Son : La Terre : mont Thô Son.
On extrait de ces collines un très beau marbre blanc, orangé ou bleu-vert dans lequel des artisans sculptent statues et bijoux.
Combien de coups de marteaux et de burin faudra-t-il pour métamorphoser ce blog de marbre en une belle statue ?
Légende vietnamienne : Histoire du chien de pierre
Autrefois, il y avait un étudiant qui se rendait tous les jours à un village voisin pour suivre les enseignements d'un lettré de renom. À l'entrée de ce village se dressait la statue en pierre d'un chien. Chaque fois qu'il passait devant le chien de pierre, comme par enchantement ce dernier se levait, remuant sa queue pour le saluer. Un jour, intrigué, l'étudiant s'arrêta et le questionna :
‑ Tout le monde passe par ici. J'ai observé que tu ne te manifestes jamais. Comment se fait‑il que tu me réserves cet accueil ?
Le chien de pierre répondit :
‑ Je sais qu'à la prochaine session des concours, tu seras le seul de la région à être reçu. Le Ciel en a décidé ainsi et je tiens à saluer en toi le futur mandarin.
L'étudiant, tout heureux, rapporta la nouvelle à ses parents. Ceux-ci se sentirent tout d'un coup importants et se montrèrent hautains et pleins de suffisance envers les gens du village. En menant paître leurs buffles, ils ne se soucièrent plus de suivre les chemins et se permirent de couper à travers les champs des autres, piétinant leurs récoltes. Les gens se plaignirent, mais ils répondirent sèchement :
‑ Attention à vous ! Notre fils va être mandarin. Vous avez intérêt à vous tenir tranquilles, autrement il vous en cuira !
Devant autant d'assurance, les gens prirent peur et n'osèrent plus rien dire. Mais depuis, lorsque l'étudiant passait devant le chien de pierre, celui-ci ne bougeait pas. Une fois, deux fois, cinq fois. L’étudiant finit par lui en demander la raison.
Le chien lui répondit:
‑ Je ne te salue plus car tu ne seras pas mandarin. Comme tes parents se sont mal conduits, les gens se sont plaints et leur mécontentement est parvenu à la Cour céleste. Le Ciel a décidé de rayer ton nom de la liste des lauréats du prochain concours.
L’étudiant rapporta aussitôt ces propos à ses parents. Ceux-ci se rendirent compte de leur vanité mal placée et s'en allèrent présenter leurs excuses aux victimes en leur apportant des dédommagements.
Malgré tout, le jour du concours l'étudiant échoua. Il échoua aussi aux sessions suivantes.
Cependant il ne désespérait pas et poursuivit ses études avec encore plus d'application. De leur côté, les parents continuèrent à amender leur conduite. Ils parvinrent même à s'attirer les louanges de leurs anciennes victimes.
Un jour, en repassant devant le chien de pierre, l'étudiant vit celui-ci se lever et le saluer comme autrefois. Il apprit que, grâce à sa constance et au repentir de ses parents, le Ciel avait décidé de remettre son nom sur la liste des reçus.
À la session suivante, l'étudiant réussit brillamment et fut nommé aux plus hautes fonctions. Il se révéla être un bon gouverneur juste et efficace pour le plus grand bonheur des gens qu'il avait la charge d'administrer.
D'après Nguyên Xuân Hùng
Finition : ponçage de la statue.
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