Au nord de la route reliant Mires au village d’Aghii Deka se situe le site archéologique de Gortyne. Là, l’ombre d’un platane,
lointain descendant de cet arbre vénérable sous lequel Zeus et Europe s’aimèrent, témoigne encore des ébats dont naquirent le légendaire roi Minos ainsi que ses frères Radhamante et
Sarpédon.
D'après la légende, c'est aussi à Gortyne que le taureau dont Poséidon fit présent à Minos s'unit avec la reine Pasiphaé et de
cette union naquit le Minotaure.
Là aussi, de nos jours, un Odéon romain abrite encore "La Grande Inscription".
Cette "Grande Inscription", le "Code de Lois de Gortyne", est inscrit sur 12 colonnes de 1,75 m de hauteur. Sa longueur tout
entière est de 9 m. Chaque colonne contient de 53 à 56 lignes, soit environ 600 lignes. Il y a quelques vides, car le graveur a sauté les endroits abîmés de la pierre. C'est le plus ancien Code
civil écrit d'Europe. La Grande Inscription est connue aussi sous le nom de "Reine des inscriptions" ou comme "Lois des douze tables de Gortyne".
On ne connaît que trois autres codes juridiques écrits plus anciens que cette "Grande Inscription".
Le premier, "Le Code d'Ur-Nammu" est la
plus ancienne tablette contenant un code juridique qui nous soit parvenue intégralement. Elle fut rédigée en sumérien vers 2100-2050 av JC. Les lois sont exprimées sous la forme casuistique : si
"un crime est commis", alors "un châtiment est appliqué". Il précède ainsi le Code d'Hammurabi de près de trois siècles.
Ur-Nammu a été roi d'Ur de 2112 à 2095 av. J.-C. La datation de son règne est très approximative. La Liste royale sumérienne lui
attribue 18 années de règne. Il est vu comme le premier roi de la Troisième dynastie d'Ur, empire qui domine la Mésopotamie pendant environ un siècle.
(Ur, ville antique de la Mésopotamie du IIIe millénaire av. JC, est actuellement appelée Tell al-Muqayyar, dans l'actuel
Irak).
Le second, "Le Code de Hammurabi" (vers
1750 av. J.-C.) est le premier quasiment complet, écrit en caractères cunéiformes akkadiens. Texte babylonien non religieux mais présenté comme d'inspiration divine, réalisé sous l'autorité
d'Hammurabi, il prolonge en matière juridique l'œuvre militaire et politique du fondateur de l'empire.
Hammurabi est le sixième roi de la première dynastie de Babylone. Son règne est l’un des plus longs de l’antiquité du
Proche-Orient.
Le Code de Hammurabi se présente comme une grande stèle de 2,5 mètres de haut, en basalte. Toute une échelle de peines est
inscrite suivant les délits et crimes commis. La Loi du Talion est la base de cette échelle. Cette loi est souvent symbolisée par l’expression "œil pour œil, dent pour dent".
(Babylone, ville antique de Mésopotamie sur l'Euphrate, se situe à environ 100 km au sud de l'actuelle Bagdad (Irak), près
de la ville moderne de Hilla).
Le troisième, sans doute le plus connu,
est celui des "Dix Commandements", écrit par Moïse sur le Mont Sinaï, lors de la fuite des Hébreux d'Egypte (l'Exode).
Les archéologues estiment qu'il fut rédigé dans les années 1 300 / 1 200 av JC, mais il n'y a aucune certitude.
La Grande Inscription est à
l'emplacement où elle a été découverte en 1884, sur l'Odéon de l'époque romaine, par l'archéologue Italien Federico Halbherr.
Le centre de la vie sociale de Gortyne, l'Agora, fut probablement construit vers les années 600 av JC. Au centre de l'Agora se
dressait la tribune des orateurs et sur le côté Est, un Bouleutérion (endroit où se réunissait une assemblée restreinte de citoyens chargés des lois de la cité) fut construit.
Vue
générale de Gortyne (carte postale)
Gortyne : point rose au sud
Les plaques en tuf avec le Code des lois de Gortyne furent insérées sur le mur circulaire du Bouleutérion.
Ce bâtiment fut transformé en Odéon à l'époque romaine (1er siècle ap JC), mais on laissa en place les plaques avec les lois.
Elle est protégée par une petite construction de briques voûtées en plein cintre, aménagée en 1889 par le Service archéologique grec.
L’inscription serait contemporaine de Périclès (Ve siècle, 495-429 av JC), mais peut-être plus vieux d’un siècle ou deux, peut
être contemporain de Dracon.
Dracon, dans les années 620 avant notre ère, s'était rendu célèbre par la codification des lois athéniennes.
L'esprit de la réforme de Dracon était de ne rien tolérer d'impur au sein de l'État, et de ne laisser porter aucune atteinte à
la tranquillité des citoyens. La pénalité établie par Dracon était d'une sévérité si implacable qu'elle en est devenue légendaire. La mort était le châtiment le plus usité. Elle atteignait les
paresseux, les oisifs, les voleurs de fruits ou d'herbe aussi bien que les assassins et les sacrilèges. De nos jours, on emploie encore l'adjectif "draconien".
La Loi de Gortyne ne règle pas la vie de la cité, c’est un code civil, le plus ancien code civil d’Europe. Il ne régit pas tous
les sujets.
La célèbre table écrite en grec ancien est rédigée en boustrophédon.
On qualifie de boustrophédon le tracé d'un système d'écriture qui change alternativement de sens ligne après ligne, à la manière
du bœuf marquant les sillons dans les champs, de droite à gauche puis de gauche à droite. Le sens des lettres est inversé en changeant de sens : par exemple, la lettre Є tracée de gauche à droite
deviendrait Э de droite à gauche.
C'est un véritable monument législatif, garantissant notamment aux femmes un certain nombre de droits (divorce, veuvage, etc.)
qui n’étaient pas toujours en usage dans les autres cités du monde grec (elles peuvent décider de leur mariage, peuvent être propriétaires). La bigamie et la polygamie sont interdites.
Les questions dont traite le code tournent autour du droit familial : adoption, succession et héritage, divorce, enfants
naturels, donations entre époux. Il traite aussi les atteintes aux bonnes mœurs : viols, séduction, adultère. Des textes concernent les questions de vente, d'hypothèques, de dettes. On y trouve
aussi des références concernant les libertés individuelles et les esclaves (ils peuvent se marier, divorcer, obtenir une indemnisation en cas de sévices).
Le témoignage en justice est obligatoirement sous serment, le faux serment étant puni. Le juge est obligé de se référer à la
jurisprudence. L'auto justice interdite.
La civilisation minoenne commence à décliner après les dernières destructions de 1450/1350. Envahie par les Mycéens (Grecs du
sud), puis semble-t-il par les Doriens (Grecs du nord), les cités crétoises se livrent des guerres qui les conduiront à leur perte.
Puis la Crète se tint volontairement à l’écart de la Grèce pendant la période hellénistique.
Par la suite, la Crète tombe sous la domination des Ptolémées (dynastie égyptienne régnant de 323 à 30 av JC) jusqu’à ce
que Philippe V de Macédoine (protecteur de la Grèce) en fasse un repaire de piraterie pour lutter contre l’Egypte.
Enfin, la Crète devient romaine en 67 av JC. Rome envoie Metellus en Crète. Celui-ci soumet la Crète en rasant toutes les poches
de résistance.
Gortyne, qui s’était rangée du côté des Romains dès le début, devient la capitale de la province. Elle conservera ce titre
jusqu'à la conquête arabe de 828 après JC. Les Romains édifient routes, aqueducs, et tous les monuments publics à Gortyne comme l’Odéon, qui servait aux manifestations musicales et
théâtrales.
L'Odéon se compose de trois parties principales : La Cavea avec ses gradins et escaliers, l’orchestra, d’un diamètre de 8,5m
était dallée de plaques de marbre blanches et bleues, et la scène rectangulaire surélevée. Reconstruit sous Trajan (1er siècle ap JC), c’est un théâtre romain typique.
La basilique « Saint-Tite », du nom du premier évêque de Crète et disciple de Paul de Tarse. Fondée à l’époque de Justinien
(courant VIe siècle), cet édifice est l’un des monuments les plus importants de l’architecture byzantine en Crète.
Des oliviers séculaires, connus sous le nom de "frankoliès", sont disséminés sur tout le site archéologique de Gortyne.
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Une précision de Michel Fournier (Crète)
Il est avéré désormais que l'Eglise dite de ST Tite, dans le site archéologique de Gortyne, n'est pas l'Eglise St Tite mais "Panagia Kera" ( la Vierge aux chandelles").
Intéressons-nous à l'étymologie de "Panagia"....
Le préfixe " Pan-" se retrouve dans des mots comme PANdémie"... et a le sens de "partout"...." - gia" est tout simplement la Terre, la Mère de tous les humains...
Je laisse le soin à tout un chacun de COMPRENDRE ce que le nom de "PANaGIa" peut signifier, surtout quand on SAIT que la véritable "église" St Tite se situe à 500 mètres de là, qu'elle est la
première "cathédrale de la chrétienté", cathédrales qui étaient autrefois nommées "métropoles"... alors que le mot "métropole" a pour radical ( sans
E), MITRA qui signifie "utérus" quand "polis" signifie "ville" ou "multitude"....
Un chercheur TRES compétent, Maurice Rosart, soutient une thèse qui n'a jamais pu être contestée et que je vous laisse découvrir
http://knol.google.com/k/symbolique-des-labyrinthes-de-cath%C3%A9drales#
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