Cambodge

Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 10:30

Il existe, dans le nord du Cambodge, un petit village du nom de Skonn, dont la spécialité est la préparation de mygales. Celles-ci, grillées, sont vendues sur le marché par seaux entiers. Après en avoir goûté, je peux vous assurer que ce n'est pas mauvais. Dommage que les pattes soient un peu trop velues.

 

 

 

001Village Skonn

 

 


 

 

002Village Skonn

 

 

 

Les enfants exhibent aux touristes de passage, peu nombreux dans cette région, des mygales vivantes se promenant sur leur corps.

 

 

 

003Village Skonn

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Avec ces derniers clichés pris au hasard du voyage, voici quelques pensées de la sagesse asiatique.

 

 

 

Seul, on ne peut mener à bien une entreprise : peut-on marcher longtemps sur un pied ?

Veda - livres sacrés

 

 

 

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Une tâche sur la lune attire plus notre regard que son éclat parfait.

Manu

 

 

 

Instantanes02

 

 

 

Manu : Dans l'hindouisme, Manu (pro. : Manou) est le géniteur de l'humanité. À l'instar de Noé, prévenu, il échappa au déluge en construisant un bateau. La fin du déluge arrivée, il façonna une femme avec qui il eut des enfants, sauvant ainsi l'humanité de la disparition.

 

 

 

Instantanes03

 

 

 

Quand un homme fait le mal, il allume le feu de l'enfer et se brûle à son propre feu.

Panchatantra

 

 

 

Instantanes04

 

 

 

Là où les femmes sont honorées, les dieux sont satisfaits.

 

 

 

Instantanes05

 

 

 

Panchatantra : Le Pañchatantra est un ancien recueil de contes et de fables (probablement le plus ancien qui nous soit parvenu). Sa compilation est traditionnellement attribuée à un brahmane nommé Vishnusharman qui l’aurait produite au Ve siècle ou au VIe siècle.

 

 

 

Instantanes06

 

 

 

Le premier signe de bon sens est de ne rien entreprendre ; le second, de mener à terme ce que l'on a entrepris.

 

 

 

Instantanes07

 

 

 

L'homme qui hésite à prendre une décision dans des circonstances qui ne souffrent pas de délai, mérite que le destin se fâche et lui dresse des obstacles.

 

 

 

Instantanes08

 

 

 

Le Pañchatantra a ainsi vraisemblablement inspiré de nombreux auteurs comme Jean de La Fontaine, qui reconnaît sa dette dans la préface de sa seconde collection de Fables : "Il ne m’a pas semblé nécessaire ici de présenter mes raisons ni de mentionner les sources à partir desquelles j’ai tracé mes derniers thèmes. Je dirai, comme dans un élan de gratitude, que j’en dois la plus grande partie au Sage Indien Pilpaï".

 

 

 

Instantanes09

 

 

 

"Le ministre est comme un vase à eau : il donne peu, mais reçoit beaucoup".

Hitopadesa

 

 

 

Instantanes010

 

 

 

Hitopadesha est une collection de fables en prose et en vers écrites en sanscrit dans le XIIe siècle de notre ère. Il est conçu comme une exposition sur l'art de gouverner.

 

 

 

Instantanes011

 

 

 

Celui qui est trop occupé à faire le bien n'a pas le temps d'être bon.

Tagore

 

 

 

Instantanes012

 

 

 

Les hommes sont cruels, l'homme est bon.

Tagore

 

 

 

Instantanes013

 

 

 

Tagore (6 mai 1861 - 7 août 1941), philosophe Indien dont l'œuvre a eu une profonde influence sur la littérature et la musique du Bengale. Il a été couronné par le Prix Nobel de littérature en 1913.

 

 

 

Instantanes014

 

 

 

Un objet, même s'il n'a pas été acquis par le vol, doit néanmoins être considéré comme dérobé si on le possède sans en avoir besoin.

 

Gandhi

Né à Porbandar, Goujarat le 2 octobre 1869, mort à Delhi le 30 janvier 1948

 

 

 

Instantanes015

 

 

 

Plus les sentiments sont distants, plus les politesses sont nombreuses.

Sun-Tsé, écrivain Chinois, né en -300, décédé en -200

 

 

 

Instantanes016

 

 

 

De l'argile, nous faisons un pot, mais c'est le vide à l'intérieur qui retient ce que nous voulons.

Lao-Tseu

 

 

 

Instantanes017

 

 

 

Il est difficile d'attraper un chat noir dans une pièce sombre, surtout lorsqu'il n'y est pas.

Lao-Tseu

 

 

 

Instantanes018

 

 

 

Ne vous mettez pas en avant, mais ne restez pas en arrière.

Lao-Tseu

 

 

 

Instantanes019

 

 

 

Lao Tseu signifie «Vieux Maître». Né en -570, décédé en -490. Il est considéré a posteriori comme l’ancêtre du taoïsme.

Le Livre de la Voie et de la Vertu ou Dao De Jing que la tradition lui attribue est un texte majeur du taoïsme.

 

 

 

Instantanes020

 

 

 

Confucius, né le 28 septembre 551 av. J.-C. et mort le 11 mai 479 av. J.-C. est le personnage historique ayant le plus marqué la civilisation chinoise.

La croyance en la capacité de l'homme ordinaire à modifier son propre destin caractérise son héritage.

 

 

 

Instantanes021

 

 

 

Nos désirs sont comme les enfants : plus on leur cède, plus ils deviennent exigeants.

Confucius

 

 

 

Instantanes022

 

 

 

Quand vous plantez une graine une fois, vous obtenez une seule et unique récolte. Quand vous instruisez les gens, vous en obtenez cent.

Confucius

 

 

 

Instantanes023

 

 

 

Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte

Confucius

 

 

Instantanes024

 

 

 

Pensées Bouddhiques :

 

 

Si tu ne trouves pas la vérité là où tu es, où crois-tu donc pouvoir la trouver ?

 

 

 

Instantanes025

 

 

 

Il n'y a qu'un moment où il est essentiel de s'éveiller : ce moment même.

L'ennui, c'est que vous pensez que vous avez le temps.

 

 

 

Instantanes026

 

 

 

Si nous pouvions percevoir clairement le miracle que représente une simple fleur, notre vie toute entière changerait.

 

 

 

Instantanes027

 

 

 

Nulle personne extérieure à nous-mêmes ne peut nous contrôler intérieurement. Quand nous savons cela, nous sommes libérés.

 

 

 

Instantanes028

 

 

 

Notre pire ennemi ne peut nous faire autant de tort que la folie de nos propres pensées.

 

 

 

Instantanes029

 

 

 

La haine ne mettra jamais fin à la haine ; seul l'amour peut le guérir. C'est là l'ancienne et éternelle loi.

 

 

 

Instantanes030

 

 

 

Ce ne sont pas nos préférences qui créent des problèmes mais notre attachement à ces préférences.

 

 

 

Instantanes031

 

 

 

Tout ce qui a un commencement a une fin. Sois en paix avec cette vérité et tout ira bien.

 

 

 

Instantanes032

 

 

 

Prends du temps chaque jour pour t'asseoir tranquillement et écouter.

 

 

 

 

Instantanes033

 

 

 

Apprends à lâcher prise, c'est la clé du bonheur.

 

 

 

 

 

 

Instantanes034

 

 

 

 

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Cambodge - Communauté : Asie
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Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 09:34

La plaine intérieure du Cambodge autour du lac Tonlé Sap est parsemée de petites collines que l'on appelle des "Phnom". Les Cambodgiens ont une légende pour chacune de ces "Phnom", légende qui remonte à la formation du Cambodge, au temps où celui-ci était recouvert d'eau.

(Voir : http://0z.fr/CYjHQ)

 

 

 

Legende111

 

 

 

Voici donc une vieille légende cambodgienne recueillie par Auguste Pavie (*) dans "Contes populaires du Cambodge, du Laos et du Siam" paru en 1903. Photos prises au hasard du voyage.

 

 

La légende de la montagne du crocodile

 

De riches marchands du Cambodge conduisirent leur fils, Réachkol, à un ermite célèbre, pour qu'il l'élevât dans la sagesse et les sciences et qu'il en fit un homme capable de marcher de bonne heure dans la vie.

 

 

 

Legende112

 

 

 

Le religieux n'était pas seul dans sa retraite. Il avait un jour recueilli une petite fille dans une fleur de lotus fraîchement éclose. Il la nomma Néang Roum Say Sock (la jeune fille aux cheveux dénoués).

 

 

 

Legende0113

 

 

 

Son éducation terminée, Réachkol épouse Roum‑Say‑Sock et l'emmène avec lui dans son pays. Le jour du départ, le vieux sage offre à la jeune fille un incomparable bijou pour maintenir ses longs cheveux.

 

 

 

Legende114

 

 

 

Peu après, Réachkol quitte parents et compagne, et s'en va vendre le chargement d'un navire que son père lui équipe vers les rivages de Korat.

Là, en abordant, il voit une jeune fille qui se baignait. C'était Néang Mika, fille unique d'un vieux roi. Il en tombe immédiatement éperdument amoureux.

 

 

 

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Ce n'est qu'après leur mariage, que Réachkol ose lui avouer qu'il a en son pays une épouse qu'il avait complètement oubliée.

 

Ils sont ainsi heureux trois ans, et de leur union naît un fils. Mais un jour, voulant accroître ses richesses, Réachkol décide de retourner sur la mer vers les pays de l'Est.

 

 

 

Legende116

 

 

 

Bientôt le navire lève l'ancre, chargé de toute sorte de denrées. Mika, fort occupée à l'encombrer de provisions, toute aux dernières caresses, tout entière aux adieux, songe seulement, l'ancre levée, qu'il se pourrait qu'elle soit trahie.

 

 

 

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Elle court, étreinte par une subite angoisse, vers un très haut édifice d'où l'on domine au loin la mer. Elle atteint le sommet, à l'instant même où Réachkol, ne se croyant pas surveillé, abandonne le chemin de l'Est pour courir à toutes voiles vers son ancien pays. Tout de suite elle comprend que Réachkol vogue vers Roum‑Say‑Sock, sa première épouse.

 

 

 

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De grosses larmes coulent de ses yeux. Voilà donc tous ses rêves d'heureux avenir détruits ! Tandis qu'elle pleure, la plus farouche colère vient s'emparer de sa raison.

Sûrement, elle va bien savoir empêcher celui‑là qui brise sa vie, d'avoir de la joie quand elle a de la peine.

 

 

 

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Atonn, le crocodile qu'elle nourrit depuis l'enfance, la vengera rapidement et beaucoup mieux que personne.

Sur le champ elle lui crie : « Pars, poursuis, atteins, dévore Réachkol qui me laisse pour une autre ! »

 

 

 

Legende120

 

 

 

La longue absence de Réachkol a mis une tristesse immense dans le cœur de Roum‑Say‑Sock. Mais elle ne croit pas que les flots ont pu lui prendre son mari. L'ami de ses jeux d'enfance reviendra, elle en est sûre, et sera le compagnon des vieilles années.

 

 

 

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Chaque jour elle se rend se baigner sur la plage où ont eu lieu les adieux. Elle interroge ardemment l'horizon, longuement arrêtée par toute voile qui, dans le lointain, blanchit en s'approchant.

 

 

 

Legende122

 

 

 

Ce fut par un très beau jour d'air pur et de vent frais qu'elle s'écria toute troublée : "Le voici ! Ne reconnaissez vous pas la barque ? À la finesse de sa coupe personne ne saurait en douter !"

Sa joie éclate, délirante : on accourt.

"Oh ! C'est bien lui : voyez‑le à l'arrière !"

 

 

 

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"Mais pourquoi ses matelots sont‑ils agités ainsi ? Pourquoi, par ce temps superbe, grimpent‑ils aux mâts, redescendent, courent à droite et à gauche, et semblent complètement affolés ? Est‑ce qu'un danger quelconque menace le navire ? La crainte vient chasser ma joie et j'ai très peur ! Mon cœur, que l'inquiétude tourmente depuis si longtemps, se brise : j'aperçois dans le  sillage du navire le monstre qui cause de leur trouble ! J'ai cru voir venir le bonheur mais c'est la mort !"

 

 

 

Legende124

 

 

 

Dès qu'Atonn, le crocodile, a paru, Réachkol a crié :

« Cesse de me poursuivre, Atonn; tu ne reconnais donc pas le mari de ta maîtresse ! »

‑ « J'obéis à celle qui me nourrit, je ne connais qu'elle ».

Réachkol comprend. Pour accélérer la marche, il laisse au gré des flots les petites barques remorquées espérant que le saurien s'attardera à les détruire. Puis il fait jeter les cages qui enferment les poulets et les canards, croyant que le saurien s'arrêtera pour les dévorer.

 

 

 

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Ces efforts pour échapper ont mis Atonn en fureur. Il ne lui faut plus qu'un bond pour atteindre le navire. Se tournant vers le rivage où il reconnait sa première femme, Réachkol, résigné, fait de la main à Say‑Sock un signe de dernier adieu.

 

 

 

Legende126

 

 

 

Elle, désespérée, cherche machinalement une arme. Et, faisant crouler en manteau ses cheveux sur ses épaules, elle leur arrache le bijou, stylet d'or, lourd de diamants, don du vieil ermite, et invoquant tout en pleurs son père adoptif, lance vers la bête monstrueuse le précieux joyau.

 

 

 

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A vingt pas en avant d'elle, le stylet tombe dans la mer.

Alors, inoubliable prodige ! Sa pointe à peine a touché le sable au fond de la mer, que le sol chassant les eaux, se soulève et, de Thma‑Angkiang aux Dang‑Reck, se montre nu.

 

 

 

Legende128

 

 

 

En même temps, la foule attroupée sur le rivage, voit Réachkol accourir vers Say‑Sock du haut d'un bloc de rochers où son navire est resté.

Non loin sur un autre monticule, Atonn, foudroyé, expire, s'écriant : "Maîtresse, je meurs : vengez‑moi !"

 

 

 

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Alors Néang Mika a levé une troupe d'hommes considérable. A sa tête, elle est partie et, dans l'immense plaine que la mer vient de quitter, au rocher appelé Bunteay‑Néang, elle a planté son étendard, s'est fortifiée, puis a expédié à Réachkol un courrier porteur d'un message appelant Say‑Sock au combat.

 

 

 

Legende130

 

 

 

Roum‑Say‑Sock se rappelle de son vieux maître solitaire et s'écrie :

"Fais que je sois le vainqueur, et je te promets pour prier, un temple sur ta montagne ! »

Puis, couverte de ses bijoux, montée sur un beau cheval comme son adversaire, elle prend des mains de ses suivantes les armes superbes qu'elles lui tendent, sabre et lance, et se jette dans la mêlée pour y joindre sa rivale.

 

 

 

Legende131

 

 

 

Si braves qu'ils soient, les guerriers sous les bannières des deux femmes, n'ont point leur ardeur. Aussi, dès qu'elles sont aux prises, s'écartent‑ils, songeant, presque tous, à fuir, si leur chef a le dessous.

 

 

 

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La fatigue semble n'avoir pas le moindre effet sur Say‑Sock : on dirait en la voyant, qu'elle se croit invulnérable. Mika, au contraire, blessée, sent ses forces la trahir. Si ses gens, reprenant le combat, la couvraient un instant, elle serait ensuite quasi sûre de l'emporter.

Elle jette un regard furtif sur ses soldats, devine de l'hésitation, les appelle. Eux, loin de prendre l'offensive et de lui faire un rempart de leurs corps, s'enfuient, non vers le camp où ils pourraient se défendre, mais dans toutes les directions.

 

 

 

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Succombant, près de périr, voilà qu'elle songe à l'enfant laissé au grand‑père ! Elle veut le revoir encore ! Jetant ses armes, elle s'élance vers les monts, poursuivie au grand galop par Say‑Sock.

 

 

 

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Il n'était point facile de se cacher dans ce pays neuf, vierge de toute végétation. Roum‑Say‑Sock atteignit sa rivale dans le Véal‑Néang‑loum (plaine de la jeune femme en larmes).

Elle l'emmena enchaînée à son camp, l'y tortura à loisir et fit ensuite tomber sa tête, qu'au bout d'un fort long bambou on éleva au sommet d'une montagne rapprochée, qui prit pour nom Sang‑Kebal.

 

 

 

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Après quoi elle s'en retourna triomphante au pays, où elle mit Réachkol sur le trône, le roi son père étant mort sans enfant.

Tous deux se rendirent ensuite aux pieds du vieux solitaire et, pour tenir la promesse faite au moment du danger, édifièrent sur la colline, dès lors appelée Bam‑nân (voeu), le superbe temple à neuf tours qu'on y voit.

 

Depuis cet événement, le nom de Mika est devenu au Cambodge synonyme de concubine.

 

 

 

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(*) Auguste Pavie est né à Dinan en 1847 et mort en 1925 à Thourie, en Ille-et-Vilaine. Il fit ses études à Guingamp où un lycée porte son nom. À l'origine agent des télégraphes en Cochinchine, il devint premier vice-consul de France à Luang Prabang au Laos (1886), puis en 1892, résident de France à Bangkok. Il s'illustra en négociant avec le Siam et en obtenant notamment la reconnaissance du protectorat français sur le haut Laos, en 1893. Explorateur et ethnologue, il photographia des rives du fleuve Mékong, essayant de trouver une voie fluviale navigable pour atteindre la Chine. Il recueillit de nombreuses légendes lors de son séjour au Cambodge. Ses livres les plus connus sont :

"Contes populaires du Cambodge, du Laos et du Siam" paru en 1903.

"Passage du Mékong au Tonkin (1887/1888)" paru en 1900.

 

 

 

Legende137

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Cambodge - Communauté : images du monde
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 09:03

Battambang est située au nord-ouest du Cambodge. Reliant la région à Phnom Penh et à la Thaïlande, la ville est un lien vital pour le Cambodge. La partie principale de Battambang est située près de la Sangker, une rivière coulant à travers la province de Battambang.

 

 

 

Battambang111

 

 

 


 

BattambangCarte

 

 

 

Battambang est à 293 km de Phnom Penh et à 171km de Siem Reap (Angkor). Elle est la seconde ville du pays (population estimée en 2007 à 250 000 habitants). Les photos sont prises sur le marché de Battambang. Pas de vitrines réfrigérées comme en Europe pour la viande et le poisson. Mais ici pas d'odeurs nauséabondes comme sur le marché russe de Phnom Penh, les étals se situant principalement autour du marché central couvert. Cependant ce n'est pas engageant d'acheter de la viande sur ces marchés, à moins d'être aussi immunisé que les Cambodgiens.

 

 

Battambang112

 

 

 

La légende de Battambang

 

L’histoire aurait débuté à la mort d'un grand roi du Cambodge. Le fils de ce dernier aurait ordonné de couper du bois en vue de construire un pavillon pour la crémation du corps de son père. Parmi les bûcherons, se trouvait un homme qui voulait faire cuire du riz et qui n’ayant pas de cuillère pour le remuer, utilisa une branche de Rokar. Tout à coup, le riz devint noir, mais comme il avait très faim, il décida néanmoins de le manger. Cela le rendit très fort.

 

 

 

Battambang113

 

 

 

Il coupa le tronc d’un Kranhoung (un arbre dont le bois est dur comme le fer) dont il fit un gourdin qui allait devenir son arme personnelle. C'est ainsi qu'il gagna son surnom de Dambang Kranhoung.

 

 

 

Battambang114

 

 

 

Il devînt arrogant et voulut s’emparer du trône. Apprenant cela, le roi ordonna à plusieurs reprises à ses soldats de le combattre, mais en vain. Tous les guerriers capitulaient devant Dambang Kranhoung.

 

 

 

Battambang115

 

 

 

Le roi, désespéré, tomba malade et mourût. L’ancien bûcheron lança ses troupes sur la ville, prit possession du trône et régna sur l’ensemble du territoire.

 

 

 

Battambang116

 

 

 

Il demanda à ses soldats de rechercher tous les membres de l’ancienne famille royale, de les arrêter et de les tuer en les faisant brûler vifs. Un des fils, Siri Kumar, 5 ans, qui s’était enfui avec sa nourrice, fut capturé et jeté dans le feu. Alors que le soir pointait, un soldat, pris de compassion, le retira des flammes et le cacha dans la forêt. Siri Kumar n’était pas mort mais brûlé.

 

 

 

Battambang117

 

 

 

 

Plus tard, des moines vinrent dans la forêt, le virent et l’aidèrent à se rétablir. Siri Kumar ne pouvait pas marcher car il avait dû être amputé des bras et des jambes. Les moines qui l’avaient soigné le surnommèrent Bramm Kil.

 

 

 

Battambang118

 

 

 

Mais les astrologues royaux avaient prédit que le roi usurpateur, Dambang Kranhoung, ne pourrait régner que 7 ans 7 mois et 7 jours.

 

 

 

Battambang119

 

 

 

Il ne restait plus que sept jours avant la fin du règne. Un homme prédestiné devait venir et s’emparer du trône. Le roi affirma qu’il tenterait de tuer l’homme avec son bâton mais que s’il ne pouvait pas le faire, il accepterait sa défaite et cèderait son royaume pour éviter que le malheur ne s’abatte sur sa personne.

 

 

 

Battambang120

 

 

 

 

Le jour de la prédiction approchait et tout le monde attendait la venue de l’être prédestiné. Bramm Kil se reposait à l’écart lorsqu’un vieux brahmane à cheval lui apparut, transportant avec lui du riz, de l’eau et un grand sac contenant des habits royaux et une couronne. Il lui annonça :

"Tu ne peux voir l’homme prédestiné ; je te demande de prendre mon cheval et toutes ces choses. Si tu as faim, tu peux manger le riz et boire l’eau. Je vais rencontrer l’homme prédestiné et revenir t’en faire une description."

 

 

 

Battambang121

 

 

 

Sur ces entrefaites, le brahmane lui confia les rênes du cheval et s’en alla. Peu après, l’équidé se leva et tira violemment le bras de Bramm Kil qui, sous l’effet du choc se reforma. Il fit de même pour le second bras. Le prince attacha alors les rênes à ses jambes qui sous la poussée du cheval se reformèrent également.

 

 

 

Battambang122

 

 

 

Il mangea le riz et but l’eau, comme le lui avait recommandé le brahmane. Il sentit alors une force surhumaine envahir son corps et revêtit les habits royaux et la couronne. Il devint aussi beau qu’Indra. Il en déduisit qu’il était l’homme prédestiné et monta sur le cheval qui le conduisit au palais royal.

 

 

 

Battambang123

 

 

 

Le roi Dambang Kranhoung, qui attendait l’évènement, voyant arriver Bramm Kil, lui lança son gourdin pour le tuer, mais manqua sa cible.

 

Le bâton s'éleva dans les airs et disparut. Le roi Dambang Kranhoung fit alors une déclaration publique par laquelle il annonçait qu’il abdiquait au profit de Bramm Kil et se retira au Laos.

 

 

 

Battambang124

 

 

 

L'endroit où on retrouva le bâton prit le nom de Bat Dambang:"le bâton perdu retrouvé !"

On éleva alors une statue représentant Dambang Kranhoung à genoux, tourné vers l'Est (Phnom-Penh), présentant son bâton en signe de soumission au Roi et à l'Etat.

 

 

 

Battambang125

 

 

 

 

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Du XVe au XVIIIe siècle, la région fut occupée par les armées siamoises qui forcèrent les habitants à quitter leurs terres. Elle resta siamoise jusqu'au début du XXè siècle.

 

 

 

Battambang126

 

 

 

En 1904 le Siam (la Thaïlande) dut reconnaître l’influence française sur la région. Le 23 mars 1907, un traité obligea le Siam à rendre des territoires qu’il occupait depuis la chute d'Angkor. Il s’agissait notamment de Battambang, Siem Reab et Angkor qui furent échangées contre la province de Trat et la région laotienne de Dach Se, dans le bassin du Haut-Mékong.

 

 

 

 

Battambang127

 

 

 

Pour commémorer le retour de Battambang et des deux autres provinces au Cambodge, une stèle fut érigée, représentant un soldat français d’un côté, et de l’autre, trois déesses symbolisant les trois provinces retrouvées. Ce monument trône aujourd’hui encore à Phnom Penh, à côté de l’horloge florale de Wat Phnom (photos ci-dessous) :

 

 

 

Phnom Penh128

 

 


 

Phnom Penh129

 

 


 

Phnom Penh130

 

 

 

En 1941, profitant de l’affaiblissement de la France et avec l’aide du Japon, la Thaïlande reprit les territoires qu’elle avait dû céder en 1907. Dans le même temps, un millier de prisonniers de guerre alliés de diverses nationalités furent utilisés avec des habitants locaux pour reconstruire la route n°5 qui relie Phnom Penh à Battambang. De plus, une campagne musclée de "thaïsation" fut entreprise dans la région afin de détruire les traces de culture khmère.

 

 

 

Battambang131

 

 

 

 


Battambang132

 

 

 

 

Sous la pression de la communauté internationale, la Thaïlande dut rendre les territoires en 1947. Depuis, même si la région est retournée au Cambodge, l’influence thaïlandaise demeure.

 

 

 

Battambang133

 

 

 

 

A l’arrivée des Khmers rouges, le 19 avril 1975, comme toutes les autres villes, Battambang fut vidée de ses habitants qui furent déportés dans des zones montagneuses reculées. Les anciens soldats de la république khmère, à qui on avait promis la vie sauve en échange de leur reddition, furent emmenés, officiellement pour être rééduqués, mais exécutés à la sortie de la ville. La province devint un site de tortures, d’exécutions et de famines.

 

 

 

Battambang134

 

 

 

La province de Battambang, connue pour être le grenier à riz du Cambodge, a une économie fortement axée sur l’agriculture et plus particulièrement sur la riziculture.

 

 

 

Battambang135

 

 

 

 


Battambang136

 

 

 

 


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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 10:48

Phnom Sampeau se trouve à 12 km au Sud Ouest de Battambang, la deuxième ville du Cambodge, située à environ 250 Km de la capitale Phnom Penh.

Cette colline fut l'un des repères des Khmers rouges, leur servant de centre d'interrogatoire et de lieu d'exécution. Ils précipitaient leurs prisonniers dans le vide à partir de grottes situées sur le versant de la colline. Une dizaine de milliers de Cambodgiens ont trouvé ici une mort affreuse.

 

 

 

Sampeau01

 

 

 

Aujourd'hui, la colline a retrouvé toute la sérénité que lui confèrent les temples bouddhistes érigés au sommet. Pour y arriver, il faudra cependant s'armer de courage pour gravir les 200 ou 300 marches qui y mènent.

 

 

 

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Pour accompagner les photos de cet endroit, voici une légende cambodgienne :

 

 

De Phnom Penh à Kompong Cham, non loin de la route nationale N°5, deux collines se dressent côte à côte. Celle de l'Est est plus haute que celle de l'Ouest. La plus haute s'appelle Phnom Srei, «colline-des-femmes», et la moins haute est dénommée Phnom Pros, «colline-des-hommes».

 

Voici la légende concernant ces collines :

 

 

 

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LA «COLLINE-DES-HOMMES» ET LA «COLLINE-DES-FEMMES»

 

 

II y a fort longtemps, une reine nommée Srei Ayuthyéa régnait dans le pays des Khmers. Comme elle était souveraine régnante, personne n'osait la demander en mariage pour en faire son épouse.

 

 

 

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C'est donc elle qui demanda en mariage un bel homme qui lui plaisait, et suivant l'exemple de la reine, les femmes qui étaient sous son auguste autorité firent de même.

 

 

 

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Durant ce règne, il était pitoyable de voir certaines femmes qui, ayant un physique désavantagé, demandaient les hommes en mariage et de constater que ceux-ci les refusaient. Ils acceptaient seulement d'épouser les plus belles femmes du royaume. Cela dura tout le règne de cette souveraine.

 

 

 

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Au cours du règne qui suivit, les femmes tinrent réunion et dirent :

- A présent, c'est indigne pour nous, les femmes, d'aller demander les hommes en mariage. Pour cela, nous allons prendre de la terre pour en élever des collines et nous proposons un pari aux hommes : eux, avec de la terre, devront élever une colline et nous, les filles, ferons de même. Le travail devra se faire pendant la nuit, et s'arrêter dès le lever de l'étoile du matin. Parions ensemble : Si les hommes perdent, ceux-ci, à leur tour, devront nous demander, nous, les femmes, en mariage.

 

 

 

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Après avoir réfléchi à cela, elles allèrent proposer aux hommes le projet de pari comme il a été dit. On choisit des « chefs-de-recrutement » qui furent chargés d'aller quérir en grand nombre des participants et des participantes.

 

 

 

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Du côté des hommes, il y eut un « chef-de-recrutement » qui alla rassembler les hommes, de même du côté des femmes. Des hommes et des femmes étant rassemblés en nombre suffisant, ils parlèrent entre eux :

 

- Nous tous, nous devrons transporter de la terre jusqu'à l'apparition de l'étoile du matin. Tant qu'elle ne se lèvera pas, nous ne devrons pas nous arrêter.

 

Ceci étant accepté, ils transportèrent de la terre en la mettant sur les épaules ou sur la tête selon la force de chacun.

 

 

 

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A un certain moment pendant la nuit, après trois ou quatre heures de travail, les femmes, plus intelligentes, hissèrent une petite lanterne, le plus haut possible, du côté nord-est de la colline. Les hommes, voyant cette lanterne que les femmes avaient hissée à l'aide d'un bambou, la prirent pour l'étoile du matin. Ils cessèrent de travailler et s'endormirent tous sans exception pendant que les femmes continuaient de transporter de la terre jusqu'au lever de la vraie étoile du matin.

 

 

 

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Au premier chant du coq, les hommes se réveillèrent, virent la véritable étoile du matin et s'exclamèrent :

- Nous tous, nous avons commis une erreur, la vraie étoile du matin vient de paraître.

 

 

 

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Puis ils jetèrent leur regard sur la colline faite par les femmes, plus grande et plus haute que la leur. Ils se sentirent humiliés d'avoir été joués par les femmes. A partir de ce moment-là et jusqu'à nos jours, ce sont les hommes qui demandent les femmes en mariage.

 

 

 

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Sur la colline de Phnom Sampeau, des offrandes sont déposées aux pieds des bouddhas des temples. Mais les premiers à se servir sont les macaques. Et comme partout dans le monde, ce sont les plus forts qui se servent en premier…

 

 

 

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Les autres n'ont que leurs yeux pour regarder :

 

 

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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 09:55

Il est appelé ainsi car les Russes le fréquentaient beaucoup pendant la période vietnamienne de 1979 à 1999. 

 

 

 

Marché Phnom Penh101

 

 

 

On y trouve de tout : tissus en soie, bijoux en argent,

 

 

 

Marché Phnom Penh102

 

 

 


 

Marché Phnom Penh103

 

 

 

… quincaillerie, pièces de rechange de toutes dates pour tous types de motos, des porcelaines de Chine, vêtements…

 

 

 

Marché Phnom Penh104

 

 

 

Quelques boutiques vendent également des épices conditionnées sous sachets en plastique. On ne retrouve cependant pas l'odeur des marchés de Guyane ou de la Polynésie.

 

 

 

Marché Phnom Penh105

 

 

 

On découvre aussi de nombreuses gargotes où l'on peut manger à toute heure de la journée.

 

 

 

Marché Phnom Penh106

 

 

 


 

Marché Phnom Penh107

 

 

 

Mais l'endroit le plus déroutant du marché est la partie réservée à l'alimentation. Si les étals de fruits ravissent l'œil par leur couleur…

 

 

 

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…Il en est tout autre chose des étals de poissons et de viandes.

 

 

 

Marché Phnom Penh109

 

 

 


 

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Ici, les directives européennes de l'hygiène sont totalement dépassées. A la chaleur étouffante de l'endroit s'ajoute une odeur que l'on pourrait qualifier de pestilentielle sans rien exagérer. Tout y est en vrac sur les étals : cuisses de grenouilles, poulets que l'on découpe à même le comptoir et que l'on entasse, et tout à côté, des poissons que l'on écaille et que l'on vide. Mais il semblerait que cela n'altère en rien la santé des Cambodgiens !

 

 

 

Marché Phnom Penh111

 

 

 


 

Marché Phnom Penh112

 

 

 


 

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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 10:14

Le musée de Tuol‑Sleng est un ancien lycée (Tuol Svay Prey : la colline du manguier sauvage) situé à Phnom Penh qui a été transformé par les Khmers rouges en centre de détention, de torture et d'exécution entre 1975 et 1979. Le lycée avait alors comme nom secret "prison de Sécurité 21" ou "S-21".

 

 

 

Tuol Sleng101

 

 

 

Les Khmers rouges enfermaient à S-21 tous les opposants supposés au régime, sur n'importe quel motif. Les personnes enfermées étaient aussi bien des jeunes que des personnes plus âgées. Il y avait des femmes, des enfants, et parfois des familles entières (bébés y compris) d'ouvriers, d'intellectuels, de ministres et de diplomates cambodgiens, mais aussi des étrangers. Le simple fait de porter des lunettes (y compris pour les enfants) était suffisant pour être considéré comme intellectuel et donc "à exterminer".

 

 

 

Tuol Sleng102

 

 

 

Les anciennes classes du deuxième étage servaient de salles de détention commune. Les gens y étaient enfermés à environ 50 personnes, allongées par terre en alignements serrés, les familles regroupées. Les pieds des détenus étaient attachés à de longues barres de fer par des anneaux en fonte.

 

 

 

Vann Nath01

 

 

 

 

 

Tuol Sleng103

 

 

 

Le réveil était à 4h30 du matin. On donnait aux prisonniers une bouillie de riz le matin à 8h et le soir à 20h, et dans la journée on ne leur donnait pas d'eau. Les gens faisaient leurs besoins dans une boîte militaire en métal qu'un gardien leur apportait.

 

Les salles de classe du premier étage n'étaient pas reliées entre elles à l'origine, mais les Khmers Rouges ont cassé les murs pour faire un couloir central, des deux côtés duquel ont été fabriquées de petites cellules sommaires en brique, avec des portes de bois à lucarne carrée.

 

 

 

Tuol Sleng104

 

 

 


 

Vann Nath02

 

 

 


 

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Les anciennes classes plus petites, situées dans un bâtiment séparé (bâtiment B), et possédant des fenêtres à barreaux métalliques, servaient de salles de torture individuelle. On y attachait les prisonniers (hommes ou femmes) sur des sommiers en fer et on les torturait afin qu'ils avouent. La plupart avouaient des fautes qu'ils n'avaient pas commises. Ce qu'ils disaient était transcrit sur du papier. Lorsque l'aveu ne plaisait pas, le tortionnaire en faisait une boule qu'il jetait dans un coin de la salle, et le prisonnier était à nouveau torturé pour en tirer un nouvel aveu. Les tortionnaires donnaient aux détenus des idées d'aveu : par exemple un lien avec la CIA, le KGB, ou encore avec un quelconque système démocratique, capitaliste, ou impérialiste.

 

 

 

Tuol Sleng106

 

 

 

Kang Kek Ieu, alias Douch ou Duch, était le maître du complexe de Tuol Sleng.

Lors du procès des dirigeants Khmers Rouges, Douch, directeur de S 21, continuait à affirmer qu’il n’avait fait "qu’obéir aux ordres".

 

 

 

Tuol Sleng107

 

 

 

Il sera inculpé en 2007 pour crimes contre l'humanité et le tribunal du génocide cambodgien le condamnera à 35 ans de détention le 26 juillet 2010.

 

François Bizot, membre de l'Ecole française d'Extrême‑Orient, fut fait prisonnier par les Khmers Rouges en 1971. Il raconte dans son livre "le portail" sa rencontre avec Douch, son interrogateur, alors que ce dernier n'était encore qu'un petit chef de camp. François Bizot a été appelé à témoigner lors du procès de Douch :

 

http://www.rue89.com/2009/04/09/au-proces-du-khmer-rouge-duch-le-trouble-de-francois-bizot

 

 

 

Tuol Sleng108

 

 

 

Sur les 16 000 à 20 000 prisonniers de Tuol‑Sleng, personne ne s'est échappé. À la libération du camp, il y avait sept survivants, dont Vann Nath.

 

Vann Nath, né en 1946 au Cambodge, est l’un des sept rescapés de Tuol‑Sleng. Ancien peintre d’enseignes, il a survécu grâce à son talent artistique mis à profit pour faire les portraits de Pol Pot pour les besoins de propagande. À sa libération, il dénonce l’idéologie génocidaire des Khmers rouges à travers ses tableaux représentant les atrocités que subissaient les prisonniers de S21, et son témoignage vient d’être traduit en français (Dans l’enfer de Tuol Sleng).

 

 

 

Tuol Sleng109

 

 

 

 

Vann Nath03

 

 

 

 

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http://proceskhmersrouges.net/?p=512

 

 

Les gardiens photographiaient soigneusement les prisonniers au moment de leur arrivée. Les Khmers Rouges tenaient également des registres d'entrées et sorties des prisonniers (morts) de la prison.

 

 

 

Tuol Sleng111

 

 

Les gardes avaient entre 10 et 15 ans, et sous l'endoctrinement de leurs aînés, devenaient rapidement beaucoup plus cruels que les adultes.

 

Le photographe du camp d'extermination S-21 était Nhem En.

 

L'histoire de Nhem En est celle d'un gamin de 10 ans ramassé dans son village de Kampong Cham en 1971. Orphelin de mère, fils d'un paysan très pauvre, solidement bâti, il a toutes les qualifications requises pour un enfant soldat : malléable, en quête de reconnaissance. Il sera une machine à obéir aux ordres.

 

 

 

Tuol Sleng112

 

 

 

Il savait tout des tortures, des décharges électriques, des ongles arrachés avec une tenaille, de la suffocation avec un sac plastique. « Je voyais les souffrances des prisonniers, j'entendais les hurlements des hommes torturés, les cris des enfants arrachés à leur mère. Je savais qu'ils étaient innocents. Mais si j'avais manifesté la moindre émotion, j'aurais été tué. » Alors il cadre, déclenche et attend le prisonnier suivant, "jusqu'à six cents par jour."

 

 

 

Tuol Sleng113

 

 

 

http://www.lefigaro.fr/international/2007/02/23/01003-20070223ARTFIG90198-le_photographe_du_camp_d_extermination_s_reste_hante_par_ses_cauchemars.php

 

 

Vous voulez sans doute savoir ce qu'il est devenu ? (suivre le lien ci-dessous)

 

http://www.cambodgesoir.info/index.php?option=com_content&view=article&id=37245:musee-des-khmers-rouges--nhem-en-obtient-le-feu-vert&catid=39:khmer-rouge&Itemid=50

 

 

 

Tuol Sleng114

 

 


 

 

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Sources (pour partie) : Wikipédia

 

Autres sources :

 

"Le portail", de François Bizot ;

"Dans l'enfer de Tuol Sleng", de Vann Nath ;

"Tu vivras, mon fils", de Pin Yathay ;

"L'enfant de la rizière rouge" de Sor Sisavang.

 

 

 

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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 10:30

Oudong se situe à 50 km de Phnom Penh sur la route de Battambang.

Oudong, la "Victorieuse", devient la capitale du Cambodge à partir de 1618 et le reste pendant près de 250 ans après la période angkorienne. Sur la photo au fond, on distingue les pointes des stupas sur la colline (et point rouge sur la carte) :

 

 

 

Oudong01

 

 

 

Près de 20 monarques ont résidé à Oudong jusqu'en 1866. A cette date, le roi Norodom (roi de 1859 à 1904) installe la capitale à Phnom Penh.

 

 

 

CartOudong

 

 

 

La plupart des bâtiments historiques ont été ravagés par les bombardements américains de 1970 pendant la guerre du Vietnam, puis par les Vietnamiens et les Khmers Rouges. Ces derniers se sont retranchés sur la colline pendant quelques années.

 

 

 

Oudong02

 

 

 

Près de 300 marches mènent au sommet de la colline (Phnom Préah Reach Throap, colline de la fortune Royale).

 

 

 

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Le stupa de Bouddha, surmonté de quatre visages, domine tous les autres de sa flèche d'argent. Il renferme les restes du roi Monivong (1927 1941).

 

 

 

Oudong04

 

 

 


 

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Le plus grands des stupas, commandité en 2002 par le roi Norodom Sihanouk et la reine, contient des fragments de dents et d'os de Bouddha.

 

 

 

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Les autres stupas contiennent les restes des anciens rois de l'époque post angkorienne.

 

 

 

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Un bouddha construit en grand remplace ceux qui ont été détruits par les Khmers Rouges.

 

 

 

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Au pied de la colline, les Khmers Rouges ont enterré de nombreuses victimes dans une centaine de fosses communes.

 

 

 

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Jusqu'en 1767, le Cambodge reconnaît la suzeraineté du Siam. Mais cette année-là, le roi du Cambodge demande l'aide de la cour de Hué et les Vietnamiens l'emportent sur les Siamois. En contrepartie 1771, ils imposent leur protectorat au Cambodge.

 

 

 

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En 1774, le Viêt Nam, affaibli par une révolte interne, ne peut plus soutenir le Cambodge qui repasse sous la coupe des Siamois.

 

 

 

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Entre 1834 et 1841, le Viêt Nam met en place une politique d'annexion totale du Cambodge, avec imposition de la langue vietnamienne dans l'administration.

 

 

 

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En 1845, des émissaires Khmers sollicitent une intervention siamoise et l'armée siamoise pénètre à Oudong.

 

 

 

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Finalement, Siamois et Vietnamiens se mettent d'accord, chacun conservant les provinces annexées, et établissent une double suzeraineté sur le Cambodge, désignant son roi d'un commun accord. Pendant près de trois cents ans, entre 1847 et 1860, le Cambodge est en passe de disparaître.

 

 

 

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En 1864, après plusieurs demandes d’aide infructueuses de la couronne khmère auprès de la France, celle-ci change d’avis et le roi Norodom signe un traité de protectorat avec Paris. La présence française empêche les voisins expansionnistes du pays d’annexer davantage de territoires khmers, et favorise le maintien sur le trône du roi Norodom.

 

 

 

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La France obtient du Siam en 1904 et 1907 la restitution des provinces occidentales [Battambang, Sisophon et Siem Reap (Angkor)]. Par contre, la Cochinchine, autour de Saigon, restera vietnamienne.

 

 

 

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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 11:42

Une seconde série de portraits accompagnée de quelques pensées de la sagesse orientale.

 

 

 

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Quelle que soit la cause de votre souffrance, ne blessez pas un autre être vivant.

Udanavarga

(L'Udānavarga est un texte bouddhique écrit en sanscrit).

 

 

 

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Ce que nous sommes est la conséquence de ce que nous avons pensé.

 

 

Ni dans les airs, ni au milieu des océans, ni dans les profondeurs des montagnes, nulle part il existe d'endroit où l'on soit à l'abri des conséquences de ses actes.

Dhammapada (un des plus anciens textes bouddhiques).

 

 

 

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La vie est aussi fugace qu'un arc-en-ciel, qu'un éclair d'orage, qu'une étoile à l'aube. Sachant cela, comment pouvez-vous vous quereller ?

(Pensée bouddhique)

 

 

 

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Lorsqu'une religion a la prétention d'imposer sa doctrine à l'humanité entière, elle se dégrade en une tyrannie et devient une forme d'impérialisme.

Tagore

(6 mai 1861 - 7 août 1941), connu aussi sous le surnom de Gurudev, c'était un compositeur, écrivain, dramaturge, peintre et philosophe Indien dont l'œuvre a eu une profonde influence sur la littérature et la musique du Bengale. Il a été couronné par le Prix Nobel de littérature en 1913.

 

 

 

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La non-violence parfaite est l'absence totale de mauvaise foi envers tout ce qui vit.

Gandhi 

Né à Porbandar, Goujarat le 2 octobre 1869, mort à Delhi le 30 janvier 1948

 

 

 

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La vérité est dure comme le diamant et fragile comme la fleur du pêcher.

Gandhi

 

 

 

Portrait033

 

 

 

Faites en sorte que les vaincus puissent se féliciter de vous avoir pour vainqueur.

Sun-Tsé, écrivain Chinois, né en -300, décédé en -200.

 

 

 

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Meng-Tsé, philosophe Chinois, né dans la première partie du IVe siècle, mort vers 314 av. J.-C. Il est souvent appelé Meng-ho. 

 

 

Ne te fâche jamais ! Tu pourrais brûler en un jour le bois amassé depuis longtemps.

Meng-Tsé

 

 

 

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Il est plus facile de déplacer un fleuve que de changer son caractère.

Meng-Tsé

 

 

 

Portrait036

 

 

 

Quand une parole est lâchée, même quatre chevaux seraient en peine pour la rattraper.

Meng-Tsé

 

 

 

Portrait037

 

 

 

Qu'est-ce que l'amour ? Ne pas vouloir échanger une hutte contre un palais, fermer les yeux sur les défauts, donner sans hésitation.

Meng-Tsé

 

 

 

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Grand est celui qui n'a pas perdu son cœur d'enfant.

Meng-Tsé

 

 

 

Portrait039

 

 

 


 

Portrait040

 

 

 

Ce qui te manque cherche-le dans ce que tu as.

 

Koan Zen : [Kōan (japonais) est une courte phrase ou une brève anecdote absurde, énigmatique ou paradoxale, ne sollicitant pas la logique ordinaire, utilisée dans certaines écoles du bouddhisme chan ou zen. Le kōan est un objet de méditation qui serait susceptible de produire le Satori (l'éveil spirituel)].

 

 

 


 

 


 

Portrait041

 

 

 

Lao Tseu signifie «Vieux Maître». Né en -570, décédé en -490, il aurait été un sage chinois et, selon la tradition, un contemporain de Confucius. Il est considéré a posteriori comme l’ancêtre du taoïsme. Les informations historiques le concernant sont rares. Quelques chercheurs sceptiques estiment, depuis la fin du XXe siècle, qu'il s’agit d’un personnage fictif.

Le Livre de la Voie et de la Vertu ou Dao De Jing que la tradition lui attribue est un texte majeur du taoïsme.

Il est représenté comme un vieillard à la barbe blanche, parfois monté sur un buffle.

 

 

 

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Il est plus facile de devenir ami au hasard d'une rencontre que de le rester dans la vie.

Lao-Tseu

 

 

 

Portrait043

 

 

 

Pour bien faire, mille jours ne sont pas suffisants, pour faire mal, un jour suffit amplement.

Lao-Tseu

 

 

 

Portrait044

 

 

 

Point n'est besoin d'élever la voix quand on a raison.

Lao-Tseu

 

 

 

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Gouverner un grand pays revient à cuire un petit poisson.

Lao-Tseu

 

 

 

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Confucius, né le 28 septembre 551 av. J.-C. et mort le 11 mai 479 av. J.-C. est le personnage historique ayant le plus marqué la civilisation chinoise.

Son enseignement a donné naissance au confucianisme, une doctrine politique et sociale qui a été érigée en "religion d'État" dès la dynastie Han et qui ne fut officiellement bannie qu'au début du XXe siècle.

La croyance en la capacité de l'homme ordinaire à modifier son propre destin caractérise son héritage.

 

 

 

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L'expérience est une bougie qui n'éclaire que celui qui la porte.

Confucius 

 

 

 

Portrait048

 

 

 

Que l'on s'efforce d'être pleinement humain et il n'y aura plus de place pour le mal.

Confucius

 

 

 

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Lorsque l'on se cogne la tête contre un pot et que cela sonne creux, ça n'est pas forcément le pot qui est vide.

Confucius

 

 

 

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Notre plus grande gloire n'est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons.

Confucius

 

 

 

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Nulle pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve.

Confucius 

 

 

 

Portrait052

 

 

 

Nous sommes frères par la nature, mais étrangers par l'éducation.

Confucius

 

 

 

Portrait053

 

 

 

Appliquez-vous àgarder en toute chose le juste milieu.

Confucius

 

 

 

Portrait054

 

 


 

Une image vaut mille mots.

Confucius 

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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 19:07

"Ce fut jadis le cœur d'un somptueux royaume – Angkôr Tlom, à lui seul, est plus vaste que la Rome d'Auguste ‑ puis, après des siècles de splendeur, la débâcle est venue, les invasions, les épidémies, les révoltes, et il n'est plus rien resté que la forêt, l'opiniâtre, l'indomptable forêt, qui s'est lentement rapprochée, a comblé les douves, escaladé les remparts, envahi les avenues, et s'est acharnée pendant huit siècles sur les temples et les palais, crevant les murs de ses troncs puissants…

 

 

 

EmpireKhmer01

 

 

 


 

EmpireKhmer02

 

 

 

…recouvrant les bas-reliefs de ses lichens, éventrant de ses racines les terrasses où veillaient les nâgas et les chaussées dallées que le pas des éléphants n'avait pas ébranlées…

 

 

 

EmpireKhmer03

 

 

 

…dévastant à tel point la superbe cité qu'il faut aujourd'hui la relever pierre par pierre et qu'on doit même creuser le sol pour retrouver des fragments de piliers, de stèles, de statues, que l'humus a recouverts d'un linceul chaque année plus épais". (Roland Dorgelès, la Route Mandarine)

 

 

 

EmpireKhmer04

 

 

 

Après des années de recherches, une équipe internationale a dressé la carte d’un territoire urbanisé de ce que l'on appelle pour simplifier le "site d'Angkor". Il se présente comme un ensemble de quelques centaines de bâtiments en pierre ou en brique dispersés sur une grande surface. Ce sont les ruines d'une dizaine de capitales royales qui se sont plus ou moins superposées et imbriquées les unes dans les autres et du réseau hydraulique qui les faisait vivre.

 

 

 

EmpireKhmer05

 

 

 

Sur cet espace, étalé sur trois mille kilomètres carrés, qui s'étend entre le lac Tonlé Sap et une chaîne de collines au nord, les Phnom-Kulen, de moins de cinq cents mètres d'altitude, seuls subsistent des bâtiments cultuels en dur et quelques éléments tels que barrages, canaux, douves.

 

 

 

EmpireKhmer06

 

 

 

Le génie des anciens Khmers a fait d'Angkor une "cité hydraulique" qui est le plus grand complexe urbain de l’ère préindustrielle : une ville de 1000 km², soit 10 fois la surface de Paris intramuros qui éclipsait de loin des cités Maya comme celle de Tikal au Guatemala.

On évalue la population à l'apogée de la cité à 700 000 habitants.

 

 

 

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La conjonction de plusieurs facteurs explique la décadence de l'Empire Khmer. Des bouleversements géopolitiques dans le Sud Est Asiatique, une crise religieuse entraînant une crise dynastique, l'usure technique du système d'irrigation et peut-être aussi des évènements météorologiques néfastes ont conduit à la chute d'Angkor.

 

 

 

EmpireKhmer08

 

 

 

Le Xlllè siècle marque un tournant dans l'histoire du Sud-Est asiatique. Alors, tandis que la poussée des Mongols de Koubilaï Khan ébranle la Chine et ses voisins méridionaux, les Thaïs, dans le bassin du Ménam, se libèrent de la suzeraineté khmère et menacent désormais le Cambodge affaibli.

(Kubilaï Khān, petit-fils de Gengis Khan , est né en 1215, durant l'année de la prise de Pékin par Gengis Khan qui la détruira complètement. Il accueillit à sa cour Marco Polo.)

 

 

 

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Le Cambodge entra dans une première période de crise qui débouche sur la prise d'Angkor par les Chams en 1177. Le roi JayavarmanVII (1181/1218) redressa la situation.

Malheureusement, après sa mort, le Cambodge plonge dans un long déclin.

Jusqu'en 1307, le Cambodge semble encore prospère. C'est de cette époque qu'un ambassadeur Chinois, du nom de Zhou Daguan, nous laissera ces impressions.

 

 

 

EmpireKhmer010

 

 

 

La force d'Angkor reposait sur son organisation hydraulique permettant de nourrir une population nombreuse par la production de deux, voire de trois récoltes de riz par an.

 

 

 

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Le principe de cette organisation hydraulique est très simple. Les rivières étaient branchées sur des réservoirs artificiels, les barays, surélevés par rapport au niveau des terres à irriguer par des digues d'une dizaine de mètres de hauteur.

La distribution des eaux vers les rizières est alors assurée par simple déclivité, grâce à des canaux de plus en plus ramifiés, et autorise plusieurs récoltes.

 

 

 

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Pour faire fonctionner cette "cité hydraulique", il fallait une puissance étatique coordonnant l'effort des hommes. Prenant appui sur la légende de la fondation du Cambodge, dans les années 877/899, naît, avec le roi Indravarman, le concept du "Dieu-Roi".

 

Au centre de chaque territoire considéré s'érige un «temple-montagne» de type Bakong, qui représente le mont divin (selon la cosmologie Indoue). Au sommet de celui-ci est érigé le symbole divinisé de la force royale, un linga.

 

 

 

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À cette «montagne» sont adjoints deux temples complémentaires dont la fonction est de légitimer le roi : celui dédié à ses ancêtres féminins, et celui dédié aux ancêtres masculins.

 

 

 

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Au pied de ce temple-montagne, est édifié le palais où réside le roi en tant qu'être vivant. Au cœur du palais, se trouve un bâtiment très particulier, comme le Phiméanakas, où le roi vient rejouer tous les soirs le mythe de fondation du royaume en allant coucher avec l'une de ses concubines habillée en Naga.

 

 

 

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La montagne du Phnom-Kulen est le siège des dieux. Le cours de la principale rivière qui en descend, la rivière de Siem Reap, assimilée au Gange, est alors sacralisé grâce à la sculpture, au fond de son lit, de représentations phalliques. Ainsi sanctifiée, l'eau qui arrive dans les barays peut féconder le monde des hommes. Celle-ci s'écoule ensuite vers la plaine, pour l'irriguer et surtout la sanctifier et la féconder.

 

 

 

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Cependant, le contrat devait être renouvelé à chaque règne pour réanimer l'ordre cosmique : chaque nouveau roi manifestait sa légitimité en recréant réservoirs, temples et palais, d'où la multiplication des capitales.

 

 

 

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En 1336, un roi hindouiste et persécuteur du bouddhisme est assassiné par un homme issu du peuple qui prend sa place sur le trône. Il s'agit alors d'une véritable révolution qui marque la fin définitive du culte du dieu-roi et la mise à l'écart de l'élite indianisée au profit d'une nouvelle élite bouddhiste. Le Bouddhisme theravadas devient le culte officiel et le pali remplace le sanskrit comme langue sacrée.

 

 

 

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Cette crise religieuse entraîne des désordres. Plus de "dieu-roi"", plus de travailleurs pour entretenir le système hydraulique, plus de forces armées coordonnées, un "semblant" de guerre civile ou religieuse et voici que le royaume thaï de Sukhotai, au Siam, profite de l'affaiblissement de son voisin pour lancer une attaque qui aboutit à la prise d'Angkor en 1351. Et c'est la déportation en esclavage d'une partie de la population. Les Khmers peuvent reprendre la capitale en 1357 et repousser les Siamois.

 

 

 

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En plus de ces problèmes politiques internes, d'autres effets viennent se greffer sur ces évènements : des problèmes mécaniques concernant le système hydraulique, des problèmes écologiques également mais aussi de grosses variations climatologiques qui seraient apparues à cette époque.

 

 

 

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Stocker puis diffuser d'énormes volumes d'eaux limoneuses, avec de faibles pentes, provoque des dépôts qui comblent les réservoirs et engorgent les canaux, obligeant à d'incessants travaux de curage. Le système hydraulique devint de plus en plus coûteux à entretenir, et de plus en plus fragile. Pannes et accidents se multiplient : assèchement des réservoirs, rupture de digues…

 

 

 

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Le succès de l'hydraulique avait insidieusement entraîné des problèmes écologiques à long terme :

 

La déforestation : de par l'énorme consommation de bois pour les échafaudages des temples, pour bâtir les palais, pour les habitations, pour l'espace nécessaire à la mise en culture intensive, avait conduit à un appauvrissement de l'écosystème. Les effets du déboisement sont bien connus : lessivage du sol, bientôt suivi de ravinement et d'érosion qui entraîna une perte de rentabilité croissante.

 

 

 

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L'envasement du système : l'hydraulique fondée sur la gravité, en pays plat, avec des débits minimes, alimentée enfin par des rivières chargées de limons, ne pouvait que s'envaser très rapidement.

Dans un premier temps ce phénomène, grâce au dénivellement réduit, fut favorable car il déposait dans les rizières des limons fertilisants.

 

 

 

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Mais l'extension du réseau angkorien allongeait les temps de stockage, étirait les parcours. Il aggravait sans cesse la décantation des eaux limoneuses : les dépôts d'éléments enrichissants décroissaient. De l'irrigation avec une eau riche en limon, on passait à une eau très appauvrie de moins en moins bénéfique. Peu à peu la couche arable se stérilisait. Si, à l'origine, l'irrigation fut favorable au système, quand elle a commencé à se désorganiser elle a, au contraire, précipité sa ruine et aurait hâté le déclin de l'empire khmer.

 

 

 

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Et un jour, tout s’est déréglé. L’un des réservoirs s’est asséché. En sous capacité, le réseau hydraulique n’a pas résisté aux caprices du climat.

 

Une étude de l'Université Columbia suggère que deux périodes de sécheresse, entrecoupées de pluies diluviennes, ont contribué à son abandon au milieu du XVe siècle.

Une de ses équipes a reconstitué le climat régional des années 1250 à 2008 en étudiant les cernes annuels de croissance sur des cyprès millénaires d'une forêt vietnamienne distante de 700 kilomètres.

 

 

 

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Alliée à la datation au carbone 14, cette analyse montre qu'Angkor dut faire face à deux sécheresses entre les années 1330 et 1360 et 1400 à 1420.

Des pluies torrentielles, causes d'inondations, leur ont succédé, achevant d'endommager les infrastructures de la cité.

 

En 1431, le coup de grâce est donné par la prise d'Angkor Thom par les Siamois du nouveau Royaume Thaï, dont la capitale est Ayutthaya, qui place le Cambodge dans un état de vassalité.

(En France, en 1431, Jeanne d'Arc était brûlée vive à Rouen)

 

 

 

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Attaqué à l'Ouest par le Siam qui s'approprie les territoires autour d'Angkor, et à l'Est par le Vietnam qui s'approprie la Cochinchine en 1623, dont le village Khmer de Prey Kor qui deviendra Saigon, l'Empire khmer se réduit comme peau de chagrin. Ses souverains sont sous la coupe du roi du Siam et du souverain de Hué. Il faudra attendre 1907, sous le protectorat français, pour que le Cambodge retrouve Angkor et les autres provinces perdues.

Mais encore aujourd'hui, des problèmes de frontières avec le Siam, actuelle Thaïlande, sont sources de tensions à l'Ouest du Cambodge :

 

 

http://blog.mondediplo.net/2011-03-07-Au-Cambodge-la-guerre-du-temple-perdu

 

 

 

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"Il semble que, sous le bouddhisme, la ville d'Angkor connut l'apogée de sa gloire. Mais l'histoire de son rapide et mystérieux déclin n'a pas été écrite, et la forêt envahissante en garde le secret. Le petit Cambodge actuel, conservateur de rites compliqués au sens perdu, est un dernier débris de ce vaste empire des Khmers, qui depuis plus de cinq cents ans a fini de s'éteindre sous le silence des arbres et des mousses...

 

 

 

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Jadis, à la place de cette mer de verdure, silencieuse à mes pieds, la ville dAngkor Thôm (Angkor la Grande) s'étendait au loin dans la plaine ; il suffirait d'élaguer les branches touffues pour voir encore là-dessous reparaître des murailles, des terrasses, des temples, et se développer les longues avenues dallées que bordaient tant de divinités, de serpents à sept têtes, de clochetons, de balustres, effondrés aujourd'hui dans la brousse. La forêt profonde, la voilà redevenue ce qu'elle avait été depuis le commencement des âges, pendant des siècles incalculables". (Pierre Loti, le pèlerin d'Angkor)

 

 

 

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Sources :

 

Bernard Philippe Groslier : "Angkor, cité hydraulique"

Jacques Népote : "cités hydrauliques khmères"

 

 

Sources Internet :

 

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/homme/d/une-immense-cite-devoilee-autour-du-temple-dangkor_12627/#connexe

 

 

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-angkor-vaincue-par-la-soif-24864.php

 

 

 

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Par Jean Yves - Publié dans : Cambodge - Communauté : Asie
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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 10:23

"Le Bayon, c'est la cathédrale, cathédrale écrasante, sans nef, sans ogives et sans flèche.

 

 

 

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Et, soudain, c'est le Bayon, émouvant comme une cathédrale, masse pyramidale où plus de quarante tourelles dressent leurs quatre visages coiffés du diadème.

 

 

 

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Je vais désormais les retrouver partout, ces indéchiffrables visages ‑ Brahma disait-on autrefois ; Civa, prétend-on aujourd'hui ‑ ces visages au sourire d'énigme qu'on reconnaît aussi bien sur les faces des tours, hauts alors comme deux hommes, que sur les pierres rongées qu'on ramasse dans l'herbe, pas plus grosses que le poing". (Roland Dorgelès, la route mandarine, 1925)

 

 

 

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Le quatrième grand règne de l'Empire khmer, celui de Jayavarman VII (1181 à 1219 environ), est le dernier des grands règnes khmers, peut-être le plus grand de tous.

 

 

 

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Hôpitaux, gîtes d'étapes, baray de Práh Khan, sont les fondations du début du règne. Ensuite, tout au début de la seconde partie du règne, viennent la construction des "temples aux ancêtres" avec le Ta Prohm dédié à sa mère, et le Preah Khan dédié à son père. Il y a chez Jayavarman VII un goût effréné de constructions.

 

 

 

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Les nouvelles conceptions religieuses de Jayavarman VII semblent se manifester seulement par la suite. Son "temple d'état", le Bayon, est un véritable panthéon qui accueille les images des différents dieux alors vénérés dans l'Empire Khmer.

 

 

 

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Le Bayon, tout en étant «temple-montagne», n'a plus exactement la forme extérieure de la «pyramide à degrés» ; la divinité du sanctuaire central n'est plus un linga mais un Bouddha assis sur le naga qui abrite sa méditation.

 

 

 

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Ce qui caractérise ce monument, ce sont ses tours à visages (54 tours avec 216 visages à grande échelle), et ses bas-reliefs des 2e et 3e enceintes.

 

 

 

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Les statues qui y sont honorées s'appliquent à des humains qui ne sont pas tous morts et qui ne sont pas tous royaux. Les têtes de Bodhisattva (terme sanskrit qui désigne celui qui a formé le vœu de suivre le chemin indiqué par le Bouddha, pour aider d'abord les autres êtres sensibles à s'éveiller tout en progressant lui-même vers son propre éveil définitif) irradient, vers les quatre points cardinaux, le sourire khmer de compassion royale.

 

 

 

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Ce Temple n'est pas entouré comme les autres monuments d'une véritable enceinte, mais celle-ci est constituée par le haut mur qui entoure Angkor Thom, avec ses quatre portes monumentales situées exactement sur les deux grands axes du Bayon.

 

 

 

Plan Bayon

 

 

 

Le Bayon, «temple-montagne» par excellence, situé au centre géométrique de la ville (points rouges sur le plan ci-dessus, le temple tout en bas est Angkor Vat), est le centre du royaume : un «panthéon» qui réunit les divinités locales de toutes les régions du royaume.

 

 

 

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Le Temple se compose de trois terrasses :

 

La première supporte la 3e enceinte qui constitue une galerie où des bas-reliefs.

Les bas-reliefs du Bayon se déploient sur 1,2 km et comptent plus de 11 000 personnages. Les sculptures qui couvrent le mur extérieur du premier niveau dépeignent les scènes de la vie quotidienne au XIIè siècle et le rappel de la victoire de Jayavarman VII sur les Chams à la bataille navale du lac Tonle Sap.

 

 

 

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Une cour périphérique entoure la seconde terrasse bordée par une nouvelle galerie aux murs sculptés.

 

 

 

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La troisième terrasse est en forme de croix grecque. Ses galeries limitent la 1ère enceinte. Le centre de la croix supporte l'imposante tour centrale.

 

 

 

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Le sanctuaire central a pratiquement la forme d'un cercle de près de 20 m de diamètre. Le centre du sanctuaire est constitué d'une cella ronde de 4 m de diamètre, ouverte à l'est et à l'ouest, entourée d'un couloir circulaire.

 

 

 

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En 1933, à la suite d'une fouille effectuée au centre de la cella du sanctuaire central, on a retrouvé, à 14 m de profondeur, les restes brisés d'une grande statue de pierre de 3,60 m de haut. Il s'agirait de la représentation, en Bouddha Roi, de Jayavarman VII, le constructeur du Bayon, assis, jambes repliées sur le corps lové du naga.

 

 

 

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En italique ci-dessous, extraits du "pèlerin d'Angkor" de Pierre Loti.

 

 

 

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"Tout de même, avant de m'éloigner, je lève la tête vers ces tours qui me surplombent, noyées de verdures, ‑ et je frémis tout à coup d'une peur inconnue en apercevant un grand sourire figé qui tombe d'en haut sur moi... et puis un autre sourire encore, là-bas sur un autre pan de muraille,... et puis trois, et puis cinq, et puis dix; il y en a partout, et j'étais surveillé de toutes parts... les «tours à quatre visages». Je les avais oubliées, bien qu'on m'en eût averti...

 

 

 

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Ils ont des proportions tellement surhumaines, ces masques sculptés en l'air, qu'il faut un moment pour les comprendre; ils sourient sous leurs grands nez plats et gardent les paupières mi-closes, avec je ne sais quelle féminité caduque ; on dirait de vieilles dames discrètement narquoises.

 

 

 

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Images des dieux qu'adorèrent, dans les temps abolis, ces hommes dont on ne sait plus l'histoire ; images auxquelles, depuis des siècles, ni le lent travail de la forêt, ni les lourdes pluies dissolvantes n'ont pu enlever l'expression, l'ironique bonhomie, plus inquiétante encore que le rictus des monstres de la Chine".

 

 

 

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Sources (pour partie) : Philippe Stern (Diversité et rythme des fondations royales khmères)

Bruno Dagens : Angkor, la forêt de pierre

 

 

Philippe Stern : Il fut conservateur en chef du Musée Guimet à Paris, est surtout connu comme historien des arts de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est. Il a sinon créé, du moins perfectionné la méthode qui consiste à suivre l'évolution, à travers la vie d'un art, de motifs spécialement choisis pour en découvrir la chronologie jusque-là inconnue. Il a fait de cette méthode un outil sûr qui a permis en particulier de redresser la chronologie erronée de l'art khmer, d'établir la chronologie de l'art cham de l'Annam ancien, de préciser la chronologie des temples hypogées de l'Inde classique et celles des nombreuses fondations du dernier grand roi Khmer, Jayavarman VII.

 

 

 

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Par Jean Yves - Publié dans : Cambodge - Communauté : Asie
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