Guyane

Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 10:48

La Guyane est un département d'outre-mer (DOM) français d'Amérique du Sud. Son code Insee est le 973. Avec une superficie de 83 846 km2, la Guyane est le plus grand département français. C'est également le plus boisé, 96% du territoire étant couvert d'une forêt équatoriale.

 

 

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La Guyane possède 300 km de côtes, 520 km de frontières avec le Suriname et 700 km de frontières avec le Brésil.

 

 

 

 

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La population de la Guyane est environ de 250 000 habitants. Elle est en forte croissance. La Guyane est le département français où le taux de natalité est le plus élevé et le taux de mortalité est le plus faible. L'indice guyanais de fécondité est de 3,98 enfants par femme.

C'est une population jeune dont l'âge médian est de 28,6 ans.

 

 

 

 

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Cayenne, 60 000 habitants, chef-lieu du département, se situe à 7.072 km de Paris soit un peu plus de 8 heures de vol. Le décalage horaire est de 5 heures en été et de 4 heures en hiver.

 

 

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Par Jean Yves - Publié dans : Guyane - Communauté : images du monde
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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 14:15

L'abattis est le système agricole ancestral des Amérindiens vivant en forêt depuis des millénaires. Cette pratique a été adoptée par les communautés qui se sont ou ont été installées en Guyane française (Noirs Marrons, Créoles, Haïtiens, Brésiliens, H'mongs, etc.). Le terroir forestier est défriché en partie : les arbres sont coupés sommairement et laissés sur la parcelle, qui est ensuite brûlée.

 

 

 

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Le brûlis intervient à la fin de la saison sèche, entre octobre et novembre, après le sabrage et l’abattage des arbres entre juillet et septembre. Le semis et la plantation des cultures commencent en novembre avec les premières pluies.

 

 

 

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Les plantes cultivées varient suivant les communautés. Chez les Noirs Marrons au Nord-Ouest de la Guyane, l’abattis est généralement consacré aux légumes dans sa première année de mise en culture, de sorte que les premières récoltes peuvent être effectuées à partir de mars.

 

 

 

 

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Une deuxième campagne de mise en culture se déroule entre janvier et mars. Elle concerne les patates douces et le manioc qui seront récoltés à partir de juillet. De manière générale, le manioc semble être la plante la plus cultivée dans les abattis. Durant la phase de croissance des cultures, les mauvaises herbes sont éliminées par le sarclage.

 

 

 

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On en cultive deux variétés principales :

Le manioc amer non consommable sans traitement préalable car les racines contiennent du cyanure.

Le manioc doux dont les racines sont directement consommables.

 

Consommées bouillies pour les variétés douces ou cuisinées après un processus de détoxification pour les variétés amères, les tubercules de manioc sont la base d’une vingtaine de préparations culinaires : farine de manioc (couac blanc, couac jaune), galettes de manioc (cassaves épaisses, cassaves fines), bière de manioc (cachiri), soupes, desserts sucrés, condiments pour accompagner les viandes et les poissons.

 

 

 

 

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Lorsque vous irez en Guyane, on vous proposera inévitablement de manger du couac. Il s'agit donc d'une semoule sèche, plus ou moins grossière, jaune vif, fabriquée traditionnellement à partir des variétés de manioc amer. Pour l'obtenir, on commence par éplucher les tubercules que l'on lave à grande eau.

 

Ci-dessous, au premier plan, des petits sacs de couac vendus sur le marché de Cayenne :

 

 

 

 

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Puis on les réduit en une pâte grossière à l'aide de la "planche à grager", une tôle ou une planchette criblée d'impacts de pointes. Aujourd'hui, un broyeur tend à remplacer cet instrument. La bouillie ainsi obtenue est ensuite introduite dans une "couleuvre", une vannerie tubulaire allongée, pourvue d'une boucle à chaque extrémité.

 

 

 

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La couleuvre est ensuite étirée pour presser la pâte et en exprimer le jus toxique (cyanure). Le jus toxique est récupéré puis détoxifié à son tour par une longue cuisson, et peut être consommé sous forme de soupe. Le tapioca se concentre généralement dans le bas de la couleuvre.

 

 

 

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La pulpe est effritée et tamisée à l'aide d'un manaré tressé pour extraire les fibres ligneuses et les gros morceaux. Cette semoule crue est alors grillée sur une grande platine en acier de diamètre supérieur à 1m, posée sur un feu.

 

 

 

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Pendant cette opération, il faut veiller à retourner sans cesse la semoule pour éviter qu'elle ne s'agglomère. Cette semoule grillée est appelée "couac" ou "farine de manioc" (farinha de mandioca au Brésil).

 

 

 

 

Couac010

 

 

 

Le couac remplace le pain lors de tous les repas. Il peut être consommé seul (cru), en salade (façon taboulé), grillé à la poêle dans des matières grasses pour un accompagnement (plat nommé Farofa au Brésil), etc.

 

 

 

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De conservation longue et facile, nourrissant, naturellement déshydraté, il entre idéalement dans le menu des gens séjournant en forêt.

 

 

 

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Gendarmerie de Grand Santi :

 

 

 

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Deuxième campement sur le Maroni (en jaune sur la carte) :

 

 

 

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Départ des enfants du village pour l'école :

 

 

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Par Jean Yves - Publié dans : Guyane - Communauté : images du monde
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Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 13:57

 

En Guyane française, les Noirs marrons sont aujourd’hui considérés (avec les Amérindiens) comme les «Hommes du Fleuve».

Aujourd'hui, on s'intéresse particulièrement à deux ethnies, car elles ont eu une histoire particulièrement mouvementée : les Alukus ou Bonis (du nom de leur premier chef coutumier) et les Ndjukas.

 

 

 

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Pour faire simple, on peut dire que la fraction la plus importante et la plus anciennement occupée du territoire traditionnel des Bonis est située sur la partie du Maroni connue sous le nom de Lawa ou l'Alawa (en orange sur la carte), entre Maripasoula et Grand-Santi. A ce territoire, on ajoutera le village d'Apatou plus en aval.

 

 

 

 

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Quant aux Ndjukas, au contraire des Bonis, leurs «grands villages» ne se trouvent pas sur la rive française du Maroni mais sur le cours de l’un de ses affluents côté Surinam, le Tapanahony. Ils n’ont sur la rive droite que des campements. Cependant des groupes de plus en plus nombreux vivent sur la rive française du Maroni dans la région de Grand-Santi-Providence.

 

 

 

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Des facteurs historiques ont contribué à approfondir la distance entre Bonis et Ndjukas. Petit rappel historique pour mieux comprendre ce qui les oppose :

 

 

 

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En 1760, les Ndjukas signent un traité de paix avec les Néerlandais, dans lequel l'un des articles leur demande de servir comme force militaire contre ceux des Marrons qui, comme les Bonis, restent hostiles au gouvernement colonial.

 

 

 

 

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En 1791, les Ndjukas, pour se concilier les Hollandais, leur livrent tous les Bonis qui se trouvent parmi eux. Un traité place les Boni sous la tutelle des Ndjukas qui s'engagent à les empêcher de se déplacer librement sur les rivières et le territoire de la colonie.

 

 

 

 

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En 1793, une troupe de 70 Ndjukas découvre les villages Bonis sur le Maroni. Le Chef Boni, surpris, est tué au cours d'un raid éclair.

 

 

 

 

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En 1815, les Bonis s'installent sur le Lawa. Ils se résignent avec amertume à être annexés par les Ndjukas, numériquement supérieurs, et à être ainsi réduits en tant que vassaux à un état de totale dépendance. Ils doivent s'engager à ne pas descendre le Maroni en aval de leurs villages et à ne commercer avec la région côtière que par l'intermédiaire des Ndjukas, qui leur fournissent des produits manufacturés en échange de canots.

 

 

 

 

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En 1855, l'administration française décide d'ouvrir le fleuve et de libérer les Bonis de la tutelle des Ndjukas.

 

 

 

 

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En 1860, a lieu une conférence franco-hollandaise à Albina : les fonctionnaires français et hollandais proclament la liberté des Bonis vis-à-vis des Ndjukas.

 

 

 

 

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En 1890 lorsque le Lawa fut reconnu comme frontière officielle entre les Guyane hollandaise et française, les Bonis choisirent de vivre sous l'autorité française. En traversant le Maroni pour se réfugier en Guyane française, les Bonis choisirent ainsi un parcours politique différent de celui suivi par tous les autres groupes marrons.

 

 

 

 

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La départementalisation en 1946, puis la création des communes en 1969, a transformé leur statut en citoyens de nationalité française.

De nombreux Bonis sont embauchés, comme conducteurs d'embarcations fluviales (piroguiers) par l'armée de terre, au sein du 9e RIMa.

 

 

 

 

 

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Aujourd'hui, les Bonis gardent toujours un souvenir aigu de leur inimitié passée avec les Ndjukas. La tradition orale boni est pleine de références aux injustices commises contre eux par les Ndjukas tout au long de ces années.

 

 

 

 

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Si des spécificités marquent chaque ethnie, quelques grandes dominantes sont communes. Toutes sont dirigées par un chef coutumier, le Grand Man, garant de la permanence des rites, juge suprême et médiateur dans les conflits. Son pouvoir est reconnu par les autorités de tutelles. Il est assisté par les "Capitaines", organisés en "Conseil" et qui font régner l’ordre dans les villages.

Le grand chef coutumier (grand man) rassemble les pouvoirs politiques et religieux. (Leur religion est basée sur le culte des ancêtres).

 

 

 

 

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Avec la création de communes, la  structure française s'est appliquée sur la vie sociale des Bonis, et on voit coexister deux systèmes de fonctionnement :

D'un côté, les Grand Man et Capitaine (chef d'un village),

D'un autre le maire (qui est souvent le Capitaine) et les conseillers municipaux.

 

 

 

 

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Bien qu'il y ait plusieurs dialectes sur le fleuve, le "taki-taki" (qui veut littéralement dire "faire du bruit, bavarder") est la langue couramment utilisée sur le Maroni.

 

 

 

 

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Leur structure sociale est basée sur un système matrilinéaire. La filiation se fait par les femmes et, en théorie, chacun, homme ou femme, continue à vivre toute sa vie dans son village maternel. Dès qu’un homme a atteint l’âge adulte, il se construit une maison dans son village natal. Lorsqu’un mariage est décidé, l’homme doit construire une maison pour sa future épouse dans le village maternel de celle-ci. Elle y vivra avec ses enfants et c'est elle qui se chargera de leur éducation.

 

 

 

 

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Les Bonis possèdent fréquemment plusieurs lieux d'habitations : village traditionnel lié au matrilignage, habitations de culture, lieux de travail saisonnier pour les hommes, lieu de résidence administrative où les enfants sont scolarisés.

 

 

 

 

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Tous les villages noir-marron sont construits en bordure de rivière, les seules voies de communication étant le fleuve et ses affluents.

 

 

 

 

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Les Bonis pratiquent une agriculture itinérante sur brûlis où le manioc amer tient une place prépondérante. Les femmes le transforment en une farine torréfiée, le couac, qui est à la base de l'alimentation. Cette farine peut se conserver très longtemps au sec.

 

 

 

 

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Ci-dessous, le premier campement sur le territoire du Surimame (carré jaune sur la carte) :

 

 

 

 

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Les moustiquaires au-dessus des hamacs servent à nous protéger davantage des chauves-souris que des moustiques assez peu nombreux le long du fleuve.  La morsure des chauves-souris est indolore mais celles-ci injectent une substance anticoagulante et la plaie saigne abondamment. D'autre part, certaines chauves-souris sont porteuses du virus de la rage.

 

 

 

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Pirogues lourdement chargées remontant le Maroni :

 

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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 20:58

Entravé dans la majeure partie de son cours par de nombreux rapides et chutes d’eau appelés sauts, le Maroni n'est pas un long fleuve tranquille. Lors de la saison des pluies, les sauts sont recouverts par les eaux et les courants sont violents. On le voit dans les photos ci-dessous où deux épaves de pirogues gisent sur les rochers :

 

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En saison sèche, les roches affleurent de toutes parts, et il est bien difficile de repérer une passe.

 

 

 

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Les pirogues des "Peuples du Fleuve" sont étroites et longues et leurs extrémités dépassent largement au–dessus du bordage.

 

 

 

 

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Leur aire importante autorise de relever le moteur lors du passage de hauts fonds, sans pour autant perdre de la vitesse et de la manœuvrabilité.

 

 

 

 

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Pour la construction de ces pirogues on fait appel à la technique ancestrale d’élargissement au feu de la coque. L’ingéniosité de cette technique repose sur la plasticité du bois à chaud (en particulier de l'angélique) et permet d’obtenir une pirogue large à partir d’un arbre de faible diamètre.

 

 

 

 

 

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Un imposant tronc d’angélique est choisi en forêt pour sa taille et sa droiture. Après avoir été abattu, il est débité sur place durant plusieurs semaines à l’aide de haches et d’herminettes. Le tronc est creusé sur tout son long, pour être dégrossi et constituer la coque de la pirogue. Une fois le tronc évidé, il est tiré par tout le village jusqu'au lieu de finition. Un repas festif réunit alors tous les participants.

 

 

 

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La construction est ensuite poursuivie par un polissage de la coque. Puis celle–ci est placée sur un feu et retournée plusieurs fois afin de la chauffer de façon homogène. Des pièces de bois de plus en plus longues, au fur et à mesure de l'avancée de l'opération, sont placées entre les bords de la coque pour agrandir l'ouverture. Cette ouverture de la coque au feu est une étape délicate qui conditionne les performances et la durée de vie d’une pirogue. Les risques de fissures sont importants.

 

 

 

 

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Deux larges planches viennent rehausser les bords de la coque. Des bandes de cartons d'emballage recouvertes d'une plaque de fer blanc assurent l'étanchéité à la jointure du tronc et des deux planches.

 

 

 

 

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Une pièce de proue et une pièce de poupe, généralement taillées dans un arbre voisin, sont ensuite fixées à l’avant et à l’arrière de l’esquif afin que l’eau ne s’y engouffre pas lors du passage des rapides.

 

 


 

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L’embarcation est alors prête pour être enfin peinte avant sa mise à flot : des décorations d’art traditionnel  Tembé personnaliseront chaque pirogue.

 

 

 


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Les Bushinenges ont conçu trois formes de pirogues :

 

D'abord, les "canots pagaies". Les Bushinenges disposent de petites embarcations légères, les "canots pagaies", qu’ils manœuvrent à la pagaie et à la perche. Ces petites pirogues sont très répandues dans les villages où femmes et enfants les utilisent quotidiennement pour aller à la pêche.

 

 


 

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Ils permettent de transporter trois à quatre adultes au maximum mais peuvent être manœuvrés par une seule personne assise à l’arrière. Comme la maison, la pirogue et la pagaie constituent un cadeau matrimonial important.

 

 

 


 

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Les "canots pagaies" occupent une place prédominante dans la transmission des "savoirs de l’eau". La première phase de l’apprentissage des techniques de navigation est en effet réalisée dans ces "canots pagaies". Dès leur plus jeune âge, les enfants accompagnent leur mère à l’abattis. Munis de petites pagaies adaptées à leur taille, ils participent à la propulsion.

 

 

 


 

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A partir de huit ans, les enfants manient la longue perche appelée takari qui permet de propulser mais également de diriger l’embarcation.

 

A l’adolescence, ils acquerront le statut de takariste. Placé à l’avant des grandes pirogues à moteur, le takariste a pour rôle de sonder la rivière et d’indiquer les hauts fonds au motoriste. Pour coordonner en permanence leurs efforts, le motoriste et le takariste ont développé une gestuelle très codée.

 

 


 

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Dans les sauts, le takariste utilise sa perche pour diriger la pirogue. En prenant appui sur les roches, il dévie la proue pour lui faire prendre la bonne passe. De nombreux voyages sont nécessaires au jeune takariste pour mémoriser les passes navigables en fonction de la hauteur des eaux qui varient de plusieurs mètres entre la fin de la saison des pluies et la saison sèche.

 

 

 

 

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Les Bushinenges différencient deux types de pirogues à moteur : les pirogues fileuses pour le transport des passagers et les pirogues de fret.

 

 

Plusieurs centaines de pirogues à moteur transportent chaque jour sur le fleuve personnes et marchandises. La longue expérience que les piroguiers Bushinenges ont développée par leur pratique du fleuve, et transmise de génération en génération, en fait les spécialistes de la navigation sur le Maroni. Tous les usagers du fleuve, touristes, commerçants, administrations, font appel à leurs services.

 

 


 

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De nombreuses pirogues longues et étroites, dites fileuses, assurent des services de taxi entre les villages du Maroni. Elles sont également employées pour le transport scolaire.

 

 

 

 

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De très bonne heure, dans le froid du matin, alors que la condensation de la forêt recouvre encore le fleuve lui donnant des couleurs fantomatiques, le bruit incessant d'un ballet de pirogues réveille les villages. Ce sont des dizaines de pirogues transportant les enfants des villages isolés qui filent vers les écoles et collèges des gros bourgs. Plus tard, le soleil finira par déchirer et faire disparaître ce rideau de brumes.

 

 

 


 

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Toutes les tournées, des postiers aux médecins en passant par les gendarmes, sont réalisées en pirogue fileuse. Ici, une patrouille du 9ème RIMa :

 


 

 

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Les commerces du Maroni sont ravitaillés depuis Saint–Laurent–du–Maroni et Albina par les larges pirogues de fret qui peuvent contenir jusqu’à dix tonnes de chargement. Les marchandises transportées sont extrêmement variées. Les entreprises de construction affrètent également des pirogues de fret pour transporter bois, parpaings, ciment et même des engins de chantier placés à cheval entre deux pirogues. (Ci-dessous, un 4x4 "à cheval" sur deux pirogues).

 

 

 


 

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Mais le plus souvent, ce sont des fûts de 200 litres plein d'essence venus du Suriname que transportent ces pirogues. Fûts d'essence de contrebande pour la plupart, qui non seulement sert au ravitaillement des groupes électrogènes des différents villages, mais aussi aux pompes des orpailleurs clandestins plus haut sur le fleuve. C'est la raison pour laquelle ces piroguiers n'aiment pas qu'on les photographie.

 

 

 

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Les bordages des pirogues portent parfois des devises, des maximes ou des inscriptions rédigées en français, en taki-taki ou en anglais.

 

 


 

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Pour réaliser cet article, je me suis aidé d'une publication faite par Madame Sophie François, Archéologue spécialisée en archéologie nautique, Direction régionale des affaires culturelles de Guyane, paru dans In Situ n°3 (printemps 2003), la Revue des Patrimoines.

 

 

 

 

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Dernières nouvelles du "front de Guyane", extrait de la presse écrite :

 

"Le 13/07/2010

 

[Le cadavre d'un militaire de 25 ans, originaire de la région rouennaise, a été retrouvé hier après-midi à "600 mètres en aval" de la collision entre deux embarcations qui avait eu lieu jeudi sur la rivière Tampok (sud-ouest guyanais), a-t-on appris auprès des forces armées de Guyane.

 

 

 

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Le militaire, du 1er Régiment d'infanterie de Sarrebourg, était venu cette année en renfort en Guyane dans le cadre de l'opération Harpie de lutte renforcée contre l'orpaillage clandestin. Il était porté disparu depuis jeudi soir vers 22h30 locales suite à la collision d'une pirogue de l'armée avec une autre embarcation, pour l'heure introuvable. La justice soupçonne cette seconde embarcation d'avoir éperonné volontairement la pirogue militaire.

 

 

 

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La justice soupçonne l'autre pirogue d'être un convoi de matériel pour les sites aurifères clandestins, nombreux dans cette zone."

 

 

 

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Vendredi, le procureur de la République de Cayenne, François Schneider avait annoncé avoir ouvert une "enquête de flagrant délit criminel pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique". Selon, le procureur de la République de Cayenne, "l'hypothèse de l'accident n'est pas exclue mais l'hypothèse privilégiée c'est l'abordage volontaire de la pirogue des militaires."]

 

 

 

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De ceci, aucune information à la télé. Il est vrai que ce militaire n'est pas mort en Afghanistan.

 

 


Par Jean Yves - Publié dans : Guyane - Communauté : Les Bretons sont dans la place
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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 09:29

Le Maroni, sous le nom de Alitany (en violet sur la carte), prend sa source dans les Monts Tumuc-Humac au Suriname.

 

Il devient le Lawa (en orange sur la carte) lors de sa confluence avec l'Inini (en bleu sur la carte).

 

Et enfin, il prend le nom de Maroni (en rouge sur la carte) lors de sa réunion à Grand-Santi avec le fleuve Tapanahoni (en vert sur la carte).

 

 

 

 

 

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Avec ses 520 km, le Maroni est le plus long et le plus puissant fleuve de la Guyane. C'est "l'autoroute" vers les communes intérieures de la Guyane. La pirogue reste le principal moyen de transport de la région.

 

 

 

 

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Le fleuve fait office de frontière entre la Guyane et le Suriname, jusqu'au confluent avec le fleuve Mana, avant de se jeter dans l'Océan Atlantique où son embouchure se confond avec celle de la Mana dans un estuaire large de 5 km.

 

Ci-dessous, notre pirogue lors de la descente du fleuve :

 

 

 

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Il ne faut pas être trop regardant sur la sécurité : le réservoir est un fût de 200 litres, près de lui, une batterie servant à alimenter la pompe à eau (en raclant sur les rochers des sauts, la pirogue en bois embarque "un peu" d'eau entre ses jointures). Si on ajoute que le motoriste a souvent la cigarette aux lèvres, on est tout à fait rassuré. Quant aux gilets de sauvetages, ils nous servent de coussin.

 

 

 

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Les villages Bushinengué (Boni, Djukas, Saramacas) et Amérindiens (sur le haut Maroni, au-delà de Maripasoula) se succèdent tout le long du fleuve.

 

 

 

 

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De nombreuses îles jalonnent le cours du fleuve, partagées entre le Suriname et la Guyane : difficile de savoir laquelle est française ou surinamaise. Quelques noms pour nous dépayser un peu :

Iles surinamiennes : Langa Tabiki, Kipoua Tabiki…

Iles guyanaises : Iles des Lépreux, île Bastien,  île La Moitié, Gaan Tabiki…

 

 

 

 

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De nombreux rapides, appelés «sauts» en Guyane, ponctuent son cours. On dénombre environ 90 sauts importants et près de 160 passages dangereux.

 

Certains sauts ont des noms qui parlent d'eux-mêmes, comme ceux-ci :

 

 

Gun Soutou Soula : le saut du fusil qui part.

Man Bali Soula : le saut où tout le monde crie.

Man Caba Soula : le saut où tout le monde finit.

Poligoudou Soula : le saut des richesses perdues.

 

 

 

 

 

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Entre les sauts, les différents bras du fleuve et les nombreuses îles, seuls ceux qui vivent ici sauront retrouver leur chemin dans ce dédale, faisant preuve d'une dextérité hors du commun pour franchir les sauts les plus difficiles.

 

 

 

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Dans le Maroni on réalise tous les gestes quotidiens de la vie : se nourrir, se laver, faire la vaisselle, la lessive.

 

 

 


 

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Au détour d'un méandre, on rencontre aussi les barges des chercheurs d'or :

 

 

 

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Le village de Papaïchton est le premier gros village après Maripasoula. Papaïchton compte environ 1600 habitants, en majorité Bonis (ethnie Noirs-marrons). C'est d'ailleurs à Papaïchton qu'habite le Grand Man, chef spirituel et religieux des Bonis. Le bourg s'appelle Papaïchton-Pompidouville en l'honneur du président Pompidou qui avait reçu le Grand Man et maire Tolinga à l'Élysée en 1971.

 

 


 

Maroni020

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tous ces villages le long du fleuve souhaiteraient s'équiper de panneaux solaires et délaisser les groupes électrogènes trop gourmands en pétrole.

 

 

 


 

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Maroni023

 

 

 


 

 

Par Jean Yves - Publié dans : Guyane - Communauté : images du monde
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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 13:35

 

Située sur le Haut Maroni, Maripasoula, devenue une commune en 1968, est la plus grande commune de France. C'est le Créole Papachine qui créa Maripasoula en 1947. Le Préfet Vignon, en 1950, transforma cette petite bourgade en Centre Administratif. Il y a actuellement environ 5 600 habitants. La population est en majorité Bonis, mais il y a aussi beaucoup d'Amérindiens, de Créoles, de Brésiliens et d'Haïtiens.

 

 

 

 

CartMaripasoula

 


 

 

 

 

Maripasoula001

 


 

 

Il existe une piste d'atterrissage permettant de relier Cayenne à Maripasoula. Le vol dure environ quarante-cinq minutes au-dessus de la forêt guyanaise sur un appareil Twin Otter de la compagnie Air Guyane.

 

 

 

 

Maripasoula002

 

 

 

 

 

 

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Les environs de Maripasoula sont riches en sites d'orpaillage qui rendent la vie infernale aux populations amérindiennes. Ci-dessous, cette saignée dans la forêt, est une exploitation aurifère :

 

 

 

 

Maripasoula005

 


 

 

 

Le soir, les rues s'animent avec des orpailleurs des sites avoisinants venus dépenser quelques pépites en boisson et compagnie féminine. Les règlements de compte entre les aventuriers et illégaux venant du Brésil ou du Suriname sont monnaie courante. Ci-dessous, un témoignage édifiant sur la vie dans le Haut Maroni :

 

http://www.blada.com/chroniques/2009/4059-Temoignage_sur_la_vie_quotidienne_dans_un_village_du_Haut_Maroni.htm

 

 

Ci-dessous, la poste et l'église :

 

 

 

 

Maripasoula006

 

 

 

 

Maripasoula007

 

 

 


Des écoles existent dans ce coin perdu de Guyane. Je vous laisse réfléchir aux chiffres :

 

Dans le bourg de Maripasoula, deux écoles élémentaires :

L'une, l'école élémentaire Robert Vignon, compte 347 élèves pour 15 classes ; la deuxième, l'école élémentaire Alexis Jonas, 264 élèves pour 11 classes.

 

 

 

Maripasoula008

 

 

 

 

 

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Dans l'école maternelle "Les Petits Maripas" on dénombre 350 élèves pour 15 classes.

Un collège, dont l'effectif tourne autour de 1 000 élèves, a été créé.

 

 

 

 

Maripasoula010

 

 


 

Magasin à Maripasoula :

 

 

Maripasoula011


 

 

 

On trouve d'autres écoles, mais avec des effectifs moins chargés, dans les villages autour de Maripasoula. Prenons par exemple l'école d'Elahe, 37 élèves pour 2 classes. Je vous invite à suivre le lien ci-dessous, si par hasard vous avez l'intention de demander ce poste en allant en Guyane :

 

http://webtice.ac-guyane.fr/maroni/spip.php?article100

 

Des conditions de vie qui se rapprochent de celles que j'ai connues en Polynésie (les chauve-souris en moins), en tant que jeune enseignant,  dans une île à l'époque (1973) un peu éloignée de tout. (Depuis, là-bas, beaucoup de changements se sont produits).

 

 

 

Maripasoula012

 

 

 

 

 

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Maripasoula, c'est le point de départ pour Saint-Laurent-du-Maroni située à 206 km. La descente du fleuve, seule voie de communication vers la "civilisation",  se fait en quatre jours de pirogue.

 

 

 

Maripasoula016

 

 


 

 

 

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Pas d'hôtel quatre étoiles sur le trajet, mais des campements sur les berges du fleuve le long du parcours, comme ci-dessous, le "carbet" à Maripasoula, un abri sans mur où l'on suspend son hamac aux poutres transversales.

 

 

 

Maripasoula018

 

 

 

 

Pas de salle de bain non plus, mais des "ablutions" dans le fleuve et les toilettes dans la forêt. A partir de maintenant, c'est l'immersion dans un autre monde, où tout déplacement se fait en pirogue :

 

 

 

Maripasoula019

 

 

 

 

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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 16:04

Au 17ème siècle, les esclaves fuient leur servitude en Guyane hollandaise, devenue Suriname, et s’installent dans la forêt près du Maroni et de son affluent le Tapanahoni. Appelés les Noirs Marrons, ils créent un art très coloré et géométrique qui existe sous forme de peinture ou de sculpture : c'est L'Art Tembé, l’art du fleuve.

 

 

 

Tembe001

 

 

 

 


 

Le terme "tembe" vient de l'anglais "timber" qui désigne le bois de construction : poutres, planches, étais…

 

Ci-dessous, des pagaies :

 

 

 

 

Tembe002Tembe003

 

 

 

 

 

Tembe004Tembe005

 

 

 

 

Les premières manifestations d'une sculpture spécifiquement marronne datent du début du 19ème siècle : ce sont des peignes, des pagaies, des bancs, des objets quotidiens.

 

Ici un petit banc pliant taillé dans un même tronc, pratique pour le transport.

 

 

 

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Un fauteuil, pliable également, dont la fonction serait d'aider les mères lors de l'accouchement.

 

 

 

 

 

Tembe010tembe011

 

 

 

 

Les compositions géométriques à main libre sont rares : le compas, la hache, la pointe sèche, la scie, la règle, le couteau sont utilisés. Peintes ou gravées sur bois elles revêtent le plus souvent la forme d'entrelacs aux significations symboliques ou porteurs de messages aux moments importants de la vie.

 

 

Porte d'une case sur le Maroni :

 

 

 

Tembe012

 

 


 

Détail :

 

 

 

 

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Lors d'un mariage traditionnel, les hommes offrent un Tembé à leur épouse. Celui-ci symbolise un engagement : fidélité, protection, envie de fonder une famille nombreuse, le courage, un avenir heureux…

 

 

 

 

Tembe014

 

 


 

 

Le Tembé n'est jamais le fait du hasard : c'est un travail sur soi, une initiation pour atteindre équilibre et harmonie.

La clé de la connaissance de cet art fait partie de la tradition orale et est détenue par les anciens qui initient les nouvelles générations.

 

 

 

 

 

Tembe015

 

 


 

 

Le Tembé épouse différents supports : le triangle faîtier de la maison, la tête de pirogue, la pagaie et la porte ou la façade de la maison. Ce n’est que récemment que le tableau peint sur bois ou sur toile est apparu. D'ornement, le Tembé est devenu un art à part entière.

 

 

 

 

Tembe016

 


 

 

 

 

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Plusieurs artistes Guyanais sont devenus des maîtres du Tembé. On peut citer  Franky Amete (responsable de l'atelier Boni de l'association Libi Na Wan à Kourou), Antoine Dinguiou et Sawanie Pinas.

 

 

 

 

 

Tembe020

 

 

 


 

La symbolique des couleurs


Le noir représente la terre (matière)

Le blanc, la femme, la beauté

Le rouge, le sang, l’homme

Le jaune, le soleil, le feu

Le bleu, la Terre (planète), le ciel, l’eau

Le vert, la nature

Le gris, la nuit, la pluie

Le bleu marine est parfois utilisé comme le noir

Le noir et le jaune servent aux "aponchis", les contours et entrelacs.

 

 

 

 

 

 

Tembe021

 

 


 

 

Certains disent que toutes ces lignes qui se croisent, tournent, resurgissent soit par-dessus, soit par-dessous les unes des autres, sont comme les layons de la forêt : un labyrinthe où se réfugiaient les fugitifs.

 

 

 

 

 

Tembe022

 

 

 

 

 


 

 

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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 15:53

Le long du Maroni, fleuve frontière entre la Guyane française et le Surinam, outre les Amérindiens, vivent les descendants des esclaves marrons échappés aux XVIIIe et XIXe siècles des plantations de la Guyane hollandaise.

 

 

Les photos sont prises au village Saramaca de Saint-Laurent-du-Maroni.

 

 

 

MaisonSaramaca001


 

 

C’est ainsi que l’on désignait, non pour leur couleur mais à cause du mot espagnol cimarron  (de l’espagnol cimarrón : « vivant sur les cimes »), les Nègres Marrons qui se sont réfugiés loin dans les forêts et qui ont su ainsi sauvegarder et transmettre leurs modes de vie africains et même partiellement leurs langues d'origine.

 

 

 

 

MaisonSaramaca002

 


 

A l'écart des colons occidentaux, ils ont développé des cultures originales, mélanges de traditions des sociétés africaines dont ils étaient issus et d'emprunts aux Amérindiens.

Ils s'appellent aussi Busi Nenge (pronconcer buchi-nénngué). Le terme " Businengé " qui veut dire " l’homme de la forêt ".

 

 

 

MaisonSaramaca003

 


 

Leur territoire s’est modifié en fonction de la pression des colons hollandais, des relations diplomatiques entre les colonies française et hollandaise et des luttes d’influence entre les différents groupes marrons. Par exemple, dans leur guerre pour échapper à la servitude, les Bonis (ou Aluku, prononcer Aloukou) devront à la fois affronter l’armée coloniale hollandaise et d’autres marrons, les Djukas et Saramacas, deux groupes ayant alors déjà signé vers 1760, avec les colons hollandais, des traités garantissant leur indépendance mais leur imposant de combattre les futurs marrons.

 

 

 

 

MaisonSaramaca004


 

 

D'abord réfugiés en forêt profonde pour éviter d'être repris, ils se sont ensuite installés sur les rives des grands fleuves, et surtout sur le Maroni. Ils sont encore constitués de 6 groupes ethniques :

 

Les Bonis (ou Alukus),

Les Saramacas,

Les Paramacas,

Les Djukas,

Les Kwintis,

Les Matawais.

 

 

 

MaisonSaramaca005


 

 

 

Ils parlent aujourd'hui le sranan-tongo ou taki-taki. Leur langue est une base de portugais pour les Saramacas et Matawaï, et d'anglais pour les N'Djukas, Paramakas et Alukus. Cette langue s'est également créolisée et a reçu les apports de langues amérindiennes.

 

 

 

 

MaisonSaramaca006

 


 

 

On estime leur population à plus de 10 000 (environ 6% de la population Guyanaise, chiffre 2004). Leur société est matriarcale. Ils ne reconnaissent pas la frontière entre le Suriname et la France (sauf quand ça les arrange, cf maternité de Saint Laurent du Maroni). Pour eux le fleuve est un espace de vie et pas une frontière. Ils vivent principalement de la chasse, de la pêche et de la culture sur abattis.

 

 

 

 

Saramaca001

 

 

 

 

Peuple du fleuve, se sont des piroguiers experts qui connaissent tous les pièges, méandres et rochers du Maroni. Ils sont recrutés par les orpailleurs, les agences de voyages et par l'Armée, en particulier par le 9è RIMa basé à Saint-Jean-du-Maroni (localité près de Saint-Laurent), pour remonter ou descendre le fleuve, les routes étant inexistantes dans cette partie de Guyane.

 

 

 

Saramaca002

 


 

 

Si les Alukus sont français et vivent quasiment tous en Guyane depuis longtemps, les Saramacas sont aussi présents en Guyane depuis de très nombreuses années, mais la très grande majorité d'entre eux se trouve encore au Suriname. Quant aux N'Djukas, certains se sont installés très tôt le long du Maroni, dans la région de Grand-Santi.

 

 

 

 

Saramaca003

 


 

 

 

Parmi les Saramacas et les N'Djukas, beaucoup ont traversé la frontière lors de la guerre civile qui secoua le Suriname dans les années 1980 / 1990.

 

 

 

 

 

Saramaca005

 

 

 

 


 

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 10:17

Entre 1852 et 1953, environ 70 000 condamnés seront passés dans les camps implantés sur le territoire du département. Partis de Saint-Martin-de-Ré, ils embarquent sur le "La Martinière" et arrivent à Saint-Laurent-du-Maroni après 14 jours de mer. Toute la population de la ville assistait au débarquement des bagnards qui se dirigeaient, dès leur arrivée, vers le Camp de la Transportation.

 

 

En regardant ces cases alignées, on ne peut s'empêcher de penser aux films sur les camps de déportation de la seconde guerre mondiale.

 

 

 

 

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Les passages en italique sont extraits du livre : "La guillotine sèche, histoire du bagne de Cayenne" de Jean Claude Michelot, éditions Fayard.

 

 

 

 

 

 

001StLaurentbagne

 

 

le Camp de la Transportation vu du fleuve


 

Dès leur arrivée, ils étaient divisés en 2 groupes : les transportés (suite à une condamnation de la Cour d'Assises) et les relégués. Les rélégués (des récidivistes ayant déjà purgé leur peine de prison en France. La relégation était une peine subsidiaire destinée à purger la France des vagabonds et des voyous récidivistes) étaient conduits directement au camp de Saint-Jean-du-Maroni à quelques km plus à l'Ouest de Saint-Laurent.

 

 

 

 

002StLaurentBagne

 

 

 

 

 

 

 

 

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tableau de Francis Lagrange : l'arrivée des bagnards

 

 

 

 

 

 

 

 

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Après quelques centaines de mètres, la colonne de transportés, de 200 à 300 hommes, arrivait devant la porte du pénitencier surmontée d'une inscription : Camp de la Transportation.

 

 

 

 

 

 

005StLaurentBagne

 


 

 

 

La colonne passait ensuite, en foulant l'allée rectiligne de sable blanc, entre les deux rangées de six cases sans étage. Chacune pouvait contenir une soixantaine de prisonniers.

 

 

 

 

 

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Tableau de Francis Lagrange : l'entrée au Camp

 

 

 

 

Les conditions de logement ont été décrites par le Dr Rousseau qui eut l'occasion pendant deux ans de les observer quotidiennement :

"Les condamnés à la peine de travaux forcés sont logés dans de longs bâtiments ne comportant qu'un rez-de-chaussée, qu'on désigne sous le nom de "cases". Ces cases sont au niveau du sol ou à peine surélevées. Leur plancher est un bétonnage. Pas de plafond. La toiture est faite de tôle ondulée ou plus souvent de bardots. Il n'y a jamais qu'une porte, quelle que soit la longueur du bâtiment. Les fenêtres, garnies de barreaux, ne laissent rien voir.

 

 

 

 

 

007StLaurentBagne

 

 

 


 

Jusqu'en 1928, un plan incliné bétonné recouvert de planches juxtaposées ou " bat-flanc " allait d'un bout de la case à l'autre. Les hommes couchaient tous ensemble, alignés sur ce lit commun, quelquefois très encombré, toujours sale, parce que commun, et où chaque individu avait tout juste cinquante centimètres de largeur à sa disposition (…) Depuis le mois de septembre 1928, ils ont chacun leur hamac.

 

 

 

 

 

 

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La cuisine du Camp

 

 

Au bout de chaque case, sont les cabinets d'aisance avec les tinettes. Ces cabinets s'ouvrent sur la salle commune, l'air des cases est toujours empuanti. Les hommes n'ont à leur disposition aucun moyen de détersion. Une baille d'eau est mise dans la case et, quand ils vont aux cabinets, ils y plongent une vieille boîte de conserve que chacun a pour cet usage. Or, cette baille est la baille d'eau potable, dans laquelle ils plongent aussi leurs quarts. On se doute de ce que peut être cette eau quand cinquante individus y ont plongé leurs quarts et la boîte qui les accompagne aux cabinets.

 

 

 

 

 

 

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Le lavoir

 

 

 

Ces cases ne sont jamais nettoyées. Le lavage des cases est cependant prévu, mais il est laissé à l'initiative d'un condamné, gardien de case. Celui‑ci, par les journées les plus pluvieuses de l'hivernage, lave à grande eau sur le plancher qui, pendant six mois de saison sèche, n'est jamais lavé. Des années se succèdent sans que les cases soient blanchies à la chaux. Les punaises s'allient aux moustiques et le condamné passe de longues heures d'insomnie dans ce lieu surchauffé, saturé, empesté par le tabac, les lumignons fumigineux et l'odeur alcaline des tinettes."

 

 

 

 

 

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Percée dans le mur d'enceinte (un mur de pierres peintes en blanc, haut de 5 m), une porte de fer, dont le surveillant de ronde possédait seul la clé, permettait de communiquer avec le quartier disciplinaire.

 

 

 

 

 

 

012StLaurentBagne

 

 


 

 

A l'intérieur du quartier, quatre cases collectives appelées «blockhaus». Deux bat-flancs couraient le long des murs. C'étaient les salles de police où venaient dormir les bagnards condamnés pour de petits manquements aux règlements.

 

 

 

 

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Ils y étaient enfermés sans lumière de 18 h le soir à 6 h du matin. Allongés sur des bat-flancs en ciment, les pieds enchaînés à la barre de justice. Ils ne pouvaient se lever la nuit même pour aller aux toilettes, malades ou non. Vous pouvez imaginer l'état de saleté de ces bat-flancs au matin.

 

 

 

 

 

014StLaurentBagne

 

 


 

 

Au fond, les toilettes, appelées aussi "la chambre d'amour", je vous laisse deviner pour quelles raisons.

 

 

 

 

 

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Mais certains arrivaient quand même à se libérer de leurs fers :

 

 

Charles Péan, enseigne dans l'Armée du salut :

«Personne ne peut s'imaginer les drames qui se passent la nuit, entre ces malheureux ; mais au matin, lorsque les surveillants, qui ne surveillent que pendant la journée, viennent ouvrir les portes cadenassées, il leur arrive souvent de trouver un cadavre avec un couteau entre les épaules ou le ventre ouvert. Presque toujours, c'est un jeune bagnard, nouvellement arrivé, qui a refusé de céder... »

 

 

 

 

 

 

016francisLagrange


 Tableau de Francis Lagrange : règlement de compte

 

 

De part et d'autre de la cour intérieure, se trouvaient les rangées de cellules de 2 m de longueur sur 1,80 m de largeur. Le plafond, voûté, était très haut. Entre ce plafond et le toit, un espace de 80 cm permettait une aération et diminuait légèrement la température des cellules.

 

 

 

 

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maison des surveillants

 

 

Les portes, épaisses de 8 cm, étaient en bois plein, surmontées d'un soupirail muni de barreaux, qui donnait un peu d'air et de lumière. Un bat-flanc fixe occupait presque la moitié de l'espace. Pour tempérer les ardeurs du soleil, des cloîtres avaient été aménagés devant les deux rangées de cellules. Intérieur et extérieur de celles-ci étaient peints en blanc. Le sable de la cour était de même couleur. Cela occasionnait une réverbération importante qui blessait les yeux.

 

 

 

 

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Sur les murs des cellules, subsistent encore certaines inscriptions comme ci-dessous où l'on peut lire "Papillon" :

 

 

 

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Ou encore "adieu maman", écrit par un condamné à mort :

 

 

 

 

 

 

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Au fond de la cour, la maison où était conduit le condamné à mort avant son exécution. Il avait le droit à bon repas sortant de l'ordinaire, accompagné d'un litre de vin rouge et d'un paquet de cigarettes.

 

 

 

 

 

 

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Devant cette maison, on aperçoit le socle en ciment où s'élevait la guillotine.

 

 

 

 

 

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Des maladies frappent la population pénitentiaire :

 

La lèpre, introduite il y a deux ou trois cents ans par les esclaves venus de la côte d'Afrique, s'implanta dans le pays pour ne plus le quitter…

«Comme le milieu pénal est assez fermé, la lèpre n'y apparut qu'assez tard, mais quand elle s'y installa elle ne fit que s'étendre. Les deux premiers condamnés lépreux furent signalés en 1883. En 1915, il y en avait 73, et depuis, malgré les morts et les évasions, ce nombre se maintint si bien qu'un médecin a pu dire, avec raison, que la France avait réalisé par la transportation de ses condamnés la plus vaste et la plus irréprochable des expériences sur la contagiosité de la lèpre.

 

Les condamnés lépreux sont isolés dans un îlot du Maroni : l'île Saint-Louis...

 

 

 

 

 

SaintLouis001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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... Comme ils n'y sont ni traités ni surveillés et qu'ils ont mille commodités pour s'évader, ils partent pour ne plus revenir. Seuls, ceux qui ont des mutilations trop apparentes ou le faciès trop léonin restent dans l'île.»

 

 

 

 

 

 

 

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Pour les ravitailler et leur donner quelques médicaments, une pirogue abordait l'île sur cette plage. Les ballots de vivre étaient lancés sur le sable, et les bagnards devaient attendre le départ de la pirogue avant de venir les récupérer.

 

 

 


 

 

SaintLouis005

 

 


 

 

Le 17 juin 1938, un décret-loi met fin au bagne. En 1946 ce dernier est définitivement fermé, et c’est en août 1953 que les 132 derniers condamnés quittent cette terre de la grande punition.

 

 

La statue "La Peine du Bagnard" de Bertrand Piéchaud (né à Bordeaux en 1941) se dresse là où débarquaient les condamnés en provenance de Saint-Martin-de-Ré.

 

 

 

 

 

LaPeineDuBagnard

 

 

 


 

 

A la fermeture du Bagne, le Camp de la Transportation, parfaitement entretenu jusqu'alors par les forçats, est progressivement abandonné. D'abord pillé pour récupérer les matériaux, les bâtiments sont vendus puis envahis par la végétation luxuriante.

 

Entièrement acheté par la commune de Saint-Laurent du Maroni et nettoyé par l'armée en 1990, l'ensemble a retrouvé sa composition. Certaines constructions ont été classées parmi les monuments historiques dès 1987. La totalité du Camp de la Transportation est enfin classée en 1994.

 

 

 

 


 

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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 22:18

Saint-Laurent-du-Maroni, située 253 km à l'ouest de Cayenne, un peu derrière l'embouchure du Maroni, est la deuxième ville de Guyane.

 

Saint-Laurent-du-Maroni est né du bagne le 21 février 1858, inaugurée par l'Amiral Auguste Laurent Baudin, qui donne son nom à la ville.

 

 

 

Cart Guyane06

 

 

 

 


 

 

StLaurentVille01

 

 

 

 



Tous les condamnés venant de la France débarquaient d'abord à Saint-Laurent et étaient ensuite divisés entre les différents camps et pénitenciers de la Guyane.

 

 

 


 

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En face, au Suriname, se trouve la ville d'Albina, avec laquelle les échanges sont très actifs par pirogues.

 

 

 

 

 

Albina

 

 

 

 


 

La commune s'étend sur 483.000 hectares et compte environ 33 000 habitants.

 

 

 

 

 

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La population est très jeune et d'une très grande diversité ethnique : Amérindiens, Hmong, Hindous, Bushinéngué, Haïtiens, Surinamais, Brésiliens et aussi des métropolitains. Elle a augmenté depuis que Saint-Laurent est devenue «la» ville de la Guyane occidentale.

 

 

 

 

 

StLaurentVille06

 

 

 

 

 

 

 

 

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Saint Laurent attire de nombreux Surinamais : dans les années 1990, la guerre civile faisant rage au Suriname, de nombreux réfugiés y ont trouvé un asile sûr. Beaucoup ne sont jamais repartis.  Depuis quelques années, de futures mères venant du Suriname se rendent à la maternité de Saint-Laurent quand vient l'heure d'accoucher. Les "Peuples du Fleuve", qui ont du mal à reconnaître la frontière lorsqu'il s'agit de contrôles douaniers, savent de quel côté se tourner selon les évènements du moment.

 

 

 

 

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Son équipement est assez complet, avec un centre hospitalier, une maison de retraite médicalisée, une maison d'enfants, deux lycées publics polyvalents et cinq collèges publics. Elle a un port aménagé, mais qui ne reçoit annuellement qu'une petite quantité de carburants, un aérodrome situé au sud de la ville.

 

 

 

 

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Sur son territoire, la rhumerie de Saint-Maurice, la seule du département, emploie une quarantaine de salariés, moitié à la distillerie et moitié sur son domaine agricole de 146 ha. Une vingtaine de petits planteurs contribuent à l'approvisionnement de l'usine, qui produit plus de 4 000 hectolitres de rhum annuellement.

 

 


 

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