Légendes vietnamiennes

Jeudi 19 mars 2009
Encore quelques photos sur la Baie d'Ha Long, accompagnées d'une légende vietnamienne donnant quelques "explications" sur le climat de ce pays.


















Le génie des Montagnes et le génie des Eaux

 

 

Le dix-huitième roi de la dynastie des Hùng avait pour enfant unique une fille dont la beauté et la grâce étaient connues dans tout le royaume et même au-delà.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Aussi, lorsque le roi annonça son désir de la marier, des prétendants affluèrent de partout. Cependant, le roi souhaitait choisir celui qui posséderait des talents et des qualités extraordinaires afin d'être digne de le remplacer sur le trône.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Parmi les nombreux prétendants se présentèrent deux jeunes gens dotés de pouvoirs magiques. Le premier savait faire bouger les montagnes, déplacer les vallées, pousser les forêts, et commandait une armée composée de toutes les créatures vivant dans les forêts sur les Hautes-Terres. C'était Son‑Tinh, le génie des Montagnes.

 

 

 

 


 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


Le deuxième avait le pouvoir de commander les flots des mers et des fleuves, les nuages, le tonnerre et les éclairs, et toutes les créatures aquatiques. Il savait aussi bien faire tomber une pluie fine bienfaisante que déclencher une tempête dévastatrice. C'était Thüy‑Tinh, le génie des Eaux.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Lorsque chacun eut fait la démonstration de ses pouvoirs extraordinaires, le roi Hùng eut bien de la peine à se décider. Alors, il décréta qu'il marierait sa fille à celui qui apporterait le premier les présents les plus rares et les plus beaux. Les deux prétendants s'en allèrent chacun de leur côté à la recherche des cadeaux demandés.

 

 

 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Dès le lendemain, Son‑Tinh revint, chargé des produits les plus rares et les plus pré­cieux que l'on pût imaginer sur terre. Le roi, satisfait, et se rappelant sa promesse, lui accorda sur le champ la main de sa fille. Aussitôt les cérémonies du mariage terminées, Son‑Tinh partit dans les montagnes avec son épouse et sa troupe.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Sur ce arriva Thüy‑Tinh, chargé des présents les plus beaux, les plus extraordinaires que l'on pût imaginer. Tout fier d'avoir rapporté les cadeaux dignes de ses pouvoirs, il fut très déçu de constater que le roi avait déjà donné sa fille à Son‑Tinh. Il entra dans une grande colère et décida de donner la chasse à Son‑Tinh afin de lui ravir la princesse de force.

 

 

 

 


 

 

 

 


Il lança à la poursuite de Son‑Tinh les puissances des eaux. Des vagues monstrueuses déferlèrent dans les estuaires. Les fleuves sortirent de leur lit et inondèrent toutes les vallées. Son‑Tinh fit alors monter les montagnes et les terres à mesure que les éléments liquides submergeaient le pays.

 

 

 

 

 


 

 

 


Thüy‑Tinh déclencha des pluies et des tempêtes. Des villages entiers furent sinistrés, et le nombre des victimes s'accrût sans cesse. Aussitôt, Son‑Tinh ordonna à ses troupes de faire des barrages avec des arbres, de bloquer les vallées avec des rochers, permettant ainsi à un bon nombre de gens de trouver un refuge.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le combat dura ainsi plusieurs semaines. Enfin, de guerre lasse, Thùy‑Tinh résolut de retirer ses éléments, et le pays retrouva son aspect normal. Cependant, sa colère ne se calma pas pour autant.

 

 

 

 


 


 

 

 


 

Périodiquement, il reprenait ses attaques contre les terres et les montagnes. Voilà pourquoi, depuis la nuit des temps, le Viêt-Nam connaît chaque année, au début de l'automne, des inondations et de fortes pluies à l'intérieur des terres et de violentes tempêtes sur les côtes.

C'est l'éternel combat entre Thuy‑Tinh, le génie des Eaux, et Son‑Tinh, le génie des Montagnes.

 

Nguyên Xuân-Hùng

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fin du voyage au Vietnam

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Erwan
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Samedi 14 mars 2009

Si Hanoi se traduit par Thang Long, «Envol du Dragon», la Baie d'Ha Long se traduit par  «Descente du Dragon». Le paysage est surprenant, mais le ciel du Tonkin est bien souvent gris, et le crachin qui tombait ce jour-là n'existe même pas en Bretagne, c'est vous dire...



 







La légende raconte que, autrefois, dès la fondation, le pays des Viêts fut envahi par des ennemis étrangers. Pour aider les Viêts à combattre les envahisseurs, l’Empereur de Jade a envoyé le Dragon-mère et ses enfants à ce pays. Juste à son arrivée, ils avaient projeté de la bouche des milliers de perles qui se sont transformées par la suite en îles et îlots répartis partout dans la baie. Les bateaux ennemis qui, à ce moment entraient dans la baie, se cassèrent complètement.











Après la victoire, le Dragon-Mère et ses enfants restèrent dans la baie. D’où les noms des sites et paysages : Ha Long (le lieu où le Dragon-Mère descend), Bái Tu Long (les petits dragons se prosternent devant leur mère), Long Vi (la queue du dragon).

 










Le site est inscrit dans la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis le 17 décembre 1994. Il est actuellement proposé à l'élection des merveilles naturelles du monde.

 



 





 

La baie d'Ha Long s’ouvre sur le Golfe du Tonkin. La baie s'étend sur une superficie totale de 1 553 km2 et va jusqu’à l'île de Cat Ba au sud-est. Ses eaux émeraude abritent non moins de 1 969 îles, dont seulement 989 sont baptisées. Deux catégories d'îles ont été répertoriées : les îles de calcaire et de schiste. Leur formation remonterait à 250 ou 280 millions d'années. Des grottes et des cavernes, creusées par l'érosion, se cachent dans certaines îles.

 

 



 





Certaines grottes sont des passages menant à des lacs intérieurs, comme la Grotte Luon :

 

















Cette grotte est située sur l’île de  Bồ  Hòn, à 14 km au large de Bãi Cháy, près des îles de Con Rùa (Tortue) et Cổng Trời  (Porte du Paradis). Les falaises sont escarpées, l’eau est lisse comme un miroir. À la base de la montagne, au niveau de la mer, une entrée de forme arquée mène à l’intérieur de la grotte.

 



















Ce genre de grotte est plutôt rare dans la baie d’Halong. À l’intérieur, un petit lac arrondi est entouré de hautes falaises recouvertes de végétation.



 


















La plus grande grotte de la baie d’Halong, surnommée par les Français la grotte de Sửng Sốt (la grotte des Surprises), est située au centre de la zone protégée par l’UNESCO, sur l’île de Bồ Hòn.

 

 


 

 

 


















Cette grotte se trouve à proximité d’une grande concentration d’îles de pierres et de plusieurs sites d’intérêt, dont la plage Titov.











Quelques îles sont peuplées par des villages de pêcheurs, mais ceux-ci sont plus souvent flottants.

 

 
















La bataille navale du Bạch Đằng

  (source : Wikipédia)










Occupé par la Chine depuis 111 avant J.C., le Tonkin ne constitua plus pendant près de dix siècles que l'une des provinces (appelée Chiao-chi ou Jiaozhi) de son puissant voisin. Vers l'année 902, l'empire Tang s'effondra et s'émietta en plusieurs royaumes. Les Vietnamiens saisirent leur chance et chassèrent le gouverneur chinois tandis qu'un notable, Dương Đình Nghệ, prenait en mains les rènes du pays sans contester toutefois la suzeraineté de la Chine. Celle-ci accepta de facto une situation d'autonomie qui perdura jusqu'en 931, époque à laquelle le gouverneur de Canton, Liu Kung, qui avait fondé le royaume indépendant des Han du Sud, décida de mettre fin aux velléités d'émancipation vietnamiennes.







 



Les Han du Sud pénétrèrent au Việt Nam en 938. Leur armée était composée d'une force terrestre commandée par Liu Kung et d'une flotte de guerre, confiée à son fils héritier, Liu Hung-Ts'ao, qu'il avait nommé roi du Chiao-Chi. Le plan de ce dernier était de descendre rapidement le Bach Dang, principale voie de communication fluviale de la région, jusqu'à son embouchure en baie d'Hạ Long et de débarquer ses troupes à cet endroit, en plein cœur du territoire ennemi.

 








Ngô Quyên, l'un de ses meilleurs généraux du Vietnam, homme charismatique et compétent, organisa activement la défense du pays. Il décida d'éviter tout affrontement avec les troupes de Liu Kung et de concentrer ses forces contre Liu Hung-Ts'ao, dont il avait anticipé les intentions. A cette fin, il installa sa flotte face à l'embouchure du Bạch Đằng et fit planter dans le lit du fleuve des pieux aux pointes recouvertes de métal et dont la hauteur était légèrement inférieure à celle du niveau de l'eau, à marée haute. Sa stratégie reposait sur la synchronisation parfaite entre l'apparition de la flotte adverse et le mouvement des marées ; elle était donc certes audacieuse mais surtout aléatoire. Elle réussit pourtant au-delà des espérances les plus optimistes.

 










Lorsque Hung-Ts'ao et ses navires apparurent, Ngô Quyền les fit harceler à marée haute par des bateaux à fonds plats. Dès le reflux, ils reculèrent vers la mer entrainant à leur suite les lourds vaisseaux chinois qui s'empêtrèrent dans les pieux qui se révélèrent aussi mortels que des récifs. Immobilisés, leurs coques éventrées, les navires commencèrent à sombrer tandis que le gros de la flotte vietnamienne, qui n'avait pas encore été engagée, se rua à la curée.

Le désastre fut total pour les Chinois. Leur armada fut anéantie, ses équipages noyés ou massacrés.

 










À l'annonce de la tragédie, Liu Kung arrêta sa progression et retourna en Chine. Le sort de son fils malheureux Hung-Ts'ao est incertain : la plupart des sources consultées affirment qu'il se serait noyé lors de la bataille, mais d'autres prétendent qu'il aurait été capturé.

La bataille du Bạch Đằng mit fin à plus d'un millier d'années d'occupation chinoise. Le général vainqueur, Ngô Quyền se fit proclamer roi et créa la dynastie Ngô.

 










Première victoire navale vietnamienne, elle marque pour la marine de ce pays le début d'une histoire riche et le plus souvent victorieuse dans les guerres qu'elle eut à soutenir contre les Chinois, les Chams, les Khmers, les Thais ou les Mongols.

 








Il est par ailleurs à noter qu'en 1288, soit 350 plus tard, la flotte d'invasion des Yuan-Mongols sera détruite par le général Trần Hưng Đạo au même endroit et dans des conditions rigoureusement identiques. 

 







Des vestiges des champs de pieux de 938 et 1288 ont été retrouvés par les archéologues et aujourd'hui, les lieux de ces batailles sont aménagés en site touristique







 

Par Erwan
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Lundi 9 mars 2009

Une petite série de photos prises en sortant de Hanoï en direction de Haïphong.

De loin en loin tout le long de la route, nous croisons des vendeuses de pain "français". Le pain est un des vestiges de la colonisation française que Mac Donald n'a pas réussi à faire disparaître.










Plus loin, ce sont des lycéennes en "uniforme" sortant de l'école : chemise blanche et pantalon noir ou bleu marine.










Et c'est ensuite la plaine du delta du Fleuve Rouge couverte de champs de riz. Des ombres chinoises au chapeau conique, courbées dans les champs, travaillent à la moisson du riz sous un ciel plombé. Pas l'ombre d'une machine agricole, la récolte se faisant à la main.

 

 

 

 

 

 



La suite des photos en histoire :

 


Combat d'animaux revu et corrigé









Un pratiquant d'arts martiaux, du genre superstitieux, se confia ainsi à son maître :

- «Su-phu, pour mon prochain combat, je ne crois pas trop à la victoire : mon futur adversaire est natif du chien et son élément-ascendant est le feu. Il a même déjà battu un athlète qui est pourtant du signe du dragon ! Moi, je ne suis que "cochon"...».










Le su-phu (qui était certainement diplômé d'état) trouva aussitôt la solution :

- «Tu vas proposer que la rencontre ait lieu dans exactement 8 jours. Ce jour-là sera un jour de pleine lune, et tout le monde sait que les jours de pleine lune, les chiens ont peur de tout, même de leur propre ombre».










Ainsi fut fait, et notre combattant, né sous le signe du cochon remporta la victoire. Il remercia son maître et le complimenta ainsi :

- «Votre sagesse n'a d'égale que votre connaissance, ô su-phu ! Me faire combattre un chien de feu, un jour de pleine lune, est une idée géniale ! ».











- "Vois-tu, jeune combattant du signe du cochon, répondit le maître, je suis très taoïste et j'essaie de vivre pleinement chaque jour que le ciel m'offre ; à part cela, je ne pourrais te dire si tel jour est de pleine lune ou de plein soleil. Si tu as battu ton adversaire, c'est grâce à ta technique, à ton courage et à la confiance que tu avais en toi ; et certainement pas grâce à la lune ou à ton signe astrologique".

 

Phan Toàn Châu

"Contes et légendes des Arts martiaux Vietnamiens"




















Par Erwan
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Mardi 17 février 2009

Une petite promenade en photos dans les rues du vieux quartier de Hanoï.

 









Astrologie chinoise : La légende des 12 signes


Un jour, le Roi de la Montagne (le Tigre), le Roi des Mers (le Dragon) et le Roi des Oiseaux (le Phénix) se sont présentés devant l'Empereur de Jade (le Roi du Ciel), pour se plaindre d'être malmenés par les humains. L'Empereur de Jade décida donc de dédier dix animaux aux années du cycle lunaire ; ainsi, les gens, en pensant à leurs propres signes zodiacaux, seraient moins enclins à les maltraiter. Il ordonna donc aux trois Rois de rassembler tous leurs sujets, le lendemain à l'aube. Les premiers à se présenter devant l'Empereur seront les élus.


 

 






 

 



Au royaume du Roi de la Montagne, le chat, s'inquiétant de ne pouvoir se réveiller à temps pour se présenter à la porte du Sud, demanda au rat de l'appeler avant de partir. Le rat lui promit de ne pas l'oublier. Cependant, un peu avant l'aube, le rat, de peur que le chat ne le laisse à la traîne s'ils partaient ensemble, décida de se rendre en catimini au palais de l'Empereur de Jade.











A l'aube, l'Empereur demanda à l'un de ses ministres de se parer d'une feuille de papier et d'encre et de noter le nom de l'animal qu'il prononcerait. Ensuite, il cria aux visiteurs d'entrer. Comme chacun voulait absolument être le premier à pénétrer dans le palais, tous se ruaient vers la porte, provoquant ainsi un gigantesque bouchon.











Le rat pensait : « Avec ma petite taille, je ne pourrai jamais les pousser pour entrer ; par contre, j'aurai plus de chance en me faufilant entre leurs pattes ». C'est ce qu'il fit et devint ainsi le premier des signes du cycle lunaire.











Le buffle, en voyant le rat se glisser à l'intérieur, se senti vexé, n'ayant pas su utiliser sa force pour entrer dans le palais. A coup de cornes, il parvint enfin à s'introduire. L'Empereur de Jade dit : « Le buffle ».










Le tigre, en voyant cela, bondit par-dessus toutes les têtes massées devant la porte et se retrouva devant l'Empereur. Celui-ci déclara : « Le tigre est arrivé ! »

Le lièvre, conscient de sa petite force, prit exemple sur le rat. Il fut ainsi consigné dans la liste céleste.











Le dragon, voulant à tout prix faire partie des élus, dut faire une percée prodigieuse avec sa tête et sa queue. Son effort fut récompensé quand l'Empereur cria : « Le dragon ! »

Quant au serpent, aussi fin qu'une corde, il n'eut guère de mal à se glisser dans le palais.












Le cheval prit appui sur ses puissantes pattes arrière et accomplit un saut qui lui permit de franchir l'obstacle de la foule massée devant lui.

La chèvre, à l'aide de ses cornes et de sa petite corpulence, put également pénétrer dans le palais.

Le singe, en voyant autant d'animaux entrer, se gratta la tête, se pinça les oreilles, s'introduit à son tour en sautillant par-dessus les têtes des autres animaux.










Le coq commença à paniquer. « Il faut que je trouve un moyen d'entrer avant que le compte ne soit bon » se dit-il. Finalement, il y parvint à l'aide de ses ailes.

L'Empereur de Jade, en voyant les dix animaux, s'adressa à son ministre : « C'est assez ! » Celui-ci, un peu dur d'oreille, avait compris «chien» et nota chien dans son registre. (En chinois, assez et chien sont homophones). L'Empereur s'écria : « C'est suffisant ! ». Et le ministre comprit cochon. (En chinois, suffisant et cochon sont également homophones).











   C'est ainsi que le cochon fit partie des signes du zodiaque ! L'Empereur se tourna vers son ministre et lui arracha la liste céleste de ses mains. Il y compta douze animaux. Il déclara :

« Tant pis, ce sera douze au lieu de dix ».


Ainsi naquit le cycle lunaire avec les douze animaux.

 


 

 





 

 

 

 





 

 











 

Par Erwan
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Mardi 10 février 2009


Les photos de cette série ont été prises dans le Vieux Quartier de Hanoï, au nord du lac Hoan Kiem. C'est un quartier commerçant aux rues étroites qui remonte à plus de six siècles, où la plupart des magasins sont des échoppes de la largeur d'un couloir, débordant de marchandises.

 


















 

Hanoï, capitale du Vietnam de 3 millions d'habitants, située sur la rive occidentale du Fleuve Rouge, célèbrera son millénaire en 2010. Son nom vient de nôi (en deçà) et hà (fleuve) qui signifie : "la ville en deçà du fleuve". Hanoï se trouve au pied d'une chaîne de montagnes qui culminent à 1 237 m au mont Ba. Au nord de la ville s'étend la région montagneuse du Viet Bac. Le Lac de l'Ouest marque la limite N.O. de Hanoï. C'est une ville souvent couverte de nuages et baignant dans une sorte de vapeur humide.

 
















 



 

En venant du Nord, trois ponts permettent de rentrer dans Hanoï dont le pont Doumer  construit par les Français et inauguré en 1902.

La ville ne s'est pas toujours appelée Hanoï. En 1010, l'Empereur Thai Thô, grand vainqueur des Chinois, créa la ville et lui donna le nom de Thang Long, la "ville du dragon prenant son essor".

 


















 

 

De 1430 à 1788, la ville qui continuait à s'appeler Thang Long, pris officiellement le nom de Dông Kinh  [pron : Zong Kinh] (Capitale de l'Est). Ce nom, transformé par les Européens donnera plus tard le nom Tonkin, nom qui sera donné à tout le nord du pays.

 
















 


 

La légende de l'épée magique

 

 

 

A l'époque de la domination des Ming, il y avait un homme du nom de Lê-Lo'i habitant le village de Lam-So'n, dans la province de Thanh-Hoa. Depuis son adolescence, conscient des souffrances de la population dues aux exactions des occupants chinois, il nourrissait le projet de chasser ces derniers. Il était connu pour sa bravoure et surtout pour son habileté dans le maniement des armes. Le général chinois commandant de la région voulut l'engager dans ses troupes.

 









 

 

Mais Lê-Loï déclina l'offre en déclarant qu'un gentilhomme se devait de servir son pays plutôt que d'être le serviteur de l'étranger.

En secret, il rassembla des volontaires, constitua une petite armée et commença à harceler les garnisons chinoises. Ses troupes n'étaient pas entraînées ni bien armées. À chaque attaque, malgré leur combativité, elles furent repoussées et dispersées par l'ennemi.

 

 

 

 








 

C'est ainsi que, lors d'une de ces déroutes, Lê-Loï se trouva sur le point d'être capturé par ses poursuivants. Grâce à la complicité d'un vieux villageois, il se fit passer pour un paysan en train de semer du riz, ce qui le sauva.

 

 







 

 

Une autre fois, traqué par l'armée chinoise, il se cacha dans un buisson épais. On lança à ses trousses des chiens qui le cernèrent en aboyant avec fureur. Les soldats enfoncèrent leurs lances dans le buisson. Lê-Loï fut touché à la cuisse. Mais, juste à ce moment-là, un renard bondit hors de sa cachette et partit en courant. Les chiens le poursuivirent, entraînant à leur suite les soldats chinois.

 

 

 







 


 

Un jour, Lê-Loï s'arrêta dans un village de pêcheurs où il comptait des partisans. Dans la hutte où il entra pour se reposer, il remarqua une épée dans un coin. Quand il la prit, elle se mit à briller d'une vive lumière. Il interrogea le pêcheur. Celui-ci lui raconta que lors d'une récente sortie en mer, il avait pris cette épée dans ses filets.

 

 







 

 

N'en voulant pas, il l'avait rejetée à l'eau, mais chaque fois qu'il remontait son filet, elle s'y trouvait. Pensant que c'était un signe du Ciel, il décida de la cacher pour l'offrir au futur libérateur du pays. Ce ne pouvait être que Lê-Loï, vu la manière dont elle venait, pour la première fois, de resplendir.

 


 





 

 

 

Dès lors, Lê-Loï accumula victoire sur victoire. Dans le même temps, grâce à l'habileté de Nguyên-Trâi, un lettré dont le père avait été déporté en Chine, la population se souleva en masse, donnant à la lutte de Lê-Loï l'ampleur qui lui manquait. Bientôt les occupants furent repoussés hors des frontières.

 

 






 



Lê-Loï fut proclamé roi, régna sous le nom de Lê-Thài-Tô, et établit la capitale à Thâng-Long.

Pour fêter son accession au trône et remercier les esprits des Eaux de lui avoir donné l'épée de la victoire, il fit organiser une grande cérémonie sur le lac situé au centre de la capitale.

 






 

 

 

A peine la cérémonie eut-elle commencé qu'une tortue géante apparut et s'adressa au roi :

‑ Maintenant que Sa Majesté a libéré le pays, elle n'a plus besoin de l'épée.

L'arme sortit de son fourreau, s'envola dans le ciel, se transforma en un dragon de lumière qui ondula quelques instants dans les nuages, puis plongea dans le lac avec la tortue.

 

 

 






 

 

C'est ainsi que le lac fut appelé Hô hoàn Kiêm, ou lac de l'Épée restituée. Il se trouve toujours au centre de Hanoi, actuelle capitale du Viêtnam. Un temple est dédié à la mémoire de l'événement.

 

 

Nguyên-Xuân-Hùng

 

 










 

Par Erwan
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Mardi 27 janvier 2009

Derniers regards sur les paysages du Nord Ouest du Vietnam avant de prendre le train de nuit à Lo Caï en direction de Hanoï.

 

 

 






 

 

 









 

L'ombre et l'absent

 

 




Il était une fois une femme dont le mari avait été envoyé comme soldat dans un poste frontière, au fond du "pays où l'on va en remontant les fleuves". En ce temps-là, les communications étaient très difficiles et, depuis plus de trois ans qu'il était au loin, elle ne recevait que de rares nouvelles.

 

 

 

 





 

 

 

 

 









 

Un soir, elle cousait à la lampe, près de son enfant qui dormait, quand un orage éclata.  Un coup de vent éteignit la lampe, le tonnerre se mit à gronder, et l'enfant s'éveilla. Il prit peur. La mère alluma la petite mèche qui trempait dans l'huile et, montrant sa propre ombre sur le mur, elle dit :

"Ne crains rien, mon petit ; père est là, qui veille sur toi".

L'enfant regarda et cessa de pleurer.

 

 









 

 

 






 




 

Le lendemain, au moment d'aller au lit, il réclama son père. La mère sourit, heureuse, et se plaça de façon que sa silhouette fût bien visible aux yeux de son fils. Elle lui apprit à joindre les mains avant de s'incliner devant l'ombre pour dire :

"Bonsoir, mon père".

L'habitude en fut vite prise et tous les soirs le rite s'accomplissait. Puis, l'enfant couché, elle veillait tard dans la nuit, seule avec son ombre.

 


 

 

 






 

 







 




 

Son mari revint.

Elle le vit, elle n'osa le regarder, elle n'eut ni geste ni parole pour manifester sa joie, mais quand il fut près d'elle, il vit une larme couler sur son calme visage.

Furtivement elle l'essuya, puis il entendit la voix chère :

"Nous devons offrir un sacrifice aux ancêtres. Je vais aux provisions et vous confie notre enfant".

 

 

 

 







 

 










 

 

Pendant son absence, l'homme apprivoisa vite son fils. Mais quand il voulut se faire appeler père, l'enfant refusa en disant :

"Non, vous n'êtes pas mon père. Je dis toujours bonsoir à mon père en allant au lit".

 

 


 






 

 

Le malentendu était fatal et l'homme souffrit dans ses sentiments les plus profonds. Trop délicat et trop fier pour interroger sa femme, il n'en fut que plus torturé.

 










 

Dès son retour du marché, elle sentit que le malheur était entré sous leur toit. Ses mots les plus discrets, comme le moindre de ses gestes, ne faisaient qu'exaspérer son mari : il se détournait sans répondre. Il lui en voulait du silence même qu'il gardait obstinément, malgré la tentation de parler et l'espoir d'être détrompé.

 

 

 

 






 

 

 

 




 



 

Il ne manquait pas de se prosterner devant les mânes des ancêtres, mais il pliait immédiatement la natte, pour défendre à la femme d'accomplir les rites à sa suite. Elle retenait les larmes d'humiliation qui lui montaient aux yeux.

 

 




 


 




 

Quand elle descendait le repas de l'autel et lui servait du riz fumant, il ne touchait pas aux baguettes. Le riz se refroidissait lentement dans le bol, elle attendait en silence, et sa douleur ne connut plus de bornes...

Brusquement, un jour, l'homme se leva et quitta la maison sans un mot.

 

 




 


 

 

 

 







 


 

Pendant quelque temps, elle conserva un vague espoir. Puis sa souffrance devint telle que la pauvre femme se jeta dans la rivière.

Quand le mari apprit sa mort, le doute ébranla ses injustes soupçons. Il revint.

 

 

 







 

 

 








 

Le soir, il alluma la lampe, qui projeta son ombre sur le mur. A sa grande surprise, il vit son fils joindre les mains pour s'incliner devant l'ombre…

 

 






 

 




Trop tard il comprit sa funeste erreur. Il fit dresser un autel au bord du fleuve et pendant trois jours et trois nuits des prières furent dites pour le repos de l'âme innocente. Il ne put ensuite que se résigner à l'irréparable, en demeurant, jusqu'à son dernier souffle, fidèle au souvenir de la disparue.

 

 







 

 

 







 

Pham Duy khiem

Légendes des terres sereines

 

 


A suivre...

 

 







Par Erwan
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Vendredi 23 janvier 2009
Coc Ly, un village tout près de la rivière Chay, affluent du Fleuve Rouge, dans une vallée paisible du Nord Ouest du Vietnam. Quelques photos accompagnées d'un conte très connu au Vietnam.










Histoire de la feuille de bétel et de la noix d'arec

 



Il était une fois, sous le règne du roi Hùng­ Vu'o'ng, le quatrième de la dynastie, deux frères. Sans être jumeaux, ils se ressemblaient à tel point que les gens prenaient facilement l'un pour l'autre. Ils vivaient en très bonne entente, avec un attachement réciproque rare, ne se quittant jamais.

 



 






Lorsque leurs parents moururent, les deux frères se promirent de rester ensemble toute leur vie et de continuer ainsi à exploiter leurs terres. Ils travaillaient dur, du matin au soir, sans jamais se plaindre ni se reposer.


 

 










Un jour vint où l'aîné épousa une belle jeune fille du village. L'attachement entre les deux frères était si fort que l'aîné demanda à son frère cadet de continuer à habiter avec eux. D'ailleurs sa nouvelle épouse, compréhensive et partageant l'affection de son mari pour le cadet, accepta avec bonne grâce la présence de ce dernier.

 

 










Les années passèrent dans le plus parfait bonheur. Tous les jours, les deux frères partaient travailler aux champs, tandis que l'épouse s'occupait de la maison.

L'aîné, très amoureux de sa femme, avait pris l'habitude de rentrer à la maison au milieu de la journée pour être auprès d'elle.

Un jour, victime d'une insolation, le cadet demanda à son frère de le remplacer au champ, et regagna la maison pour se reposer. Il alla s'allonger sur le sofa du salon, après avoir fermé les volets pour mieux s'abriter de la vive lumière du jour.

 

 




 





L'épouse, revenant du jardin où elle était allée cueillir quelques légumes, aperçut dans la pénombre un corps étendu. Croyant que c'était son mari, elle ne le réveilla pas et, se glissant à ses côtés, s'endormit.

 

 






 




Entre-temps, ayant fini son travail, le frère aîné rentra à son tour. À la vue de son épouse et de son frère ainsi couchés, il se mit dans une grande colère, puis sombra dans une immense tristesse. Et, bien que son épouse lui eût expliqué sa méprise, il maudit le mauvais sort qui avait permis à la trahison de s'introduire dans sa famille.

 

 








 

Les relations devinrent si tendues que le cadet, s'accusant d'avoir été à l'origine de ce malentendu, décida de quitter la maison. Pour lui, c'était une manière de sauver le bonheur de son frère aîné et d'éviter toute nouvelle confusion.

 





 

 

 




Il partit donc droit sur le chemin, ne sachant où aller. Après une longue période d'errance, complètement épuisé, il arriva au bord d'un fleuve. Il ne trouva aucun moyen de le traverser. N'ayant plus la force de continuer, il s'assit sur la rive et se laissa mourir.

Miraculeusement, son corps se transforma en un monticule de pierre à chaux.

 

 







 


Pendant ce temps, s'apercevant de l'absence de son frère, et pris de remords de n'avoir pas été plus compréhensif, l'aîné décida d'aller à sa recherche, afin qu'ils puissent de nouveau être ensemble comme ils se l'étaient promis. Tout en assurant son épouse de son retour rapide, il partit sur le chemin.

 

 









 

Jour après jour, village après village, suivant la trace de son frère cadet, il parvint au bord du fleuve et se trouva bloqué de la même manière. Épuisé lui aussi par la longue route, il se coucha sur la pierre blanche et mourut.

 

 



 

 

 



 

Il se transforma en un arbre fin et élancé, dont les racines enserraient la pierre blanche, et dont le feuillage abondant protégeait de son ombre la pierre brûlée par le soleil. Ses fruits, en forme de noix, avaient la chair fibreuse et l'écorce brillante.

 

 




 

 




Restée à la maison, l'épouse passait ses journées dans l'inquiétude et la tristesse. Son époux lui manquait. Finalement, ne pouvant plus attendre, elle décida de partir à sa recherche.

Elle prit le même chemin, aidée par les témoignages de gens qui avaient croisé son mari.

 

 








 

Elle parvint ainsi au bord du fleuve, et ne put le franchir. Désespérée et épuisée, elle s'installa au pied du seul arbre qui se dressait à cet endroit. À son tour, elle se laissa mourir. Et elle se transforma en une liane vigoureuse, avec des feuilles en forme de cœur, qui grimpait enlaçant le tronc de l'arbre.

Le temps s'écoula.

 


 

 





 

Un jour le roi Hùng‑Vu'o'ng, passant par là, s'étonna de la présence de cet arbre inconnu et de cette liane si particulière, qui tous deux avaient pu prendre racine sur cette pierre crayeuse.

 

 





 

Il goûta un fruit, le trouva dur et sec comme une corde. Il goûta une feuille de liane, la trouva amère. Il eut la curiosité d'écraser la noix, de l'enrober dans la feuille, puis d'ajouter au tout un peu de la pierre crayeuse. Il mâcha la préparation. Un liquide rouge comme le sang en sortit. Curieusement, le roi éprouva une impression de fraîcheur dans la bouche et trouva le goût parfaitement acceptable.

 

 











 

En interrogeant les gens de la région, il apprit la triste histoire. Le roi fut ému par ces preuves d'amour, de fidélité et de pureté des sentiments. Il fit alors ériger un monument à la mémoire du trio, et décréta que désormais, lors des demandes en mariage, l'on offre sur un plateau une noix de l'arbre, une feuille de la liane, et un peu de la pierre crayeuse.

 

 






 



 

C'est ainsi que depuis ce temps, au Viêt-Nam, la noix d'arec, la feuille de bétel et la chaux sont offertes lors des fiançailles comme symboles de la sincérité des sentiments ainsi que de l'amour et de la fidélité conjugale. On s'aperçut, en outre, que cet amalgame protégeait les dents et conservait l'haleine fraîche. Voilà pourquoi beaucoup de gens de ce pays ont l'habitude de chiquer la feuille de bétel, et que l'arec est planté partout et constitue un élément caractéristique de la campagne vietnamienne.

 

 

Nguyên-Xuân-Hùng











A suivre...






Par Erwan
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Lundi 19 janvier 2009
Nous allons parcourir le marché H'mong de Bac Ha où nous rencontrerons des H'mongs vendant les produits de leurs terres. Ci-dessous ces vendeurs de viande de porc sont bien loin de respecter les normes sanitaires européennes. Un peu plus loin, le bureau de tabac local où, pour quelques dongs (monaie locale), on peut fumer quelques pincées de tabac à l'aide d'une immense pipe en bambou. On en profite également pour aller faire un tour chez le coiffeur, et on termine la petite promenade en achetant un bol de piments à ces vieilles femmes descendues de leurs plantations.


















Le Carambolier

 

 

Il était une fois deux frères qui se partagèrent un héritage, à la mort de leurs parents.
L'aîné, cupide et avare, s'empara de tous les biens et laissa à son cadet et à sa femme seulement une paillote délabrée et un carambolier.












Mais les deux époux cadets prenaient soin de leur carambolier, si bien que l'arbre reprit vigueur et porta une quantité de fruits

Un jour, alors que les caramboles commencèrent de mûrir, un oiseau d'une taille extraordinaire, aux plumes multicolores, venait chaque matin en manger. Il était impossible pour ce couple de l'en chasser quoi qu'il fît.



 










L'épouse navrée se lamentait : "Malheur à nous, pauvres que nous sommes, nous comptons beaucoup sur ce que nous rapporte le carambolier et voilà que l'oiseau ravage tout. Nous connaîtrons probablement la faim".

 










Mais oh Bouddha ! L'oiseau entendit les lamentations, se pencha et fit :
"Chaque carambole je mange, de l'or je rends, munissez-vous d'un sac de trois livres et suivez-moi pour en chercher". Apeurée, la femme se précipita dans la chaumière pour chercher son mari. Ils se concertèrent et décidèrent de coudre le sac suivant la mesure indiquée, dans l'attente d'un éventuel retour de l'oiseau.



 

 
















Quelques jours plus tard, l'oiseau revînt, mangea plusieurs caramboles puis descendit de l'arbre pour inviter l'époux à prendre place sur son dos avec le sac. Puis ils disparurent ensemble à l'horizon. L'oiseau le transporta très loin avant d'atterrir sur une île déserte, remplie de pierres précieuses. Le cadet commença à en remplir son sac. Puis le volatile le ramena chez lui.





















Depuis ce jour, le couple ne connut plus jamais la faim. Il venait en aide souvent aux pauvres. A l'occasion de la commémoration de la mort de ses parents, le couple invita l'aîné à venir chez lui. Plein de mépris pour le cadet, l'aîné et son épouse furent surpris devant l'opulence et la richesse du couple cadet.















Curieux, l'aîné chercha habilement à pénétrer le mystère. Son cadet, honnête et franc, n'hésita à lui raconter l'histoire de l'oiseau multicolore qui l'avait emmené chercher de l'or.
Le couple aîné proposa d'échanger sa fortune contre seulement la paillote et le carambolier juteux. Les cadets acceptèrent. Un jour, l'oiseau revint manger des caramboles et fit la même recommandation : un sac de trois livres pour aller chercher de l'or.
















 



L'aîné, cupide et curieux, emmena deux gros sacs de six livres chacun et une fois sur place les remplit de l'or. Sur le chemin de retour, plié sous le poids démesuré de ces deux sacs, l'oiseau qui n'en pouvait plus, tangua et l'aîné fut balancé dans la mer et s'y noya.













A suivre...











Par Erwan
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Mardi 13 janvier 2009
Bac Ha est située dans le Nord-Ouest du Vietnam, à moins de vingt kilomètres de la frontière avec la Chine (province du Yunnan). Bac Ha compte environ 70.000 habitants. Construite sur des hauts plateaux à 700 mètres d’altitude, entourée par des reliefs culminant à 900 mètres, le climat y est plus doux qu’à Sapa. Dix ethnies montagnardes vivent dans la région : Hmongs Fleurs, Nungs, Phulas, Thaïs, Thulaos et  Kinhs (Vietnamiens d’origine).







Sur la carte : dans le cercle bleu, le point à droite : Sapa ; le point à gauche : Bac Ha ; Hanoï en bas à droite. Ci-dessous, de jeunes H'mongs Fleurs.









L’une des principales industries de Bac-ha est la production de boissons distillées (alcool de riz, vin de manioc et liqueur de maïs). La liqueur de maïs que produisent les H'mongs Fleurs est si forte qu’elle peut littéralement s’enflammer !



















 La récolte de l’opium constituait une importante source de revenus, jusqu’à ce que le gouvernement en stoppe l’industrie il y a quelques années. Bac-ha est le seul endroit du Vietnam où vous en trouverez.











 Histoire du sacrifice du Chien



Il était une fois deux frères, orphelins dès leur plus jeune âge. L'aîné, doué d'un fort sens du commerce, s'était enrichi au fil des ans, et menait grande vie. Le cadet, qui avait fait de la sincérité et de l'altruisme les préceptes de sa vie, restait désespérément pauvre.











Riche et vaniteux, l'aîné dispensait à tour de bras des, largesses à tous ceux qui le sollicitaient en le flattant et en profitant sans vergogne de son aveuglement. Par contre, il n'avait pas même un regard pour son jeune frère, ignorant jusqu'à son existence et ses difficultés, car celui-ci ne se plaignait jamais et ne lui demandait rien.













L'épouse de l'aîné, choquée par cette attitude, le lui reprochait souvent, mais n'obtenait que cette réponse : À chacun ses problèmes. Ce n'est pas parce que c'est mon frère que je dois faire mienne sa façon de vivre. D'ailleurs, mes amis sont tous des gens bien, et ils me sont dévoués. Il est donc naturel que je leur accorde mes préférences.












 À la longue, l'épouse envisagea un stratagème pour lui ouvrir les yeux. Un jour que son mari était parti s'amuser avec ses chers amis, elle fit tuer un chien, l'enveloppa dans un sac, et le cacha dans un buisson du jardin.




















Au retour de son mari, elle feignit l'affolement en lui déclarant : Cet après midi, un jeune mendiant est venu demander l'aumône. J'étais occupée et j'ai tardé à lui apporter quelque nourriture. Voilà qu'il s'est mis à m'injurier avec véhémence. Je ne sais pas ce qui m'a pris, je l'ai frappé. Par malheur, il est tombé mort. J'ai mis son corps dans un sac et l'ai caché dans le jardin. Comment allons-nous nous sortir de cette histoire ?




















 À ces mots le mari, soucieux de sa réputation, fut pris de panique. Il courut demander de l'aide à ses chers amis. Mais tous eurent une bonne excuse pour ne pas lui prêter main-forte. Dépité, il rentra à la maison. Sa femme lui suggéra alors d'aller voir son jeune frère, ce qu'il fit sur-le-champ, oubliant complètement son indifférence à l'égard de son cadet.












 Ce dernier dit aussitôt : Vite, il faut l'enterrer loin d'ici avant que quelqu'un ne soit au courant. Autrement ce sera un malheur pour toi et ta femme. Restez ici, je m'en charge tout seul. Comme cela les soupçons ne tomberont pas sur vous.












 Il partit seul enterrer discrètement le sac dans la forêt, puis revint rassurer le couple, sans réclamer quoi que ce fût. L'épouse en profita pour faire remarquer à son mari que les « bons amis » qui avaient si bien profité de lui s'étaient tous défilés, alors que son frère s'était dévoué sans hésiter. Son mari rétorqua qu'il était normal que son frère l'aidât en pareille circonstance.












Or voilà que le lendemain, la foule des « bons amis » se présenta à la maison pour exiger une forte somme d'argent en contrepartie de son silence sur le prétendu meurtre. Affolé, le mari était prêt à obtempérer, mais sa femme s'y opposa avec force, en affirmant qu'ils ne risquaient rien.












 Dépités, les «bons amis » se rendirent aussitôt chez le juge et dénoncèrent avec beaucoup de détails l'assassinat du jeune mendiant. Les autorités firent amener le couple lourdement enchaîné, comme des criminels. Alors que le mari était en proie à la plus profonde détresse, sa femme gardait un calme rassurant.













 Au cours de l'interrogatoire, elle raconta le stratagème qu'elle avait employé pour démontrer à son mari son aveuglement. Afin de confirmer ses dires, elle demanda que le jeune frère fût convoqué pour indiquer l'endroit où il avait enterré ce qu'il croyait être le cadavre d'un mendiant. On découvrit ainsi toute la vérité.












Le juge ordonna que l'on fouettât les « bons amis » en punition de leur conduite détestable et de leur injuste dénonciation. Il félicita par contre l'épouse pour sa leçon exemplaire, et réprimanda le mari coupable d'erreurs de jugement. Depuis, celui-ci a délaissé ses anciennes relations et se consacre à son jeune frère.




Nguyên Xuân Hùng









A suivre...




Par Erwan
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Jeudi 18 décembre 2008

Derniers arrivés sur le sol indochinois, les H'mongs ont été souvent nomades au départ, s'établissant dans les régions les plus reculées. Pratiquant la culture sur brûlis du maïs et même de l'opium, ils sont maintenant sédentarisés.

 








 

Pendant la guerre française, les Français leur achetant leur production d'opium, les H'mong se rallièrent à la France afin de ne pas tomber sous la tutelle des Communistes. Le chef H'mong Chau Quang Lo se remarqua par sa lutte acharnée contre le Vietminh, mais aussi contre les Chinois. Il défendit la région de Lao Chai, à frontière sino-vietnamienne de 1947 à 1952.

 

 










Actuellement, la culture de l'opium étant très surveillée, les H'mongs cultivent du chanvre, du coton et des fruits (pêches, prunes, pommes) qui sont renommés dans tout le pays. Ils récoltent aussi toutes les plantes médicinales de la forêt et la résine du "Toxicodendron succedanea" pour fabriquer de la laque.













La riziculture en terrasse s'est également développée, et on ne peut  être qu'admiratif devant des pans de montagne convertis en jardin, sans appareil mécanique, chaque pierre déplacée à la main, avec toute la patience et la ténacité dont sont capables les Asiatiques.

 

 









 

 

Suite du conte d'Auguste pavie...

 

 







 

…Ayant constaté que ses auditeurs s'étaient prononcés moitié pour la première, moitié pour la deuxième des jeunes filles, il reprit son manuscrit et continua :











 

« Le juge conclut ainsi : "La première de ces jeunes filles a fourni à un malheureux emporté par les eaux le moyen de surnager. Elle lui a sauvé la vie car, dans sa détresse, il n'aurait pu sans son aide attendre le secours qui lui a ensuite été donné.











La deuxième l'a retiré du fleuve au moment où il allait périr dans les rapides et les tourbillons. Toutes deux, en remplissant généreuse­ment leur devoir, ont accompli une action également belle.











La troisième, voyant un jeune homme sortir sans vêtements de l'eau, a voulu de suite le couvrir et s'est dépouillée de son écharpe.









 


Jeune homme, quoique le service que vous ont rendu les deux premières jeunes filles leur ait peu coûté, il est tel que vous leur devez désormais une reconnaissance approchant de celle que vous devez à votre mère.












Le sentiment de pudique protection auquel a obéi la troisième est celui qu'une jeune fille aurait éprouvé pour son fiancé : son action a établi un lien entre elle et vous.










De ces trois jeunes filles qui désirent vous avoir pour époux, c'est à elle qu'il appartient de vous conduire vers ses parents."












Le jeune homme ayant salué le juge, s'agenouilla aux pieds des deux premières jeunes filles et les remercia de nouveau, demandant au ciel qu'il lui fût donné de rendre un jour pareil service à des humains. Puis il s'approcha de celle dont il avait pour vêtement l'écharpe :












"0 jeune fille, conduisez‑moi vers vos parents, je serai heureux s'ils me reçoivent avec bonté."»

 


















































































A suivre...



N.B. : La vie du peuple H'mong n'est pas toujours aussi sereine ni aussi paisible qu'elle est au Vietnam. Pour plus d'informations, suivre le lien en cliquant sur le logo ci-dessous.








 

Par Erwan
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