Histoire

Lundi 24 août 2009

Situé à la pointe extrême du continent, le sémaphore de la Pointe du Raz fait partie du réseau de surveillance des côtes et de la navigation sous la responsabilité de la Marine nationale qui les arme en personnels militaires spécialisés : les guetteurs sémaphoriques.

Il est possible de le visiter tous les jeudis de 11h à midi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

La mission du sémaphore de la Pointe du Raz est de surveiller la Chaussée de Sein, la baie de Douarnenez et la baie d'Audierne. La chambre de veille (la tour de contrôle) s'élève à 80 m au-dessus du niveau de la mer. Il est également un poste principal météorologique. C'est un sémaphore de 1ère catégorie.

 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Pour exercer ses missions, le personnel du sémaphore dispose d'une chambre de veille équipée de larges baies vitrées et de puissantes paires de jumelles donnant sur la zone maritime à surveiller, d'un radar, de moyens de radiocommunication et de systèmes de surveillance de la navigation très sophistiqués.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les photos étant interdites dans la chambre de veille pour cause de terrain militaire, ci-dessous, une photographie de l'affiche de la Marine Nationale exposée à l'entrée du sémaphore. Quant aux systèmes de surveillance, la rigueur militaire et son culte du secret étant poussés à l'extrême, font que l'on trouve toutes les indications voulues sur Internet. Secret-défense oblige.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 
















 

La construction du sémaphore de la Pointe du Raz date du 2ème quart du 19ème siècle, année 1838. A l'origine, c'était un phare, le phare du "bec du Raz". Le 15 mai 1839 s'allume un feu de premier ordre fixe blanc sur une tour carrée en pierres de taille de 15m de hauteur.

L'année 1881 voit la construction des logements des gardiens.

 

 

 


 

 

 

 

 

(carte postale source Marine Nationale)

 

 

 

 


 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 15 septembre 1887, la mise en service du phare de la Vieille (photos ci-dessous) a pour conséquence l'arrêt du phare du Bec du  Raz, et dès octobre 1892, la tour du phare porte le sémaphore.

 

 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le sémaphore est la suite historique des corps de garde et des batteries côtières créées sous Louis XIV (voir article précédent sur le corps de garde de la Pointe du Souch). Napoléon Ier remet ce système de surveillance au goût du jour. En 1806, Louis Jacob, (amiral et homme politique français né à Tonnay-Charente, Charente-Maritime, le 11 novembre 1768 et mort à Livry-Gargan, Seine-Saint-Denis, le 14 mars 1854), fait du  sémaphore un poste de guet établi sur la côte, chargé de surveiller les approches maritimes et de signaler par signaux optiques toute activité ennemie (le mot sémaphore vient du grec sema : signe, et phoros : qui porte).

 

 

 


 

 

 

 

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les sémaphores sont, avec leur capacité télégraphique, conçus comme un canal de communication, le seul pour l'époque en tout point de la côte entre les navires et la terre. Les sémaphores étaient des bureaux télégraphiques à part entière. L'aspect de surveillance complète ce rôle central : «Chaque poste sémaphorique est un œil - et un œil vigilant - ouvert sur la mer pour voir tout ce qui s'y passe.»

 

 

 

 

 


 

 

 

En 1958, le service de télégraphie est fermé. Les sémaphores sont désormais chargés de la surveillance de l'espace maritime, aérien et terrestre, militaire et civil. Ils doivent, en particulier, participer à la sécurité de la navigation et à la sauvegarde de la vie humaine dans la zone côtière.

 

 

 

 

 

 


 

 


 

Initialement, 162 électro-sémaphores furent construits le long du littoral français, mais aussi en Algérie et en Tunisie.

59 d'entre-eux sont encore en activité.

 

Actuellement les sémaphores sont classés en trois groupes selon leur situation géographique et l'importance des missions qu'ils assurent :

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

1) Les vigies armées par 10 personnes assurent une veille permanente à l'entrée des ports militaires (Homet pour Cherbourg ; Stiff, St Mathieu et Portzic pour Brest ; Cepet pour Toulon).

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

2) Les sémaphores de 1ère catégorie ou permanents, fonctionnent avec 9 personnes et assurent une veille permanente en des endroits remarquables de la côte ou dangereux pour la navigation ainsi qu'à l'entrée des ports de commerce d'intérêt majeur comme Le Havre, Nantes, Bordeaux, Marseille.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

3) Les sémaphores de 2ème catégorie ou intermittents répartis le long de la côte pour obtenir une surveillance continue avec le reste de la chaîne sémaphorique, assurent avec un équipage de 5 personnes, une veille du lever au coucher du soleil mais peuvent être réarmés en quelques heures.

 

Le personnel engagé suit les cours de formation à l'école des guetteurs sémaphoriques. Cette école est une partie intégrante de l'École de manœuvre et de navigation située à Lanvéoc Poulmic (coté sud de la rade de Brest).

 

 


 

 

 

 

 

 


 

 

Missions militaires

  • Assurer la présence de la marine nationale en certains points de la côte.
  • Surveiller l'espace maritime, terrestre et aérien : surveillance de la zone qui leur a été attribuée.
  • Assurer un service de transmissions : écoute de fréquences civiles et militaires.
  • Informer les commandements opérationnels et organiques.
  • Réguler et surveiller le trafic maritime : signaler à l'autorité maritime toute infraction à la réglementation relative à la navigation, à la pêche ...

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Missions de service public

  • Sauvegarde de la vie humaine (en liaison avec les CROSS).
  • Surveillance du plan d'eau.
  • Écoute des fréquences de détresse.
  • Diffusion de toute information relative à la sécurité de la vie humaine.
  • Signalisation des avis de coups de vents et tempête.
  • Participation aux opérations de sauvetage en mer.
  • Surveillance de l'espace terrestre (feu de forêt).
  • Observations météorologiques au profit de la Marine nationale et de Météo France.
  • Concours aux tâches des autres administrations (Douanes, Affaires Maritimes, Gendarmerie, Mairie ...) dans le cadre de la coordination de l'action de l'état en mer exercée par le Préfet Maritime (police des pêches, surveillance des zones interdites de mouillage, des sites archéologiques, zones de tirs, du balisage de jour et de nuit).
  • Prévention des pollutions maritimes accidentelles.

 

 

Source : Marine Nationale

 

 


 

 

 

 


 

Les photos ci-dessous sont prises de la chambre de veille du sémaphore, à travers les vitres teintées.

 

 











 

 

 

 

 

 


 

Il semblerait cependant que les hommes n'aient pas une confiance absolue dans le sémaphore malgré tous les moyens modernes déployés pour assurer la sécurité dans l'un des passages les plus fréquentés et les plus dangereux du monde. Aussi, ils ont préféré s'adjoindre la puissance des instances divines en érigeant à l'extrême pointe la statue de Notre Dame des Naufragés.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Si les marins demandent au sémaphore de veiller sur leur navire, ils confient, eux et leurs familles, leur vie et leur âme  à Notre Dame des Naufragés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Par Erwan
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Lundi 29 juin 2009

De 1689 à 1815, la France est presque continuellement en guerre avec l´Angleterre, les historiens ont parlé de «Seconde guerre de 100 ans». Après la bataille navale de la Hougue en 1692, la France s´oriente alors vers une stratégie défensive. Seuls les corsaires peuvent rivaliser avec les Anglais maîtres des mers.

 

 

 





 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

A la suite de la révolution de novembre 1688 qui a porté le stathouder Guillaume d'Orange sur le trône d'Angleterre, le roi détrôné Jacques II Stuart s'est réfugié en France. Louis XIV va s'efforcer pendant plusieurs années de le remettre sur le trône.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rappelé dans son royaume, en 1692, par une faction de ses sujets, Jacques II demanda à Louis XIV une flotte et des troupes pour débarquer en Angleterre. Il se rendit à La Hougue avec 16.000 hommes afin d'embarquer sur la flotte du Vice-amiral de France, le Comte de Tourville, forte de 44 vaisseaux de guerre.

 

 


 


 

 

 


L'escadre française appareilla le 12 mai, et rencontra la flotte anglo-hollandaise qui alignait 84 vaisseaux de premier rang et quantité de brûlots.

La disproportion des forces était énorme. Le 29 mai 1692, en livrant pendant douze heures un combat à un contre deux sans qu'aucun bâtiment français n'ait été détruit ou capturé, Tourville et ses hommes réalisèrent l'un des plus beaux exploits de l'histoire maritime.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais il fallait se dégager. L'amiral français prévoit de rejoindre Brest ou Saint-Malo poursuivit par la flotte ennemie. Une majorité des navires (soit 27 navires) parvient à franchir le Cap de la Hague, mais treize ne peuvent franchir des courants du raz Blanchard. Ils sont alors contraints de revenir vers l'ennemi en se réfugiant devant Cherbourg qui n'était alors qu'une rade sans protection. Les 2 et 3 juin, les Anglais, embarqués sur des chaloupes, incendient l'un après l'autre les navires en rade de la Hougue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette sévère défaite révèle la nécessité de consolider la défense côtière. C'est à partir de ce moment que se multiplient batteries côtières et corps de garde tout le long des côtes, en particulier sur la côte Nord de Bretagne, de Saint Malo à Brest et la presqu'île de Crozon.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le corps de garde du Souc'h fut construit en 1747. Cette ancienne bâtisse servait aux gardes-côtes pour surveiller les mouvements des navires ennemis et prévenir toute tentative d'attaque, principalement contre les invasions de pirates ou d’Anglais.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1815, il est déclassé et affecté aux services des douanes, puis est abandonné par la suite. La restauration date de 1997 pour les murs et de 1998 pour la toiture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Tous les hommes, de 18 à 60 ans, dont le clocher de la paroisse est à moins de 2 lieues (environ 8 km) du rivage marin sont astreints à participer à une "Milice Garde-côte". Ils se relaient quotidiennement sur un cycle de 20 jours. Ils doivent assurer le guet de la mer : mission de surveillance des bateaux de passage. Les conditions de vie lors des gardes étaient draconiennes : interdiction de faire du feu pour se chauffer ou pour se nourrir.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


En cas d´apparition de voiles ennemies, les miliciens de la compagnie garde-côte alertaient les autorités par signaux codés : jeux de pavillons par temps clair, coup de canon, tocsin de l´église la plus proche, feux la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Quand on pense à la guerre des côtes, on pense escadres au combat. Mais la guerre des côtes est tout autre. Ce sont des persécutions, des opérations de harcèlement et des attaques sournoises par des bâtiments légers à faible tirant d´eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les souvenirs de pillages et de descentes : Morlaix (1522), Belle-Ile, Houat et Hoëdic (1545-1548), Le Conquet (juillet 1558), Camaret (1694), Lorient (1746), Saint-Cast (1758) reviennent toujours pour confirmer ce qu´on considère comme un péril.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’état de guerre qui s’instaura durant ces longues années allait rendre la vie des populations littorales peu sûre. Beaucoup de hameaux et de villages riverains ne furent pas épargnés : rapines, enlèvements (cf. article précédent), viols, incendies…

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Ici, l'ennemi héréditaire n'est pas l'Allemand comme sur les frontières de l'Est, mais l'Anglais, le Saxon maudit (Saoz milliget).

 

Un pays de Celtes comme le nôtre...

Là, autant, tous, petits et grands,

Du Saxon maudit ont méfiance et haine,

Dieu veuille que nous puissions, un jour, quand le coup sera propice,

Les chasser, pour jamais, loin hors de notre pays !

 

Pièce de théâtre, Le Roi Arthur,

Auteur inconnu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La plage de Gwendrez et la pointe du Souc'h.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Erwan
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Lundi 15 juin 2009

26 Nivôse de l'an V de la République (14 janvier 1797) : une page de l'Histoire de France qui marque la vie de la commune de Plozévet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dis-moi, ami, quel est ce mât de pierre

Dressé entre Penhors et Porz Poulhan

Près d'un sentier où fleurit la bruyère,

A la limite de l'estran ?

Pourquoi a-t-il un jour jailli de terre,

Dessus la lande et face à l'Océan ?

Dis-moi, ami, je t'en fais la prière,

Quel est le nom de ce géant ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est le menhir des "Droits de l'Homme",

Le monument des trépassés,

Qui apparaît, tel un fantôme,

Devant la plage de Canté.

Ce mégalithe ainsi se nomme

En souvenir des naufragés

Du grand vaisseau "Les Droits de l'Homme"

Venu, ici, se fracasser.

 

Chanson de Georges Tanneau

(Ecrivain et poète Breton, né au Guilvinec en 1937,

ancien marin,

connu en Bretagne pour ses chansons de marins).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    


 

26 Nivôse de l'an V de la République : le "Les Droits de l'Homme", vaisseau de 74 canons de classe Téméraire commandé par le capitaine de vaisseau Raymond de Lacrosse, fit naufrage en Baie d'Audierne, en face du village de Plozévet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bataille entre le vaisseau "Les Droits de l'Homme" et les frégates anglaises l'Indefatigable et l'Amazon les 13 et 14 janvier 1797 en baie d'Audierne (Tableau de Léopold Le Guen peint en 1853 - Musée de Brest)

 


 Les cent sept vaisseaux de ligne de la classe Téméraire furent construits par la France, entre 1782 et 1813 ; ils constituent la première série de navires de ligne construite selon des plans identiques, leurs éléments étant ainsi interchangeables entre deux navires de la série.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


La coque mesure 55,87 mètres de long, et 14,90 mètres de large. Le déplacement est de 2900 tonnes. La voilure, dont la surface est de 2485 m², est à trois mâts, gréés carrés. L'équipage nécessaire pour armer ces navires est de 562 officiers et hommes.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

















Son artillerie occupe deux ponts complets. Le pont inférieur, le plus proche de la ligne de flottaison, est garni de quatorze canons de 36 livres, sur chaque bord. Ce type de pièce, long de 3,274 mètres, pèse 3520 kg, auxquels s'ajoutent les 900 Kg de son affût. Son service nécessite quinze hommes, il est capable d'expédier un boulet plein de 17,62 kg à 3700 mètres, environ toutes les huit minutes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


Ce type de navire devint vite l'ossature de toutes les flottes de combat européennes.

 












Le vaisseau "Les Droits de l'Homme" était affecté à l'expédition qui devait débarquer une armée française sur les côtes de l'Irlande. L’Expédition d’Irlande de 1796 est une tentative avortée d’invasion de l’Irlande pendant les guerres révolutionnaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 16.500 hommes de l'Armée d'Irlande commandés par le Général Hoche embarquaient sur les navires de l'Armée navale de l'Océan.  44 bâtiments, répartis en trois escadres, se regroupaient au port de Brest à la fin de l'An IV (août-septembre 1796) pour appareiller le 15 décembre 1796. Parmi eux, 17 vaisseaux de 74 canons de classe Téméraire, dont "Les Droits de l'Homme", construit à Port-Liberté (Lorient) le 10 Prairial de l'An II (29 mai 1794).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A son bord, les 650 hommes d'équipage et 549 hommes de la Légion des Francs sous les ordres du Général Humbert.

Le vaisseau "Les Droits de l'Homme" est  commandé par le Capitaine de vaisseau Lacrosse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A peine l'escadre a-t-elle quitté le goulet de Brest qu'elle doit affronter une grosse tempête qui la disperse au milieu d'une énorme confusion. Seuls dix navires peuvent mouiller en baie de Bantry (Sud Irlande). "La Fraternité","ayant à son bord le Général Hoche, commandant des troupes de débarquement, n'est pas au rendez-vous. Toute idée du débarquement est annulée. 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le navire "Les Droits de l'Homme" patrouilla 8 jours, capturant les bricks britanniques "Cumberland" et "Calypso", en faisant une cinquantaine de prisonniers,  dont le Lieutenant Pipon. Il ne voulut pas s'éloigner sans s'être assuré qu'aucun des vaisseaux français n'avait été jeté sur les côtes. Lacrosse se décida alors à rallier l'escadre en se dirigeant vers les côtes de France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

























Nous sommes donc le 22 nivôse an V de la République (13 janvier 1797), le commandant du "Les Droits de l'Homme" croisait à 25 lieues de Penmarch, quand il aperçut au vent la frégate britannique, l'Indefatigable, de 44 canons, accompagnée de l'Amazon, de 36 canons. Vers trois heures, le "Les Droits de l'Homme" décide d'engager le combat avec les frégates.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


Aux bordées de l'Indefatigable, le Capitaine Lacrosse répond par des volées de canon et de mousqueterie, mais la tempête l'empêche d'ouvrir sa batterie basse de canons de 36. L'Anglais dispose d'une supériorité en voilure. Il évite ainsi  les manœuvres du "Les Droits de l'Homme" cherchant à le prendre à l'abordage. Dans cette situation, le vaisseau français aurait bénéficié d'une incontestable supériorité due aux 600 hommes de la Légion des Francs embarqués à son bord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


À six heures trois quarts, après une heure et demie de combat,  l'Amazon  arriva à portée et tira une bordée dans la hanche du "Les Droits de l'Homme", avant de s'éloigner avec l’Indefatigable pour réparer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les huit heures et demie du soir, les Britanniques rouvrirent le feu. Profitant de la supériorité de leur voilure, ils tournaient autour du "Les Droits de l'Homme" en le prenant en enfilade. "Les Droits de l'Homme" perdit son mât d'artimon et les frégates britanniques tentèrent de s'approcher, mais furent repoussées par le feu du vaisseau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers une heure du matin, le commandant Lacrosse fut atteint au genou gauche par le ricochet d'un boulet mort. Il fit jurer à son équipage de ne pas amener le pavillon français. "Non, jamais, Capitaine, vaincre ou mourir !"  Fût la réponse de l'équipage. Le second du navire, Prévost de Lacroix,  prit le commandement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Durant la nuit, à la faveur de la lueur de la lune qui était pleine à cette époque, les Anglais s'acharnent autour du vaisseau. Le Français doit subir les bordées successives des navires ennemis qui l'obligent à combattre des deux bords.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le combat dura encore quatre heures ; le navire voit ses mâts se casser, sa coque est criblée de boulets, partout des morts et des blessés. Vers six heures du matin, la vigie du "Les Droits de l'Homme" signala la côte, et le vaisseau tenta de gagner la terre, brisant ses mâts de misaine et de beaupré endommagés dans le combat. Démâté, ses ancres endommagées et son gouvernail détruit, "Les Droits de l'Homme" se jeta à la côte.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

L’Amazon en état de délabrement et ingouvernable, se brisa à la côte et son équipage fut fait prisonnier. L’Indefatigable, réduit à l'état de ponton, parvint à contourner les récifs de Penmarch et à s'échapper.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


 


 

"Les Droits de l'Homme" s'échoua dans la baie d'Audierne le 25 nivôse à sept heures du matin. Dans la tempête, les canots légers étaient emportés par les lames avant d'être mis à l'eau. Plusieurs de ses matelots périrent en tentant d'établir un va-et-vient ou de chercher des secours.

 

 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Dans la nuit du 25 au 26, cinq chaloupes venues d'Audierne purent emmener les blessés et environ 400 matelots ou soldats ; la tempête interrompit les opérations de sauvetage pendant 5 jours. Le 30, Lacrosse s'embarqua sur une corvette qu'on lui avait envoyée de Brest après s'être assuré qu'il ne restait plus un seul homme à bord.

 

Lacrosse fut élevé au grade d'officier général.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Quant au Lieutenant Pipon, cet officier anglais fait prisonnier sur les côtes d'Irlande, il  fut sauvé du naufrage. "Traité avec la plus grande humanité" dira-t-il, il fut conduit à Brest et envoyé sans rançon en Angleterre où il arriva dès le 7 mars et reprit du service actif dans l'armée anglaise.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

En 1840, alors qu'il était à la retraite dans l'île de Jersey, il revint sur le site du naufrage et y fait dresser une pierre en forme de menhir où il inscrit le témoignage de sa reconnaissance. Brisée par les tempêtes elle sera restaurée en 1882 par le maire Lucien LE BAIL au cours d'une cérémonie.

 









 

 

 

"Le major Pipon, né à Jersey, et miraculeusement échappé à ce désastre, est revenu sur cette place le 21 juillet 1840, et dûment autorisé, a fait graver sur cette pierre ce durable témoignage de sa reconnaissance, A Deo Vita Spes In Deo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


   

Sous cette inscription, une plaque :

"Cette pierre doublement consacrée par le temps et l'histoire a été sauvée de la destruction l'an 1882."

 

 


 

En 1896, une forte tempête mis à jour les restes des naufragés hâtivement inhumés sur la falaise. Le 22 août 1937 Albert LE BAIL, député maire socialiste de Plozévet, petit-fils de Lucien Le Bail,  inaugure, dans l'enclos de l'église de Plozévet, une plaque commémorative encadrée par deux fûts de canon provenant du naufrage. Sur cette plaque est gravée l'inscription :

 

 

 

 


 


 

 

 

   

 "Ici reposent 400 hommes marins du vaisseau "Les Droits de l'Homme" et soldats de la légion des Francs qui, le 25 Nivôse de l'an V de la République, luttèrent victorieusement contre deux vaisseaux anglais au large des côtes de Plozévet et moururent aux cris de "Vive la République".

 





La plage de Canté à Plozévet aujourd'hui : une petite plage si tranquille.

 

 

 

 

 


 

 

 

Sources :

Mairie de Plozévet, exposition permanente "Les Droits de l'Homme",

Divers Internet dont Wikipédia.

 

 

 

Par Erwan
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Lundi 24 novembre 2008


2 - Le bilan humain



Le 7 mai 1954, l’Armée Vietminh investissait le camp retranché de Diên Biên Phù tombé après de violents combats. C’est sur le quartier général du camp, le P.C. GONO (Groupement Opérationnel du Nord Ouest) que la reconstitution, diffusée aux actualités cinématographiques de l’époque, montre les soldats Vietminh brandissant le drapeau rouge à l’étoile d’or.

 

Ci-dessous, le PC Gono, où commandait le colonel De Castries.



 


 

 

 

 

 

 


La salle de commandement :


 




 

Le pont sur la Nam Youn :

 




 


C’est sous ce pont que se réfugièrent ceux qui avaient craqué durant la bataille, ceux que l’on appelle communément des déserteurs,"les rats de la Nam Youn".  Mais avant de juger confortablement assis dans un fauteuil, rappelons-nous la phrase du célèbre écrivain Conrad dans son livre « Lord Jim » : « Entre la lâcheté et le courage, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette ».

 


 

 



 Ce pont se trouve à quelques centaines de mètres du P.C.







 

Ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l'après Seconde Guerre Mondiale, et l'un des points culminants de la Guerre Froide.

 

Près de la colline Éliane 2, un musée a été construit en souvenir de cette bataille. A l’intérieur, outre les différents objets que l’on peut trouver dans les musées militaires de ce type, on peut suivre une vidéo (avec le plan de la bataille sur maquette) retraçant  le déroulement des combats vu du côté Vietminh.

 


 


 


A l'extérieur, est exposé du matériel de guerre français (canon de 105 et char M24 Chaffe) :

 


 

 

 


et du matériel vietminh (armes russes et chinoises) :










Le cimetière vietminh se trouve au pied d’Eliane 2, là où leurs troupes eurent le plus grand nombre de tués.

 







 




 

 

Dans l’armée vietnamienne forte de 40 000 hommes et appuyée de près de 60 000 coolies chargés de l’approvisionnement en nourriture, armes, munitions, et construction de routes, les pertes sont estimées à près de 20 000 hommes.

 




 

 

Mais jamais, dans aucune bataille (que ce soit contre les Français ou contre les Américains), les responsables Vietminh n’ont fait état du nombre de soldats tués. D’autant qu’en plus de leurs soldats réguliers, des milliers d’autres, sans noms, les irréguliers, ceux-là même qui formaient les premières vagues d’assaut, n’étaient pas comptabilisés dans les effectifs.

 




 

 

Peu importait au général Giap le nombre de victimes, leur héroïsme, leur abnégation, car pendant ce temps, se tenait la Conférence de Genève qui allait décider du sort de l’Indochine : il fallait la victoire à  tout prix. "La stratégie militaire vietminh, c'est la victoire à n'importe quel prix", paroles du général Giap.

 

 


 


 

 

 

Bilan pour l'armée française (Source : La Saint-Cyrienne) :

 

  • 15 090 hommes ont combattu dans les rangs de l’armée française à Diên Biên Phù (10 813 présents le 13 mars et 4 277 parachutés, dont 5 bataillons, 1 500 individuels dont 700 non brevetés), 316 ont pu être évacués du 16 au 28 mars,
  • 4 500 ont été tués, disparus ou déserteurs (1 161),
  • 10 274 ont été faits prisonniers le 7 mai (dont 858 blessés rendus par les VM),
  • 9 415 partirent en captivité,
  • 3 290 furent libérés en septembre 1954 : soit 4 500 tués en 60 jours de combat et 6 152 morts en 120 jours de captivité.

 

 


(Stèle à la mémoire du Colonel Piroth, après le pont, à l'emplacement de son P.C.)


 


L'ensemble des prisonniers devra en effet, marcher à travers jungle et montagnes sur 700 km. Ceux qui étaient trop faibles mouraient ou étaient achevés. Puis ils ont été installés dans des villages, aux confins de la frontière chinoise, hors d'atteinte du Corps Expéditionnaire.

 



(Diên Biên Phù, vue du pont)


 

Là un autre calvaire attendait les prisonniers. Dans ces camps, ils avaient des conditions de survie effroyables, en particulier le camp 113 , où sévit le triste Boudarel, professeur de philosophie, membre du PCF, nommé Instructeur Politique adjoint au commissaire politique du Camp 113. Il est assimilé à un chef de compagnie avec une ration triple, soit trois kilos de paddy par jour. (Cliquer sur l’insigne pour suivre le lien)

 

 

 


 

(Le kilo de paddy, riz non décortiqué, est alors l’unité monétaire dans les zones occupées par le Viet-Minh). Quant à l’alimentation quotidienne des prisonniers, elle se limitait à une boule de riz pour ceux qui étaient valides, et pour les agonisants, une soupe de riz. Un grand nombre de soldats sont morts de dénutrition et de maladies. Ils n'avaient droit à aucun soin médical.

 

 

Quant au gouvernement français, il s’est empressé d’oublier les 6 152 soldats morts dans les camps. Soldats perdus, soldats oubliés ! Rien n’a été fait pour essayer de les retrouver. Il fallait tourner la page de cette guerre au plus vite.

 

 

 

 

 

 

Légende du graphique concernant les prisonniers de guerre :

2 % : Prisonniers français en Allemagne ;

37 % : Prisonniers allemands en Russie ;

57,5 % : Prisonniers russes en Allemagne ;

59,9 % : Prisonniers français dans les camps vietminh ;

69 % : Prisonniers du corps expéditionnaire français, toutes ethnies réunies ;

72 % : Prisonniers de Diên Biên Phù (en 4 mois de captivité).


 

 

 

 

Le monument du Légionnaire Rolf Rodel

 


Un homme seul a su pallier les carences du gouvernement français, le légionnaire Rolf Rodel, en érigeant à ses frais le monument ci-dessous :

 

 



 



 










Davantage de précisions sur ce monument en cliquant sur l’insigne ci-dessous :





 

 

 

 

La honte n'est pas d'être inférieur à l'adversaire, c'est d'être inférieur à soi-même (Maxime mandchoue)




A suivre... Le Nord Ouest du "Tonkin"



Par Erwan
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Dimanche 23 novembre 2008


1 - La bataille



Novembre 1953 / Novembre 2008…

Il était une fois, il y a de cela bien longtemps, 55 ans exactement, Diên Biên Phù…

Si Waterloo sonnait le glas du 1er Empire, Diên Biên Phù sonna celui de l’Empire colonial français. Qu’aurait écrit Victor Hugo s’il avait été là ?

 

 « Waterloo Diên Biên Phû ! Diên Biên Phû ! Diên Biên Phû ! Morne plaine !

Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,

Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,

La pâle mort mêlait les sombres bataillons ; »


 

Cet article, un peu spécial, ne veut être qu’un petit et modeste rappel historique.

 

 

Ðiện Biên Phủ se trouve à proximité de la frontière laotienne, en plein pays Thaï, dans la province de Laï Chau.  La région autour de Diên Biên Phû se présente comme une petite plaine de 16 Km de long sur 9 de large, couverte de rizières et de champs, avec la ville proprement dite, et une rivière (La Nam Youn) qui la traverse.

 




 

 

 

Diên Biên Phû n’est plus le petit village de paillotes de 1953, c’est devenu une capitale de province. Elle s’est développée sur l’ancien champ de bataille, entre et sur les collines qui furent des points d’appui français. Seule, la colline Eliane 2 a été préservée de justesse pour rappeler le souvenir de ce qui fut la plus célèbre des batailles de l’Indochine car elle concrétisa son Indépendance.

 



 

 

 



Après quelques opérations réussies qui écartent la menace que le Viêt-minh fait peser sur le delta (dont la victoire de Vinh Yen en 1951 avec le Maréchal De Lattre), le commandement français décide d'attirer les troupes ennemies sur un terrain de son choix en vue de les détruire de toute la force de son artillerie et de son aviation.

 

 



 

 

 

Voulant s’inspirer du succès du camp retranché de Na San, en décembre 1952, où l'artillerie du camp et les avions d'assaut furent les éléments déterminants de cette victoire, il choisit pour cela la cuvette de Diên Biên Phû, située près de la frontière laotienne.

Le 20 novembre 1953, deux bataillons de parachutistes (6e BPC du commandant Bigeard et 2/1er RCP) sautent sur Diên Biên Phù et en chassent le régiment du Viêtminh qui l'occupait. C’est l’opération Castor placée sous les ordres du général Gilles. D'autres unités sont parachutées dans l'après-midi du 20 novembre et dans les jours suivants. Un bulldozer est largué sur la position pour permettre la rénovation de la piste d'atterrissage, construite par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale.

 




 

 





 




Les photos suivantes sont prises sur la colline Éliane 2.

 



 


 

Les raisons du choix de Diên Biên Phù :

 

Ø      Le commandement français voulait contrôler une voie de passage essentielle de l'adversaire via le Laos vers le delta du Mékong et le Triangle d’Or (Diên Biên Phû est la porte du Laos et la route qui traverse la ville est encore de nos jours la route de tous les trafics)

 




 


 

Ø      Il voulait également créer un abcès de fixation et un solide point d'amarrage en pays Thaï, en  attirant les insaisissables forces vietminh pendant que se déroulait l’opération Atlante en Annam (opération marquée par l’embuscade d’Ankhé le 24 juin 1954 qui  aura coûté à elle seule aux Forces Françaises du GM 100, près de mille morts ou disparus en trois heures de combat).

 



 


 



Ø      Son but était aussi de créer l'insécurité sur les arrières Vietminh, de rechercher des renseignements en capturant des prisonniers, et de détruire des installations ennemies.

 




 



Ø      L’opération Castor avait également pour objectif de récupérer la garnison de la ville de Laï Chau encerclée par des régiments Vietnimh (opération Pollux). Mais l'évacuation de la base de Laï Chau prend une tournure dramatique. Le troisième et dernier élément de la garnison, fort de 2.000 partisans, s'est dispersé en petits groupes pour échapper à l’ennemi. Le 10, une compagnie commandée par le sergent Blanc est assiégée à Muong Pon, à 18 kilomètres à peine de Diên Biên Phù. Quand les légionnaires du 1er BEP atteignent Muong Pon, le 13 en fin de matinée, les derniers défenseurs sont tombés.

 





 



Et l’encerclement de Diên Biên Phù se précise :

Le 5 décembre, un groupement parachutiste (8ème BPC, 1er BPC et 2/1 RCP) s'engage sur la RP 41 à moins de 5 Km au Nord Est du centre de Diên Biên Phù. Il est sévèrement accroché et subit de lourdes pertes.

 





 

 


Le 13 décembre, sur la piste Pavie, nouvel accrochage sérieux pour un groupement parachutiste (1er BEP, 5ème BPVN) qui s'est porté en recueil des éléments de Laï Chau évacué. Les pertes sont encore importantes.

 





 


Le 20 décembre, un autre groupement composé du 8ème BPC et du 1er BEP part vers le sud ouest tendre la main à un groupement mobile venant de Luang Prabang (Laos). Le but de cette opération est de prouver que la garnison de Dien Bien Phu conservait toujours sa liberté de mouvement et que ses éléments pouvaient se rendre où ils voulaient quand ils voulaient. La marche est épuisante et longue. La liaison se fait cependant dans la région de Sop Nao (Laos). Mais le retour sera plus harassant et semé d'embûches car le Vietminh a repéré l'axe de progression de la colonne française. Cette dernière, et à l’initiative du capitaine Tourret, pour déjouer les traquenards et les embuscades, choisira la piste des sommets. Malgré quelques accrochages, le groupement ralliera Diên Biên Phù après avoir passé la nuit de Noël sur les crêtes sous une bruine froide et tenace.

 



 


 



Entre le 6 décembre 1953 et le 24 janvier 1954, cinq divisions vietminh convergeront vers Diên Biên Phù et prendront position sur les hauteurs dominant le centre de résistance. La 316 arrivera la première. Les divisions 308, 351 (la division lourde) et 312 s'y installeront entre le 24 et le 28 décembre 1953. La division 304 y parviendra le 24 janvier 1954 :  à ce moment-là, le camp retranché est définitivement encerclé. Son évacuation est peu probable, à moins de réitérer le désastre de Cao Bang en octobre 1950. (La garnison de Cao Bang, ville à la frontière N.E du Tonkin, en se repliant sur Langson, tomba dans une embuscade sur la R.C.4, avec la colonne de secours venue à sa rencontre.  Bilan désastreux : près de 5 000 morts du côté français).

 






 

 

Les centres de résistance de Diên Biên Phû furent, pour des raisons pratiques, baptisés de prénoms féminins correspondant à l'alphabet :

Anne-Marie, Béatrice, Claudine, Dominique, Éliane, Françoise, Gabrielle, Huguette, Isabelle, Junon.

 

 

Carte :

 






 




L'assaut est déclenché le 13 mars contre le point d'appui « Béatrice » tenu par la 13e demi-brigade de Légion étrangère commandée par le commandant Pégot. Le point d'appui est écrasé par les obus de canons et de mortiers lourds. Pendant plusieurs heures il reçoit des milliers d'obus. Les abris, n'étant pas conçus pour résister à des projectiles de gros calibre, furent pulvérisés. La surprise fut totale dans le camp français.

 

 




 


 

« La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.

La batterie anglaise  vietminh écrasa nos carrés.

La plaine où frissonnaient nos drapeaux déchirés

Ne fut plus, dans les cris des mourants qu’on égorge,

Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;

Gouffre où les régiments, comme des pans de murs,

Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs…. »

 







 

En une nuit, c'est une unité d'élite de la Légion qui est supprimée. Nul n'a imaginé un tel déluge d'artillerie. La contre-batterie française se révèle inefficace. Constatant cet échec, le Colonel d'artillerie Piroth se suicide quelques jours après le début de la bataille.

 

 


 

 

Eliane 2

 

 

 

 

« Derrière un mamelon, la Garde était massée,

La Garde, espoir suprême et suprême pensée !

- Allons ! Faites donner la Garde, cria-t-il.

Et lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,

Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,

Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,

Portant le noir colback ou le casque poli,

Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,

Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête,

Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête. »

 



 


 

 

Dans la nuit du 3 mai 1954, la 2ème compagnie du capitaine Marcel Edme est parachutée sur Dien Bien Phu. « Le courage de la goutte d'eau, c'est qu'elle ose tomber dans le désert (Lao She) ».

Elle part relever les légionnaires du commandant Coutant qui tiennent Eliane 2 depuis le 30 mars. Au sein du corps Vietminh, cette colline a une sinistre réputation, car depuis le 30 mars tous leurs assauts s’y sont brisés, les légionnaires n’ont pas lâché un mètre.

 

« Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,

Tranquille, souriant à la mitraille anglaise vietminh,

La garde impériale entra dans la fournaise ».

 

 

 




 

La 3ème compagnie du capitaine Pouget vient également en renfort dans la journée et se positionne sur la partie Sud de la colline.

 







 

Le capitaine Edme et ses hommes couvrent la partie Est.

 




 




Mais une sape est creusée par les soldats Vietminh sous cette partie de colline. A 23 heures, le 6 mai, la terre se soulève brutalement comme le couvercle d’une marmite : deux tonnes de TNT viennent de faire exploser le sommet Est d’Eliane 2. Le capitaine Edme, se trouvant à 15 m de là, voit sa compagnie disparaître sous ses yeux.

 





 

 

 

« Hélas ! Napoléon, sur sa Garde penché,

Regardait ; et, sitôt qu’ils avaient débouché

Sous les sombre canons crachant des jets de souffre,

Voyait, l’un après l’autre, en cet horrible gouffre,

Fondre ses régiments de granit et d’acier,

Comme fond une cire au fond d’un brasier ».

 







 

Mais les parachutistes du Capitaine Pouget continueront à se battre jusqu’au matin, où, à court de munitions, ils seront submergés par le nombre des assaillants.

 

"Ils allaient, l’arme au bras, front haut, graves, stoïques,

Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques ! "

 

Victor Hugo

 

 

Le 7 Mai à 17 h 30, le camp fortifié de Diên Biên Phù, sombrant sous le nombre, cessait le combat sans hisser le drapeau blanc.
 


 

 

 

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Cet article est dédié à Yvette et à la mémoire de son père, sous-officier au 8° Choc, tué à Diên Biên Phù, sur le point d'appui Claudine, le 20 avril 1954.



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A suivre...






Par Erwan
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Samedi 20 septembre 2008

28 juillet 1848 : L’armée bretonne du Duc de Bretagne, François II, est vaincue par les troupes du roi de France, Louis XI, à Saint-Aubin-du-Cormier. Cette défaite sonne le glas de l’indépendance bretonne. Le 10 août, François II doit signer le traité du Verger qui stipule que ses filles ne pourront se marier qu’avec l’assentiment du roi de France. L’hommage-lige de la Bretagne à la France est aussi imposé. François II meurt de chagrin en septembre 1848, et sa fille aînée, Anne de Bretagne lui succède, elle a alors 12 ans.

 



 

Pour tenter de retrouver l’indépendance totale, Anne de Bretagne se marie en 1490 avec Maximilien d’Autriche (nous avons failli être Autrichiens !). Ce mariage est vite annulé par le Pape sous la pression du roi de France, Charles VIII, qui dans la foulée, se marie avec Anne de Bretagne au château de Langeais. Mais Charles VIII a la bonne idée de se fracasser la tête contre le linteau d’une porte en 1498.

Succession de  Louis XII qui s’empresse d’épouser la veuve avant que celle-ci ait la fâcheuse idée de prendre pour époux un prince Anglais ou Espagnol. La Bretagne était en jeu !

 

 

Le duché a gardé son indépendance, de sorte que pour les affaires maritimes les vaisseaux bretons et leurs équipages appartiennent encore à leur suzeraine.

La flotte ducale est forte de plusieurs gros navires dont la plus belle unité est la "Marie Cordelière", dite "La Cordelière".

C'est une nef de 700 tonnes construite à Morlaix par le célèbre Nicolas Coëtanlem. Tout est réuni pour faire de cette nef un des plus beaux navires de l'Océan : harmonie des formes, luxe d'architecture et puissance d'armement.

De voir pareil vaisseau la bonne duchesse "en estoit toute émerveillée".

 


En 1508, elle en confère le commandement à l'un des plus loyaux et valeureux serviteurs de son pays : le capitaine de Portzmoguer.

Hervé de Portzmoguer est issu d'une noble famille du Bas-Léon (Nord Finistère). Sa seigneurie voisine le village actuel de Plouarzel, non loin de la pointe de Corsen. L'homme est un breton véritable. Sa devise est "VAR VOR HA VAR ZOUAR" (Sur terre et sur mer). Il connaît les choses de l'Océan et sait se battre. Il l'a déjà prouvé, c’est un corsaire craint des Anglais.

 

 

 



Sur La Cordelière, on vient de restaurer les deux châteaux gaillards que l'on a garnis d'écus à l'hermine de Bretagne. L'artillerie est faite de seize pièces lourdes et d'une quarantaine de pièces légères. En tête des mâts flottent - longue de dix aunes - les flammes de guerre blanches chargées d'une croix noire. Son équipage compte neuf cents hommes, marins et hommes d'armes.

 

 

 


 

Nous sommes le 10 août 1512.


La veille, le seigneur Hervé de Portzmoguer a donné une belle soirée à bord de son navire au mouillage à Brest, et ce sont trois cents gentilshommes et gentes dames de la région qui ont festoyé, chanté et dansé sur le bateau. Au lever du jour, tout ce beau monde est encore là, mollement avachi et attend de prendre congé.

 

 

 


 

Mais le capitaine Porzmoguer  se trouve en compagnie de son second sur le château arrière, d’où ils observent le vaisseau amiral La Louise. Celui-ci vient de hisser l’étamine « Attention à tous les navires ». Puis soudain, on voit monter aux drisses de La Louise les pavillons signalant "ordre d'appareillage immédiat".

"Sang de Dieu ! Maudits Godons !" jure tout bas Hervé. Il paraît évident que les Anglais doivent être dans les parages. Mais Hervé de Portzmoguer n'a plus le temps de débarquer ses invités. Ils resteront donc tous à bord et seront momentanément conduits dans l'entrepont.

Les ancres ont été hissées et tout le monde rejoint sans tumulte son poste de combat. L'escadre met cap au large, allure au plus près par petit vent d'ouest - sud-ouest. Il y a là vingt-deux navires. Cinq seulement appartiennent à la couronne de France, quatre à la Duchesse Anne. L'escadre est sous les ordres du vice amiral René de Clermont.

 

 

 

 

C'est un peu avant l'heure de midi que les vigies découvrent les vingt-cinq vaisseaux de guerre de l'amiral Thomas Howard, partis de Portsmouth. Ils sont venus mouiller en dehors des passes à trois milles au large entre la pointe Saint Mathieu et celle du Toulinguet. Les Anglais sont accompagnés et soutenus par vingt-six hourques noires de Flandre.

Sans doute notre vice amiral René de Clermont juge-t-il d'entrée la partie trop inégale car ses ordres viennent dans l'instant : Il faut virer de bord !

 

 


Les vaisseaux de premier rang, La Louise et La Cordelière, sont demeurés en arrière pour couvrir la retraite, accompagnés seulement d'une nef de 400 tonnes La Dieppoise, du capitaine Rigault de Berquetot. Une nef légère ennemie, La Mary James, fait force de voile pour les joindre et acquiert ainsi une avance appréciable sur le reste de la flotte anglaise.

C'est à ce moment que La Louise s’échoue sur des cailloux par on ne sait quelle erreur de manoeuvre et que, dans le même temps, La Mary James attaque La Cordelière. Plus maniable, elle tourne et vire autour du vaisseau breton, tirant des bordées de ses canons pointés très bas. Des voies d'eau apparaissent chez La Cordelière et retardent sa marche. Cela donne aux nefs jumelles de 1.000 tonnes, Le Sovereigh et Le Regent le temps d'entrer en lice.

Hervé de Porzmoguer fait tirer sur Le Sovereigh une bordée bien dirigée et va le forcer à loffer. Puis une deuxième bordée brise net le mât de misaine qui s'abat causant une grande confusion, si bien que, désemparé, Le Sovereigh baisse pavillon et se retire de la bataille. Hervé de Porzmoguer se retourne alors vers Le Regent, forçant vers lui.

 

 

 


 


A bord du Regent, qui là-bas s'apprête à aborder La Dieppoise, commande Thomas Knyvet, grand écuyer d'Angleterre. Il n'aura plus longtemps à vivre car à cette seconde un boulet de La Dieppoise lui fait éclater le crâne. Cependant l'Anglais ne mollit pas. Bien au contraire, la perte de son capitaine semble l'avoir rendu beaucoup plus acharné au combat. Et voilà que Le Regent vire de bord sous le feu conjugué et terrible de La Cordelière et La Dieppoise.


-"Il fuit !" clament les Bretons.

 
-"Point du tout, messieurs : ce serait mal connaître les Godons qui ont toujours été - rendons-leur cette justice - d'habiles et intrépides marins. Non ! Le Regent ne fait point retraite. Il manoeuvre seulement pour venir au vent et lorsqu'il jugera être en bonne position il se retournera droit sur La Cordelièr
e.

 

 



 

 

Ses voiles sont à environ un mille. Dans ce court répit, Hervé de Portzmoguer a réuni son équipage et fait monter ses invités sur le pont. Il leur parle alors d'une voix chaude qui porte bien au-delà du château de proue. Il exhorte ses gens, rappelle leurs exploits de naguère, leur montre que la victoire est nécessaire pour débarrasser la Bretagne de ces "malveillants qui y ont de tout temps inféré pestilence". Il les engage à "prendre la mort en gré" pour la noble cause du pays de France et pour la duchesse Anne qui leur a toujours été bonne. Tous et toutes comprennent qu'il n'y a pas d'autre alternative que l'issue de ce combat et qu'ils doivent s'y préparer. On ne fuira pas l'Anglais, "Plutost mourir que ce faire !".

 

 

 


 

Il est cinq heures de l'après-midi. Le vent forcit. L'escadre ennemie a mis en panne dans le goulet. Tous les vaisseaux français sont maintenant hors d'atteinte.

La Dieppoise et La Mary James se battent au loin. Il ne reste sur le devant de la scène que Le Regent et La Cordelière qui font route vers leur destin. Dans quelques minutes ils vont s'aborder. Des centaines de marins et hommes d'armes attendent le choc.

 

 


 

Épées et sabres de combat ont jailli hors des gaines et fourreaux. Et puis, c'est le grand moment ! Le Regent aborde La Cordelière par son travers bâbord. Tout de suite sont lancés de toutes parts les grappins, cordages, filets et filins qui crochent les deux vaisseaux et les immobilisent bord à bord. Des centaines de combats singuliers se livrent sur les gaillards et sur les ponts dans un fouillis mouvant de corps et de cris où l'on ne peut distinguer le Breton de l'Anglais. Ce sont des scènes d'effroyable boucherie sur La Cordelière écrasée par le nombre et qui n'est plus qu'une épave délabrée, encombrée de cadavres, rougie de sang. La Cordelière fait eau de plus en plus et les pompes ne peuvent plus évacuer.

 

 

 


Portzmoguer entrevoit la défaite et décide de faire son sauter son navire et par la même celui des Anglais. Il prépare son équipage et ses invités à mourir par cette phrase « Nous allons fêter saint Laurent qui périt par le feu ! ». Il fait mettre le feu à la Sainte Barbe de son vaisseau. La Cordelière explose, entraînant le Regent dans son naufrage. Et c’est pavillon haut que les deux navires s’enfoncent dans l’Océan.

 

 


Par Erwan
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