Fêtes Bretonnes

Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 11:44

Petit retour en arrière sur la dernière journée de la Route de l'Amitié à Audierne. Voici quelques photos du feu d'artifice organisé le dimanche soir, alors que les bateaux attendent sagement le départ du lendemain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


La Chine connaît la poudre noire et l’art d’en faire des explosions de bruit ou de lumière au moins depuis le VIIIème-IXème siècle. L’empereur de Chine affirme même en 1719 que son pays maîtrise les feux d’artifice depuis plus de 2000 ans.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La poudre noire a été rapportée en Europe au XIIIe siècle par Marco Polo de son long voyage en Chine. A l'origine, les feux d'artifices étaient principalement jaunes ou blancs. Les couleurs ne viendront qu’au début du XIXe siècle avec l'avènement de la chimie moderne.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


En France, le premier vrai feu a été tiré sur la Place des Vosges, à Paris, alors Place Royale, pour le mariage d’Anne d’Autriche avec Louis XIII en 1615.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


En 1792, la Convention doit acquitter les dettes du gigantesque feu d’artifice tiré en l’honneur du mariage du futur Louis XVI avec Marie Antoinette d'Autriche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Louis XV avait été si fier de ce feu qu’il avait cherché un compliment de la part son grand argentier :

"Que pensez-vous de ma fête ?" lui demanda-t-il.

"Impayable, Sire", lui aurait répliqué son argentier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le feu d'artifice du 14 juillet à Paris revient à plus de 500 000 €. Que dit le grand argentier ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Erwan - Publié dans : Fêtes Bretonnes - Communauté : le Finistère
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /2009 20:46

Située sur le versant Sud d'un coteau, la ville est baignée par les eaux de la rive droite du Goyen. Les maisons et les jardins se groupent autour de la très belle église romane dédiée à Notre-Dame-de-Roscudon. Pont-Croix, 1700 habitants, petite cité de caractère, est chef-lieu d'un canton des 12 communes du cap Sizun depuis 1790.

 

 


 

 

 

 

 

 

Les foires aux animaux de Pont-Croix ont été de tout  temps réputées. Les grandes dernières foires ont eu lieu jusqu'à la fin des années 1950. Des documents remontant à 1385 mentionnent la "chohuye de PONT-KROES", prouvant la notoriété et la fréquentation massive (d'où le mot cohue en français) de ces foires et marchés d'alors. Pont-Croix était alors la capitale économique du Cap.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


Du premier au troisième siècle, une exploitation rurale romaine se situait sur l'emplacement qui deviendra plus tard Pont-Croix. En effet les romains ont construit une riche propriété agricole à Kervenennec en Pont-Croix.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


C'est vraisemblablement vers le Xème ou XIème siècle que la ville de Pont-Croix est fondée, au près d'un gué situé au fond de l'estuaire du Goyen qui constituait alors un point de passage obligé entre les pays côtiers du Cap Sizun et le Pays Bigouden.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pont-Croix était alors, à l'ouest de Quimper, une petite capitale régionale de Basse-Cornouaille, à vocation agricole et artisanale, dotée d'un port abrité dont il ne subsiste aujourd'hui qu'un quai inutilisé.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Au début août, à Pont-Croix, l'Association War-Raok (En avant, en breton) a donné rendez-vous au public pour la 13e édition du Festival «Mouezh ar Gelted » (la Voix des Celtes). Comme chaque année, elle a organisé une fête dédiée à la culture bretonne et celtique : conférence, foire, concerts et animations diverses. Voici quelques photos du défilé.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Citons l'affiche de la fête :

"Puisant son inspiration dans le passé et par amour de la fête, l'association WAR RAOK organise le festival populaire MOUEZH AR GELTED, festival consacré à la culture bretonne et celtique et diverses manifestations culturelles ayant trait à la Bretagne et aux pays celtiques.

 


 








L'association œuvre également à la promotion de la langue et de la culture bretonne ainsi que la découverte de la culture des autres pays celtes. Elle entend contribuer par son action à l'animation et au développement socio -économique de la région. Elle a en outre l'ambition de devenir une des rencontres phares de la région afin de promouvoir cette culture bretonne et celtique au-delà des limites du département".

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Il ne se passe pas un jour en Bretagne sans qu'une ville ou un village n'organise, par le biais d'associations de bénévoles, une fête ou une manifestation. Je ne veux pas employer le terme de folklorique, car il est devenu presque péjoratif. Ce sont plutôt des manifestations culturelles, affirmant la fierté d'une culture et d'une tradition. La fierté de son pays natal qui s'ouvre au monde sans que soit revendiqué lors de ces manifestations la moindre idée d'autonomie ou d'indépendance. C'est simplement la joie de participer à une grande fraternité. Il suffit de regarder les sourires sur les visages des participants, du plus jeune au plus âgé, pour en être convaincu.

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pour mieux comprendre cet engouement, il faut se référer à l'histoire de la Bretagne.

Vers le Vème siècle après J.C. les habitants des Iles Britanniques chassés de leur terre par les peuplades germaniques (les Angles et les Saxons), traversent la Manche pour se réfugier en Armorique. Conduits par leurs pasteurs, ils débarquent sur les côtes de la Bretagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

La légende veut que ces pasteurs étaient des saints naviguant sur des bateaux de granite (être saint peut permettre des choses !). Ils sont bien accueillis par les autochtones dont les chefs leur donne des terres. Pour délimiter ces domaines, le saint devait conduire une charrue traînée par un bœuf. Le signal était donné à la tombée de la nuit, et l'attelage devait s'arrêter au premier chant du coq.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Si certains domaines sont moins étendus, c'est que la fille du chef de la tribu accueillante, mécontente de la décision de son père, se levait la nuit pour saisir le coq en question et le jeter au milieu du foyer. Le volatile, évidemment pas très content du sort qui lui était réservé, poussait son cri, obligeant le saint homme à arrêter sa charrue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


D'autres, prétendant n'avoir jamais entendu le cri du coq, continuaient allègrement leur petit périple jusqu'à ce qu'on leur enlève la charrue des mains. On peut être saint et avoir ses faiblesses !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis les communautés se sont intégrées l'une à l'autre et c'est le peuple breton lui-même, sans l'aveu de l'Eglise, qui a élevé au rang des saints les anciens moines et ermites qui furent ses premiers pasteurs et les premiers organisateurs de la vie civile et religieuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Venus pour évangéliser l'Armorique, les saints et divers ermites ont regroupé les tribus en paroisses. Chaque paroisse, regroupée autour d'une église ayant son identité propre, son costume, ses danses et ses règles de vie commune.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les noms de localité en Bretagne sont souvent formés d'un nom de saint précédé des préfixes plou (ou plo, ploe, plé, pleu, plu), tré ou lan. Le plou c'est la paroisse bretonne primitive ; le tré est une subdivision de cette paroisse et le lan un ermitage ou petit monastère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ce qu'il faut retenir de cette époque, c'est que le clergé du temps de l'immigration a donné au peuple breton des campagnes l'organisation et les traditions auxquelles celui-ci est resté le plus naturellement attaché.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Cette organisation a perduré dans l'esprit de clocher un peu particulier en Bretagne. Il fut un temps où si un homme épousait une femme de la paroisse voisine et l'emmenait chez lui, celle-ci était considérée comme une étrangère. Il valait mieux encore chercher femme en pays lointain, la "pilule" passait mieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

On retrouvait aussi cette rivalité quand chaque village avait son équipe de foot. C'était alors la guéguerre d'autant plus virulente si l'une des équipes était entraînée par monsieur le Recteur (curé du village) et l'autre par l'instituteur laïque de l'autre village.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


Mais aujourd'hui, toutes les "paroisses" bretonnes s'unissent pour montrer ce qu'elles savent faire de mieux : accueillir et partager.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Erwan - Publié dans : Fêtes Bretonnes - Communauté : Les Bretons sont dans la place
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /2009 15:00

A quelques encablures de la Pointe du Raz, et à 32 km de Quimper, Audierne offre le charme d'un port actif, de quais animés et de ruelles serpentant à flanc de coteaux. Aujourd’hui Audierne compte 2524 habitants.

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

La pêche a fait la renommée de la ville. Aujourd'hui, la plaisance, omniprésente le long des quais situés au cœur de la cité, est venue compléter avec bonheur cette activité maritime toujours dynamique.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Du 31 juillet au 3 août au matin, Audierne accueillait les bateaux de la Route de l'Amitié.

 


 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


La Route de l'Amitié est une semaine de navigation côtière et de festivités, où l'Amitié, la Convivialité et l'Esprit Maritime gardent tout leur sens.

 

 



 

 


 

 

 

 

 


L'armada est volontairement limitée à 160 bateaux (soit plus de 750 plaisanciers) du fait de la capacité d’accueil de certains ports.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Elle est marquée par la grande diversité des voiliers qui y participent alliant vieux gréements, yoles et bateaux de plaisance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


30 bateaux participent à l'assistance et à la sécurité.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


800 bénévoles aident à divers niveaux à la réussite de la Route de l'Amitié.

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 


Des partenaires publics et privés soutiennent la manifestation.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


Les comités locaux des pêches, le SNSM, la gendarmerie maritime et le milieu maritime se mobilisent pour la Route de l'Amitié.

 

 

 


 

 

 

 

 

 


40 000 personnes sont attendues sur l'ensemble des soirées.

 

 

 


 

 

 

 


 

Cette fête de la mer à été crée par l’association La Fête du vent et de la Mer (qui a vu le jour le 17 novembre 1995) et a eu lieu pour la première fois le 5 juillet 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’objectif prévalant était de se tourner résolument vers l’avenir, tout en conservant les traditions qui font la richesse du patrimoine de la Bretagne.

 


 

 


 

 

 

 

 


L’association a mis en place des bases solides d'organisation avec notamment l’obligation pour les ports souhaitant accueillir la manifestation d’adhérer à une charte de qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les médias par leurs émissions, articles et reportages participent à la promotion de la Route.

 

 

 


 

 

 

 

 


Les bénévoles sur lesquels s'appuie l'organisation de la Route de l’Amitié sont autour de 800. Sans eux et les différents partenaires, la Route n’existerait pas.

 

 

Source : site officiel de La Route de l'Amitié

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Par Erwan - Publié dans : Fêtes Bretonnes - Communauté : le Finistère
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 12:48

Commune du Pays de Douarnenez, Pouldergat est à la croisée de trois contrées : la Bigoudénie, le Cap-Sizun et le pays Glazik (Quimper). C'est une commune à vocation essentiellement agricole. On y dénombre 1307 habitants (recensement de 1999).

 

 

 

 

 

 


La fête des Vieux métiers est un moment important dans le planning des festivités de la commune. Les Diharzieriens et les bénévoles s'attellent plusieurs jours à l'organisation de la manifestation dont l'entrée est gratuite. Ils vont accueillir le public pour un retour dans le passé, au temps des moissons, synonyme de moments festifs et conviviaux.

 

 


 

 

 

 


Le samedi 25 juillet, à partir de 14 h sur le site de Kerdalae, la fête des vieux métiers propose les attractions suivantes : battage à l'ancienne, arrachage de pommes de terre, broyage d'ajoncs actionné par un manège à cheval, moulin à grains… Toute la journée se déroule dans une bonne odeur de crêpes et de cidre.

 

Mise en marche de la batteuse :

 

 

 

 

 

 

 

 

De la charrette, on jette les bottes de paille : 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ficelle liant celle-ci sera tranchée par le premier homme sur la batteuse, le second enfournant la botte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'arrière de la machine, récupération de la paille et de la balle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les grains de blé sont ensachés sur le côté,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis apportés au moulin à grains :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 








 

 

 

Le broyage de l'ajonc :

 

 

Le cheval, ici une jument du nom d'Eglantine, est attelée au manège pour le broyage de l'ajonc :

 

 

 





 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


 

 

 

 

L'ajonc broyé servait de fourrage aux chevaux pendant l'hiver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière activité que je vous présente est l'arrachage des pommes de terre, avec toujours Eglantine en vedette. Pour accompagner les photos, une petite histoire de Pierre Jakez Hélias :

 

 

 

Le sillon du cantique

 

 

 


Un rayon de soleil filtre son miel à travers les portes du lit clos. Yfig ouvre l'œil à demi. Sur la chaux blanche du mur, il voit se tracer les images de deux oiseaux étranges qui ont une couronne de fuseaux pour aigrette. Ces deux paons ont été sculptés sur les portes par le menuisier qui a façonné le lit, vers l'époque où Napoléon le Jeune était empereur en France. Le menuisier est mort depuis longtemps, mais les paons s'éveillent tous les jours avec le soleil et ordonnent à Yfig de se lever pour aller à l'école où l'on peut lire, sur le papier, l'histoire de l'empereur qui est mort aussi.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Yfig se trouve grandement heureux d'être vivant‑bouillant et il ouvre l'autre moitié de l'œil pour profiter mieux de sa vie. Il lui est monté à la tête que c'est aujourd'hui jeudi. Aujourd'hui, le grand‑père Gwénolé est allé à Kerlaeron emprunter un cheval pour labourer le champ des Néfliers et c'est Yfig qui sera à la tête du cheval. Un homme, donc, un grand valet ou presque.

 

 


 

 

 

 


 

Le grand valet Yfig ouvre d'un coup les portes de son lit, saute dans ses braies, descend dans ses sabots et fonce dehors sans un regard pour les écuellées de soupe qui fument sur la table. Il faut d'abord se débarrasser de la chassie, l'odeur de la soupe est bien meilleure quand la peau est fraîche sur l'animal vivant.

 

 

 

 

 

 


 

Devant le puits, le grand-père Gwénolé, en bras de chemise, fait son remue-ménage autour d'un seau d'eau. Il se remplit les deux mains de liquide et se l'expédie en gifles au travers de la figure jusqu'à se boucher tous les orifices béants. Et le voilà qui se mouche le nez, se travaille les oreilles, se vide la gorge, le voilà qui tousse et qui éternue, qui part d'un rire de tonnerre en voyant son petit-fils courir vers le seau : « Hé bien, petit gars, est‑ce que vous avez assez nourri les puces ? Approchez ici, que l'on bénisse le chrétien ! »

 

 

 

 

 

 

 

 


Yfig sait bien ce qui va se passer. Le grand‑père fera un bol avec ses mains, il puisera une bolée d'eau et il ouvrira le fond du bol sur le crâne du garçon. Et les deux lascars resteront à s'esclaffer, rire contre rire, et à s'asperger de nouveau l'un et l'autre pendant que le chien Vaoig gambadera entre eux, jusqu'au moment où l'on entendra la mère du gars sur le seuil de la maison : « Père, la soupe est en train de refroidir. Avez‑vous fini vos tours de saltimbanques ? Vous n'êtes pas plus sage que l'enfant » ‑ « Hé non, ma foi, je ne le suis pas », riait le grand-père Gwénolé.

 

 

 

 

 

 

 


Les deux hommes, le grand et le petit, rentrent dans la maison sans hâte. Il ne faut pas sauter trop vite sur la nourriture du matin quand elle n'est pas encore gagnée. Le grand-père  est debout devant son écuelle de soupe, ses cheveux gris et mouillés tout emmêlés autour de son front chauve, pareils à un nid de pie après l'orage.

 

 

 

 

 

 

 


Il lève les yeux au ciel, il ouvre les bras, il montre la paume de ses mains : « Seigneur Saint Gwénolé béni, dit‑il, si mon cœur n'est pas pur devant toi et mon esprit sans détours, si je suis trop mauvais homme pour la nourriture sans pareille qui m'a été préparée par Seza, fais que cette écuelle se fende en deux morceaux et que la soupe se perde à travers la terre battue ».

 

 

 

 

 


 

Les dernières paroles sont presque hurlées. De la vaisselle tremble sur le manteau de la cheminée avec un tintement argentin. Le grand-père attend un moment, ses yeux écarquillés sur l'écuellée de soupe. Yfig attend avec plus de crainte encore. Il sait que le grand-père est revenu à la maison hier soir, légèrement chaud de boisson. Peut-être le seigneur Saint Gwénolé est‑il en colère et fera‑t‑il éclater le bol ? Rien ne se produit. Le grand-père fait le signe de la croix et commence à travailler de la cuiller pour faire descendre la soupe.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Peu après, les voilà dans le champ. Le soleil est clair, les oiseaux bavardent dans les talus, la terre ouverte sous la charrue répand son odeur chaude et forte. Soudain, Yfig, pendant qu'il mène le cheval le plus droit possible, est jeté à terre d'un seul coup par l'épaule de la bête déviée de son chemin.

 

 

 

 

 


 

 

 

Aussitôt s'élève la voix tonitruante du grand-père qui chante les louanges de Saint Gwénolé par esprit de reconnaissance et pour le plaisir de voir le monde si beau dans le printemps. Il a lâché les mancherons de la charrue et celle-ci est allée de travers comme un homme chaud de boisson avant de tomber d'un côté ou de l'autre.

 

Demain, le champ labouré de bout en bout, les gens qui s'en iront à leur travail verront un sillon tout de travers au milieu des sillons tirés d'un trait, et ils diront avec un sourire : « Tiens ! Le sillon du cantique ! Le vieux Gwénolé a encore chanté les louanges de son parrain du ciel ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Par Erwan - Publié dans : Fêtes Bretonnes - Communauté : Les Bretons sont dans la place
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /2008 09:49

Les marins paysans du Cap Sizun fabriquaient leurs casiers de pêche.

Ils utilisaient un matériel simple : une serpe, un couteau, des orins et des pierres. L’orme et le tronc d’ajonc, solides et maniables, résistants à l’eau, sont utilisés pour confectionner les casiers et leur goulot d’entrée. On les leste de cailloux plats pour qu’ils atteignent le fond et ne soient pas emportés par les courants.

 

 



Cylindriques ou semi cylindriques, on utilise un appât différent selon les zones de pêche. Ces casiers retiennent les langoustes rouges (royales), les homards et les crabes.

Les casiers sont munis d’un orin - cordage en sisal ou en manille d’une longueur de 60 brasses qui permet de le remonter – ainsi que d’une bouée et d’un liège à mi-hauteur qui amortissent les secousses du clapot.

 

(Source : l'affiche du stand)



(La photo ci-dessous est prise à la Pointe de Brézellec)

 

 



 Remaillage d’un filet :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maison de pêcheur à Feuteun Aod (Plogoff)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Erwan - Publié dans : Fêtes Bretonnes - Communauté : Les Bretons sont dans la place
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /2008 10:39
Pendant cette fête, qui dure toute la journée et se prolonge le soir par un fest noz, de nombreuses activités sont proposées. C'est l'occasion par exemple pour les enfants de faire une promenade en char-à-bancs sur la lande bretonne, promenade gratuite qui les ravit tous.


 








Vous assisterez aussi au défilé traditionnel. Ci-dessous, le cercle celtique de Beuzec Cap Sizun :

















Ici, le bagad de Ergué-Gabéric de Quimper :











Ici le traditionnel char-à-bancs :


















Image d'un temps pas si lointain d'un paysan rentrant du champ avec son fardeau d'ajonc :






C'est aussi l'occasion de se restaurer dans un cadre magnifique, avec la cuisine du terroir : Les crêpes évidemment, arrosées de cidre, mais aussi des pommes de terre au lard, des sardines grillées,






et les saucisses merguez qui vous seront servies par Georges, la bonne humeur personnifiée.






Par Erwan - Publié dans : Fêtes Bretonnes - Communauté : Photos de Bretagne
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /2008 10:06

Tous les derniers dimanches  de juillet la fête du goémon se déroule au Lennac’h, à Esquibien, non loin du phare de Lervily. Il suffit tout simplement de suivre le sentier côtier qui part de la Pointe de Lervily, et on arrive sur le site. Ce dimanche fut le jour le plus ensoleillé de cet été pourri.

 





 

De très tôt, le ramassage du goémon a été règlementé :

Avec Colbert, et l'Ordonnance sur la Marine d'Août 1681 le cadre juridique à cette exploitation sera très bien défini et encadré, en spécifiant par exemple que "les habitants des paroisses situées sur les côtes de la mer s’assembleront le premier dimanche de Janvier, à l’issue de la Messe Paroissiale, pour décider du jour auquel ils arrêteront de commencer la coupe du varech ou goémon croissant, ou venu à l’endroit de leur territoire".

La loi du 30 octobre 1772 précisait qu’il était interdit de couper le goémon avec une faucille ou un couteau, et qu’il fallait l’arracher soit avec les mains soit avec un râteau. (Après l’arrachement, il reste suffisamment de filaments accrochés au rocher pour permettre la reproduction).

 

A cette époque, le goémon servait d’engrais aux habitants qui possédaient un lopin de terre.

 

 

 


 

Un four est une rigole d’une dizaine de mètres de long et de 60 centimètres de large pour 40 centimètres de profondeur environ. Des dalles de pierres tapissent le fond et les parois de la fosse. Des dizaines de fours ont été ainsi construits tout le long de la côte.

 


 


 

 

Le feu y est allumé avec des genêts et des ajoncs. Quand le four est chaud, on ajoute les laminaires sèches en couches minces. La température atteint 800°. Une bouillie grise se forme après plusieurs heures. On la remue avec de gros bâtons ferrés : les pifons. Dans cet état pâteux, on sépare la masse en blocs de 50 centimètres environ avec des dalles de pierre. On obtient ainsi lors du refroidissement, des blocs ou « pains de soude ».


 


 

 

Après le brûlage, chaque compartiment recueillait un bloc de soude d'environ 50 kilos, et la soude récoltée était vendue à l'usine d’Audierne. Il fallait environ 1 tonne de goémon vert pour obtenir un bloc de 50kg de soude dont l'usine extrayait au mieux 1kg d'iode.

 

 

 


 


Toute la journée, il fallait du monde pour alimenter le feu. Le soir, place au pifonnage : dans la fumée et dans une chaleur d'enfer, les goémoniers remuaient sans arrêt la pâte en fusion avec un pifon, sorte de spatule en métal à long manche de bois, jusqu'à obtention d'une bouillie homogène. Pendant plusieurs jours, des panaches de fumée blanche s'élevaient en tout point de la côte.

 


 


 

 

Ce 2 Décembre 1790, c’est un rappel à l’ordre qui arrivait dans toutes les mairies côtières du Finistère. Il émanait du Siège de l’Amirauté établi à Morlaix et précisait :

Article 1er : les habitants des paroisses situées sur les côtes de la mer s’assembleront le premier dimanche de Janvier, à l’issue de la Messe Paroissiale, pour décider du jour auquel ils arrêteront de commencer la coupe du varech ou goémon croissant, ou venu à l’endroit de leur territoire.
Article 3 : il est fait défense aux habitants de récolter le goémon de nuit, et de faire la cueillette ailleurs que dans l’étendue des côtes de leur paroisse.

Qu’il plaise au Siège d’ordonner que le titre 10 du livre 4 de l’Ordonnance de la Marine (1681) sera exécuté. En conséquence, il est fait défense à toute personne de faire la coupe du goémon hors du temps fixé, sous peine de 50 livres d’amende, de la confiscation des chevaux et harnais et d’être poursuivi.

 


 

 


Ci-dessus, dans cet enclos qui ressemble étrangement à un alignement de menhirs, on entassait le goémon récolté avant de le brûler.

 


 

L’intérêt pour le goémon s’accentue par la découverte du chimiste Bernard Courtois en 1811 :

 

« Tout commence avec la poudre à canon. Pour fabriquer la poudre, on lessive des terres contenant du salpêtre. Sur les eaux obtenues, on fait agir des cendres de bois riches en potasse, ce qui provoque la cristallisation du salpêtre. Pour économiser le bois, Bernard Courtois, ancien élève puis assistant à l'École Polytechnique utilisait les cendres de varech. Un jour de 1811, ayant sans doute employé trop d'acide sulfurique pour détruire les composés sulfurés résultant de la calcination, il vit se dégager des vapeurs violettes. Louis-Joseph Gay-Lussac, s'intéresse à la nouvelle substance à laquelle il donne le nom de "iode", du grec  iodès = violet. Le 14 août 1814, il en présente à l'Institut une étude complète. »

 

« L’iode prendra rapidement une grande importance. Sa solution dans de l’alcool à 90° au titre de 8 à 10% va donner la teinture d’iode, l’antiseptique et cicatrisant universel dont les armées étaient les plus grandes consommatrices ».

 

(D’après Jean Pierre Clochon, « Le Conquet et la mer »)

 

 

 


 

 

A partir de ce moment, la récolte du goémon va prendre de plus en plus d’importance.

 


 


 


 

 


 


Entre 1855 et 1872 toutes les familles habitant près du littoral construisent leur four. Ils sont un millier à le faire en 1860 dans le Cap-Sizun.

La récolte commençait après les tempêtes d'avril et battait son plein, un peu plus tard, quand le goémon était mûr. Les goémoniers le tiraient alors sur la grève à l'aide de grands râteaux. Le plus pénible était de lever les algues imprégnées d'eau pour remplir les charrettes.  Le poids du goémon mouillé est à multiplier par dix. Le goémon était étalé sur la dune et séchait tout l'été.

 

 

 


 

 

Un progrès fut réalisé en 1920 par l'installation de mâts dotés de poulies qui remontaient les laminaires dans des paniers.

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 

 


 

 


 


 

 


 

Il ne reste plus beaucoup de ces avancées de pierre, les deviers,  construites avant l'utilisation des mâts.

 

 

 


 

Des paniers plus grands étaient remontés par les chevaux.

Au Lennac'h, il y avait douze chevaux pour autant de mâts.

 

 

 


 

 


 


 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

Pendant la guerre 39/45, l’Armée allemande a de gros besoins en teinture d’iode. En 1940, le Ravitaillement général lui fourni 35 tonnes sur les 40 tonnes produites.

L’arrêté du Secrétariat à la Marine du 1er juin 1942 donne priorité absolue aux goémoniers pour le ramassage des laminaires. Seules les algues non iodées pourront être ramassées par les cultivateurs pour engrais.

Pour encourager la production d’iode en baisse pendant la guerre, les Allemands ajoutent à la répression contre les fraudeurs, des mesures d’incitation au ramassage du goémon, par exemple :

- Attribution de bon pour une paire de sabots  et un kg de clous pour 15 Kg d’iode dans les cendres ;

- Dispense de réquisition  de cheval et de voiture ;

- Libération de goémoniers détenus en Allemagne.

Malgré ces mesures, la production de soude continue à baisser.

 

En 1952 s'éteignait le dernier four à goémon sur le littoral du Cap-Sizun, point final de la fabrication artisanal de la soude dans la région.

 

De tout ceci, il ne reste plus que les traces, sur le chemin côtier, comme des cicatrices des temps anciens, des tombereaux lourdement chargés de pain de soude qui se rendaient à l’usine d’Audierne.

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous un tableau d'Edmond Brochard, de la deuxième moitié du 19ème siècle, intitulé "Coup de collier".

Trouvé sur Internet, mais je n'arrive plus à retrouver la source.

Il est exposé à Bordeaux, au musée des beaux-arts.

 

 

 


 


 

 


 

 


 

Par Erwan - Publié dans : Fêtes Bretonnes - Communauté : Photos de Bretagne
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Recommander
Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /2008 10:53
Belle démonstration de sauvetage en mer effectuée hier par le Dauphin de la Marine Nationale et la vedette SNSM 153 de Douarnenez. Cette manifestation était organisée conjointement par le "Comité des Usagés du port de Brézellec" et du groupe de chant " Les Vareuses à Dreuz" à la pointe de Brézellec.

Pas réellement un temps d'été hier, mais le cadre de l'action ne perd pas sa beauté.














Hélitreuillage d'un passager de la vedette :




Récupération d'un homme tombé à la mer  :











































Sauvé des eaux  !















Le "naufragé" est hélitreuillé sur la vedette de la SNSM avec l'aide du plongeur de la Marine Nationale.





Fin de misssion pour le plongeur.





Mission terminée :




















Détails : écusson de la flotille 35 F sur la carlingue de l'hélicoptère (et drapeau breton dans la cabine)





Compléments d'enquête :

La SNSM

 

Un bilan éloquent pour l'année 2007 :

Plus de 8 000 personnes secourues,

700 d’une mort certaine,

Plus de 4 500 bateaux, planches, kites-surfs  en difficulté assistés

Plus de 55% des interventions de sauvetage en France métropolitaine (80% en dehors des heures ouvrables),

65% des interventions sont réalisées au profit des plaisanciers.

 

La SNSM, c’est près de 7000 personnes avec :

3500 Sauveteurs embarqués bénévoles dédiés au sauvetage au large,

600 bénévoles formant l’encadrement des stations,

600 bénévoles formant l’encadrement et les formateurs des Nageurs-Sauveteurs dans les Centres de Formation,

1300 Nageurs-Sauveteurs volontaires détachés l’été pour assurer la sécurité des plages,

 

La présence sur le territoire :

230 stations de sauvetage qui constituent un maillage serré tout le long des côtes de France et dans les Dom-Tom,

30 centres de formation répartis sur tout le territoire,

257 plages sont surveillées par les Nageurs-Sauveteurs.

 

Budget : 20 M € pour les prévisions 2008. Les Sauveteurs consacrent 80 % de leur budget à la mission.

 

 

(Source : site Internet de la SNSM)


 

La Flottille 35F

La Flottille 35F est créée le 11 juin 1979 à St Mandrier. Elle est affectée sur le porte hélicoptères Jeanne-d'Arc et rejoint la Bretagne.
Armée de Lynx WG13 et d'Alouette III, elle constitue le groupe aérien du porte hélicoptères pendant 12 années avec pour missions l'éclairage des forces navales et la lutte anti sous-marine.

A la suite d'une restructuration le 1er juillet 1991, la Flottille est affectée à Lanvéoc-Poulmic.

Avec les Dauphin, elle assure le service public au départ de Rochefort, le Touquet et Cherbourg.
Elle effectue les liaisons et le soutien de la région maritime Atlantique, du centre d'essais des Landes, et des forces navales affectées en métropole.

Comme toutes les formations affectées à Lanvéoc, elle participe aux missions de recherche et de sauvetage, ainsi qu'aux évacuations sanitaires dans la région.

La 35F est dissoute en 1999.
Recréée le 1er octobre 1999 suite aux dissolutions des 23S et 33 F, elle vole sur Alouette III, Dauphin et Super Frelon.
Elle perd ses Super Frelon le 1er juin 2001 lorsqu'ils sont tous regroupés au sein de la 32 F de Lanvéoc-Poulmic.

 

En 2000
La ville du Beausset (Var) avait parrainé l'aviso D'Estienne d'Orves jusqu'à son désarmement. Désireuse de renouer des liens avec la Marine, la municipalité signe, le 30 juin, une charte de parrainage avec la flottille 35F. Une cérémonie réunit plusieurs centaines de Beaussétans, dont de nombreux enfants des écoles, alors que trois hélicoptères de la 35F se posent sur le stade municipal.


Quelques faits d'armes de la flotille 35 F


Le 22 avril 2002, près de l'île de Ré, un voilier est signalé échoué avec 9 personnes à son bord dont 4 enfants. Le Dauphin de service public de La Rochelle est dépêché rapidement sur place. En 45 minutes, les enfants puis les parents sont évacués sur l'île de Ré. Puis, dans un souci de sécurité, le plongeur du bord met le navire au mouillage.

 


En 2005

Deux marins pêcheurs, embarqués sur deux chalutiers immatriculés au Guilvinec (le Brocéliande et le An Triskell), ont été évacués par un Dauphin de la 35F, le 6 novembre, à quelques heures d'intervalle. Blessés à la main en mer d'Iroise, les deux marins ont été évacués vers l'hôpital de Brest.

Le 8 novembre, un incendie s'est déclaré à bord d'un chalutier de Cherbourg avec quatre marins pêcheurs embarqués, à une cinquantaine de kilomètres dans l’est de Barfleur. Le CROSS a dépêché sur zone l’hélicoptère Dauphinde la 35F basé à Maupertus, le canot de la SNSM de Barfleur Amiral de Tourville et la Croix du Sud ont également assisté le navire en détresse. Le canot de la SNSM a pris en remorque le chalutier dont l'incendie a été maîtrisé pour faire route vers Barfleur.

(Source : Marine Nationale)

 



Par Erwan - Publié dans : Fêtes Bretonnes - Communauté : Photos de Bretagne
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander

Présentation

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

Recherche

Créer un Blog

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés