Pays Bigouden

Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 09:53

 

Sur la route du vent solaire(*), vous passerez certainement près des vestiges de la chapelle de Languidou. Elle est dédiée à Saint Kido, ou Guideau. C'est un saint maritime dont le culte est en honneur en deux chapelles de Basse-Cornouaille, toutes deux voisines de la mer : Languidou en Plovan et Saint Quideau en Loctudy.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Elle fut édifiée vers 1160 par Auffray Le Gourreou. La chapelle, qui mesure approximativement 22 mètres de long sur 13 mètres de large, a été remaniée dans la première moitié du XVème siècle : la rosace du pignon date du XVème siècle et est largement inspirée par le style de la Collégiale Notre Dame de Roscudon de Pont-Croix.

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


 


L’École de Pont-Croix est un vocable créé pour rendre compte de l’unité de style de plusieurs églises et chapelles de style ogival construites aux XIIIe et XIVe siècles dans les alentours de Pont-Croix, chef-lieu de canton du sud-ouest du Finistère. (Ci-dessous, l'entrée de l'église de Pont-Croix) :

 

 

 

 

 

 






C’est l’influence des cathédrales anglo-normandes qui a été à l’origine de ce style appliqué au granit, beaucoup plus difficile à travailler que la pierre calcaire de Caen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


 

Vendue sous la Révolution, la chapelle a été en partie démolie en 1794 afin d'utiliser les pierres à la construction d'un corps de garde de la commune de Plovan.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




C'est un édifice protégé au titre des monuments historiques dans le département du Finistère : classement par arrêté du 22 octobre 1908.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 


 

* La Route du Vent Solaire : en Bretagne, on appelle "vent solaire" le vent qui suit la course du soleil pendant les journées chaudes de l'été. C'était un vent très apprécié des marins lorsque leurs bateaux naviguaient uniquement à la voile. Soufflant d'Est le matin (donc venant de la terre), ce vent les conduisait sur leurs lieux de pêche. Soufflant d'Ouest le soir, il les ramenait sans encombre à bon port. "Evel an Heol", "Vent Solaire" en breton, est un nom souvent donné aux bateaux.

 

 


 

 


 

 

 

 

 

 

La route qui suit la côte au plus près, entre la Pointe de Penmarc'h (le phare d'Eckmühl) et la Pointe du Raz (1 et 2 sur la carte), a été baptisée "Route du Vent Solaire". Longeant la Baie d'Audierne sur 50 Km environ, elle a une orientation approximativement Est/Ouest.

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 

 


La Pointe de Penmarc'h, le phare d'Eckmühl et la chapelle de La Joie :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Pointe du Raz :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Erwan - Publié dans : Pays Bigouden - Communauté : Les Bretons sont dans la place
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Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /2009 09:52
l'Ile Tudy est située sur la presqu'île du même nom, proche de l'embouchure de la rivière de Pont-l'Abbé et se trouve à 20 km de Quimper.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'Ile Tudy comme Loctudy doit son nom à Saint Tudy.

 

En 494, Tudy se retira sur une petite île pour y fonder un ermitage sur un terrain actuellement recouvert par les flots. Cet ermite devenu moine, puis abbé, a été avec Saint Gildas un fer de lance de la christianisation en Armorique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les habitants de l'Ile Tudy sont les Ile-tudistes. Le recensement de 2006 fait état de 679 habitants avec un pourcentage de 51% de femmes et 49% d'hommes.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

L'Ile Tudy, formée de sables et de rochers bas, s'étend sur une longueur de 2 km environ pour une largeur moyenne de 200 m. Elle se rattache au continent par une étroite dune de sable. Une large baie vaseuse et sableuse pénètre profondément dans les terres. A marée basse, c'est le rendez-vous des pêcheurs à pieds.


 


 


 

 

 

 


 



Une route relie l'Ile Tudy à Pont-L'Abbé, mais un passeur fait la navette entre l'île et Loctudy, de 9h à 12h et de 14h à 18h. Une petite promenade en mer qui ne vous coûtera que 2€ aller/retour.

 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Autrefois, la vie quotidienne sur l'Ile n'était pas une sinécure. Face au péril permanent des éléments, à l'extrémité de leur radeau à fleur d'eau, les îliens ressentaient durement l'absence de toute digue de protection côté mer. Il faut attendre 1835 pour voir s'élever un mur qui sera régulièrement ébranlé par l'assaut des vagues. A chaque tempête de Suroît, l'Ile est recouverte d'eau de mer mêlée de sable et de goémon, entretenant l'insalubrité des maisons de pêcheurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Pas d'eau potable, tout juste deux puits d'eau saumâtre qui favorisaient la propagation des épidémies (choléra, typhus). Quand les conditions atmosphériques le permettaient, les îliens traversaient la passe pour puiser leur eau à la fontaine de Penanveur à Loctudy.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 




Sortir de l'Ile ne va pas de soi. La liaison, port de l'Ile - pointe de Penanveur, sur la côte de Loctudy était empruntée par les îliennes qui partaient proposer leurs huîtres, moules et palourdes sous les halles de Pont L'Abbé. Ce n'est qu'entre les deux guerres que le passeur se motorisa définitivement.

 


 

 

 




 

 


 

 

 

 




En 1852, une digue relie l'île au continent et la transforme définitivement en presqu'île.

 

 

 

 


 


 








 

 

 










Auparavant un des plus grands ports du Finistère, l'île Tudy est devenue une station balnéaire. Sa population est multipliée par 10 environ à la période estivale, grâce à ses deux plages, le Teven et le Maracana, mais aussi grâce à son port de plaisance, lieu où de nombreuses personnes se retrouvent chaque soir d'été.



 





 

 

 

 






 

 



Ceux qui ne sont pas attirés par la baignade et la bronzette trouveront leur bonheur à se promener dans le dédale de ruelles, bordées de vieilles maisons de pêcheur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Sources : site officiel de la commune de l'Ile Tudy.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Plages de sable blanc et mer turquoise, mais pas de cocotiers. Ne cherchez pas, nous ne sommes pas sous les tropiques, mais à l'Ile Tudy. Température de l'air : 25°, température de l'eau : vivifiante.

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /2009 10:20
Toujours à Loctudy où la criée est restée un spectacle visible pour tous. Le temps par contre, ce jour-là, n'était pas de la partie. Et pour mieux le faire savoir, le bateau débarquant sa pêche ce soir-là s'appelait '"Amzer Fall", "Mauvais Temps" en breton.






















Comme au Guilvinec, la pêche passe d'abord par la pesée :











Puis elle est disposée sur le sol de la criée, rangée en lots et par bateaux :






















Une pêche variée comme l'on peut le constater ci-dessous :







































































La vente peut commencer : les mareyeurs de la région se placent en haut des lots, et le crieur, sur son petit chariot, en face d'eux.





















Chaque mareyeur dispose d'un petit boîtier électronique. Lorsqu'un lot qui l'intéresse est mis à la vente, il appuie sur un bouton de ce boîtier. Il maintient la pression tant que le prix proposé l'intéresse. Quand ce prix dépasse ses intentions d'achat, il relâche la pression sur ce bouton.



















Le panneau d'affichage du chariot :

Sur les deux lignes du haut, les lots qui viennent d'être vendus, avec de gauche à droite :
Les n° des lots, la désignation des produits (ici des soles), le prix proposé à la vente, le prix d'achat et le nom de l'acheteur.

Dessous  : le n° du lot en cours d'enchère et le nom du bateau.

Encore dessous, le nom de l'acheteur de ce lot, celui qui a maintenu le plus lontemps la pression sur son boîtier.
Sous son nom, les spécifications du lot qu'il vient d'acheter.

Les deux dernières lignes désignent les lots à suivre mis en vente.



















Une petite imprimante débite aussitôt un ticket qui sera mis sur le lot vendu :











Voilà, vous savez tout ou presque, et maintenant, bonne visite...
































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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /2009 09:52

A quelques encablures du Guilvinec et environ à 25 km de Quimper, voici Loctudy. Le port, faisant partie du quartier maritime du Guilvinec, est situé dans l'embouchure de la rivière de Pont-l'Abbé. Il est protégé des vents dominants d'ouest.

Le dernier recensement, réalisé en 2007, dénombre 4101 habitants.

Les habitants de Loctudy s'appellent les Loctudistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

La commune de l'Île-Tudy (Enez Tudi), ancienne île devenue presqu'île se trouve en vis-à-vis, de l'autre côté de l'estuaire. Un passeur, pour piétons et vélos, relie les deux ports de 9h à 12 h et de 14h à 18h.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Loctudy est un port de pêche artisanale très actif, le septième port français en volume de pêche (2003).

 

 

 


 

 

 

 

 


Ce port était le port d'attache du bateau le Bugaled Breizh (photo Internet) :

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Ce chalutier de 24 m de long, construit en 1986, a coulé au large du cap Lizard (extrémité sud-ouest de la Grande-Bretagne) le 15 janvier 2004 à 12h25 UTC. Le bateau de pêche, propriété de Michel Douce, armateur et artisan-pêcheur, a entraîné dans son naufrage les 5 marins du bord : Yves Gloaguen, Georges Lemétayer, Pascal Le Floch, Patrick Gloaguen, Eric Guillamet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Moins d'une minute a suffit pour que ce bateau, en parfait état de marche, ne sombre, avec ses 5 marins. Aucune tempête, pas d'avarie mécanique, juste un appel de détresse angoissé reçu par un autre bateau : "Venez vite, on chavire". Le mystère autour de la disparition du bateau et de la mort des cinq marins est épais. D'autant plus épais que, tout au long de cette affaire, tout a été fait pour que l'on ne sache pas la vérité, au plus haut niveau.

  (Article de presse)

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


 

Quelques heures après le naufrage, un communiqué de la préfecture maritime de l'Atlantique annonce qu'un exercice militaire sous-marin de l'OTAN avait lieu autour de la zone du naufrage, mais que le premier sous-marin (le sous-marin néerlandais Dolfjin) ayant fait l'objet de réparations suspectes aux yeux des marins était à plus de 20km.

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

Le sous-marin britannique HMS Turbulent serait également suspecté car il aurait subi des réparations après l'exercice mais se serait trouvé à plus de 50 km du naufrage selon les autorités. D'autres documents mentionnent la présence à proximité du sous-marin allemand U22.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les familles de victimes reprochent aux autorités d'entraver l'enquête judiciaire en ayant publié un communiqué erroné comme quoi il n'y avait pas eu d'exercice militaire sous-marin le jour du naufrage, en dissimulant des documents. Ils reprochent également le manque de coopération des autorités britanniques et allemandes. Leur avocat a donc déposé plainte contre X pour entrave à l'enquête fin janvier 2007.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

Journal "Libération" du 14/01/2009 :

 

JUSTICE - La juge d'instruction en charge de l'enquête sur le naufrage du chalutier Bugaled Breizh en 2004 a rejeté la demande d'investigations complémentaires réclamées par les familles. Ces dernières réclamaient notamment l'identification de tous les sous-marins présents dans le secteur où s'est déroulé le drame.

 

 

 


 

 

 

 

 

 


Les familles des victimes poursuivent le combat : la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a été saisie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /2009 10:19
Dernière étape de la série de photos sur la pêche au Guilvinec.
Une fois le poisson débarqué, direction la criée où va s'effectuer la pesée de la pêche du jour :






















Les caisses, disposées sur un tapis roulant, passent devant la cabine de pesée :





















Tout au fond, derrière la porte jaune, les mareyeurs achètent leurs lots. La criée du Guilvinec est maintenant informatisée, et l'on ne peut plus assister au spectacle des enchères. Pour cela, il faut se rendre au port de Loctudy, où se pratique encore la criée à "l'ancienne".

Dessous, la cabine de pesée :













Et derrière cette cloison, les mareyeurs :













Une fois la pêche vendue, direction les étals de la région, ou alors les magasins d'emballage pour l'expédition par camions frigorifiques vers Rungis et les grandes villes de métropole :































Fin de la chaîne : les caisses à poissons sont lavées dans un grand "lave-vaisselle".











Fin de la série de photos sur le Guilvinec.





















Par Erwan - Publié dans : Pays Bigouden - Communauté : le Finistère
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 10:09

… Suite de l'article précédent….

Sur le quai du Guilvinec, il n'y a pas seulement des spectateurs. Les Affaires Maritimes sont là également, toise à la main, pour contrôler la pêche du jour. Si la langoustine ne dépasse pas la taille prescrite, soit 9 cm, toute la pêche est saisie.

 

 

 










 

 


 

Le contrôle continue à bord du bateau de pêche : livre de bord et matériel de pêche. Petite remarque : le nom du bateau, en breton, "Gwenvidik" signifie "Bienheureux".

 





 

 




























 

Les goélands aussi prélèvent leur part !

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Suite du conte de Pierre Jakez Hélias :
Le pêcheur Nonna

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Et le pêcheur Nonna se retira sans bruit. La tête chaude et le pas vif. Un peu plus loin, il rencontra un vieillard qui fumait sa pipe à l'abri d'un talus :

- Est‑ce que je suis encore loin de Kerstribilh, grand-père ?

- Tout près, mon fils. Traversez ce champ découvert et descendez dans le vallon, droit sur le verger de pommes que vous voyez devant vous. C'est là. Mais vous n'êtes pas de par ici, vous ? Un homme de la côte, sans doute. On dit que les poissons se font plus rares que les poux. Est-ce vrai ?

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 

‑ Je ne sais pas, maintenant. J'étais pêcheur, oui. Mais, depuis quelques temps, j'habite au Paradis.

‑ Au Pa... Para... bredouilla le vieux en laissant tomber sa pipe entre ses sabots.

‑ Et alors ! Pourquoi vous étonner ? Il y a quand même plus de gens au Paradis que sur cette terre, non ! Vous verrez, bonhomme. A bientôt ! »

 












 

 

Nonna descendit vers Kerstribilh en espérant fermement que les hommes seraient encore aux champs. A la campagne, il vaut mieux avoir à débattre avec les femmes, n'importe quel chemineau vous le dirait. Elles tiennent la maison et la bourse. On peut les prendre de court sur certains sujets, là où précisément les hommes vous opposent la plus grande méfiance, avec leur manie d'enfoncer les doigts dans les plaies du Christ avant de croire à la Résurrection.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


 

 

C'est pourquoi le pêcheur fut joliment soulagé quand il entendit la voix d'une vieille femme lui crier d'entrer, une fois qu'il eut fini de dévider son pater à haute voix sur le seuil. La maîtresse de la maison était penchée sur l'âtre, occupée à faire des galettes. Elle ne se retourna pas pour le regarder.

 









 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

‑ La bénédiction de Dieu sur vous, ma tante, et sur toutes les âmes qui habitent cette maison.

‑ Asseyez-vous sur le banc, mon pauvre homme. Laissez-moi venir à bout de cette galette qui fait sa mauvaise tête. C'est la faute du vent aussi. Il n'arrête pas de virer. Vous venez de loin ?

‑ De très loin. J'ai traversé un bon morceau du monde avant d'arriver ici. Et je n'ai pas le temps de m'asseoir. Je dois être rentré au Paradis pour minuit, sans retard.

 

 

 


 

















 

 

A ces mots, la femme abandonna vivement la galette à son noir destin et leva le dos. Il y avait de la surprise dans ses yeux très bleus, mais aucune peur. De toute évidence, elle vivait familièrement avec les Trépassés. Quand elle vit son hôte si décharné, elle n'eut plus de doute.

‑ Au Paradis, Vierge sainte ! Mais alors, vous êtes mort ?

‑ Oui, mort. Et depuis très longtemps.

‑ Dites-moi vite ! Peut-être avez-vous vu là-bas mon fils Petit Joseph ?

‑ Nous sommes l'un à côté de l'autre. C'est lui qui m'a dit de venir à Kerstribilh pour vous conter ses nouvelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


 

 

‑ Pauvre Petit Joseph ! Il se rappelle encore sa mère. Et pourquoi n'est-il pas venu lui-même ?

- Il ne peut pas. Les êtres du Paradis ne sont autorisés à descendre sur terre qu'après la mort de tous ceux qui les ont connus vivants. Avez-vous jamais vu quelqu'un de vos gens en chair et en os devant vous après sa mort ?

‑ C'est vrai et c'est juste. Et comment se trouve Petit Joseph au Paradis, le pauvre ?

 

 

 

 














 

 


 

 

‑ Il est dans la béatitude. Je ne peux pas vous expliquer ce que c'est. Mais une chose le tracasse. Rien d'important, et tout de même... Il dort près de moi. Et depuis que le temps a fraîchi, je l'entends frissonner de froid parce qu'il n'a sur le corps que de tristes vêtements de toile rapiécée. « Je ne sais pas comment, me dit-il souvent, ma mère m'a laissé venir ici sans le moindre gilet de laine. Non, je ne le comprends pas, car j'avais une bonne mère qui m'aimait de tout son cœur. »

 

 

 

 


 


 

 

 

 

La pauvre femme éclata en sanglots et se mit à répandre des larmes amères sur ses vieilles mains.

‑ Hélas ! Il est vrai que je ne suis pas une mère avare ni indifférente. Mais dites-lui ceci : quand il a fallu l'habiller pour le cercueil, j'étais si assommée de douleur que je ne savais plus ce que je faisais. J'ai tiré de l'armoire les vieux vêtements que Petit Joseph mettait pour la moisson, au lieu de présenter ses habits du dimanche à ceux qui faisaient sa toilette. Personne n'a soufflé mot ni demandé davantage. Moi, j'étais comme aveugle. Voilà comment c'est arrivé, je le jure. Ecoutez ! Je vais vous remplir un sac de chemises, de gilets, de braies et de vestes si vous pouvez l'emporter si loin sur votre dos.

 

 













 

 

 

 

 

 


 

‑J'en viendrai à bout, serait-il aussi lourd que du plomb. Le poids, ce n'est rien pour les âmes du Paradis. Petit Joseph fera un joli faraud quand nous irons tous les deux aux pardons, là-bas comme deux frères.

- Des pardons ? Y a-t-il encore des pardons au Paradis ?

‑ Bien sûr. Seulement, au lieu d'avoir des statues de pierre ou de bois dans les églises, nous avons les saints eux-mêmes devant nous. Et quand le pardon est fini, nous allons manger du pain doux et boire un coup de cidre.

‑ Mon Dieu béni ! Et comment donc fait Petit Joseph pour tenir son rang ? Attendez ! Voici dix écus pour lui. Quand ils seront dépensés, revenez en chercher d'autres !

 






























 

 

Et voilà comment, bonnes gens, le pêcheur Nonna s'enfuit vers la côte avec dix écus d'argent dans la ceinture, dix livres de pain noir, une pièce de lard salé, un sac rempli de vêtements chauds et un autre sac, invisible, rempli de bénédictions.

 




















 

 

Autrement, il avait le cœur chargé de honte, mais cette honte se digérait à mesure que le pauvre homme pensait à ses enfants et à sa femme qui pourraient conserver leur vie aux dépens d'un mort qui n'avait plus besoin de rien. Quand la mère de Petit Joseph raconta à son mari ce qui s'était passé pendant qu'il était aux champs, l'homme fut d'abord tenté de se mettre en colère et de lâcher les chiens aux trousses du voleur. Mais sa femme était si heureuse et si apaisée de croire qu'il ne manquait plus rien à son garçon au Paradis que le père n'eut pas le courage de lui enlever ses illusions.

 

 

 

 


 












 

 


 

Plus tard, le vieillard à la pipe révéla comment il avait rencontré le pêcheur saint Pierre lui-même. Et saint Pierre lui avait demandé le plus court chemin pour aller à Kerstribilh. Sûrement, le portier du Paradis était descendu pour apporter quelque secours aux pêcheurs de Penmarc'h, ses filleuls.

 

 

Pierre Jakez Hélias

 

 

 

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Après le déchargement de la pêche, la journée n'est pas finie. Il faut reconduire le bateau à son quai d'attache au fond du port, nettoyer le pont, le matériel de pêche…Partis à 3h du matin, à quelle heure finiront-ils ? Et demain sera un autre jour. Le même.

 

 

 

 









 

 


Par Erwan - Publié dans : Pays Bigouden - Communauté : le Finistère
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Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 10:08

 

Vous venez en vacances cet été en Bretagne ? Alors ne manquez pas l'arrivée des bateaux au port du Guilvinec et le débarquement de la pêche tous les jours, sauf dimanche et jours fériés, de 16h30 à 18h environ.

Du haut de la criée, comme sur un balcon, vous pourrez admirer toute la flottille de pêche qui, surgissant de la brume, rentre au port. C'est un spectacle haut en couleurs qui plaira aux petits comme aux grands !

 

 

 





 


 



 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Le Guilvinec :

 


Superficie : 245 ha.

Population : 3 012 habitants.

Habitants : les Guilvinistes.

Origine du nom : de l'ancien breton golbinoc, qui peut signifier refuge fortifié en forme de bec.

 

 

 








 

Cœur de la pêche artisanale française, Le Guilvinec est un grand port du Pays bigouden, à la pointe de la Bretagne, à 35 km au sud de Quimper.


Le quartier maritime du Guilvinec (dont la création date de 1918) rassemble quatre ports du pays bigouden :

  • Le Guilvinec (130 unités),
  • Lesconil (20 unités),
  • Loctudy (92 unités),
  • Saint-Guénolé (101 unités)

 

S'y ajoute le port de Bénodet (8 unités), dans le Pays de Fouesnant, à l'Est de l'Odet, la rivière de Quimper.

 

 

 

 

 


 

 

 


C'est le plus important quartier maritime de France, tant en nombre de marins qu'en valeur de la pêche débarquée sous criée.

L'ensemble bigouden forme une entité très typée dont la production représente 17,5 % de la pêche française.

 















 

 

 

 

 

 


 

Sur les 351 unités que compte le quartier en janvier 2001, les navires pratiquant la petite pêche représentent 201 navires, suivis par les navires de pêche au large avec 123 unités et ceux de la pêche côtière 27 unités.

Production des produits de la mer en tonnage pour l'année 2006 :

  • Le Guilvinec : 18 830 tonnes.
  • Saint Guénolé - Penmarc'h : 11 950 tonnes.
  • Loctudy : 7 176 tonnes.
  • Lesconil : 537 tonnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Ces quatre ports du pays bigouden ont un chiffre d'affaires supérieur à celui de Boulogne sur mer et de Lorient et sont la première entité de pêche de France.

Ces ports sont gérés par la Chambre de commerce et d'industrie de Quimper Cornouaille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les côtiers sont les navires qui partent en pêche pour la journée : départ vers les trois heures du matin et retour le soir  vers 17h. Ils fréquentent la zone Nord Gascogne qui se trouve à quelques milles du port et ramènent chaque soir de la langoustine vivante.


Ces bateaux ont souvent un nom breton qui fleure bon le pays et le sel marin : Ci-dessous, le "Buhez ar Vro" (Vie du Pays), et le Nevez Amzer (Les Temps Nouveaux). Les autres plus loin, comme Avel an Heol (Le Vent Solaire), Ar Vro Vigouden (Le Pays Bigouden), Bro Goz (Le Vieux Pays), Roz Avel (La Rose des Vents)…

 

 

 






 

 

 

 





 







Toute une filière pêche s’est développée à terre et représente 1300 emplois : réparations navales, filatures, ateliers de mareyage et conserveries, transporteurs frigorifiques, lycée professionnel maritime, coopérative maritime.

 

(Source : Chambre de commerce et d'industrie de Quimper Cornouaille)

 

 









 

Si regarder ces bateaux vous donne le mal de mer, concentrez-vous sur le conte ci-dessous, une histoire de Pierre Jackez Hélias.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le pêcheur Nonna

 

 

 

La vérité, quand elle a beaucoup vieilli, prend les couleurs de la légende. Et le mensonge tout frais du jour sera peut-être la vérité de demain. C'est pourquoi, je vous le demande, n'allez pas vous soucier de ce qu'il y a de vrai ou de faux dans l'histoire de Petit Joseph au Paradis.

 













 

Cette année-là, les pêcheurs de Penmarc'h perdirent d'abord les traces du poisson. Ensuite, les marsouins leur mirent les filets en pièces. Enfin, la tempête démantela leurs navires et fit sombrer la plupart d'entre eux. C'est à peine si quelques malheureux purent revenir à la côte sur des épaves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le deuil et les larmes coûtent trop cher pour les pauvres gens. Ils n'ont pas de temps à leur donner. On n'avait pas fini de chanter les messes pour les morts, que le besoin était là, suivi de près par la misère et la famine au visage blême. Le mois très noir (le mois de décembre) prit les affamés dans son poing tout froid.

 















 

Désormais, ce n'était plus le battement du cœur, trop faible, qui témoignait de la vie, mais une douleur sourde au creux de l'estomac. Les coquillages du sable et des rochers ne suffisaient pas à l'apaiser. Les tas de goémon avaient été brûlés au mois de septembre comme de coutume.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le long de la côte, des fantômes humains erraient à la recherche de débris pour faire du feu. Mais la mer elle-même ne voulait rien rendre. Et le vent torturait les misérables carcasses sous les haillons de toile usés jusqu'à la corde. Il fallut s'en aller mendier chez les gens des terres, misérables eux-mêmes, mais dont les granges et les greniers ne sonnaient pas tout à fait le creux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

En troupeaux désolés, les femmes et les enfants remontèrent dans les terres proches pour solliciter la pitié des laboureurs. Mais le pêcheur Nonna dut se mettre lui-même en route. Sa femme était rendue de faim et ses enfants trop petits. Il se tailla un bissac dans un morceau de voile et partit tout seul vers le Nord-est, là où l'on voit, sur l'horizon, des bouquets de ces arbres qui ne sont pas des pins stériles, mais qui protègent les métairies bien pourvues.

 



 

 

 

 

 

 


 

 

 


 

Vers quatre heures de l'après-midi, notre homme arriva devant Kerbeskont. Il était sur le point d'ouvrir la barrière quand il dut s'asseoir sur les traces de ses propres pieds, les oreilles remplies du bruit de ses entrailles qui bourdonnaient plus fort qu'un nid d'abeilles. Une riche odeur remplissait la cour, parfumait les arbres et multipliait sa faim par dix. On préparait le café dans la maison.

 

 











 

 

« Bien, se dit Nonna. Le café du bout de l'an est la gourmandise des femmes. Les femmes ont le cœur plus tendre que les hommes. D'autre part, je préfère aller leur demander l'aumône plutôt qu'à leurs maris. Moi, qui suis un homme dans la force de l'âge, j'aurais honte de tendre la main à mes pareils, bien que je ne sois pas responsable de la misère qui m'est échue. Allons ! Courage, mon garçon ! Je parierais qu'elles sont une demi-douzaine à papoter autour du pot à café. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


 

Et Nonna, doucement, s'approcha de la fenêtre entrouverte. Il avait tiré son chapelet de sa poche et il s'apprêtait à glisser un pater et un avé entre les battants quand il entendit une commère discourir en ces termes :

 

 

 







 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

« C'est une pitié, une honte rouge. Ces gens-là ont vu mourir leur fils unique avant qu'il n'aille aux armées. Un garçon si gentil, si poli avec tout le monde. Et eux, riches comme ils sont à Kerstribilh, ils l'ont laissé descendre en terre avec des haillons sur le corps, autant dire, et sans le moindre gilet de laine en plein hiver. C'est saint Pierre qui a été choqué en voyant le pauvre Petit Joseph monter au Paradis avec des pièces dans sa chemise. » Et le chœur des commères lui renvoyait ses litanies : « Pauvre petit ange ! Pauvre Petit Joseph au Paradis ! C'est un crève-cœur ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

« Mauvaises langues, cœurs filandreux, dit Nonna dans sa barbe. Et les autres, là-bas, à Kerstribilh, doivent être avares comme un chien avec son os. Ce n'est pas encore grâce à eux que je remplirai mon bissac... Ou peut-être le ferai-je si je me montre assez malin. Avec des gens pareils, il ne faut pas être trop honnête quand on veut rester vivant »

 

 

 

 

 


 


 


 

 

 

 

 

 

 


 

A suivre, semaine prochaine, suite du conte et déchargement de la pêche…

 

 

 

 

 

 

 

Par Erwan - Publié dans : Pays Bigouden - Communauté : Les Bretons sont dans la place
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /2009 17:06

Un retour en Bretagne avec cet article sur le phare d'Eckmühl. Rien de plus normal, car sa lumière (un éclat blanc toutes les 5 secondes), d'aussi loin que je puisse être, m'a guidé sur le chemin du retour. Toutes les photos "aériennes" de l'article ont été prises du haut du phare.

Ci-dessous, le phare, vu du port de Saint Pierre :

 

 

 

 

 

 

 


 


Le phare d'Eckmühl est situé sur la pointe de Saint-Pierre, à Pennmarc'h, dans le Finistère. Il mesure plus de 60 mètres de haut. Il a été inauguré le 17 octobre 1897 et doit son nom à la donatrice qui l'a en grande partie financé. Il sécurise l'une des côtes les plus dangereuses de France. C'est aujourd'hui l'un des monuments les plus visités du Finistère.

 

 

 

 

 

 

 


La commune de Penmarc'h est composée de quatre villages :

1) Penmarch-Bourg, connu autrefois sous le nom de Tréoultré, avec ci-dessous son église (Ste Nonna) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

2) Kérity (actuellement, port de pêche secondaire). Ce sont ses marins qui ont fait la fortune de Penmarc'h au XVIè siècle en commerçant entre Bordeaux et les provinces espagnoles des Pays Bas.

Le port de Kérity et, tout au fond, Le Guilvinec ("cher" à Nicolas Sarkozy) :

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

Port de Kérity :

 

 

 

 

 

 

 

Port du Guilvinec :

 

 

 

 

 

 

 

 

 


3) Saint-Pierre, port pour les très petites unités.

 

 

 

 


 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


4) Saint-Guénolé, le port de pêche principal, dont le chenal serpentant entre des roches menaçantes est difficile d'accès et déconseillé à la navigation de plaisance sauf cas de force majeure.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une double digue, genre "mur de l'Atlantique", le protège des tempêtes et des coups de vent fréquents.


 

 

 

 


 

 

 

 


La Chapelle de la Joie, construite en bord de mer, sert aussi d'amer pour les marins rentrant au port, (cf. "Pilote côtier, Brest/Quiberon, de Alain Rondeau) :

"Dans le chenal de Groumili, quand la Chapelle passe derrière la bouée verte du Scoëdec à 96°, on vire à bâbord…."


 

 

 








Ces chapelles, construites en Bretagne sur le bord des côtes, ont été édifiées sur d'anciens lieux druidiques sacrés. Elles ont remplacé les menhirs, qui dans les temps immémoriaux, servaient d'amer aux anciens navigateurs.

 


Mouettes en prière devant la chapelle (photo sélectionnée par Thalassa) :

 

 

 

 

 

 

 


 

Le phare d'Eckmühl a été construit à côté des phares précédents, au village de Saint-Pierre. Avant lui ont été utilisés la  "Vieille tour", le clocher de la petite chapelle de Saint Pierre. Un feu allumé au sommet de cette tour guidait les navires.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


Le sémaphore est accolé à cette chapelle :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le « Phare de Penmarc'h », mis en service en 1835, est prédécesseur direct d'Eckmühl. Ce phare mesurait 40 mètres et une étude conduisit à l'impossibilité technique de le rehausser.

 

 

 


 

 

 

 

 


La France décide dans une loi du 3 avril 1882 de moderniser la signalisation maritime de ses côtes. En 1890 il est donc décidé de la construction d'un nouveau phare d'une hauteur de 54,20 mètres. Le projet aboutit le 6 octobre 1892, les plans et devis étant acceptés pour une somme totale de 110 000 francs.

 

 

 

 


 

 

 

 

 


 

Le 9 décembre 1892 la nouvelle d'un financement inattendu vient modifier ce projet : la marquise Adélaïde-Louise d'Eckmühl de Blocqueville lègue dans son testament la somme de 300 000 francs pour la construction d'un phare. Ce phare devra se nommer « phare d'Eckmühl » en l'honneur de son père le maréchal Louis Nicolas Davout, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl. Ce titre de noblesse vient de la bataille d'Eckmühl qu'il avait menée à proximité du village d'Eggmühl en Bavière, à 50 Km au N.E. de Munich. Dans son testament elle dit :

 

 

 


 


 

 


"Je nomme M. Le Myre de Vilers, ancien Gouverneur de Cochinchine, mon exécuteur testamentaire en tout ce qui concerne le phare d'Eckmühl. Ma première et ma plus chère volonté est qu'il soit élevé un phare sur un point dangereux des côtes de France, non miné par la mer. Mon vieil ami, le Baron Baude, m'a souvent dit que bien des anses des côtes bretonnes restaient obscures et dangereuses. J'aimerais que le phare d'Eckmühl fût élevé là : mais sur quelque terrain solide, granitique, car je veux que ce noble nom demeure longtemps béni... Les larmes versées par la fatalité des guerres, que je redoute et déteste plus que jamais, seront ainsi rachetées par les vies sauvées de la tempête... Je consacre à cette fondation une somme de 300 000 francs, voulant ce phare digne du nom qu'il portera."

 

 

 

 


 

 

 

 

 


Après étude, une commission décide qu'il sera édifié sur la pointe de Penmarc'h. Afin de se conformer aux vœux de la donatrice, ils s'adjoignent les services d'un architecte parisien, Paul Marbeau, pour la partie décorative de la tour, une première dans l'histoire moderne des phares.

 

 

 

 


 


 

 


Le phare se situe dans une cour rectangulaire d'environ 80 mètres par 60. Elle est ceinte d'un mur, dont la face nord qui n'est pas directement exposée à la mer n'a été construite qu'en 1924 à la suite d'un raz de marée. (Le premier raz de marée connu s'est produit au XVIè siècle et a fait de nombreuses victimes. D'autres raz de marée suivront, en 1896, 1899, 1900 et 1924. A cette époque on ne parlait pas encore de réchauffement climatique !)


Un pays plat au niveau de la mer :

 

 

 

 

 

 


 

 


 

La porte à deux battants est faite en acajou d'Australie et contient des parties vitrées recouvertes de panneaux en bronze et cuivre.

 

 


 

 

 

 

 


Ses murs sont entièrement faits de granite de Kersanton et ses fenêtres de chêne de France. Pour accéder jusqu'à la lanterne il faut monter un total de 307 marches. La paroi interne de sa cage d'escaliers est recouverte de plaques d'opaline. La rampe, faite de 2,565 tonnes de bronze, comporte un barreau par marche.

 

 

 


 

 

 

 

 


 

Une dernière série de marches mènent à la lanterne métallique de 4 mètres de diamètre peinte en blanc à l'extérieur.

 

 


 

 

 


 

 

 


La lanterne comporte 2 optiques éclairées par 2 lampes de 650 W qui émettent un feu blanc à éclats toutes les 5 secondes. Le phare a une portée de 23,5 milles (environ 43 km).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le phare fonctionne aujourd'hui de façon totalement automatisée. Les deux derniers gardiens titulaires quittent le phare deux jours après son 110e anniversaire, le 19 octobre 2007. Ils sont affectés au phare de l'Île Vierge.

 

Il a été inscrit comme monument historique le 26 septembre 2005.

 

 

 


 

 

 

 


Des courses ont été organisées à l'intérieur du phare d'Eckmühl, dans le cadre des festivités liées à son 110ème anniversaire. 80 athlètes se sont lancés à l'assaut de ses 307 marches. Le meilleur temps chez les hommes : 1mn 02 s 22/100ème et chez les femmes : 1 mn 20 s 86/100ème. Il faut également saluer la performance du doyen de la compétition, Alain Jaouen : 2 mn 31 s 22/100ème ... à 80 ans !

 

 

 


Poèmes de Morvan le Gaélique de Max Jacob

 

Le phare d'Eckmühl est une grosse lanterne.

Si tu as perdu ta route sur la lande tu regardes

à droite ou à gauche et tu vois où est Saint-Guénolé.

Depuis que je vous connais, Marie Guiziou,

j'ai cherché vos yeux sur toutes les mers et cette terre-ci.

Mais vos yeux tournent de côté et d'autre

Partout où il y a des amoureux.

Marie Guiziou, Marie Guiziou !

La vie est comme la lande pour moi

et vous êtes pour moi comme le phare d'Eckmühl.

Marie Guiziou !

Ma vie est comme l'océan autour de Penmarc'h !

Et si je ne vois vos yeux

je suis un naufragé sur les rochers.



 _____________________________

 

 

 

 


Louis Nicolas d’Avout, dit Davout, duc d’Auerstedt, prince d’Eckmühl, né le 10 mai 1770 à Annoux (Yonne) est un maréchal d'Empire, le seul à être resté invaincu en 1815. Il est l’un des plus grands chefs militaires de l’Histoire de France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La bataille d'Eckmühl (50 km au NE de Munich) s'est déroulée le 22 avril 1809, en Bavière, au cours de la guerre de la cinquième coalition. Le principal artisan de cette victoire fut le maréchal Davout. Sa conduite lui valut le titre de Prince d'Eckmühl.

 

 

 


 

 

 


 

Le 3 juillet 1815, il se disposait à livrer bataille à Wellington et à Blücher, lorsqu’il reçut du gouvernement provisoire l’ordre de traiter avec l’ennemi. Ce même jour, il signa à Saint-Cloud la convention de Paris, d’après laquelle l’armée française devait se retirer derrière la Loire.

Il organise l’armée française en deçà de la Loire. Quand les Autrichiens franchirent le fleuve, il lui suffit de les menacer d’une bataille pour que ceux-ci fassent chemin inverse, son seul nom, maréchal invaincu, suffisait à faire trembler ses adversaires, même après l’abdication de Napoléon.

Davout est mort le 1er juin 1823, de phtisie pulmonaire. Il fut enterré à Paris, au cimetière du Père-Lachaise (28e division).

(sources : Wikipédia)


 

 

 

 

 








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