Ile de Sein

Vendredi 11 septembre 2009

La Chaussée de Sein est une arête granitique immergée de 25 kilomètres au large de l'Ile de Sein, en Bretagne. Le phare d'Ar-Men balise l'ouest de cette chaussée.

 

carte (source Wikipédia) :

 

 

 


C'est la Chaussée de tous les dangers, de hauts-fonds, franchissables par très beau temps et conditions favorables de courant, et toujours avec l'aide des marins chevronnés de l'île qui peuvent emprunter les quelques chenaux étroits qui la traversent. "Le grand plateau de roches connu sous le nom de Chaussée de Sein est tellement dangereux, dans toute son étendue, que nous pouvons affirmer que tout navigateur qui le traversera, sans le secours d'un bon pilote de l'île de Sein, ne devra son salut qu'à un heureux hasard..." signalait Beautemps-Beaupré au retour de sa campagne hydrographique de 1817.

 

La Chaussée de Sein, vue du haut du phare :

 

 

 

 

 

 

 

Le grand phare de l'île de Sein a été construit entre 1950 et 1951. Il succède à un premier phare de 43 m de hauteur construit sur l'île en 1839 mais détruit le 4 août 1944 par les troupes allemandes ; l'optique avait été démontée.

Nom sénan : Goulenez

Nom touristique français : Le Grand Phare

Nom sur les cartes marines : Ile de Sein

 

 








 



 

 

Pour remplacer le Grand Phare détruit, et vue son importance stratégique pour les navigateurs, un grand pylône métallique fut monté et un feu à gaz fut hissé à son sommet le 11 juin 1945. Il fut remplacé par un feu électrique, plus fiable, le 7 mars 1946.

 

 




 

 

 

 

 



 

 



 

 

Le 16 février 1952, le phare actuel est allumé sur une tour cylindrique en béton armé sur corps de logis, construite entre novembre 1949 et octobre 1950. Il s'élève à 52 m au-dessus du niveau de la mer.

 






 

 



 

 

 

 


 

 

 


On accède à la lanterne par un escalier de 250 marches, en béton avec rampe métallique, à six révolutions. Il est entouré de diverses constructions, dont la centrale électrique et une usine de désalinisation d'eau de mer. Trois de ces bâtiments possèdent un étage carré et sont couverts d'un toit en terrasse.

 

 




 

 

 

 


Vue du haut du phare, la partie la plus étroite de l'Ile :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


 


Dès le début, l’idée de construire une centrale électrique au pied du phare s’imposa. Pour ce bâtiment et ses dépendances, une surface de 3600 m² de terrain était nécessaire. Les Ponts et Chaussées durent traiter avec 171 propriétaires Sénans. L’île ne possédant pas de cadastre, les arrangements furent des plus laborieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

La lanterne est dotée d'une lampe halogène de 1000w. Elle émet un feu blanc à 4 éclats groupés toutes les 25 secondes. Sa portée est de 27,5 milles.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le site est classé en 1980.

Ci-dessous, le village de l'île en contre-jour le matin, vu du haut du phare :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : http://enezsun.chez-alice.fr/Phares/DestructionPhareSein.htm

 

 

La Chapelle Saint Corentin est située au pied du phare, sur un lieu sacré, probablement le plus ancien de l'île.

"Il y avait là de hautes fougères et de la lande où on disparaissait. On y voyait des restes de murs et des tas de coques de berniques et de poteries. Il prétend que c'est là qu'était la forêt sacrée..."

"... Là que les premiers druides, à n'en pas douter, s'initièrent aux sciences, cueillirent à même la nature, dans sa pureté extrême, les secrets d'éternité, inspirèrent leur rituel. Ils purent y composer leurs prières." (René Pichavant).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Un oratoire aurait été construit à l'époque même de Saint Guénolé, vers l'an 440. Un ermite disciple de St Corentin y habita. A cet emplacement se trouvait un puits d'eau douce.

 

Puis, on y construisit une chapelle : la chapelle de St Corentin. Mais le temps faisant son travail destructeur, la minuscule chapelle fut reconstruite une première fois au XVème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Au début du XXème siècle, la chapelle était à l'état de ruines. Les Sénanes étaient particulièrement touchées par cet état de choses. Lors du départ des hommes pour l'Angleterre, en juin 1940, elles prononcèrent le vœu de reconstruire la chapelle dédiée à Saint Corentin, au retour des hommes et au moment de la victoire de la Patrie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il leur fallut attendre quelques années encore et c'est le recteur Marzin, arrivé sur l'île en mars 1968 qui entendra leur doléance concernant la petite chapelle. Il fit les études nécessaires et proposa une nouvelle construction, un peu plus grande que la précédente et éclairée de vitraux. Les travaux débutèrent l'été 1971 et durèrent 6 mois. En creusant les fondations autour de l'ancien oratoire, on trouva un menhir couché de 3 mètres de long ainsi qu'une pierre creusée en deux bacs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On continue avec René Pichavant :

 

"La vieille statue (de Saint Corentin) n'est plus. Dans son bois peint, elle représentait l'évêque de Cornouaille sous mitre blanche la crosse à la main. Cette crosse, mobile, avait son utilité. Lorsque les marins voulaient que le vent changeât, ils la tournaient vers le point cardinal souhaité. Il arrivait cependant que le ciel n'entendît pas les prières ou les jugeât trop intéressées.

Le pauvre Corentin en subissait les conséquences.  Pour s'être montré mal en cour céleste, il était vilainement fouetté, bouté sans ménagement hors de chez lui, bafoué, couvert de goémon jusqu'au retour du noroit attendu. On le réhabilitait alors. Il reprenait sa place, solennellement".

 

 

 

 

 

 

 

 

La crosse de Corentin ne tournera plus jamais pour les marins de l'Ile de Sein. Quelqu'un a dérobé la statue et elle n'a jamais été retrouvée.

 


Couché de soleil sur l'Ile de Sein. On distingue le Grand Phare sur la droite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Erwan
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Vendredi 4 septembre 2009

L'île de Sein est située dans l'Océan Atlantique, comme une assiette posée sur l'eau, au large de la pointe du Raz, à l'extrême ouest de la Cornouaille. Son nom breton est Enez Sun. Elle fait partie d'une arête granitique dont la partie immergée se prolonge sur 25 kilomètres vers le large et forme la barrière de récifs appelée la chaussée de Sein.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa superficie, en  forme d'une sorte de S à l’envers avec une partie centrale étranglée faisant à peine 50 mètres de large, est de 0,5 Km2. Longue de 1,8 km et large de 50 à 500 m, le point culminant s'élève péniblement à 5 m.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


Elle fut plusieurs fois presque submergée par des tempêtes. Celles de 1830, 1868 et 1897 ont marqué, de leur extraordinaire puissance, la mémoire de générations de Sénans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


"Sous la monarchie de Juillet, alors que les hommes étaient au large, elle envahit le village. Les femmes, les enfants se réfugièrent dans le clocher et sur les toits. Le recteur récita les prières des agonisants, donna l'absolution générale. La mer exauça les prières et, devant les âmes sans péché, se retira.

 

 

 


 

 


 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


Soixante‑huit ans auparavant, le comte de La Noue, par ordre de Monseigneur le duc d'Aiguillon, commandant en chef pour le roi en Bretagne, voulut les évacuer. Il promit de fournir à souhait une habitation commode, des vivres et toutes les ressources nécessaires : « Trois écus d'argent et une culotte de toile, deux fois la soupe à chaque repas et l'écuelle comble de panais... une paire de bas, un trafic de vieilles hardes... » Ils rejetèrent fièrement la proposition, répondant que l'île devait demeurer habitée « afin que les naufragés fussent toujours assurés de trouver des secours et des soins charitables »".

 

René Pichavant, journaliste et écrivain au Télégramme :

Sein, l'île des cormorans bleus, éditions France-Empire.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


Toujours d'après René Pichavant, selon Pomponius Mela, géographe inspiré de l'an 43 :

« Sena est dans la mer britannique, en face du littoral des Osimes. Elle est célèbre par l'oracle d'une divinité gauloise. Ses prêtresses sont sanctifiées par le vœu de virginité perpétuelle. On dit qu'elles sont au nombre de neuf.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les Gaulois les nomment Sènes. Ils pensent que, douées de pouvoirs exceptionnels, elles peuvent, par leurs incantations, déchaîner les flots et les tempêtes, se métamorphoser, selon leur gré, en toutes espèces d'animaux, guérir les maladies réputées incurables, connaître l'avenir et le prédire. Mais elles n'exercent leur art qu'en faveur des navigateurs qui s'embarquent dans le seul but de les consulter. »

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


Sur un plan administratif, la commune de l’Île de Sein fait partie du pays du Cap Sizun en Cornouaille et du canton de Pont-Croix. C'est une des îles du Ponant qui regroupent Ouessant, Molène, Sein, Groix, Batz, Arz, Houat, Hoëdic et Belle-Île. Elle fait partie du Parc naturel régional d'Armorique, et de l'association des îles du Ponant qui a son propre collège.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


La population l'hiver est de 115 Sénans, 1 500 l'été. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, l'île a connu un déclin démographique très préoccupant pour la pérennité de la communauté, la population passant de 1 300 habitants en 1936 à 230 selon le dernier recensement (2004). On continue encore avec René Pichavant :

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


"Fils de prêtresses abandonnées, naufragés, pirates, flibustiers, vagabonds de la mer, ermites, pêcheurs saisonniers, ils se sont établis là, peu à peu, selon les circonstances, et continuent à parler du Mordiou, la mer de droite, et du Morkleiz, la mer de gauche, en regardant le continent, comme jadis les premiers Celtes qui s'orientaient face au levant, croyaient au ciel et vivaient avec les morts".

 

 

Ci-dessous, la grande terre vue de l'île de Sein : on distingue le phare de la Vieille, avec à droite, la Baie d'Audierne, et à gauche, la Baie des Trépassés avec la Baie de Douarnenez.

 

 

 

 

 


 


 

Elle est reliée au continent par une liaison quotidienne de et vers Audierne par le bateau "Enez Sun" de la compagnie maritime Penn-ar-Bed (Ci-dessous, le bateau à quai). Il y a quatre rotations par jour en été : deux le matin et deux le soir. Le bateau apporte tout ce qui est nécessaire pour vivre, y compris le pain. Il n'y a pas de boulanger sur l'Ile. Il est conseillé d'y apporter son pain si l'on veut pique-niquer. Seule une petite supérette assure les besoins quotidiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

L'été, à chaque rotation du bateau, en plus du fret, 250 touristes débarquent sur l'île pour y passer la journée. Certains y passent une nuit, et les plus téméraires restent une semaine en location. Ceux-ci, venus échapper à l'enfer de la vie trépidante de la civilisation continentale, trouvent sur l'île le calme nécessaire à leur "restructuration". Le soir, lorsque tous les visiteurs sont repartis avec le dernier bateau, l'île devient un havre de paix.

 

 


 

 

 

 


 

 


Il n'y a bien sûr aucune voiture sur l'île, hormis un petit camion pour le réapprovisionnement en fuel du phare, de un ou deux petits tracteurs pour les besoins du déchargement du bateau et de la camionnette des pompiers. La location de bicyclette n'existe pas et il y a très peu de vélos.

 

 

 


 

 

 

 

 

 


L’île est bordée en majorité par des plages de galets et de sable qui constituent un rempart fragile contre les tempêtes. Cette absence de relief fait courir le risque des vagues déferlantes qui se sont souvent abattues sur l'île, envahissant les maisons, dévastant les dunes et le port. Des digues ont été construites pour éviter la destruction de l'île. Afin de protéger les maisons sénanes des rafales chargées de sable, l'espace entre les façades a été calculé au plus étroit.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le vent est tout puissant à Sein : ni arbre ni buisson. Les petits champs entourés de murets coupe-vent, où les paysannes cultivaient autrefois l'orge et les pommes de terre, sont laissés à l'abandon. Seuls, bien protégés par les maisons au centre du village, de petits jardins sont encore bien entretenus et fournissent à leurs propriétaires fleurs et légumes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'île de Sein est isolée du réseau électrique continental. Elle produit son électricité localement dans une centrale thermique. Les groupes électrogènes de la centrale alimentent en électricité environ 300 logements, quelques commerces (épicerie, cafés, restaurants) et un centre de désalinisation de l'eau de mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au nord de l'île, au pied du phare de Sein, les trois groupes électrogènes de la centrale produisent l'énergie nécessaire mais consomment 400.000 litres de fioul par an.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'eau est une denrée rare. Autrefois, les Sénans étaient tributaires de l'eau de pluie recueillie dans des citernes individuelles et collectives, toujours utiles en cas de panne. Il ne viendrait pas à l'idée des îliens d'arroser les jardins ou de laisser couler un robinet inutilement. En 1990, lors d'une sécheresse estivale, Sein avait été ravitaillée par la Marine nationale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La consommation moyenne d'un habitant de l'île est de 50 litres par jour alors qu'elle est de 137 litres sur le continent.

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’île de Sein dessale l’eau de la mer d’Iroise depuis 1976.

L'eau sanitaire est produite par un système de pompage et de dessalement de l'eau de mer par osmose inverse. Ce système, très gourmand en énergie, est aussi alimenté par la centrale électrique.

"Il faut 2,5 litres de fuel pour produire 1 m3 d'eau potable", rappelle Vincent Delbby-Wilkes, délégué régional d'EDF.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Le maire de Sein, qui espère réduire la facture énergétique de 40% dans les prochaines années, travaille sur un projet de panneaux photovoltaïques, et rêve d'hydroliennes alimentées par le puissant courant marin qui fait le bonheur des pêcheurs de bars, au large de la pointe du Raz.

 


 

 


 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


  Autres sources : http://www.enezsun.com/Sommaire.htm

 

 



 


Par Erwan
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Mercredi 9 juillet 2008
Rochers étranges à l'île de Sein :


Celui-ci s'appelle le Sphinx :





Quant aux deux autres, laissez courir votre imagination. Monstres marins sortis du fond des âges ?








Le feu de Saint Jean à l'île de Sein.

Une famille de lapins avait trouvé refuge sous le tas de bois. Le feu allumé, ils se sont tous enfuis affolés. Un seul, complètement désorienté s'est précipité dans le foyer, au grand désespoir des enfants (et des adultes) présents.











Le monument aux Français Libres. En souvenir des 114 îliens partis en 1940 rejoindre l'Angleterre.




Cliquer sur l'hermine pour en savoir plus :  




On distingue au fond le phare de Tévennec.

Tous les hommes valides de l'île de Sein sont partis. Le plus jeune avait 12 ans. Seuls sont restés les vieillards, les femmes et les enfants. (Voir périple à l'île de Sein 2)
Cinq villes sont décorées de la Médaille de la Résistance :
Nantes, Grenoble, Paris, Varsieux-en -Vercors et l'île de Sein.
Elle est décorée de la Croix de Guerre 39/45 et de la Médaille de la Libération.
A cela s'ajoutent les nombreuses décorations obtenues par le Canot de Sauvetage de l'Île de Sein.
A propos de Nantes, c'est le gouvernemnt de Vichy qui sépara la Loire Atlantique de la Bretagne administrative. Chose que les Bretons n'ont toujours pas digéré.


Détail :




On retrouve sur le monument une partie de la devise bretonne :
Kentoc'h mervel : plutôt mourir.

La devise entière est : "kentoc'h mervel evet bezan saotret"

qui se traduit par : "Plutôt la mort que la souillure".

D'après une légende, Anne de Bretagne (Duchesse de Bretagne 1477/1514), au cours d'une chasse, vit une hermine blanche poursuivie par des chasseurs. Celle-ci, acculée près d'une mare boueuse, préféra se retourner et faire face plutôt que de salir sa fourrure en traversant la mare.

Une autre légende du même style dit que se fut Jean de Monfort (Duc de Bretagne 1294/1345), qui au cours d'une promenade sur ses terres, vit un renard poursuivant une hermine. Acculée à une mare fangeuse, celle-ci se tourna pour combattre préférant la mort  à la souillure de sa blanche fourrure.

Ces deux personnages réagirent de la même façon en faisant de l'hermine l'emblème de la Bretagne.



Pêcheurs dans le Raz de Sein :







Fin du périple à l'île de Sein

Par Erwan
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Vendredi 4 juillet 2008
Ruelles et jardins à l'île de Sein


















Par Erwan
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Mercredi 2 juillet 2008

 

Une légende de L'île de Sein recueillie par

Anatole Le Braz


 

 


Le miroir épave

 

(Conté par le pilote Piton. ‑ Ile de Sein, 1894.)

 

 

 

J'ai entendu raconter ceci à mon grand-père paternel qui était pilote à l'île, comme l'ont été successivement tous les Piton.

Un navire espagnol, ou brésilien ‑ je ne sais plus au juste ‑ avait sombré dans la chaussée de Sein, et, de tous ceux qui étaient à bord, hommes d'équipage ou passagers, pas un n'en réchappa, malgré les efforts qui furent faits pour leur porter secours.

 

 


Pendant les jours qui suivirent, la mer fut couverte de cadavres et de débris. On enterra chrétiennement les premiers, on recueillit et l'on se partagea les seconds, qui ne furent jamais réclamés par personne. Mon grand‑père eut, comme les autres, son lot d'épaves.

Dans le nombre se trouvait un miroir au verre très épais, avec une belle bordure de chêne, toute sculptée. La glace en était un peu ternie par endroits, à cause du séjour qu’il avait fait dans l’eau, mais il n’était pas autrement avarié, et, quand mon grand‑père l'eut un peu astiqué à neuf et suspendu dans la grand'chambre de sa maison, il fut admiré par toutes les personnes qui le virent, car, en ce temps‑là, les miroirs étaient une rareté dans notre pays.

 


La grand'chambre où on l'avait accroché était elle‑même une pièce de luxe, réservée aux hôtes du dehors, aux gens d'importance, mareyeurs ou marchands de homards, avec lesquels mon grand‑père était en rapport et qui venaient lui rendre visite, une ou deux fois l'an.

 
 


En temps ordinaire, elle demeurait close. Nul n'y pénétrait, sauf ma grand‑mère, pour épousseter les meubles ou faire la lessive du plancher, et, naturellement, la bonne vieille ne s'attardait pas à se mirer dans la belle glace, se contentant tout au plus de lui donner au passage un coup de torchon.

 

 


Or, quelque cinq ou six mois après le naufrage en question, une filleule à mon grand‑père, qui habitait Audierne, annonça par lettre son intention de se rendre au pardon de saint Gwénolé qui est la fête de l'île.

 

 

 

C'était une demoiselle, comme toutes les jeunes filles des villes, et il fut décidé qu'on la logerait dans la grand'chambre, pour lui faire honneur. Donc, le jour de son arrivée, ma grand‑mère la conduisit à l'étage, dans la pièce qu'on lui avait destinée, et ne manqua pas, vous pensez bien, de lui dire dès le seuil :

‑ Vous allez voir, Marie Dagorn, quel beau miroir nous avons !

 

 

 

Mais, tout aussi vite, elle s'écria, la voix changée

‑ Tiens ! Qu'est‑ce qu'il a donc ?

Le verre qu'elle avait si soigneusement nettoyé la veille était voilé comme d'une brume et des gouttes d'eau ruisselaient de haut en bas pareilles à des larmes.

‑ Oh ! fit la jeune fille, un peu d'humidité, sans doute. Ça n'est rien

 

 

 

Ma grand'mère n'insista pas, mais elle était intérieurement troublée et le soir, quand elle fut au lit, seule avec son homme, elle lui dit :

‑ Tu ne sais pas, Piton ? Le miroir a sûrement quelque chose qui n'est pas naturel. Nous l'avons trouvé qui pleurait.

Le vieux se moqua d'elle.

‑ Allons donc ! ... Tu n'es pourtant pas arrivée à ton âge sans savoir que le verre sue quelquefois ?

‑ Suer! ... Suer ! ... Pas en plein été, peut‑être, et dans l'endroit le plus sec de la maison, encore !

‑ Ta, ta, ta ! ... Des bêtises ! ... Laisse‑moi dormir.

 


 

La nuit se passa. Quand ma grand‑mère se leva le matin pour préparer le café, elle entendit au‑dessus aller et venir la filleule que les cloches du pardon avaient probablement réveillée plus tôt que d'habitude et qui, déjà, devait s'attifer pour paraître à son avantage parmi les îliennes.

 

 

 

 


Puis le bruit des pas cessa et, tout à coup, un grand cri retentit.

‑ Jésus‑Dieu ! Qu'est‑ce qu'il y a ? demanda ma grand‑mère en se précipitant dans l'escalier.

Elle poussa la porte de la chambre : Marie Dagorn, à demi évanouie sur le parquet, lui désigna du doigt le miroir. Et ce fut au tour de la vieille de reculer d'épouvante, car un visage de femme apparaissait dans la glace, qui n'était ni le sien, ni celui de la jeune fille, ni celui d'aucune personne de sa connaissance. C'était, raconta‑t‑elle ensuite, une figure blême, avec des yeux blancs, des yeux sans pupilles, et de longs cheveux mouillés qui dégouttelaient.

 


 

Ma grand'mère n'eut que la force de héler son mari. Il accourut, à moitié vêtu. Mais, dans l'intervalle, la vision s'était effacée.

‑ Je ne veux pas que ce miroir reste une minute de plus dans ma maison, déclara la vieille.

Et mon grand‑père dut le rendre sur l'heure à la mer, qui l'avait apporté.

 

 

 

 

Par Erwan
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Lundi 30 juin 2008
Avant de prendre pied sur l'ïle de Sein, quelques photos du Phare de La Vieille :






















Des Corses dans le Phare de La Vieille ? ? ?

Pour en savoir plus, cliquer sur l'hermine ci-dessous :


Par Erwan
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Samedi 28 juin 2008
Mouillage à l'île de Sein


L'île de Sein et le Cap Sizun vus par Google :




En retrouvant la terre ferme, ça donne ceci :






L'île mythique de la Bretagne s'aperçoit dans le lointain comme une feuille posée sur l'eau. Son altitude moyenne est de 1 m 50. Sa montagne culmine difficilement à 6 m.
C'est l'Insula Sena des Romains, l'île des bardes et des druides, une des îles sacrées du monde celte. C'est vers elle que partait la barque des marins disparus en mer.
Connue pour ses tempêtes et ses parages dangereux, je préfère vous montrer des images plus paisibles, où l'île de Sein a la beauté d'une île grecque et les eaux de son port les couleurs d'un lagon polynésien.

Pour accompagner ces photos, un conte breton de Pierre Jackez Hélias.



ILE DE SEIN 1940

 

 

Celle-ci est la dernière‑née de nos légendes. Toute fraîche encore de son éclosion, elle a déjà pris la couleur du temps. Elle est plus irréelle qu'aucune autre et plus humaine à la fois parce qu'elle est venue se prendre, comme une étoile d'or, à la trame de notre vie, dans des jours entre tous nos jours pathétiques.

 


C'était un soir du mois de juin. Par delà les Gorlé, Tevennec et la Vieille, un cri d'alarme est parvenu du Cap‑Sizun jusqu'à l'ultime îlot prophétique des Neuf Sènes Vierges et des Sept‑Sommeils, jusqu'à la basse terre de Sein, longue et mince couture d'horizon qui unit l'immense mer au ciel immense: « La Grande Terre est conquise aux Germains. Le sable des Trépassés porte l'empreinte de leurs bottes ! ».

 


Les gars de Sein, d'un seul bond, sont aux barques: « Kenavo, ma femme et ma mère ! Mes petits enfants, kenavo ! Vous me serez chers à jamais et je vous reviendrai quand viendra le temps du retour. Mais aujourd'hui, quel homme pourrait ici rester quand les franchises sont perdues. On n'enchaîne pas un Ilien quand lui reste la mer. Kenavo, Bretagne, notre coeur se fend ! ».

 


Plus une barque au port, plus un pêcheur au quai. La vague les a tous menés vers le Pays Saxon, avec le fardeau de leur peine et leur grand mal de liberté. Et, la nuit venue, dans toutes les maisons de l'île basse, vieille mère ou jeune épouse, pas une femme qui ne veille.

 


« Ah, que nous voudrions suivre nos hommes avec l'île pour barque ! Bretagne, notre coeur se fend ! Que nous voudrions suivre nos hommes vers les falaises du Pays Saxon, si seulement pouvait nous servir de radeau ce peu de terre‑ci, au péril des Germains qui sont à l'arrêt devant, sur le rocher du Cap de la Terre !

 


Et c'est alors que l'île tressaillit à la déploration des pauvres chères. Toute frémissante, elle s'arracha des fonds sous‑marins. Et la voilà qui flotte au bercement de la houle, impatiente et légère, et qui prend déjà congé du feu de la Vieille, pendant que retentit le cri des femmes : « Chacune à son aviron et souquez ! ».

 


Et les rames des filles de Sein, dans la nuit profonde, peinent dur. Bretagne, notre coeur se fend ! Et les rames des filles de Sein, à chaque tirée, gagnent au cap du Pays Saxon, où leurs hommes ont touché terre pour se garder de servitude.

 


Mais quand tomba, sur l'île basse, le premier rayon du soleil suivant,

 

SEIN N'AVAIT PAS CHANGE DE PLACE.


 

 

 


 

 

 

 


 

Le Guéveur

 

 


 

 

Le Grand Phare (nom  breton : Goulenez, nom français : île de Sein). Dynamité par les Allemands en 1944, il a été reconstruit en 1950/51.

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Rien de plus doux que de prendre l'appéritif le soir dans cet endroit de rêve.

 


 

 

Men Brial

 

 

 

 

 

 


 

La vedette SNSM de l'Île de Sein "Ville de Paris". Bateau tout temps, celui qui sort quand tous les autres rentrent. Financé par le Département, la Marine Nationale et... la Ville de Paris

 

 


Par Erwan
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Vendredi 27 juin 2008
De Douarnenez au phare de Tévennec.

En partant du port de plaisance de Tréboul, on passe devant la plage de Saint Jean et le cimetière marin :





Puis la plage des Sables blancs où se trouve la cure marine :



L'îlot Coulinec annonce la sortie vers le large



Cette fois-ci, c'est parti pour une belle journée de navigation cap au 270, plein Ouest. On longe toute la côte nord du Cap Sizun.



Crêpage de chignon entre mouettes pour une arête de poisson :




Il y a toujours quelqu'un pour encourager : "Vas-y, vole lui dans les plumes" !



Mer plate et grand soleil...



Mais en mer, on n'est jamais trop prudent. Nous avions tout ce qu'il faut pour ne pas perdre le nord :




Le phare du Miller :

La pointe du Miller est dominée par un phare sans tour. Ici nous sommes à 10 miles de la Pointe du Raz et à 5 miles de Douarnenez. C'est un phare très important pour l'entrée en Baie de Douarnenez, que l'on vienne du Cap de la Chèvre ou du Raz de Sein.



Le même, vu de la côte :




A suivre, les deux plages de Pors Péron :





Les roches de Duellou, un passge près de la côte où il faut être prudent.



Les mêmes vues de la côte.



Au sud  des roches de Duellou, une des rares maisons construites au sommet de la côte sauvage et visible de la mer, pas loin de Porz Kanapé.






Tout au fond, on distingue le port abri de Penharn :



La Pointe de Penharn




Le port abri de Brézellec



Tout au fond, la Pointe du Van :



Rochers de la Pointe du Van. Derrière, le phare de la Vieille :
Ici, les courants peuvent être violents atteignant jusqu'à 3 noeuds. En fin de jusant, un contre-courant se dirige de la Pointe du Van vers le phare de la Vieille.



A la Pointe du Van, la chapelle Saint They, tout au bord de la falaise. Combien de temps encore pourra-t-elle y rester ? Certains songent déjà à la déplacer. Ce serait vraiment regrettable qu'un jour elle disparaisse engloutie comme la Ville d'Ys.



La baie des Trépassés.



La Baie des Trépassés doit son nom aux marins noyés que les courants, après un naufrage, avaient tendance à repousser sur la plage. D'après une légende, c'est d'ici que partait la barque des morts pour leur dernier voyage vers l'île de Sein.

Le phare de Tévennec par temps calme :

Ici le sens des courants violents (pouvant atteindre 5 à 6 noeuds en vive-eau) varie en fonction de la marée. Il est conseillé de passer le Raz de Douarnenez à Audierne 2 h avant la marée basse, et d'attendre la marée haute pour le franchir dans le sens Audierne / Douarnenez.













A lire l'article très intéressant sur le phare de Tévennec dans Wikipédia. Cliquer sur l'hermine ci-dessous pour y avoir accès.



Par Erwan
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