Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Audierne Polynésie Bretagne : Contes et légendes, Histoire. Minorités ethniques : Thai, H'mongs, Boni, Saramaca Civilisations disparues : Angkor (Camboge),Minoenne (Crète), Mayas et Aztèques (Mexique). Sud Maroc, Thaïlande

Les dunes de Merzouga, Maroc

Jean Yves

Merzouga est réputé pour ses dunes qui font partie du plus grand erg du Maroc, l'erg Chebbi, situé dans le Tafilalet, au sud-est du Maroc, à environ 50 km au sud d'Erfoud, à proximité de l'Algérie. Il est long de 22 km et large de 5 km. Ses dunes peuvent atteindre 150 mètres de hauteur.

 

 

F01 Merzouga

 

 

F Cart Merzouga

  Dunes de Merzouga : point vert

 

L'erg est un désert de sable, constitué par un ensemble étendu de dunes déplacées par le vent. Il ne couvre que 20% de la superficie du Sahara. Certaines dunes peuvent atteindre plus de 300 m de hauteur :

 

 

F02 Merzouga

 

 

Le reg est le type de désert le plus répandu : c'est une étendue de cailloux arrondis et de graviers. Seules quelques très rares espèces, comme l'addax et l'acacia épineux, réussissent à y survivre :

 

 

F03 2 Merzouga

 

 

Les hamadas sont des plateaux désertiques de pierres volcaniques noires. La chaleur de la Hamada peut tuer, en quelques heures, en un à deux jours au plus, si on l’affronte sans eau en plein été.

 

 

F04 Merzouga

 

 

Pour illustrer ces quelques photos prises aux portes du désert, dans les dunes de Merzouga, voici des extraits du livre de J.M.G. Le Clézio, "Désert", livre ayant obtenu le Grand Prix Paul Morand décerné par l'Académie française en 1980.

 

 

F05 Merzouga

 

 

"Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient. Lentement ils sont descendus dans la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par le voile bleu…

 

 

F06 Merzouga

 

 

Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons.

 

 

F07 Merzouga

 

 

Les femmes fermaient la marche. C'étaient des silhouettes alourdies, encombrées par les lourds manteaux, et la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait encore plus sombre dans les voiles d'indigo…

 

 

F08 2 Merzouga

 

 

Il n'y avait rien d'autre sur la terre, rien, ni personne. Ils étaient nés du désert, aucun autre chemin ne pouvait les conduire. Ils ne disaient rien. Ils ne voulaient rien. Le vent passait sur eux, à travers eux, comme s'il n'y avait personne sur les dunes. Ils marchaient depuis la première aube, sans s'arrêter, la fatigue et la soif les enveloppaient comme une gangue…

 

 

F09 Merzouga

 

 

La sécheresse avait durci leurs lèvres et leur langue. La faim les rongeait. Ils n'auraient pas pu parler. Ils étaient devenus, depuis si longtemps, muets comme le désert, pleins de lumière quand le soleil brûle au centre du ciel vide, et glacés de la nuit aux étoiles figées…

 

 

F10 Merzouga

 

 

Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit. Ils étaient apparus, comme dans un rêve, en haut d'une dune, comme s'ils étaient nés du ciel sans nuages, et qu'ils avaient dans leurs membres la dureté de l'espace. Ils portaient avec eux la faim, la soif qui fait saigner les lèvres, le silence dur où luit le soleil, les nuits froides, la lueur de la Voie lactée, la lune ; ils avaient avec eux leur ombre géante au coucher du soleil, les vagues de sable vierge que leurs orteils écartés touchaient, l'horizon inaccessible. Ils avaient surtout la lumière de leur regard, qui brillait si clairement dans la sclérotique de leurs yeux…

 

 

F11 Merzouga

 

 

Mais le vent, la sécheresse, la faim n'avaient plus d'importance. Les hommes et le troupeau fuyaient lentement, descendaient vers le fond de la vallée sans eau, sans ombre…

 

 

F12 Merzouga

 

 

Ils étaient partis depuis des semaines, des mois, allant d'un puits à un autre, traversant les torrents desséchés qui se perdaient dans le sable, franchissant les collines de pierres, les plateaux…

Le soir, quand le soleil était près de l'horizon et que l'ombre des buissons s'allongeait démesurément, les hommes et les bêtes cessaient de marcher. Les hommes déchargeaient les chameaux, construisaient la grande tente de laine brune, debout sur son unique poteau en bois de cèdre…

 

 

F13 Merzouga

 

 

F14 Merzouga

 

 

Ils avaient marché ainsi pendant des mois, des années, peut-être. Ils avaient suivi les routes du ciel entre les vagues des dunes, les routes qui viennent du Draa, de Tamgrout, de l'Erg Iguidi, ou, plus au nord, la route des Nit Atta, des Gheris, de Tafilelt, qui rejoignent les grands ksour des contreforts de l'Atlas, ou bien la route sans fin qui s'enfonce jusqu'au cœur du désert, au-delà du Hank, vers la grande ville de Tombouctou…

 

 

F15 Merzouga

 

 

Le désert lavait tout dans son vent, effaçait tout. Les hommes avaient la liberté de l'espace dans leur regard, leur peau était pareille au métal. La lumière du soleil éclatait partout. Le sable ocre, jaune, gris, blanc, le sable léger glissait, montrait le vent. Il couvrait toutes les traces, tous les os. Il repoussait la lumière, il chassait l'eau, la vie, loin d'un centre que personne ne pouvait reconnaître…

 

 

F16 Merzouga

 

 

Les hommes savaient bien que le désert ne voulait pas d'eux : alors ils marchaient sans s'arrêter, sur les chemins que d'autres pieds avaient déjà parcourus, pour trouver autre chose. L'eau, elle était dans les aiun, les yeux, couleur de ciel, ou bien dans les lits humides des vieux ruisseaux de boue. Mais ce n'était pas de l'eau pour le plaisir, ni pour le repos. C'était juste la trace d'une sueur à la surface du désert, le don parcimonieux d'un Dieu sec, le dernier mouvement de la vie. Eau lourde arrachée au sable, eau morte des crevasses, eau alcaline qui donnait la colique, qui faisait vomir…

 

 

F17 Merzouga

 

 

Mais c'était le seul, le dernier pays libre peut-être, le pays où les lois des hommes n'avaient plus d'importance. Un pays pour les pierres et pour le vent, aussi pour les scorpions et pour les gerboises, ceux qui savent se cacher et s'enfuir quand le soleil brûle et que la nuit gèle…"

 

 

F18 Merzouga

 

 

 

Commentaires

albumy 07/03/2013 12:44

c'est à voir

Urban 10/01/2013 18:06

C'est magique le désert à dos de chameau avec pour guide les hommes bleus ;)
Bonne soirée JY @ bientôt !

Durgalola 09/01/2013 21:09

de très belles photos.
Je lis en ce moment un livre se passant dans le désert dans les années 60.
Bonne soirée

dom 09/01/2013 19:43

merci pour ce voyage ou je n'irai car le soleil n'est pas mon ami médicalement , je te souhaite une bonne soirée jy

patriarch 08/01/2013 14:32

Merci pour la découverte...bel après midi. amicalement