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Khmers rouges : la prison de Tuol-Sleng ou S 21

Jean Yves

Le musée de Tuol‑Sleng est un ancien lycée (Tuol Svay Prey : la colline du manguier sauvage) situé à Phnom Penh qui a été transformé par les Khmers rouges en centre de détention, de torture et d'exécution entre 1975 et 1979. Le lycée avait alors comme nom secret "prison de Sécurité 21" ou "S-21".

 

 

 

Tuol Sleng101

 

 

 

Les Khmers rouges enfermaient à S-21 tous les opposants supposés au régime, sur n'importe quel motif. Les personnes enfermées étaient aussi bien des jeunes que des personnes plus âgées. Il y avait des femmes, des enfants, et parfois des familles entières (bébés y compris) d'ouvriers, d'intellectuels, de ministres et de diplomates cambodgiens, mais aussi des étrangers. Le simple fait de porter des lunettes (y compris pour les enfants) était suffisant pour être considéré comme intellectuel et donc "à exterminer".

 

 

 

Tuol Sleng102

 

 

 

Les anciennes classes du deuxième étage servaient de salles de détention commune. Les gens y étaient enfermés à environ 50 personnes, allongées par terre en alignements serrés, les familles regroupées. Les pieds des détenus étaient attachés à de longues barres de fer par des anneaux en fonte.

 

 

 

Vann Nath01

 

 

 

 

 

Tuol Sleng103

 

 

 

Le réveil était à 4h30 du matin. On donnait aux prisonniers une bouillie de riz le matin à 8h et le soir à 20h, et dans la journée on ne leur donnait pas d'eau. Les gens faisaient leurs besoins dans une boîte militaire en métal qu'un gardien leur apportait.

 

Les salles de classe du premier étage n'étaient pas reliées entre elles à l'origine, mais les Khmers Rouges ont cassé les murs pour faire un couloir central, des deux côtés duquel ont été fabriquées de petites cellules sommaires en brique, avec des portes de bois à lucarne carrée.

 

 

 

Tuol Sleng104

 

 

 


 

Vann Nath02

 

 

 


 

Tuol Sleng105

 

 

 

Les anciennes classes plus petites, situées dans un bâtiment séparé (bâtiment B), et possédant des fenêtres à barreaux métalliques, servaient de salles de torture individuelle. On y attachait les prisonniers (hommes ou femmes) sur des sommiers en fer et on les torturait afin qu'ils avouent. La plupart avouaient des fautes qu'ils n'avaient pas commises. Ce qu'ils disaient était transcrit sur du papier. Lorsque l'aveu ne plaisait pas, le tortionnaire en faisait une boule qu'il jetait dans un coin de la salle, et le prisonnier était à nouveau torturé pour en tirer un nouvel aveu. Les tortionnaires donnaient aux détenus des idées d'aveu : par exemple un lien avec la CIA, le KGB, ou encore avec un quelconque système démocratique, capitaliste, ou impérialiste.

 

 

 

Tuol Sleng106

 

 

 

Kang Kek Ieu, alias Douch ou Duch, était le maître du complexe de Tuol Sleng.

Lors du procès des dirigeants Khmers Rouges, Douch, directeur de S 21, continuait à affirmer qu’il n’avait fait "qu’obéir aux ordres".

 

 

 

Tuol Sleng107

 

 

 

Il sera inculpé en 2007 pour crimes contre l'humanité et le tribunal du génocide cambodgien le condamnera à 35 ans de détention le 26 juillet 2010.

 

François Bizot, membre de l'Ecole française d'Extrême‑Orient, fut fait prisonnier par les Khmers Rouges en 1971. Il raconte dans son livre "le portail" sa rencontre avec Douch, son interrogateur, alors que ce dernier n'était encore qu'un petit chef de camp. François Bizot a été appelé à témoigner lors du procès de Douch :

 

http://www.rue89.com/2009/04/09/au-proces-du-khmer-rouge-duch-le-trouble-de-francois-bizot

 

 

 

Tuol Sleng108

 

 

 

Sur les 16 000 à 20 000 prisonniers de Tuol‑Sleng, personne ne s'est échappé. À la libération du camp, il y avait sept survivants, dont Vann Nath.

 

Vann Nath, né en 1946 au Cambodge, est l’un des sept rescapés de Tuol‑Sleng. Ancien peintre d’enseignes, il a survécu grâce à son talent artistique mis à profit pour faire les portraits de Pol Pot pour les besoins de propagande. À sa libération, il dénonce l’idéologie génocidaire des Khmers rouges à travers ses tableaux représentant les atrocités que subissaient les prisonniers de S21, et son témoignage vient d’être traduit en français (Dans l’enfer de Tuol Sleng).

 

 

 

Tuol Sleng109

 

 

 

 

Vann Nath03

 

 

 

 

Tuol Sleng110

 

 

 

http://proceskhmersrouges.net/?p=512

 

 

Les gardiens photographiaient soigneusement les prisonniers au moment de leur arrivée. Les Khmers Rouges tenaient également des registres d'entrées et sorties des prisonniers (morts) de la prison.

 

 

 

Tuol Sleng111

 

 

Les gardes avaient entre 10 et 15 ans, et sous l'endoctrinement de leurs aînés, devenaient rapidement beaucoup plus cruels que les adultes.

 

Le photographe du camp d'extermination S-21 était Nhem En.

 

L'histoire de Nhem En est celle d'un gamin de 10 ans ramassé dans son village de Kampong Cham en 1971. Orphelin de mère, fils d'un paysan très pauvre, solidement bâti, il a toutes les qualifications requises pour un enfant soldat : malléable, en quête de reconnaissance. Il sera une machine à obéir aux ordres.

 

 

 

Tuol Sleng112

 

 

 

Il savait tout des tortures, des décharges électriques, des ongles arrachés avec une tenaille, de la suffocation avec un sac plastique. « Je voyais les souffrances des prisonniers, j'entendais les hurlements des hommes torturés, les cris des enfants arrachés à leur mère. Je savais qu'ils étaient innocents. Mais si j'avais manifesté la moindre émotion, j'aurais été tué. » Alors il cadre, déclenche et attend le prisonnier suivant, "jusqu'à six cents par jour."

 

 

 

Tuol Sleng113

 

 

 

http://www.lefigaro.fr/international/2007/02/23/01003-20070223ARTFIG90198-le_photographe_du_camp_d_extermination_s_reste_hante_par_ses_cauchemars.php

 

 

Vous voulez sans doute savoir ce qu'il est devenu ? (suivre le lien ci-dessous)

 

http://www.cambodgesoir.info/index.php?option=com_content&view=article&id=37245:musee-des-khmers-rouges--nhem-en-obtient-le-feu-vert&catid=39:khmer-rouge&Itemid=50

 

 

 

Tuol Sleng114

 

 


 

 

Tuol Sleng115

 

 

 

Sources (pour partie) : Wikipédia

 

Autres sources :

 

"Le portail", de François Bizot ;

"Dans l'enfer de Tuol Sleng", de Vann Nath ;

"Tu vivras, mon fils", de Pin Yathay ;

"L'enfant de la rizière rouge" de Sor Sisavang.

 

 

 

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Commentaires

durgalola 24/05/2011 20:52


c'est horrible - quel horreur !!!
il est important d'élever nos enfants, dans le respect et l'amour du prochain.
Il est vrai que les ados sont "entiers" pour le bien ou le mal, si mal influencé.
cette visite doit énormément déranger...
bonne soirée


Urban 19/05/2011 20:02


Un endroit de mémoire , des atrocités faites par les Kmers rouges , je ne crois pas que je pourrais le visiter . Des endroits comme celui ci il en a existé des tas et je suis certain qu'avec les
guerres que nous avons encore il en existe encore malheureusement ;')
Bonne soirée JY @++


soledad 17/05/2011 17:34


Le temps m’attrape, me repasse, me dépasse, alors,
tout s’en va au fil des jours….
Je me rappelle de cela aux actualités... Une page d'histoire de
l'homme pas non plus très reluisante, mais il faut bien en parler
pour ne pas oublier... Encore une fois un beau reportage.
Merci de tes visites, je lis et j'apprécie. Vous n'êtes pas nombreux...
Bisous


patriarch 17/05/2011 10:40


oui une sale période.... beau mardi