Quand j'étais petit, ma grand-mère me disait : "Si tu n'es pas sage, on t'emmènera au bagne à Cayenne".
La Guyane a toujours souffert d'une mauvaise réputation. D'abord à cause de cette histoire de bagne, puis du climat jugé malsain où l'on attrapait toutes sortes de maladies mortelles et aussi à cause de sa forêt et de ses animaux dangereux qui la peuplent : serpents des plus venimeux, araignées (mygales ou matoutous entre autres), moustiques propageant la malaria et la fièvre jaune, parasites nombreux…
Porte d'entrée du camp de la transportation à Saint Laurent du Maroni :
Depuis quelques temps, cette mauvaise réputation a tendance à s'estomper. Le centre spatial de Kourou y est sûrement pour quelque chose.
Maquette de la fusée Ariane 5 à Kourou :
Une autre forme de tourisme également donne une meilleure image de la Guyane. C'est un tourisme plus proche de la nature, tourné vers les fleuves et la forêt, qui trouve en Guyane les espaces nécessaires à son développement.
L'Approuague à Régina :
Les marais de Kaw :
Ici, on ne trouvera pas les eaux turquoise des Caraïbes. Les nombreux fleuves de Guyane qui déversent leur limon dans l'océan Atlantique n'ont pas de débit suffisant pour le disperser plus au large. Aussi la mer reste-t-elle couleur café au lait. Il faut se rendre dans les Iles du Salut, situées à 17 Km au large de Kourou, pour trouver une eau un peu plus bleue.
Plage de Rémiré Montjoly près de Cayenne :
Ci-dessous, une eau un peu plus bleue autour des îles du Salut :
Dans le Nord-Est de l’Amérique du Sud, entre le Surinam et le Brésil, la Guyane est un département français d’une superficie de 86.504 km². Il est limité :
Le point culminant de la Guyane française atteint 800 mètres (massif tabulaire).
La Guyane possède 300 km de côtes, 520 km de frontières avec le Suriname et 700 km de frontières avec le Brésil.
Cayenne, 58 000 habitants, chef-lieu du département, se situe à 7.072 km de Paris soit un peu plus de 8 heures de vol.
Le décalage horaire est de 5 heures en été et de 4 heures en hiver.
La ZIC ou Zone Intertropicale de Convergence :
Pour résumer simplement, la Zone Intertropicale de Convergence constitue l’équateur météorologique. Dans l’hémisphère Nord, l’Anticyclone des Açores dirige des vents de Nord-est dans la zone équatoriale, alors que dans l’hémisphère Sud, l’Anticyclone de Sainte-Hélène produit des vents de Sud-est. La rencontre de ces vents s’effectue donc au sein d’une zone dépressionnaire appelée Zone Intertropicale de Convergence (ZIC). Au sein de cette zone, l’atmosphère est très perturbée et on y observe fréquemment des Cumulonimbus, nuages à haut développement vertical, générateurs d’orages et de précipitations.
L'Ilet de la mère au large de Cayenne et ses eaux café au lait.
La ZIC n’est pas immobile et ses déplacements suivent la position apparente du soleil. Ainsi, avec un décalage de 6 à 12 semaines, la Zone Intertropicale de Convergence se déplace du Nord au Sud et du Sud au Nord, suivant les cycles astronomiques. Ce sont donc ces mouvements, et le positionnement de la ZIC par rapport au département, qui rythment les saisons guyanaises. On distingue ainsi :
- Une saison des pluies de la mi-novembre à fin janvier. Initialement la ZIC se trouvait au Nord,
elle entame sa descente, et passe donc une première fois sur la Guyane.
- Une petite saison sèche, appelée « le petit été de mars » qui se produit en général entre début
février et la mi-mars. Cette saison correspond à la position la plus Sud de la ZIC, qui se positionne au voisinage de l’équateur géographique et parfois même dans l’hémisphère
Sud.
- Une saison des pluies, de fin mars à début juillet qui correspond à la remontée de la ZIC et qui repasse donc une deuxième fois sur la Guyane.
- Une saison sèche, de mi-juillet à mi novembre où la ZIC se positionne au delà du 10°N et épargne donc le département.
Randonnée en forêt :
Une barge d'orpailleur sur le fleuve :
Le rythme des saisons, décrit ci-dessus, est toutefois soumis à une grande variabilité interannuelle : en effet d’une année sur l’autre, le début et la fin des saisons ne se produisent jamais rigoureusement aux mêmes dates et peuvent parfois différer de plusieurs semaines.
Il a été mis en évidence que, dans la ceinture tropicale, et donc particulièrement en Guyane, le climat était lié à un phénomène océanique du Pacifique Sud : le célèbre El Niño et sa petite sœur La Niña. Pour résumer grossièrement, on peut écrire que lorsqu’il existe un phénomène El Niño, le climat guyanais est plus sec et plus chaud, alors que La Niña entraîne plutôt une aggravation des précipitations accompagnée de températures plus fraîches.
Un océan vert :
Le tourisme s'est donc orienté vers l'aventure sur les fleuves qui s’enfoncent au cœur de la forêt équatoriale. Ce sont les seules voies naturelles pour découvrir l’Amazonie, l’immensité de la forêt, un environnement incroyablement sauvage et préservé, un dépaysement inattendu. Partez quelques jours le long d'un fleuve et vous rencontrerez toute l’authenticité des cultures de la Guyane, amérindiennes ou noirs marrons, vous dormirez dans des hamacs dans les villages d’accueil situés le long des fleuves.
Sur le Maroni :
A suivre...
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