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Audierne Polynésie Bretagne : Contes et légendes, Histoire. Minorités ethniques : Thai, H'mongs, Boni, Saramaca Civilisations disparues : Angkor (Camboge),Minoenne (Crète), Mayas et Aztèques (Mexique). Sud Maroc, Thaïlande

Guyane : les marais de Kaw

Erwan

Située à environ 80 km au Sud-Est de Cayenne, la réserve de Kaw a été créée en 1998. Il faut compter 1 heure 30 de trajet par une route qui se faufile à travers la forêt. De temps en temps, un petit singe aux pattes jaunes, un tamarin, viendra vous regarder passer. Hormis la rivière de Kaw et le canal Roy, les savanes humides sont des zones inaccessibles tant en canoë qu'à pied.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La commune de Kaw se trouve sur une vaste plaine constituée par différents milieux tels que des marais (appelés pripri), des criques (mot guyanais pour désigner les rivières) ainsi que par des mangroves et des vasières. Bien que ce soit  une étendue de marais, on ne se fait pas dévorer par les moustiques : en effet, l'eau, trop acide (Ph 5,7), empêche leur développement (eau pure : Ph = 7).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est le royaume de la faune batracienne et ornithologique. Ici, hérons, aigrettes et grands échassiers côtoient les caïmans noirs. Mais ces derniers se cachent dans les "mares aux caïmans" inaccessibles aux visiteurs. Seuls de jeunes spécimens de caïmans peuvent être aperçus dans la rivière.

 
















 

Les 94 700 hectares de la réserve s'étendent le long de l'océan Atlantique à l'ouest de l'embouchure de l'Approuague. C'est la deuxième réserve naturelle de Guyane après celle des Nouragues (la plus grande réserve naturelle, totalement préservée, et qui héberge une station de recherche du CNRS, réputée sur le plan international. Depuis plus de vingt ans, le centre a accueilli des centaines de chercheurs : botanistes, zoologistes, ornithologistes, entomologistes, climatologues).

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 


 

 

 

  Ibis rouge

 

 

 

 


 Le Cabiaï :

 Son autre nom est « capybara » qui vient de « capivara » signifiant « Seigneur des herbes » dans la langue des indiens Guaranis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un cabiaï adulte mesure entre 105 et 135 centimètres de long et pèse de 35 à 65 kilogrammes. C'est le plus gros rongeur du monde. Sa longévité est d'une douzaine d'années. La femelle cabiaï peut avoir de deux à huit petits par portée. La gestation dure approximativement 130 jours. Les nouveau-nés peuvent accompagner leur mère et manger comme elle, mais ils boivent du lait et ne sont pas sevrés avant 16 semaines. Les cabiaïs sont d'excellents nageurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils se jettent à l'eau lorsqu'ils se sentent menacés. Les cabiaïs adultes côtoient sans crainte les caïmans : s'ils sont assez vifs et malins pour leur échapper, leurs petits courent cependant plus de risques.

C'est à terre qu'ils rencontrent la plupart de leurs prédateurs : pumas, jaguars, anacondas et surtout les humains qui apprécient leur chair.

 

 

 


 

 

 

 

Des populations amérindiennes habitaient ce territoire bien avant l'arrivée des Européens. Au moment où les premiers Européens arrivaient en Guyane, la région de Kaw marquait la frontière entre les groupes Arawak et Galibi.

 



Pêcheur posant son filet le long de la berge :

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


 



Kaw désigne d'abord la rivière qui prend sa source sur les flancs est de la montagne de Kaw et se jette dans l'océan, non loin de l'embouchure du Mahury. De hauts fonds vaseux et surtout une barre, très dangereuse à marée haute, ont opposé des obstacles naturels au développement de cette zone pourtant relativement proche de Cayenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


Pendant les débuts de la colonisation, la région de Kaw est encore peuplée d'Amérindiens et visitée épisodiquement par des pêcheurs de lamantins. La viande de cet animal, séchée, salée ou boucanée, était revendue à Cayenne.

 


 

Ces espèces de chaussettes qui pendent aux branches des arbres, sont des nids de caciques à dos jaune :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le paresseux :

 

Ci-dessous, notre guide Amérindien scrute les arbres de la forêt à la recherche du paresseux :












 

 


Le Paresseux à deux doigts est appelé aussi unaus ou "parsou mouton" par les guyanais. (L'Aï est le nom donné au paresseux à trois doigts). L'adulte pèse en moyenne 4 à 8 kg. Il présente un cou court, 4 longs membres d'égale longueur terminés par deux griffes incurvées à l'avant et trois à l'arrière ayant jusqu'à 7 cm de long. Il possède un système de verrouillage de ses griffes. Il peut rester ainsi suspendu des heures sans effort.

 

 

 

 

 

 

 


 

Son corps est recouvert de longs poils brunâtres. Cette fourrure a la particularité d'héberger des algues microscopiques qui favorisent un meilleur camouflage. Grâce à ces algues, pendant la saison des pluies, sa fourrure devient verdâtre alors que durant la saison sèche, elle tourne au jaune. Ci-dessous, une femelle avec son petit accroché au ventre :

 

 

 

 

 

 

 

 

Les femelles se reproduisent dès l'âge de 3 ans, les mâles 4 ou 5. Le couple s'enlace durant 48 heures pour l'accouplement. Ils ont une unique portée d'un petit par an. La gestation dure 6 mois. Le petit pèse entre 300 et 400 g à la naissance. Il s'accroche au ventre de sa mère durant 6 à 9 mois avant d'être autonome. Un paresseux à deux doigts vit environ 20 ans dans la nature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leur métabolisme est très lent et la nourriture reste environ un mois dans leur tube digestif relativement court. Leur estomac compartimenté contient des bactéries digérant la cellulose des plantes, consommant ainsi des végétaux que les autres animaux ne digèrent pas. Il descend à terre uniquement  pour ses besoins, et c'est là qu'il est le plus vulnérable.

 











Vol de cormorans au-dessus de la rivière.



 

Le paresseux fait partie des mythes fondateurs dans certaines populations d'Amérique du Sud. Il est considéré soit comme l'ancêtre de l'espèce humaine, soit comme étant la transformation de l'homme en ces animaux des suites de leurs mauvaises actions.

En Guyane, l'espèce est protégée : leur commerce est interdit et leur transport règlementé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


Quant aux grands caïmans noirs, chassés pour leur chair et surtout pour leur peau, ils ont disparus. Il ne reste dans le marais que de jeunes caïmans rouges ou  de jeunes caïmans à lunettes. (Petits, mais dangereux). On peut les voir la nuit, lorsque leurs yeux rouges reflètent la lumière des torches électriques.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

La colonisation européenne des terres de Kaw commença timidement au cours de la première moitié du XVIllè siècle. Seules les collines dominant les marécages étaient cultivées en cacao et en café mais surtout en produits vivriers.

 

 

 


Le carbet flottant :

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


La découverte de l'or sur l'Approuague allait amorcer le déclin de ce secteur et l'on ne pratiqua plus que de l'agriculture de subsistance.

 

 

 

Marais de Kaw le matin : la condensation disparaît dès les premiers rayons du soleil.


 


 

 

 

 

 

 


 

 


Héron à l'affût :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  A suivre...


 

 

Commentaires

tequila del mar 07/12/2009 20:13


Bonsoir, voilà un coin de Guyanne qui pourrait me plaire, à condition de ne pas rencontrer trop de caïmans (tous les "crocos" me font peur, même enfermés dans un vivarium). Un marais sans moustique
mais plein d'oiseaux, cela fait rêver.
Le charmant rongeur dont j'oublie toujours le nom me plait beaucoup. J'avais vu uneportage à son sujet sur Arte et on nous disait que son grand ennemi restait l'annaconda caché sous les jacinthes
d'eau...
Bonne soirée.


channig 05/12/2009 22:18


Oiseaux magnifiques !!! étonnants les nids de caciques à dos jaune... certaines autres "bestioles" j'aime moins néanmoins de ces animaux sauvages je dirais : "même pas peur"...parce qu'en photo !!!
Belles photos de paysages également. Merci de ce partage JY.
Bonne soirée et BiZHous.


lespetitsbretons 03/12/2009 17:04


Une faune vraiment impressionnante et qui me ferait presque peur (genre les caïmans) mais aussi très étonnante tel que le paresseux.
Un voyage durant lequel tu as du en prendre plein les yeux.
A bientôt


Urban 02/12/2009 19:35


Superbe la balade du jour , ibis, héron , paresseux , caïmans et aigrettes nous accompagnent sans compter le seigneur des herbes et les beaux reflets sur le marais :))
Bonne soirée Erwan
@++


Aude Terrienne 02/12/2009 14:21


Article passionnant.c'est génial le PH de l'eau qui empêche la prolifération des moustiques! Je viens vers toi suite au blog de Soledad.
Sur mon blog, il y a un proverbe amérindien en en-tête.