Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Audierne Polynésie Bretagne : Contes et légendes, Histoire. Minorités ethniques : Thai, H'mongs, Boni, Saramaca Civilisations disparues : Angkor (Camboge),Minoenne (Crète), Mayas et Aztèques (Mexique). Sud Maroc, Thaïlande

Cayenne : le marché et le quartier de La Crique

Erwan

Le marché aux fruits et légumes se déroule chaque mercredi, vendredi et samedi. Je vous le laisse découvrir en photos.

 

 


 

 

 

 

 


 

 

 

 

 




Le marché aux poissons, situé sur la crique Laussat, est ouvert tous les jours à partir de 6 heures. On y trouve tous les poissons de Guyane provenant de la mer et du fleuve. Il est préférable de faire ses achats de bonne heure !

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


Le port et quartier de La Crique :

C'est le quartier près du marché, de l'autre côté du canal Laussat. La Crique est l'autre nom du village Chinois. Il doit son nom aux indochinois libérés du bagne qui le peuplaient au début du siècle. C'est actuellement le quartier "chaud" de Cayenne. Calme le jour, ce quartier s'anime la nuit et il est préférable de ne pas s'y promener seul.

Le gouverneur Pierre Clément Laussat, en novembre 1819, établit une ordonnance d'ouverture d'un canal de dessèchement et d'assainissement à l'Est de la ville, entre l'océan Atlantique et la rivière de Cayenne. Il fut mis en service en1821.

 


 


 


 

 

 

D'autres photos de ces trois endroits avec une légende amérindienne :

 


La légende de Cayenne

 


Il y a bien longtemps de cela, les rivages de notre actuelle Guyane étaient peuplés de Peaux Rouges, les Galibis, aujourd'hui représentés par de rares individus. Leur grand chef Cépérou avait sur eux droit de vie et de mort. Son autorité s'étendait de l'Orénoque à la rive gauche du grand fleuve des Amazones. De l'autre côté de la grande rivière, vivait une autre tribu aussi importante que celle des Galibis. Le pays qu'elle habitait avait pour nom : Brésil, tiré du nom du grand chef, héros de notre légende.

 

 



 

 

 




Les deux « Tamouchis » vivaient en bonne harmonie. L'échange de leurs produits se faisait sur de petites barques à voiles appelées « tapouilles ». Il était de coutume, chez les primitifs, de se rendre visite pendant une certaine époque de l'année.

 

 


 


 

 


Ainsi donc, le roi Cépérou dont la tapouille, grande et solide, pouvait affronter sans danger le « prororoca » (mascaret) des côtes de l'Amapa et les courants du grand fleuve, décida, avec quelques-uns de ses meilleurs capitaines d'aller faire une surprise à son frère, le roi Brésil. La traversée fut sans encombre. Le village, résidence du roi, n'avait pas encore de nom. La tapouille encra en face de l'actuelle place de Bélem.

 

 


 

 

 

 

 

 

Le roi Brésil informé de l'arrivée du roi Cépérou et de sa suite, s'empressa d'aller à leur rencontre. Les deux monarques s'embrassèrent à la mode peau‑rouge. Les visiteurs furent reçus avec solennité et amitié. Un grand festin, qui dura une bonne semaine, réunit les habitants des villages.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Roi Brésil était le père de la plus jolie fille de la contrée. Elle était si belle que son père, à sa naissance, la prénomma Bélem. Le Roi Cérépou n'avait qu'un fils, son unique héritier. Il s'appelait Caïenne. Caïenne enfant, promettait d'être beau, fort et brave.

 

 


 

 

 

 

 








 

 

 

 



 


Comblé de riches cadeaux, Cépérou, ayant obtenu du roi Brésil la promesse de lui rendre sa visite, fit voile vers son pays.

Princesse Bélem et prince Caïenne grandirent. Le Roi Cépérou dans ses palabres, ne cessait de faire l'éloge du Brésil, de son roi et surtout de la princesse Bélem.

Elle est belle, disait le roi, plus belle que la plus jolie fille de notre village.

 

 



 

 

 

 


Caïenne écoutait parler son père. Dans son imagination de jeune Peau Rouge, il se figurait Bélem d'une beauté sans pareille et lorsqu'arriva l'âge de prendre femme, il dédaigna la promise qui lui était destinée. L'idée d'épouser la princesse Bélem, n'était pas seulement dans sa pensée, mais aussi dans son cœur. Il prit courage et avoua à son père que la seule personne avec laquelle il unirait sa vie, serait la princesse Bélem.

 

 


 


 

 





‑ Si c'est là ton désir, mon fils, je ne peux le contrarier. Va tenter ta chance. Je mets à ta disposition ma tapouille, mais je t'avertis que la mer est mauvaise dans ces parages et qu'il y a à lutter contre les grands courants.

‑ Merci, père, de m'avoir compris et de m'aider dans mon entreprise, dit le jeune Galibi, avec la volonté, je vaincrai.

 

 


 

 

 

 

 



Le prince avait pour ami le Piaye Montabo. C'était le sorcier du village. Il était souvent en communication avec le Grand Esprit, l'Iroucan. Il mit ce dernier au courant du projet de Caïenne.

 

 

 

 

(crabes des mangroves)

 



L'Esprit lui promit son concours. Montabo alors, accepta d'accompagner son ami. Ils armèrent la tapouille paternelle, traversèrent la mer et les courants de la grande rivière. A leur arrivée, les honneurs furent rendus au prince Caïenne, fils du roi Cépérou, ami du roi Brésil. La princesse Bélem, au milieu de ses six demoiselles d'honneur, vint devant le prince. L'image qu'il avait devant lui, répondait à celle déjà parue dans ses rêves.

 

 


 

 

 

 

 



‑ Je vous accepte de grand cœur comme beau-fils, dit le roi, mais ma fille a toujours pour habitude de faire ce qu'elle veut. C'est à elle qu'il faut vous adresser.

La princesse Bélem jouissait d'une liberté sans partage. Son père acceptait tous ses caprices. Plusieurs chefs Peaux Rouges avaient déjà sollicité sa main. Elle se gardait de leur opposer un formel refus, mais leur imposait ses conditions.

‑ L'homme digne de m'épouser, décrétait-elle, doit, monté sur un taureau, sauter le lac aux eaux dormantes de dix mètres de largeur.

 

 

 

 

 

(poisson séché)

 

 


Tous les prétendants, qui avaient tenté de le franchir, périssaient enlisés. Avec le sourire, elle imposa les mêmes conditions au prince Caïenne.

Notre Galibi, avant de donner son assentiment, consulta le sorcier.

‑ Accepte, dit Montabo, mais demande à la princesse de t'accorder le délai d'une année.

Le père et la fille consentirent. Caïenne et le Piaye regagnèrent leur village.

 

 

 


 

 

 


 


 


Dans la grande savane de Matiti, le roi Cépérou possédait un immense troupeau. Parmi les bêtes se distinguait une vache qui avait donné naissance à un veau qui avait la couleur du lion et portait au front une étoile blanche. Dès son arrivée, le Piaye prit contact avec l'Iroucan. L'esprit déjà au courant des difficultés survenues au prince, dit au sorcier :

 

 

 


 

 



 


‑ Mets à part ce taureau et nourris-le uniquement de feuilles de takini. (Le takini est l'arbre vénéré des Galibis.) Je me charge du reste.

Montabo exécuta à la lettre les conseils du Grand Esprit, et, avant un an, le taureau, sans jeter leur cavalier, sautait un obstacle de plus de 20 m. On l'aurait cru ailé. Après s'être bien assurés de la performance de leur monture, les deux amis firent leurs adieux à leurs parents et voguèrent avec le taureau vers le pays de Bélem.

 

 

 


 

 

 



Tout le village du roi Brésil, mis au courant de l'épreuve que devait affronter le prince Caïenne, s'empressa de leur réserver un chaleureux accueil à leur arrivée. Des estrades étaient dressées à l'entrée du lac. Le roi avec sa cour, Bélem et ses filles d'honneur, trônaient en première loge. Tout autour de l'estrade, était rangée la foule des spectateurs venus de très loin pour assister à la défaite du soupirant.

 

 

 

 


 

 




Toute l'assistance suivait, avec anxiété, le dénouement fatal du défi. Le prince caressa l'encolure du taureau, se mit élégamment en selle et, debout sur ses étriers adressa un gracieux salut à la princesse. Prenant ensuite son élan, il piqua des deux. Un bruit sourd, qui fit trembler l'estrade, indiqua la pose des quatre pattes du coursier frappant le sol, et, telle une flèche, taureau et cavalier, traversant le lac mortel, allaient atterrir vingt mètres plus loin.

 

 


 

 

 

 


 


Le roi Brésil, revenu de son émotion, serra dans ses bras le vainqueur et lui dit :

‑ Mon fils, embrassez-moi, embrassez votre fiancée. Vous êtes digne de son amour et de mon amitié. Comme je dois une visite à votre père, le mariage se célébrera là-bas, dans son village.


On donna des ordres. Une dizaine de tapouilles escorta celle du roi et de la princesse. Quand, au sommet de sa colline, Cépérou aperçut la flotille et reconnut les tapouilles du roi Brésil, toute la tribu fut invitée à recevoir leur royal hôte et sa fille.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les festins du mariage durèrent plus d'une semaine. A la fin du dernier banquet, le roi Cépérou leva son sapéra de cachiri et proclama :

‑ A partir d'aujourd'hui, notre village s'appellera Caïenne, je passe mes pouvoirs de grand chef à mon fils. Roi Brésil jeta un paternel regard à sa fille et le sapéra levé, il prononça :

‑ En souvenir de ma fille, mon village s'appellera Bélem.

D'une voix unanime, les invités clamèrent : Vive Cayenne ! Vive Bélem !

Caïenne et son épouse vécurent heureux. Bélem adorait son mari. Ils eurent beaucoup d'enfants.

 

 


 

 

 

 


 

Michel Lohier

 

Michel Lohier est né le 24 janvier 1891 à Iracoubo (Guyane).

Il publie en créole, sous le pseudonyme d'IRAC OUBO, les contes et légendes que lui avait relatés sa grand-mère et tous les doyens qu'il avait consultés.

Michel Lohier reste parmi les premiers auteurs Guyanais à avoir donné une dimension littéraire à la tradition orale et avoir ainsi sauvé un pan important du patrimoine culturel guyanais. Il est décédé le 1er novembre 1973.

 

 

 


 

 

 

Commentaires

pascal 27/11/2009 10:40


je me vois bien vivre làbas moi!
superbes photos et très beau conte
bisous


:0010:Liliflore:0091: 24/11/2009 22:07


Hé oui j'étais en escapade, mais me revoilou, j'ai fais des découvertes fabuleuses mais je reviens super crevée. Faut maintenant récupérer un peu car demain visite de Fontainebleau, pas de temps de
mort quand on est jeune (lol,lol) Dommage que ma jeunesse soit un peu lointaine. Bonne finb de soirée avec des bigs bises


Urban 24/11/2009 21:01


J'aime beaucoup les étales colorées du marché de Cayenne , il ne reste qu'à imaginer l'ambiance et les senteurs ;-)
Bonne soirée Erwan
@++++


Durgalola 24/11/2009 15:44


un très beau conte où seul le courage, la foi l'emporte ... bonne soirée


Biscottine 24/11/2009 12:59


Plein de belles découvertes, merci!