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Audierne Polynésie Bretagne : Contes et légendes, Histoire. Minorités ethniques : Thai, H'mongs, Boni, Saramaca Civilisations disparues : Angkor (Camboge),Minoenne (Crète), Mayas et Aztèques (Mexique). Sud Maroc, Thaïlande

Cayenne, capitale de la Guyane

Erwan

Cayenne, capitale de la Guyane, est une ville de 50 000 habitants environ, située à 268 Km de Saint Laurent du Maroni (soit à un peu plus de 3 heures de voiture) et à 64 Km de Kourou (soit à environ 1 heure de voiture).

Cayenne est en fait construite sur une île :

A l'Est de la ville coule Le Mahury, dont l'estuaire accueille le port de commerce Dégrad-des-Cannes ;

A l'Ouest, la Rivière de Cayenne à l'embouchure de laquelle on trouve le port de pêche du Larivot ;

Au Sud, La Rivière du Tour de l'Ile (ça ne s'invente pas !).

 

 

 

 

 

Ci-dessus, l'Avenue du Général De Gaulle vue du fort Cépérou, au centre de Cayenne. Sur la gauche, la Place des Palmistes.

 

 

 

Le 5 août 1498, au cours de son troisième voyage, Christophe Colomb longe pour la première fois les côtes de la Guyane.

 

En 1604, une expédition, ordonnée par Henri IV et menée par La Ravardière, s'installe sur l'île de Cayenne. Mais elle est détruite quelques années plus tard par les Portugais qui entendent faire respecter le Traité de Tordesillas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le traité de Tordesillas est un traité international établi à la fin du XVe siècle pour établir le partage du Nouveau Monde, considéré comme "terra nullius", entre les deux puissances coloniales émergentes, l'Espagne et le Portugal.

 

(Terra nullius est une locution latine signifiant « territoire sans maître ». C'est un espace qui peut être habité, mais qui ne relève pas d'un État. Selon ce principe, les terres ne sont possédées par personne. Pendant le XVIIIe siècle, le principe a été utilisé pour donner une force légale à la colonisation).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce traité, élaboré en mai 1493 et approuvé par le pape Alexandre VI, il est convenu que le Portugal se limiterait à coloniser les terres jusqu’à 2000 km à l’Ouest des îles du Cap-Vert, laissant à l’Espagne tout le reste de terres américaines. Personne ne sait à l'époque que l'Amérique du Sud forme une saillie à l'est de cette ligne, ce qui permettra plus tard au Portugal de revendiquer le Brésil.

 

 

 

 

 

 

 

La bibliothèque et le musée départemental.

 

 

 

Aucun autre État ne reconnaissait le traité de Tordesillas, mais la suprématie navale incontestable de l'Espagne et du Portugal leur permit de le faire respecter pendant un siècle. La puissance portugaise durera jusqu'à la fin du XVIe siècle environ.

 

 

 

 

 

La place du Coq.

 

 

 

 

 

Le traité de Tordesillas ne devint réellement caduc que lorsque les autres puissances (la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni) disposèrent d'une flotte navale suffisante pour braver l'interdit ibéro-portugais, et que, l'apparition du protestantisme aidant, elles rejettent l'autorité pontificale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'histoire de la ville de Cayenne commence le 27 novembre 1643, avec la Compagnie de Rouen menée par Charles Poncet de Brétigny (lieutenant-général du roi Louis XIII). Avec 300 hommes, il accoste dans l'anse d'Armire (aujourd'hui Rémire-Montjoly).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après deux jours de marche, il arrive sur une petite butte sur la plaine littorale marécageuse, où vit une tribu d'amérindiens Galibi. Il en fait l'acquisition auprès de leur chef, Cépérou et il y bâtit le Fort Cépérou. Mais les rapports humains avec les amérindiens sont mauvais et une révolte des amérindiens éclate, qui va provoquer l'extermination de la colonie et la mort de Poncet de Brétigny.

 

 

 

 




 

 




 

 





 

Le 29 septembre 1652, les seigneurs de la Compagnie de France équinoxiale tentent de s'installer, ils débarquent avec 800 hommes à la pointe du Mahury. Ils y trouvent les survivants de la compagnie de Rouen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1654 les Hollandais occupent la région, ils introduisent la canne à sucre.

 

En 1664 sous l'impulsion de Jean-Baptiste Colbert, une puissante flotte débarque et tente d'implanter une colonie, mais les Anglais attaquent en 1667 sans pour autant s'y installer.

En 1674 les Français reprennent Cayenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis deux ans plus tard, le 5 mai 1676, 11 navires de guerre hollandais sous le commandement de l'Amiral Synkes reprennent Cayenne. 400 soldats débarquent et tentent de démanteler les défenses du fort Cépérou. Mais Louis XIV ne peut tolérer une telle humiliation. Il charge le vice-amiral du Ponant, le comte Jean II d'Estrées de reprendre Cayenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 21 décembre 1676, lors d'une bataille restée célèbre, Cayenne redevient française. Une période prospère s'installe sur la colonie. Les jésuites s'installent en Guyane en créant des plantations de cacao, de café, de coton et de manioc.

 

Cette mise sous tutelle française sera contestée quelques fois, notamment pendant les Guerres napoléoniennes durant lesquelles l'Île de Cayenne sera occupée par les Portugais du Brésil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1852, sous Napoléon III, se met en place la déportation de forçats vers la Guyane afin de combler le besoin de main d'œuvre. (Le système perdurera ainsi jusqu'au jour de l'arrivée du dernier convoi en Guyane  en novembre 1938. Après les articles d'Albert Londres, c'est l'arrivée du front populaire et le rapport de Gaston Monnerville député de la Guyane, en 1937, qui vont accélérer la fin du bagne. Le 1er Août 1953, les derniers témoins, bagnards ou surveillants rentraient en France sur le "San Matteo").

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'époque de gloire de Cayenne débute en 1854 avec la découverte de l'or en Guyane. Le pays s'enrichit et la ville s'embellit de superbes maisons créoles ornées de balcons en ferronnerie. Par la suite, le gouvernement de Tardy de Montravel ordonne des travaux d'urbanisation qui donneront à Cayenne le visage qu'on lui connaît aujourd'hui.

 

 

 




 

 

 



 

 

 


 

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 

 


 

Le 15 octobre 1879 la ville de Cayenne est officiellement créée.

 

Le 19 mars 1946, la Guyane devient un département d'Outre Mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

Au centre de la ville, Place des Palmistes.

Le 13 mars 1946 y fut inauguré une statue à l'effigie de Félix Eboué, illustre personnage Guyanais. Les inscriptions qui figurent sous la statue de Félix Éboué sont d'André Malraux (d'après l'épitaphe de Simonide la bataille des Thermopyles en -480) :

« Étranger, va dire à Lacédémone que ceux qui sont morts ici sont tombés sous sa loi. Passant, va dire aux Enfants de notre Pays :

De ce qui fut le visage désespéré de la France, les yeux de l'homme qui repose ici, n'ont jamais reflété que les traits du courage et de la liberté. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au centre également, la fontaine de Montravel date de la première adduction d'eau amenée depuis les montagnes du Rorota, à Rémire. Les travaux ont été réalisés par des bagnards à la fin du XIXè siècle. La fontaine, édifiée en 1867, fut dédiée au gouverneur Tardy de Montravel qui avait réussi à résoudre le problème de l'approvisionnement en eau de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

Sur la gauche, les bâtiments qui habitent le cabinet du Préfet, construit par les Jésuites en 1752

 

 

 


Edifiés à partir de 1788 pour servir d’Hôpital Militaire, les bâtiments actuels du Site de Jean Martial, au fond de la Place des Palmistes, ont été reconstruits dans la 2nde moitié du XIXème siècle.

Le 18 juin 1946, cet immeuble a été dénommé Jean Martial, en l'honneur d'un médecin lieutenant colonel, d'origine guyanaise, qui se distingua par ses actions sur les champs de guerre.

 

 

 

 

 

 

 

 

En raison de son intérêt historique, cet immeuble a été inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques. Cette inscription implique la conservation du site en l’état par une réhabilitation.

 

 

 

 


 


 

A suivre...

 

 

 

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Commentaires

bellamy 12/01/2010 13:10


Excellent travail documentaire et artistique .
J'apprends l'histoire de ce pays que l'affaire d'un certain officier condamné par erreur nous fait rappeler .
Merci .Jean.


Isabelle 03/01/2010 00:09


E fait,ici en Guyane,il est 20h pas minuit !!!


Isabelle 03/01/2010 00:08


Même moi qui y vit (enfin à Matoury mais bon ...) je n'avais pas vu de telles phtographies ! Elles sont magnifiques et c'est brèvement bien expliqué !!! Merci pour les explications qui m'ont
beaucoup aidées à faire mon devoir d'école (sachant que je suis en 5° et que je ne me rend compte que maintenant de la richesse de mon Pays et Cayenne !)Merci beaucoup ! Muito obrigado ! Muchas
gracias ! Thank You very much ! Gratsié ! et Dank you well ! (Francais,portuguais,espagnol,anglais,italien et "Deutsh" même si je ne sais pas bien l'ecrire en I. et en "D."!)


lespetitsbretons 16/11/2009 12:37


Bonjour,
Un voyage qui promet de belles images :)
Ce lieu doit être impressionnant à "visiter" par son histoire. On y voit tout de même la gaieté et le bonheur dans les couleurs des maisons.


Durgalola 10/11/2009 22:29


tu as fais de très belles photos et les maisons sont croquignolettes, bien entretenues .. à mon avis, les peintures doivent être refaites souvent.
merci pour les textes qui expliquent l'histoire de ce pays - bonne soirée