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Audierne Polynésie Bretagne : Contes et légendes, Histoire. Minorités ethniques : Thai, H'mongs, Boni, Saramaca Civilisations disparues : Angkor (Camboge),Minoenne (Crète), Mayas et Aztèques (Mexique). Sud Maroc, Thaïlande

La légende de Tristan et Iseult

Erwan

C’est une histoire vieille comme le temps, l’histoire d’une voile que l’on oublie de changer.  Entre la voile noire et la voile blanche, le destin frappe. Déjà chez les Grecs, Thésée, pour mettre fin au tribut exigé chaque année par le roi de Crète Minos (7 jeunes filles et 7 jeunes hommes), se porte volontaire pour être envoyé en pâture au Minotaure, qu’il finit par tuer. Tout à la joie de son retour, il oublie de changer la voile noire de son bateau contre une voile blanche. Désespéré à la vue de ce qu’il interprète comme la mort de son fils, Egée, le roi d’Athènes, se jette dans les flots de la mer qui depuis porte son nom.

Au Moyen Age, c’est Thomas d’Angleterre, poète à la cour d’Aliénor d’Aquitaine, qui reprend le flambeau avec la légende celtique de Tristan et Iseut. Légende que l’on retrouve ci-dessous, raconté à la mode de Bretagne par Pierre Jakez Hélias, sur des photos prises à Penmarc’h.

 

 



 

 

YSEULT AUX BLANCHES MAINS

 


Sachez que c'est en Petite‑Bretagne, et nulle part ailleurs, que mourut l'amant incomparable, Tristan de Loonois, le visage tourné vers la mer.

 

 


 


Par honneur, il s'était durement départi de son amie douce, Yseult la blonde. Au château de Carhaix, dans la chambre haute, il trouva la fille du duc Hoël, la jouvencelle au corps gent, qui chantait une chanson de toile en brodant à fils d'or de ses blanches mains. Elle avait nom Yseult, sachez‑le, et Tristan la prit à femme pour l'amour de ce nom. Mais c'était l'autre Yseult qu'il avait au coeur. Et ce fut félonie.

 

 

 

 


 


Or, il advint qu'un jour, guerroyant contre le baron Bedalis, il fut navré d'un coup de lance dont il ne cessa de languir. Quand il sut que la vie le quittait, il désira revoir Yseult la blonde. Il manda Kaerden le preux, son beau­-frère, lui fit appareiller sa nef pour aller la quérir en Cornouailles d'outre‑mer. Ils convinrent que si Kaerden ramenait la reine Yseult, il cinglerait à voile blanche, à voile noire s'il revenait seul.

 

 

 

 


 

Yseult aux blanches mains a surpris le secret de Tristan. De douleur, elle se pâme. Tant elle aime son époux qu'elle ne saurait souffrir nulle autre auprès de lui jusqu'à la mort. La graine amère de la vengeance pousse racines dans son sein. Qui lui ferait grief ?

 

 

 

 


 


Tristan s'est fait porter sur les rochers de Penmarc'h qui est le port de Carhaix, dit le conte. Si vous ne croyez pas ce qui est dans les contes, vous n'êtes point prudhommes. Tristan ne vit que d'attente. Ses yeux ne quittent pas l'horizon de mer.

 

 

 

 


 


Mais l'orage tourmente au large la nef de Kaerden qui vire et louvoie d'amont en aval. Tristan défaille, la mort est proche. On le ramène à son manoir. Yseult, sa femme, est sur le rocher quand apparaît la voile blanche.

 

 

 


 

 

‑ Doux ami, la nef de Kaerden arrive au port. Elle vous apporte la guérison.

‑ Dites‑moi, dame, de quelle couleur est la voile ?

‑ Beau sire, la voile est toute noire, dit la dame jalouse.

 

 

 


 

 

Tristan se tourne vers le mur. Par trois fois, il soupire le nom d'Yseult et libère son âme. En vain, l'épouse aux blanches mains l'accole et le baise. C'en est fait de lui.

 

 

 

 


 

La blonde Yseult, la reine, débarque au port de Penmarc'h quand les cloches des moutiers sonnent le glas. Elle s'émerveille du grand deuil qui règne par les rues.

 

 

 


 


On lui dit que le preux Tristan n'est plus. Alors elle monte au palais, aussi vite qu'elle sait, les coiffes pendantes, la guimpe dérangée. Elle écarte l'autre Yseult du linceul, découvre la face de Tristan, lui baise la bouche et s'étend contre lui, corps à corps. A l'instant, elle meurt, pour l'amour de son ami.


 

 


 

Mais l'autre Yseult est morte aussi, pour la même douleur.

Je vous dirai que les goémons fauves de Penmarc'h sont gonflés de larmes et pleurent dans la mer. Ce n'est point pour la passion de Tristan et d'Yseult la blonde, dont les tombeaux de béryl et de calcédoine sont réunis par la tige vivace d'une ronce, à Tingatel. C'est pour le crève‑coeur de l'autre Yseult, la Bretonne aux blanches mains, Yseult la simple et la belle, morte d'amour solitaire entre Penmarc'h et Carhaix, et qui repose, solitaire, dans sa tombe inconnue.

 

 


 

Voir la légende "originale" à l'adresse ci-dessous :

 

 

http://objectif-cap-sizun-polynesie.over-blog.com/article-crete-le-fil-d-ariane-87137483.html

 


 

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Commentaires

patriarch 22/09/2008 10:32

un petit bonjour pour le début de la semaine ;-)

Melly 18/09/2008 00:04

tu nous gâtes avec ces belles images de notre chère Bretagne !

patriarch 17/09/2008 18:36

Magnifique ta façon de la conter et de l'imager !!