Jeudi 13 novembre 2008
Rappel : musique d'ambiance, piste 4 et 5 du lecteur ci-dessus.

Une matinée de pêche au filet sur la Thu Bon, la rivière de Hoi An, en compagnie d'un vieux pêcheur qui ressemblait à un Pavillon noir ou à un pirate Cham. Les Chams sont originaires de Malaisie et s'installèrent sur les côtes de l'Annam, où ils fondèrent le royaume du Champa en 192 après J.C. Conquis par les Vietnamiens, le Champa fut rayé de la carte au XVIIème siècle.






Une légende vietnamienne pour accompagner la série de photos :


La légende de la voix envoûtante

 

Il était une fois un puissant seigneur qui avait une fille unique s'appellant My Nuong. Elle était très belle et gracieuse. Comme toutes les autres filles de son rang, elle était toujours cloîtrée dans son palais. Elle consacrait tout son temps à la peinture, la broderie et à la poésie. Elle se mettait souvent à la fenêtre pour admirer le paysage et regarder l'eau du fleuve qui coulait avec lenteur juste en contrebas.





 

 

Un beau jour qu’elle rêvassait ainsi, elle fut séduite par un chant mélodieux et mélancolique qui montait du fleuve. C'était la voix d'un pêcheur qui tirait son filet. Elle commençait à prendre l'habitude de l'écouter. Cette voix était si envoûtante qu'elle commençait à bercer son âme jusque-là insensible. C'était comme un rendez-vous qu'elle avait avec ce pêcheur.

 

 





Un beau matin, cette voix se tut. My Nuong attendit en vain. Mais il n’y eut plus qu’un insoutenable silence. Ce silence la rendit malade. Elle dut s’aliter et aucun médecin n'arriva à déterminer les causes de sa maladie. Elle refusa toute nourriture et ne quitta plus son lit. Petit à petit, la beauté la quitta et elle devint pâle et maigre.

 


 





 

Puis, un jour, la voix s'éleva de nouveau. Ce chant était si mélodieux que My Nuong reprit ses forces et retrouva sa beauté. Elle redevint heureuse à la grande joie de son père. Celui-ci commença à découvrir la cause de son mal. Mais My Nuong replongeait dans une léthargie des plus désespérées chaque fois que cette voix se taisait.

 

 

 



 



Son père finit par rechercher ce pêcheur qu'on amena auprès de sa fille malade. Ce pauvre garçon était tellement laid que cela effraya My Nuong à sa première vue. De ce jour, le charme de la voix , dont l'absence la rendait malade, disparut. Elle commença à oublier cette habitude et reprit une vie normale.


 






Par contre, la vie fut bouleversée complètement pour ce pauvre pêcheur, Truong Chi. Celui-ci menait jusque-là une vie paisible et n'avait d’autre souci que de se procurer sa nourriture journalière.

 

 







Il était tombé amoureux de la gracieuse My Nuong lors de cette rencontre. Mais il savait que cet amour était sans espoir. Il commença à négliger son travail, tomba malade un beau matin et finit par mourir. Son corps fut enterré au bord du fleuve, à côté d'un arbre.


 




 

 

Un jour, lors d'une crue violente, les berges furent ravagées par le fleuve. Sa tombe fut complètement dévastée. On trouva à cet endroit une boule de jade d'une pureté magnifique. Selon les gens du village, il s'agissait bien du corps du pêcheur qui s'était transformé en cette boule.


 




 









 







Attiré par la splendeur et la beauté de cette boule lors de son passage dans ce coin, le père de My Nuong réussit à l'acheter à prix d'or. Il fit tailler cette boule en forme de tasse et l'offrit à sa fille lors de son anniversaire.






 

 

Quand celle-ci y versa du thé et la pporta à sa bouche, elle vit apparaître au fond de cette tasse l'image de Truong Chi avec sa voix mélodieuse résonnant quelque part. Émue et prise de pitié, My Nuong commença à pleurer.







Ses larmes tombèrent dans la tasse. Par enchantement, celle-ci se désagrégea et disparut. L'âme du pêcheur fut ainsi libérée de son désespoir grâce à la compassion de My Nuong.



 




 

 




 

 





 

 

 

Ainsi se termine la légende de la voix envoûtante.

 







A suivre...



 

 

Par Erwan - Publié dans : Légendes vietnamiennes
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Lundi 10 novembre 2008
Rappel : musique d'ambiance, pistes 4 et 5 du lecteur.

Hoi An







Hoi An, 150 000 habitants, s’élève sur les rives de la Thu Bon à 5 Km de la côte et 30 Km de Danang. C’est peut-être la ville du Vietnam la plus agréable à visiter.

L'Unesco y a lancé un vaste programme de restauration de la vieille ville, où l'on a recensé pas moins de 844 bâtiments d'intérêt historique, dont le Pont Japonais ci-dessous, construit de 1593 à 1595 :

 


















Il paraîtrait que ce soit le seul ouvrage "pacifique" construit par les Japonais sur tout le continent du Sud Est asiatique.










Au XVème siècle, Hoi An, sous le nom de Faifo, était l’un des plus grands ports commerciaux du Sud-Est. C’est ici que débarquèrent les premiers commerçants occidentaux, bientôt suivis de missionnaires catholiques.









L’un d'eux, le père Alexandre de Rhodes (1591 / 1660), originaire d’Avignon, y débarqua en 1625 et apprit le vietnamien. A cette époque, le vietnamien s’écrivait en caractères chinois. Alexandre de Rhodes inventa le « quôc ngù », alphabet phonétique en caractères latins qu’utilisent encore les Vietnamiens aujourd’hui. A partir de 1906, le « quôc gnù » était obligatoire dans les écoles. Cet alphabet devint l’écriture nationale du Vietnam en 1919.

 








L’ensablement du port de Hoi An par la rivière Thu Bon, entraîna la construction du port de Danang qui éclipsa Hoi An dans les années 1850.

 














Hoi An a survécu à la guerre américaine, tandis que Danang se transforma en une gigantesque base militaire et fut durement touchée par les combats.

 


 

 

 









 Un petit conte vietnamien pour la suite des photos :




Le chat bonze


Un chat se mit à jouer avec le chapelet d'un bonze. Il le mit autour de son cou et s'accroupit. Vint une troupe de rats. Le premier dit à ses compagnons : "Le chat fait pénitence, il ne nous attaquera pas. Je vais passer devant lui".










Il passa et fut croqué. Et les autres de conclure : "Sa contrition de bonze n'est que feinte : à l'intérieur il n'est que glaive et couteau."
















Hoi An le jour...








Et la nuit...















Et le matin à l'aube, Tai Chi devant le Pont Japonais, avant d'aller au travail.

(Photo un peu floue car prise au vol)




A suivre...


Par Erwan - Publié dans : Vietnam
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Mercredi 5 novembre 2008
Rappel : musique d'ambiance, piste 4 ou 5 du lecteur.






Vol vers l’aéroport international de Danang, à environ 800 Km de Saïgon.

Danang est la quatrième ville du pays avec près de 850 000 habitants. Son port en eau profonde (Tiên Sa) contribue à son développement économique.

 

 





En 1787, le roi de Cochinchine, Nguyên Anh, signe à Versailles un traité d’alliance avec la France. Celle-ci envoie alors vers l'Anam quatre frégates et 1 200 hommes en échange de Danang. Les Français la baptisent Tourane, déformation de son nom chinois Cua Han. C’était une étape très appréciée des marins français en route vers la Chine.

 






Le successeur de Nguyên Ahn reprend Tourane suite à des démêlés avec les Français. En 1858, Napoléon III envoie une force navale franco-espagnole pour reprendre Tourane qui devient une concession française en 1888, les Espagnols ayant été poliment remerciés de leur participation.

 

Le 8 mars 1965, les premiers marines américains débarquèrent dans la baie de Danang.

 






A environ 10 Km de Danang, sur la route de Hoi An, notre prochaine escale, se dressent 5 collines connues sous le nom de « Montagne de Marbre ». (On les aperçoit à l'horizon sur la photo du haut). Au 19ème siècle, l’empereur Gia Long donna aux cinq monts le nom des cinq éléments, et en fit un centre de pèlerinage bouddhique :

Le Métal : mont Kim Son ; Le Bois : mont Môc Son ; L’Eau : mont Thuy Son ; Le Feu : mont Hoa Son : La Terre : mont Thô Son.

 






On extrait de ces collines un très beau marbre blanc, orangé ou bleu-vert dans lequel des artisans sculptent statues et bijoux.






 


Combien de coups de marteaux et de burin faudra-t-il pour métamorphoser ce blog de marbre en une belle statue ?

 







Légende vietnamienne : Histoire du chien de pierre

 






Autrefois, il y avait un étudiant qui se rendait tous les jours à un village voisin pour suivre les enseignements d'un lettré de renom. À l'entrée de ce village se dressait la statue en pierre d'un chien. Chaque fois qu'il passait devant le chien de pierre, comme par enchantement ce dernier se levait, remuant sa queue pour le saluer. Un jour, intrigué, l'étudiant s'arrêta et le questionna :

‑ Tout le monde passe par ici. J'ai observé que tu ne te manifestes jamais. Comment se fait‑il que tu me réserves cet accueil ?

Le chien de pierre répondit :

‑ Je sais qu'à la prochaine session des concours, tu seras le seul de la région à être reçu. Le Ciel en a décidé ainsi et je tiens à saluer en toi le futur mandarin.






 



L'étudiant, tout heureux, rapporta la nouvelle à ses parents. Ceux-ci se sentirent tout d'un coup importants et se montrèrent hautains et pleins de suffisance envers les gens du village. En menant paître leurs buffles, ils ne se soucièrent plus de suivre les chemins et se permirent de couper à travers les champs des autres, piétinant leurs récoltes. Les gens se plaignirent, mais ils répondirent sèchement :

‑ Attention à vous ! Notre fils va être mandarin. Vous avez intérêt à vous tenir tranquilles, autrement il vous en cuira !


 

 




 

 


Devant autant d'assurance, les gens prirent peur et n'osèrent plus rien dire. Mais depuis, lorsque l'étudiant passait devant le chien de pierre, celui-ci ne bougeait pas. Une fois, deux fois, cinq fois. L’étudiant finit par lui en demander la raison.

Le chien lui répondit:

‑ Je ne te salue plus car tu ne seras pas mandarin. Comme tes parents se sont mal conduits, les gens se sont plaints et leur mécontentement est parvenu à la Cour céleste. Le Ciel a décidé de rayer ton nom de la liste des lauréats du prochain concours.

 

 




 



L’étudiant rapporta aussitôt ces propos à ses parents. Ceux-ci se rendirent compte de leur vanité mal placée et s'en allèrent présenter leurs excuses aux victimes en leur apportant des dédommagements.

Malgré tout, le jour du concours l'étudiant échoua. Il échoua aussi aux sessions suivantes.


 




 



Cependant il ne désespérait pas et poursuivit ses études avec encore plus d'application. De leur côté, les parents continuèrent à amender leur conduite. Ils parvinrent même à s'attirer les louanges de leurs anciennes victimes.


 






Un jour, en repassant devant le chien de pierre, l'étudiant vit celui-ci se lever et le saluer comme autrefois. Il apprit que, grâce à sa constance et au repentir de ses parents, le Ciel avait décidé de remettre son nom sur la liste des reçus.

À la session suivante, l'étudiant réussit brillamment et fut nommé aux plus hautes fonctions. Il se révéla être un bon gouverneur juste et efficace pour le plus grand bonheur des gens qu'il avait la charge d'administrer.



D'après Nguyên Xuân Hùng


 

 



Finition : ponçage de la statue.



 

 












 

 








Restez Zen jusqu'au prochain article !







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Mardi 4 novembre 2008
Rappel : musique d'ambiance : piste 4 ou 5 du lecteur ci-dessus.






Les laques ! Objets incontournables au Vietnam. C’est une activité artisanale qui remonte au 14ème siècle, mais c’est une technique connue des Chinois depuis plus de 2 000 ans. C’est un ambassadeur Vietnamien (Tran Tuong Cong) à la cour de Chine qui aurait subtilisé aux chinois le secret de fabrication.








La laque est une substance résineuse d’origine végétale extraite d’un arbuste, le laquier, (comme on nom l’indique),  et que l’on trouve en abondance dans les provinces du N.O. du Vietnam. (On la récolte un peu comme on récolte le caoutchouc).


 





Après avoir recueilli cette résine, on la laisse reposer pendant plusieurs jours. Se forment ainsi plusieurs couches de qualités différentes. On récupère la couche supérieure (la meilleure), et on la malaxe pendant une quarantaine d’heures avec un mélange de colophane (une espèce de résidu obtenu après distillation de la térébenthine). A ce stade, on peut la teindre avec des colorants chimiques.






 


Le support à laquer est préparé avec soin : en général on choisit un bois noble comme le teck que l’on recouvre d’un mince tissu de coton ou de soie. On recouvre ensuite ce support d’une couche de laque brute, et on laisse sécher pendant une semaine.


 




 

 


Puis, après ponçage et lissage, on recommence : Une couche de laque, séchage pendant une semaine, ponçage… et cela 11 fois de suite !


 





 

 












 

 


La décoration et l'incrustation de motifs décoratifs ne se font qu'à partir de la huitième couche.

Ci-dessous, tableau de laque avec incrustations de nacre :

 





 


A suivre...


 


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Mardi 4 novembre 2008
Une petite faim ? des nouilles chinoises, un bol et des baguettes :






Drôle d'embarcation à volant :


















Pause ou pose ?








"Pécheresse" sur le Mékong :





















A suivre...


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Vendredi 31 octobre 2008
Rappel : Musique d'ambiance, piste 4 et 5 du lecteur en haut de page.


Les enfants aussi sont mis à contribution :

















































































A suivre...



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Mardi 28 octobre 2008
Rappel : musique d'ambiance, pistes 4 ou 5 du lecteur en haut de page.

A quelques minutes de Can Tho, le marché flottant de Cai Rang se tient sur l'un des nombreux canaux qui relient Can Tho au delta. C'est le point de rendez-vous de tous les grossistes et des agriculteurs du delta.







Entre les gros sampans chargés à profusion de fruits et de légumes, circulent de plus petites embarcations dont certaines sont chargées de fruits et de légumes bien sûr, mais aussi d'objets utiles à la vie de tous les jours.








Les grandes perches que l'on voit sur les sampans, au bout desquelles sont accrochés fruits et légumes, servent d'enseigne.



































Pour agrémenter la suite de photos prises sur ce marché, voici une autre légende vietnamienne :

"Par une nuit claire, en levant les yeux vers les étoiles, on voit une immense bande blanchâtre qui traverse en charpe la voûte du ciel. C'est le Fleuve d'Argent : sur chacune de ses rives vit l'un des époux Nguu, séparés l'un de l'autre par l'Empereur du Ciel. Retournons dans le passé et découvrons leur histoire."








Le Fleuve d'Argent

 

 

"Chuc Nu", l'une des plus belles parmi les filles de l'Empereur de Jade, était la plus adroite et la plus laborieuse. Chaque matin, elle allait retrouver son métier à tisser sur les bords du Fleuve d'Argent, et jusqu'au soir, ses pieds appuyaient sur les pédales, tandis que ses mains se renvoyaient la navette fuselée. C'était elle qui habillait toutes les fées de la cour, et c'est pourquoi son métier mêlait sans relâche son bruit régulier à la chanson des flots d'argent.

 








Tous les jours, le berger "Nguu Lang" menait paître les troupeaux de l'Empereur le long du fleuve. Tous les jours il voyait la diligente princesse à sa tâche, et il ne pouvait se lasser d'admirer la perfection de son visage et la grâce de ses mouvements.












 





Or ce jeune pâtre était beau, si bien que "Chuc Nu" ne put demeurer longtemps insensible à ses regards. Et "Nguu Lang" n'osa croire à son bonheur. Quand l'Empereur s'aperçut de leur inclination mutuelle, il ne la contraria point, mais leur permit de s'épouser, exigeant seulement que chacun d'eux continuât son métier après leur mariage.









Au milieu des délices partagés, "Nguu Lang" et "Chuc Nu" oublièrent hélas, l'ordre de l'Empereur. Les paysages du ciel offraient leur cadre de rêves aux promenades sans fin des jeunes amoureux, qui négligèrent complètement les travaux d'autrefois devenus sans attrait. Laissés à eux-mêmes, les troupeaux vagabondaient à travers les champs du ciel. Le métier ne faisait plus entendre son chant actif et les araignées venaient y tisser leurs toiles.




 





L'Empereur de Jade se montra aussi sévère qu'il avait été bon. Il sépara les deux époux, qui durent reprendre leurs occupations, chacun d'un côté  du Fleuve d'Argent. Et depuis lors, tous deux regardent par-dessus la nappe lumineuse : loin l'un de l'autre, ils ne cessent de penser à l'autre.









Une fois par an, il leur est permis de se rencontrer : au septième mois, qui s'appelle ainsi "le mois des Nguu". Chaque fois qu'ils se retrouvènt, "Nguu Lang" et "Chuc Nu" versent des larmes de joie ; ils pleurent de nouveau quand vient le moment de la séparation. C'est pourquoi les pluies tombent si abondamment au septième mois, les "pluies de Nguu". De plus, si vous allez à la campagne à cette époque de l'année, les paysans vous font remarquer la disparition des corbeaux : ils sont montés au ciel pour porter le pont qui permet aux époux de se rejoindre."


D'après Pham Duy Khièm,
extrait de "Légendes des terres sereines"

































































































A suivre...



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Lundi 27 octobre 2008
Rappel : Musique d'ambiance, piste 4 ou 5 du lecteur deezer.


C'est le centre économique, politique et universitaire le plus important du Sud Vietnam. Située sur un des bras du Mékong, le Bassac, c'est une ville carrefour de 350 000 habitants reliée au delta par de nombreuses voies fluviales. Tous les canaux mènent à Can Tho, et c'est l'un des premiers ports du Vietnam. Le traitement du riz est son industrie principale. Can Tho est le grenier à riz du pays.







Omniprésent au Vietnam, le pousse-pousse se retrouve aussi à Can Tho. C'est en fait l'invention d'un Charentais, Maurice Coupeaud, qui imagina ce moyen de locomotion. Les prototypes furent testés dans les allées du bois de Boulogne en 1937 par deux coureurs du tour de France. Les premiers cyclos débarquèrent à Phnom Penh (Cambodge) en 1938 et furent agréés par Georges Mandel, alors ministre des colonies.








Quelques hôtels au bord du Mékong :







Une partie du port "touristique" :







De très bonne heure le matin, de jeunes Vietnamiens jouent au "volant" sur l'avenue qui borde le Mékong :







Le "volant" en question :







Une vendeuse :







Navigation sur le Mékong :







La rive gauche :
















Petit magasin de bord de rue (Les fruits verts sont de succulents pamplemousses).








Vendeuse de pamplemousses :






Lever de soleil sur le Mékong :



















A suivre...




Par Erwan - Publié dans : Vietnam - Communauté : images du monde
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Vendredi 24 octobre 2008
Rappel : musique d'ambiance : 4ème ou 5ème titre du lecteur ci-dessus.

Après 4 500 km, le Mékong, dès sa sortie du Cambodge, se divise en neuf bras (d'où son nom vietnamien de Cuu Long, "le fleuve des neuf dragons") et s'étend sur une immense plaine fertile, véritable grenier à riz du Vietnam. Une multitude de canaux et d'arroyos morcellent le sud de cette péninsule cochinchinoise, créant de nombreuses îles. Peuplé jusqu'au 17ème siècle par les Khmers, cette province du royaume d'Angkor, fut colonisée par les Annamites au 18ème siècle. La décision des Khmers rouges en 1979 de vouloir reconquérir cette province pour avoir un accès à la mer, fut l'une des raisons qui engendra la guerre entre le Vietnam et le Cambodge.



Pour faire les 70 Km de Saïgon à Mytho, il faut deux heures de route sur la nationale 16. C'est l'ancienne R.C. 16 (Route Coloniale) du temps de la colonisation française. Route appartenant au Vietminh la nuit et que l'armée française devait ouvrir chaque matin.
Mytho est le premier port fluvial du delta par où transitent  les cargos en route vers le Cambodge. Son nom signifie à la fois "la bonne herbe parfumée" ou "la jeune fille parfumée".

Le pemier pont sur le Mékong fut inauguré en 2000. Construit avec l'aide de l'Australie, il fait 1,5 Km de long et près de 117 m de haut.






Les sampans : Pour pouvoir leur permettre de naviguer sans problèmes sur les eaux limoneuses du fleuve et éventuellement de trouver leur route, les Vietnamiens peignent des yeux à l'avant de leurs bateaux.





Dans ce pays, les stations services se trouvent sur l'eau :





Et l'on y attend tranquillement les clients.



Une petite balade en sampan sur les canaux et les arroyos nous mènera vers l'île de Bên Tre. Pour accompagner les photos, une nouvelle légende vietnamienne.



L'histoire du moustique




 

Il était une fois, dans une région lointaine du Viêt-Nam, un jeune paysan, brave et généreux de nom Ngoc Tâm, c'est-à-dire «Cœur de diamant». Il avait une femme de nom Nhan Diêp. Celle-ci était grâcieuse et charmante. Contrairement à son mari qui était économe et laborieux, elle était paresseuse et aimait bien le luxe. Malgré cela, Ngoc Tâm aimait sa femme et lui pardonnait tout.





Malheureusement, cette union ne fut que de courte durée car sa femme mourut brutalement un beau matin. Sombrant dans la détresse, Ngoc Tâm ne voulut pas se séparer du corps de sa femme et s'opposa à son ensevelissement. Après avoir vendu ses biens, il s'embarqua dans un sampan avec le cercueil et erra au gré du courant n'ayant en tête aucune destination précise.






Un jour, son sampan l'amena au pied d'une colline verdoyante et parfumée. Descendu sur terre, il découvrit un paysage empreint de beauté avec des fleurs rares, des arbres chargés de fruits variés. Enchanté, Ngoc Tâm continua son exploration. Bientôt, il rencontra un vieillard aux longs cheveux blancs tout comme sa barbiche. Il se dégageait du vieil homme une grande sérénité et une miséricorde étonnante, ce qui lui permit de comprendre qu'il avait devant lui un génie des Lieux. Il se jeta à ses pieds, puis il l'implora de rendre la vie à sa femme.





Pris de pitié pour lui, le génie lui dit: « Je vais exaucer tes voeux car ton amour et ta douleur sont sincères. Mais puisses-tu ne pas trop le regretter plus tard ! ». Puis il demanda au paysan d'ouvrir le cercueil, de se couper le bout du doigt et de laisser tomber trois gouttes de sang sur le corps de sa femme Nhan Diêp. Aussitôt, celle-ci ouvrit les yeux comme si elle sortait d'une longue léthargie. Ses forces revinrent très vite. Avant la séparation, le Génie s'adressa à la femme: « N'oubliez pas vos devoirs d'épouse. Pensez à l'amour que votre époux vous porte et à son dévouement. Soyez heureux tous deux ».





Pressé de regagner son foyer, le paysan Ngoc Tâm tenta de ramer jour et nuit. Un soir, il dut accoster pour aller acheter des provisions. Pendant son absence, une grande barque d'un riche marchand vint s'amarrer à côté de la sienne. Frappé par la beauté de Nhan Diêp, le marchand entra en conversation avec elle, finit par la séduire et par l'emmener avec lui vers une nouvelle destination.





A son retour, Ngoc Tâm, furieux décida de se lancer à la poursuite du riche marchand. Il parvint à retrouver ce dernier après de longs mois de recherche. Il retrouva sa femme et proposa à cette dernière de le rejoindre. Habituée à la vie facile, celle-ci refusa cette proposition.





Du coup le paysan fut guéri de son amour et dit à sa femme: « Tu es libre de me quitter. Mais tu dois me rendre les trois gouttes de sang que j'ai versées sur ton corps pour te ranimer ». Heureuse de se débarrasser à si bon compte de son stupide mari, Nhan Diêp s'empressa de se piquer le doigt. Mais au moment où le sang commença à couler, elle s'écroula morte. Mais cette femme frivole et légère ne pouvait pas se résigner à quitter définitivement ce monde. Elle y revint en se transformant en un minuscule insecte poursuivant sans relâche Ngoc Tâm pour lui voler les trois gouttes de sang qui la ramèneraient à la vie humaine.





Cette bestiole est connue plus tard sous le nom de moustique.


D'après Ngyên Xuân Hùng




































































A suivre...




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Mercredi 22 octobre 2008
Petit rappel : Sur le lecteur deezer en haut de page, cliquer sur le 4ème ou 5ème titre.

C'est le plus vieux et le plus grand des marchés de Saïgon. Signalé par un beffroi, il occupe 11 000 m2 et fut inauguré en 1914. A demi-couvert, c'est un vrai labyrinthe où l'on trouve tout ce que l'on a besoin dans des échoppes guère plus larges qu'un couloir d'appartement.








Ne me demandez pas le nom de ces produits séchés qui se trouvent dans ces sacs,  mais ce proverbe chinois vous rassurera :

"A Canton, on mange tout ce qu'il y a sur terre sauf les avions, et tout ce qu'il y a dans les mers à l'exception des bateaux."





Suite de la visite avec une légende vietnamienne sur la cupidité :

Jadis vivaient deux frères qui héritèrent de leurs parents d'une fortune assez importante. Leur vie commune fut sans histoire jusqu'au moment où l'aîné se maria. Un jour, celui‑ci ‑ homme cupide ‑ dit au cadet :

« Nous allons partager l'héritage laissé par nos parents. Comme tu es encore trop jeune pour prendre en charge toute cette fortune, je te laisserai une machette avec laquelle tu pourras gagner ta vie ».





 

Le petit frère avait un cœur  d'or, il accepta la proposition sans mot dire. Chaque jour, il entrait dans la forêt pour chercher du bois. La nuit, tantôt il demandait asile chez des braves gens, tantôt dormait à la belle étoile ou sous un pont, n'ayant ni feu ni lieu.

 





Une nuit, il fut réveillé par les rayons de nouvelle lune qui montaient dans le ciel. Les prenant pour les premières lueurs de l'aurore, il se leva, empoigna son coutelas et partit dans la forêt. Arrivé à une clairière, il se rendit compte de son erreur vint se reposer au pied d'un arbre séculaire où il s'assoupit. Or, l'endroit était fréquenté par des singes. Ce jour-là, comme d'habitude, ils vinrent pour s’y amuser. Lorsque les bêtes virent un corps humain inanimé au pied de l'arbre, elles le prirent pour un cadavre et décidèrent de l'enterrer ailleurs.





Pendant que les singes le transportaient, le bûcheron se réveilla. Curieux de savoir où aboutirait cette aventure, il se laissa faire. Soudain, la bande s'arrêta.  Une voix de singe s'éleva:

‑ Ha‑ram-ha‑rac... Enterrons-le dans la fosse d'argent, pas dans la fosse d'or.

La voix autoritaire d'un vieux singe se fit entendre:

‑ Ha-ram‑ha‑rac... Enterrons‑le dans la fosse d'or, pas dans la fosse d'argent.





Les singes déplacèrent leur fardeau dans un autre endroit où ils le déposèrent, puis retournèrent à leurs jeux favoris. Laissé seul, le bûcheron ouvrit les yeux. ­Quelle ne fut pas sa surprise de se trouver dans une fosse d'or ! Il en remplit un sac. Devenu riche, il se fit bâtir une belle maison, acheta des rizières, éleva des bestiaux... Il nageait dans l'opulence.

 





Le bruit que son frère cadet avait trouvé de l'or dans la forêt parvint aux oreilles de l'aîné qui voulut percer le mystère.





A l'occasion de l'anniversaire de la mort de son père, le bûcheron célébra une cérémonie et y invita son frère. Celui‑ci se hâta de s'y rendre. Dès qu'il vit son cadet, l’aîné demanda :

 

‑ Comment se fait‑il, frère, que vous soyez devenu riche ?

 





Le bûcheron relata sans ambages sa rencontre avec les singes et comment il avait été déposé dans la fosse d'or. Sur la demande de son frère, il lui prêta volontiers sa machette.

 




Par une nuit de nouvelle lune, le frère prit la direction de la forêt. Arrivé à la clairière, il fit semblant de dormir au pied du même arbre séculaire. Bientôt il vit venir une bande de singes qui se mirent à danser autour de l'arbre. Il fit le mort. Aussitôt, les bêtes le soulevèrent pour le transporter à la fosse. En chemin, il les entendit dire :

"Ha‑ram-ha-rac… Enterrons‑le dans la fosse d'argent, pas dans la fosse d'or".

Il se releva d'un bond et protesta :

‑ Plutôt dans la fosse d'or que dans celle d’argent

 




Effarés de voir le mort revenir à la vie, les singes l'envoyèrent dans un ravin où il trouva la mort.


D'après Nguyen Xuan Hung





 



Restauration rapide :












 

Petite "rectification" avant d'aller sur le marché :






A suivre...




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