Lundi 19 janvier 2009
Nous allons parcourir le marché H'mong de Bac Ha où nous rencontrerons des H'mongs vendant les produits de leurs terres. Ci-dessous ces vendeurs de viande de porc sont bien loin de respecter les normes sanitaires européennes. Un peu plus loin, le bureau de tabac local où, pour quelques dongs (monaie locale), on peut fumer quelques pincées de tabac à l'aide d'une immense pipe en bambou. On en profite également pour aller faire un tour chez le coiffeur, et on termine la petite promenade en achetant un bol de piments à ces vieilles femmes descendues de leurs plantations.


















Le Carambolier

 

 

Il était une fois deux frères qui se partagèrent un héritage, à la mort de leurs parents.
L'aîné, cupide et avare, s'empara de tous les biens et laissa à son cadet et à sa femme seulement une paillote délabrée et un carambolier.












Mais les deux époux cadets prenaient soin de leur carambolier, si bien que l'arbre reprit vigueur et porta une quantité de fruits

Un jour, alors que les caramboles commencèrent de mûrir, un oiseau d'une taille extraordinaire, aux plumes multicolores, venait chaque matin en manger. Il était impossible pour ce couple de l'en chasser quoi qu'il fît.



 










L'épouse navrée se lamentait : "Malheur à nous, pauvres que nous sommes, nous comptons beaucoup sur ce que nous rapporte le carambolier et voilà que l'oiseau ravage tout. Nous connaîtrons probablement la faim".

 










Mais oh Bouddha ! L'oiseau entendit les lamentations, se pencha et fit :
"Chaque carambole je mange, de l'or je rends, munissez-vous d'un sac de trois livres et suivez-moi pour en chercher". Apeurée, la femme se précipita dans la chaumière pour chercher son mari. Ils se concertèrent et décidèrent de coudre le sac suivant la mesure indiquée, dans l'attente d'un éventuel retour de l'oiseau.



 

 
















Quelques jours plus tard, l'oiseau revînt, mangea plusieurs caramboles puis descendit de l'arbre pour inviter l'époux à prendre place sur son dos avec le sac. Puis ils disparurent ensemble à l'horizon. L'oiseau le transporta très loin avant d'atterrir sur une île déserte, remplie de pierres précieuses. Le cadet commença à en remplir son sac. Puis le volatile le ramena chez lui.





















Depuis ce jour, le couple ne connut plus jamais la faim. Il venait en aide souvent aux pauvres. A l'occasion de la commémoration de la mort de ses parents, le couple invita l'aîné à venir chez lui. Plein de mépris pour le cadet, l'aîné et son épouse furent surpris devant l'opulence et la richesse du couple cadet.















Curieux, l'aîné chercha habilement à pénétrer le mystère. Son cadet, honnête et franc, n'hésita à lui raconter l'histoire de l'oiseau multicolore qui l'avait emmené chercher de l'or.
Le couple aîné proposa d'échanger sa fortune contre seulement la paillote et le carambolier juteux. Les cadets acceptèrent. Un jour, l'oiseau revint manger des caramboles et fit la même recommandation : un sac de trois livres pour aller chercher de l'or.
















 



L'aîné, cupide et curieux, emmena deux gros sacs de six livres chacun et une fois sur place les remplit de l'or. Sur le chemin de retour, plié sous le poids démesuré de ces deux sacs, l'oiseau qui n'en pouvait plus, tangua et l'aîné fut balancé dans la mer et s'y noya.













A suivre...











Par Erwan - Publié dans : Légendes vietnamiennes - Communauté : images du monde
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Mardi 13 janvier 2009
Bac Ha est située dans le Nord-Ouest du Vietnam, à moins de vingt kilomètres de la frontière avec la Chine (province du Yunnan). Bac Ha compte environ 70.000 habitants. Construite sur des hauts plateaux à 700 mètres d’altitude, entourée par des reliefs culminant à 900 mètres, le climat y est plus doux qu’à Sapa. Dix ethnies montagnardes vivent dans la région : Hmongs Fleurs, Nungs, Phulas, Thaïs, Thulaos et  Kinhs (Vietnamiens d’origine).







Sur la carte : dans le cercle bleu, le point à droite : Sapa ; le point à gauche : Bac Ha ; Hanoï en bas à droite. Ci-dessous, de jeunes H'mongs Fleurs.









L’une des principales industries de Bac-ha est la production de boissons distillées (alcool de riz, vin de manioc et liqueur de maïs). La liqueur de maïs que produisent les H'mongs Fleurs est si forte qu’elle peut littéralement s’enflammer !



















 La récolte de l’opium constituait une importante source de revenus, jusqu’à ce que le gouvernement en stoppe l’industrie il y a quelques années. Bac-ha est le seul endroit du Vietnam où vous en trouverez.











 Histoire du sacrifice du Chien



Il était une fois deux frères, orphelins dès leur plus jeune âge. L'aîné, doué d'un fort sens du commerce, s'était enrichi au fil des ans, et menait grande vie. Le cadet, qui avait fait de la sincérité et de l'altruisme les préceptes de sa vie, restait désespérément pauvre.











Riche et vaniteux, l'aîné dispensait à tour de bras des, largesses à tous ceux qui le sollicitaient en le flattant et en profitant sans vergogne de son aveuglement. Par contre, il n'avait pas même un regard pour son jeune frère, ignorant jusqu'à son existence et ses difficultés, car celui-ci ne se plaignait jamais et ne lui demandait rien.













L'épouse de l'aîné, choquée par cette attitude, le lui reprochait souvent, mais n'obtenait que cette réponse : À chacun ses problèmes. Ce n'est pas parce que c'est mon frère que je dois faire mienne sa façon de vivre. D'ailleurs, mes amis sont tous des gens bien, et ils me sont dévoués. Il est donc naturel que je leur accorde mes préférences.












 À la longue, l'épouse envisagea un stratagème pour lui ouvrir les yeux. Un jour que son mari était parti s'amuser avec ses chers amis, elle fit tuer un chien, l'enveloppa dans un sac, et le cacha dans un buisson du jardin.




















Au retour de son mari, elle feignit l'affolement en lui déclarant : Cet après midi, un jeune mendiant est venu demander l'aumône. J'étais occupée et j'ai tardé à lui apporter quelque nourriture. Voilà qu'il s'est mis à m'injurier avec véhémence. Je ne sais pas ce qui m'a pris, je l'ai frappé. Par malheur, il est tombé mort. J'ai mis son corps dans un sac et l'ai caché dans le jardin. Comment allons-nous nous sortir de cette histoire ?




















 À ces mots le mari, soucieux de sa réputation, fut pris de panique. Il courut demander de l'aide à ses chers amis. Mais tous eurent une bonne excuse pour ne pas lui prêter main-forte. Dépité, il rentra à la maison. Sa femme lui suggéra alors d'aller voir son jeune frère, ce qu'il fit sur-le-champ, oubliant complètement son indifférence à l'égard de son cadet.












 Ce dernier dit aussitôt : Vite, il faut l'enterrer loin d'ici avant que quelqu'un ne soit au courant. Autrement ce sera un malheur pour toi et ta femme. Restez ici, je m'en charge tout seul. Comme cela les soupçons ne tomberont pas sur vous.












 Il partit seul enterrer discrètement le sac dans la forêt, puis revint rassurer le couple, sans réclamer quoi que ce fût. L'épouse en profita pour faire remarquer à son mari que les « bons amis » qui avaient si bien profité de lui s'étaient tous défilés, alors que son frère s'était dévoué sans hésiter. Son mari rétorqua qu'il était normal que son frère l'aidât en pareille circonstance.












Or voilà que le lendemain, la foule des « bons amis » se présenta à la maison pour exiger une forte somme d'argent en contrepartie de son silence sur le prétendu meurtre. Affolé, le mari était prêt à obtempérer, mais sa femme s'y opposa avec force, en affirmant qu'ils ne risquaient rien.












 Dépités, les «bons amis » se rendirent aussitôt chez le juge et dénoncèrent avec beaucoup de détails l'assassinat du jeune mendiant. Les autorités firent amener le couple lourdement enchaîné, comme des criminels. Alors que le mari était en proie à la plus profonde détresse, sa femme gardait un calme rassurant.













 Au cours de l'interrogatoire, elle raconta le stratagème qu'elle avait employé pour démontrer à son mari son aveuglement. Afin de confirmer ses dires, elle demanda que le jeune frère fût convoqué pour indiquer l'endroit où il avait enterré ce qu'il croyait être le cadavre d'un mendiant. On découvrit ainsi toute la vérité.












Le juge ordonna que l'on fouettât les « bons amis » en punition de leur conduite détestable et de leur injuste dénonciation. Il félicita par contre l'épouse pour sa leçon exemplaire, et réprimanda le mari coupable d'erreurs de jugement. Depuis, celui-ci a délaissé ses anciennes relations et se consacre à son jeune frère.




Nguyên Xuân Hùng









A suivre...




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Vendredi 9 janvier 2009


A Sapa, lors de la construction de la ville, un lieu fut spécifiquement désigné au centre du nouveau bourg pour accueillir le marché de la région. L’administration coloniale taxait les marchandises du commerce transfrontalier et veillait aux secteurs étatisés du commerce de l’alcool, du sel et de l’opium. Par l'intermédiaire des boutiques autorisées, l’administration achetait la production locale d’opium, de même que celle qui était apportée sur les lieux par les caravaniers. Cet opium brut était alors dirigé sur Hanoï et Saïgon où la Régie générale de l’opium de l’Indochine veillait à sa transformation et à sa mise en marché.

 


 





















 

 

Durant toute la durée de la présence française à Sa Pa, soit de la fin du XIXe siècle jusqu’à 1950, au moment où les dernières troupes françaises abandonnèrent le site, le marché de Sa Pa poursuivit ses activités. Cela consistait à approvisionner la station en produits agricoles et forestiers frais en réponse à la demande locale qui doublait durant la période des vacances d’été, période durant laquelle la population française se rendait à la station civile de Sa Pa pour la saison chaude.

 

 

 




 

 

 






 

 

 









 

 

La collectivisation de l'économie étant à l’ordre du jour dans toute la République Démocratique du Vietnam, les terres se trouvèrent saisies par l’État et remises aux coopératives agricoles tandis que les prestations de travail contre rétribution ne se firent plus que dans le cadre de coopératives de travail.

 

 

 





 

 







 

 








 

 

Les montagnards de Sa Pa se plièrent docilement aux changements démographiques, politiques et économiques des années socialistes. Les produits qui leur étaient nécessaires tels le sel et les métaux étaient de nouveau disponibles au magasin d’État. L’opium produit localement était apporté à ce même magasin et échangé contre des produits industriels, de l’alcool ou des tickets pour le riz et la viande, tandis que les légumes et produits forestiers s’échangeaient librement sur le site de l'ancien marché colonial de Sa Pa, maintenant rétabli à cette fin.

 

 

 





 

 

 









 

 

Des années 1960 jusqu’au début des années 1990, la principale contribution en produits des montagnards à l’économie locale collectivisée – l’opium étant emporté par l'État hors de la région – fut le riz.

 

 






 

 

 

Or, les officiels vietnamiens admettent aujourd’hui que la collectivisation dans la haute-région ne fut pas un succès. Quelques effets structurants se firent tout de même sentir, notamment l’arrimage croissant de l’économie montagnarde aux marchés régional et national. Enfin, même si l’information manque pour en estimer l’importance exacte, l’on sait que la production d’opium constituait toujours une part essentielle de l’économie montagnarde, que les montagnards en étaient les seuls producteurs, et que jusqu’au début de la décennie 1980, l’État en était le seul acheteur autorisé.

 

 



 










 

 








 



 

La "Rénovation économique", ou Doi Moi, résolue à Hanoï en 1986 et mise en application par vagues successives à l'échelle de tout le pays dans les années subséquentes, sonna le glas de trente années de collectivisation. À la disparition presque complète de la plupart des coopératives s’ajoutèrent bientôt deux importants développements d'envergure nationale, soit l’interdiction de couper la forêt pour en vendre les produits ou y dégager de nouvelles parcelles, et l’interdiction définitive de cultiver l’opium.

 

 



 

 

 

 

 






 

 

 




 

 

 


 

 

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Jeudi 8 janvier 2009

Sa Pa se trouve à 1 650 mètres d’altitude sur un affluent du Fleuve Rouge (Sông Hông), dans la province frontalière de Lào Cai à l’extrême nord du Vietnam. Son nom signifie "Village de Sable". Située dans le massif montagneux le plus important du Sud Est asiatique, qu'on appelait autrefois les Alpes du Tonkin, elle est entourée de sommets, dont le plus haut, le Mont Fansipan culmine à 3143 m.

 



 





Ci-dessus et dessous : la vallée de la Sông Hông avant Sapa.


 

 






 

 

Lieu auparavant isolé, il fut découvert par un missionnaire jésuite au début du XXe siècle.

Dès 1920, il y eut la mise sur pied d’un poste militaire, puis on vit s'ériger une petite agglomération autour d'un établissement sanitaire, le sanatorium militaire, dont la première construction date de 1913. Au cours de la décennie 1910, la notoriété de Sa Pa en tant que station d’altitude pour les Français de Hanoï va grandissante. Des douzaines de villas privées ou de fonctions furent édifiées durant les trois décennies qui suivirent.

 

 

 






Ci-dessus : Sapa émergeant de la brume des montagnes.

 

 

 

La station d’altitude de Sa Pa connut une fin abrupte qui se produisit juste après la période de développement la plus intense que connut le bourg au début des années 40. En effet, durant la Deuxième Guerre mondiale, l’impossibilité de rentrer dans la métropole força les colons, marchands et administrateurs français à prendre leurs vacances en Indochine, causant une demande accrue pour les séjours d’été dans toutes les stations d’altitude. Les projets de développement des infrastructures se multiplient, de nouvelles concessions sont accordées pour la construction de villas. La population s’en trouva augmentée d’autant, non seulement l’été avec les estivants plus nombreux, mais également durant le reste de l’année en raison de l’arrivée de centaines de réfugiés fuyant la révolution en Chine.

 

 



 





Hôtels dans la ville.


 






 

 

 

Le second souffle donné à la station s’interrompit brutalement et définitivement avec l'arrivée des Japonais à la suite du coup de force de mars 1945, aussitôt suivie de l'occupation des forces chinoises républicaines en 1945-46, deux épisodes violents ayant marqué la mémoire des résidents de Sa Pa. Puis vint la guerre d’indépendance en décembre 1946. Après que les civils et militaires français eurent quitté la station pour retraiter sur Hanoï fin 1946 et début 1947, les partisans nationalistes sur place, répondant à l’appel du président Ho Chí Minh, s’affairèrent de janvier à juin 1947 à détruire les infrastructures et les bâtiments coloniaux qui auraient pu servir d'abri aux troupes coloniales. Ces troupes furent de retour dès le milieu de l'année 1947, mais elles se montrèrent incapables de tenir la région en dépit du soutien armé d'une partie de la population montagnarde du district. En 1950, Sa Pa est abandonnée au Viet Mình.

 

 








La rue principale.








 

 


Un bon nombre de migrants additionnels arrivèrent ensuite à l'instigation du programme des "Nouvelles zones économiques" mis en route par le Parti Communiste pour occuper et peupler les régions frontalières tout en contribuant à soulager la pression démographique dans le delta. Ces nouveaux arrivants, pratiquement tous des Kinh, (Vietnamiens des plaines) rétablirent une relation relativement paisible avec les groupes montagnards qui, bien que surclassant les Kinh en nombre dans une proportion de neuf contre un dans ce district, jugèrent plus sage de s’en tenir à une politique de non-affrontement.

 

 







 

 





 


 

 

À Sa Pa, cette nouvelle donne eut pour conséquence la réduction notable des revenus des agriculteurs montagnards, causant le quasi-effondrement de la partie commerciale de leur économie fondée, jusque-là, sur la vente de l’opium et des produits ligneux. De manière opportune, un développement soudain de la demande touristique vint alors stimuler l'économie locale et ouvrir d'énormes possibilités.

 

 

 







 

 

En 1993, quand la haute-région fut ouverte à la circulation touristique nationale et internationale pour la première fois depuis 1947, on vit se répéter, sur une échelle et à un rythme plus grands encore, une phase de développement du commerce et des infrastructures analogue à celle de l'époque coloniale. En 2006, l'affluence touristique annuelle, qui se chiffrait à quelques dizaines de fonctionnaires du Parti avant 1992, était passée à 138 622 visiteurs, les trois-quarts sont d'origine vietnamienne. La demande en produits agricoles frais s'accroissant, des marchands et intermédiaires kinh s’emparèrent de ce segment du marché.

 

 



 


 

 

 


 

Les interactions touristiques telles qu’elles réapparaissent à Sa Pa depuis 1993 ne sont donc pas entièrement nouvelles pour les montagnards de la région. Des aînées H'mong et Dzao autour de Sa Pa se souviennent de la présence française et des bénéfices économiques liés à cette présence. Fortes de leur expérience passée, elles savent répondre à la demande touristique actuelle en artefacts «ethniques».

 










 

 

Depuis l'Indépendance en 1954, le Comité populaire de Sa Pa est en charge de la destinée de la ville et son district. Le Comité populaire est contrôlé par la minorité kinh du district, laquelle ne représente que 14 % de la population. Les montagnards, dont la majorité sont analphabètes et dont beaucoup, notamment les femmes, ne parlent pas le Vietnamien, n’ont que nominalement voix au chapitre des décisions locales par l'entremise de leurs "représentants" de l’appareil étatique, tous accrédités par le Parti. Ce Comité populaire, ainsi, dopé par le récent boom touristique et supporté par les instances provinciales et nationales, promeut un développement économique fondé sur le tourisme de masse et la croissance économique rapide.

Le rôle réservé aux montagnards dans cette équation reste largement confiné à celui d'une simple attraction colorée.

 

 

Source : Wikipédia











A suivre, photos du marché de Sapa...




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Lundi 5 janvier 2009

Photos de coucher de soleil à pointe du Finistère avec la légende de la Baie des Trépassés, légende racontée par Pierre Jackez Hélias.


 


 

La légende de la Baie des Trépassés

 

 

Debout sur l'étrave du Raz de Sein, quand on regarde le Bec du Van, vers le nord, on voit la mer pousser des rouleaux puissants sur une grève entre les deux caps. C'est la grève des Trépassés, «l'abominable baie», un des lieux de rendez-vous des noyés qui attendent l'embarquement pour leur séjour de l'autre monde. Et pourtant, les pêcheurs de Cléden en parlent seulement comme «de la grève du Nord-Ouest».

 








 

 



 



On n'y trouve pas d'ossements humains parmi les galets. Les courants n'y portent pas plus de cadavres qu'ailleurs. Certains jours, la mer y est si douce et le soleil si beau que la méditation de la mort y semblerait une offense.

 









 

 

Mais le peuple invisible des Trépassés se presse dans cette baie et sur ses rivages.

Dans les eaux de la baie, il y a des noyés de toute sorte. Il y a les plus beaux marins du monde et les plus courageux, ceux que la Morgane a choisis pour époux. Mais le destin de la Morgane veut que son baiser tue ses amants et qu'elle n'étreigne jamais que des cadavres. Ils dérivent dans les courants et pas un seul poisson n'oserait les profaner.

 









 

 

D'autres noyés chrétiens se sont livrés eux‑mêmes à la Morgane païenne. Ceux‑là vont errer jusqu'à la fin du monde, la marque de leur baptême au front. C'est en vain que les pêcheurs vivants qui les rencontrent voudront les ramener dans leur barque, par pitié. Les damnés leur glisseront des mains. De la Barque des Morts, ils ne verront que la quille.

 

 



















 

 

Au bord de la Baie des Trépassés attendent aussi les âmes de ceux dont la mer a rejeté les cadavres. La plupart sont d'honnêtes marins, en paix avec Dieu et avec les hommes. A cause de cette innocence, ils ont eu assez de pouvoir sur les vagues pour que celles-ci les ramènent à la côte où ils seront ensevelis en terre bénite. Mais quelques-uns, coupables de fautes inexpiables, ont vu leurs corps vomis par la mer elle‑même, qui n'a pas voulu en être souillée. De ceux-là non plus, la Barque des Morts ne voudra pas se charger.

 

 

 


















 

Depuis que le monde existe, la Barque des Morts se présente à la Baie des Trépassés, certaines nuits. Une voix puissante s'élève sur le Bec du Van ou le Bec du Raz, appelant un pêcheur par son nom. L'homme ne s'étonne pas. Il sait que, depuis toujours, ses ancêtres ont passé les morts et que, pour cet office, ils étaient affranchis de toute redevance envers leurs seigneurs de la terre.

 











 

 

Il descend vers la baie du Nord-Ouest. Une longue chaloupe y est à flot. Elle paraît vide et pourtant elle s'enfonce dans l'eau jusqu'au bordage, comme si elle était chargée à couler bas. Dans une grande rumeur de supplications, le pêcheur se fraie un passage à travers les rangs pressés d'une foule invisible. Quand il a pris sa place au gouvernail, une voile se largue d'elle-même et la Barque des Morts s'éloigne de la grève. Derrière elle, éclatent les sanglots des âmes qui ne sont pas du voyage.

 

 



















 

 

 Le pêcheur la manoeuvre à travers les brisants et la mène vers Sein. Dès qu'elle a touché l'île, il la sent qui s'allège et remonte sur l'eau à mesure que débarquent les invisibles passagers. Alors, il peut remettre le cap sur la grande terre. Quand il est entré dans la baie vide et silencieuse, la barque n'est déjà plus qu'une ombre, quand il a posé un pied sur le sable, elle a disparu.

 

 












 

A qui demandera si la Barque des Morts aborde toujours à la Baie des Trépassés, aucune voix n'osera répondre. Aucun pêcheur du Cap-Sizun n'a jamais avoué qu'il avait fait le passage. Celui qui est choisi pour cet office vit désormais en étranger parmi ses frères en attendant qu'il devienne l'Ankou marin.

 

 











En cliquant sur l'image ci-dessous, vous allez être dirigé vers le site "Les Ligneurs du Raz de Sein", à voir absolument.







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Samedi 27 décembre 2008

A la Pointe de Brézellec, juste au-dessus du port-abri déserté par les barques de pêche en hiver, Une crèche de Noël fait face à la mer. Plutôt un petit village, que certains nomment "Bethléem sur mer". Son créateur ? C'est Yves Pennamen, de Laoual en Plogoff, le village des irréductibles, qui s'occupe de ce petit lopin de terre, son jardin, comme il dit. Et pour accompagner ces quelques photos, un petit conte breton de Noël, un peu triste, mais plein du bon sens. Son auteur ? Pierre Jackez Hélias, comme bien souvent.

 

Ci-dessous, Brézellec en été :

 

 





 

 

 


Et aujourd'hui, 27 décembre 2008, par fort vent de Nord Est, toutes les barques sont rentrées :


 

 

 




 


 


LE GRAIN DE FOLIE

 

 

 

 




 

 


 

Il y avait une fois, quelque part en Bretagne, un petit garçon qui ne riait jamais. Ne me dites pas que ce n'est pas vrai. C'est Joz Scuiller, de la paroisse de Tréguennec, qui m'a conté son histoire. Si l'on me donnait à choisir entre une seule parole de Joz Scuiller et les charretées de papier noirci qui sont conservées, à Quimper, dans la grande maison des archives, je mettrais le feu à toute cette encre. Ne me demandez pas non plus où habitait le petit garçon. Il habitait partout où l'on parle breton. Vous êtes contents, maintenant !

 

 

 

 


 

 

 

 


 

Il ne savait pas rire au soleil d'avril, aux fleurs qui s'ouvrent sur l'aubépine, à son image dans la fontaine, au chat qui joue avec une mèche de chanvre, à l'écume de la mer dans les galets. Aux grimaces des hommes non plus il ne riait pas. Il n'avait pas ri, dans son berceau, quand il avait fait connaissance avec son pied nu. Il ne savait même pas rire à sa mère. Pourtant, la pauvre femme avait fait les sept possibles pour lui apprendre.

 

 

 


 


 

 


 

Cent fois, elle avait conté les tours du lièvre qui broute dans le petit pré du creux de la main et qui échappe aux cinq doigts pour se réfugier dans le nombril de l'enfant. Mais l'enfant ne riait même pas quand on lui chatouillait le nombril. Il regardait sérieusement sa mère. On voyait, dans ses yeux, beaucoup d'affection pour elle, mais encore plus d'indulgence. Elle n'avait pas vu sortir sa première dent. Quant à son père, il n'osait pas lever les yeux sur lui. Il se croyait devant un juge.

 

 

 

 


 


 

 


 

L'enfant trop sage n'avait pas d'amis. Les joueurs de marelle, les lanceurs de toupie, les coupeurs de sifflets, les manieurs de frondes, les patrouilleurs de campagne qui avaient son âge l'appelaient le Korrigan parce qu'il y avait en lui une âme de vieux avant même qu'il eût hissé ses premières braies. Personne ne l'avait jamais vu courir. Il passait son temps à s'occuper d'un oiseau qu'il avait mis en cage. Ce n'était pas pour se réjouir de ses ébats ni de son chant, mais pour le garder à l'abri des rapaces, des chats et de l'hiver. Il le nourrissait avec soin, lui tenait conversation quand ils étaient seuls, lui reprochait sa tête folle quand il se cognait aux barreaux.

 

 

 


 


 

 


 

Tous les ans, à la fin de l'automne, il élevait la voix pour demander à son père de ramasser tous les oiseaux des champs dans la maison avant les grands froids. Il avait le coeur bon, mais il ne pensait pas à la liberté des bêtes. Il faut savoir rire de naissance pour avoir des idées pareilles. Il ne savait pas.

 

 

 





 

 


 

Une année, aux approches de Noël, sa mère s'en fut à Plonéour pour livrer la dentelle qu'elle faisait de nuit aux dépens de ses yeux. Sur la place, il y avait une boutique de bonbons qui vendait aussi des oranges. La pauvre femme en aurait bien acheté une pour son fils, mais l'aurait‑il mangée, ce petit moine !

 

 






 

 


 

Elle s'en allait en soupirant quand la marchande, une femme inconnue sous une coiffe étrange, lui dit d'une voix douce : « Pour votre fils, Marie‑Jeanne, il faudrait un grain de folie ». Elle offrait une sorte de noisette grise, enfilée dans un lacet : « Vous la lui mettrez au cou, sous la chemise. Et qu'il la garde sept ans ! ». La mère prit l'objet et fouilla dans sa jupe pour tirer sa bourse. Quand elle releva les yeux, il n'y avait plus rien devant elle, plus rien que la pierre du pilori qui s'y trouve toujours.

 

 

 

 





 


 

Si grande était la joie de Marie‑Jeanne qu'elle ne chercha pas plus loin. Vous et moi, nous aurions ouvert notre gorge au soleil pour mieux nous étonner. Mais nous n’avons pas mis sur terre un enfant qui ne sait pas rire.

 

 

 


 






 

C'est ainsi que le petit garçon, au matin de Noël, trouva dans son sabot la graine couleur de cendre. A peine l'eut‑il passée à son cou et réchauffée un moment sur sa poitrine qu'on le vit changer de visage. Et soudain, pour la première fois, on entendit son rire. Il se mit à tourner, à sauter, à danser sur l'aire de sa maison en débitant toutes les comptines qu'il avait entendues depuis sa naissance sans lever un sourcil ni montrer une dent. Il bondit sur le dos de son père qu'il fit trotter comme un cheval de manège en riant aux éclats. Il défit, pour s'amuser, le lacet de coiffe de sa mère qui manqua étouffer de joie. Et il riait toujours. A la fin, il se jeta dehors et rassembla tous les gamins du quartier pour une partie de colin‑maillard. Quand il rentra, le soir, il avait déchiré ses braies en montant aux arbres. Avant de se coucher, il ouvrit la cage et libéra son oiseau. La nuit, on l'entendit rire et siffler dans son sommeil. Dehors, la neige s'était mise à tomber.

 

 

 


 



 



 

Le lendemain, quand il se réveilla, le nouveau luron engloutit sa soupe au café et sortit pour courir l'aventure. Or, en traversant le verger, il trouva son oiseau tout raidi de froid sur une branche morte. L'enfant avait bien changé depuis la veille, mais il était demeuré bon, la graine de folie n'y pouvait rien. Il déboutonna sa chemise et mit l'oiseau contre sa peau pour le dégourdir. La petite bête revint à la vie et, comme elle avait grand'faim, elle dévora la graine couleur de cendre qui était à portée de son bec, suspendue au lacet. Puis elle s'envola pendant que l'enfant sentait retomber sur ses épaules le poids de la sagesse.

 

 

 

 





 


 

 

 Il rentra chez lui. Dehors, ses camarades l'appelaient à grands cris, à grands coups de sifflets. Il ne les entendait plus. Les yeux secs, il méditait devant la cage vide. Alors, il entendit un froissement d'ailes. L'oiseau était revenu. Il se glissa de lui‑même dans sa cage et ne bougea plus. Il avait l'air vieux. Voilà ce que la graine couleur de cendre avait fait de lui. La folie des hommes, c'est la sagesse des oiseaux et, quand un oiseau devient sage, il ne veut plus de sa liberté. Le petit homme et la petite bête se regardèrent longtemps. Ils ne savaient plus ni rire ni siffler. Ils avaient pourtant su.



Quand la mère rentra des champs, elle les trouva morts tous les deux.

 

 

 

 






 

 


 

Ci-dessous, Yves Pennamen :


 

 



 

 

 


A tous les visiteurs de mon blog, tous mes voeux de bonheur et de santé pour l'année 2009.


 

 





Coucher de soleil sur l'île de Sein.

 

 

 






 

 


Par Erwan - Publié dans : Légendes bretonnes - Communauté : Photos de Bretagne
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Jeudi 18 décembre 2008

Derniers arrivés sur le sol indochinois, les H'mongs ont été souvent nomades au départ, s'établissant dans les régions les plus reculées. Pratiquant la culture sur brûlis du maïs et même de l'opium, ils sont maintenant sédentarisés.

 








 

Pendant la guerre française, les Français leur achetant leur production d'opium, les H'mong se rallièrent à la France afin de ne pas tomber sous la tutelle des Communistes. Le chef H'mong Chau Quang Lo se remarqua par sa lutte acharnée contre le Vietminh, mais aussi contre les Chinois. Il défendit la région de Lao Chai, à frontière sino-vietnamienne de 1947 à 1952.

 

 










Actuellement, la culture de l'opium étant très surveillée, les H'mongs cultivent du chanvre, du coton et des fruits (pêches, prunes, pommes) qui sont renommés dans tout le pays. Ils récoltent aussi toutes les plantes médicinales de la forêt et la résine du "Toxicodendron succedanea" pour fabriquer de la laque.













La riziculture en terrasse s'est également développée, et on ne peut  être qu'admiratif devant des pans de montagne convertis en jardin, sans appareil mécanique, chaque pierre déplacée à la main, avec toute la patience et la ténacité dont sont capables les Asiatiques.

 

 









 

 

Suite du conte d'Auguste pavie...

 

 







 

…Ayant constaté que ses auditeurs s'étaient prononcés moitié pour la première, moitié pour la deuxième des jeunes filles, il reprit son manuscrit et continua :











 

« Le juge conclut ainsi : "La première de ces jeunes filles a fourni à un malheureux emporté par les eaux le moyen de surnager. Elle lui a sauvé la vie car, dans sa détresse, il n'aurait pu sans son aide attendre le secours qui lui a ensuite été donné.











La deuxième l'a retiré du fleuve au moment où il allait périr dans les rapides et les tourbillons. Toutes deux, en remplissant généreuse­ment leur devoir, ont accompli une action également belle.











La troisième, voyant un jeune homme sortir sans vêtements de l'eau, a voulu de suite le couvrir et s'est dépouillée de son écharpe.









 


Jeune homme, quoique le service que vous ont rendu les deux premières jeunes filles leur ait peu coûté, il est tel que vous leur devez désormais une reconnaissance approchant de celle que vous devez à votre mère.












Le sentiment de pudique protection auquel a obéi la troisième est celui qu'une jeune fille aurait éprouvé pour son fiancé : son action a établi un lien entre elle et vous.










De ces trois jeunes filles qui désirent vous avoir pour époux, c'est à elle qu'il appartient de vous conduire vers ses parents."












Le jeune homme ayant salué le juge, s'agenouilla aux pieds des deux premières jeunes filles et les remercia de nouveau, demandant au ciel qu'il lui fût donné de rendre un jour pareil service à des humains. Puis il s'approcha de celle dont il avait pour vêtement l'écharpe :












"0 jeune fille, conduisez‑moi vers vos parents, je serai heureux s'ils me reçoivent avec bonté."»

 


















































































A suivre...



N.B. : La vie du peuple H'mong n'est pas toujours aussi sereine ni aussi paisible qu'elle est au Vietnam. Pour plus d'informations, suivre le lien en cliquant sur le logo ci-dessous.








 

Par Erwan - Publié dans : Légendes vietnamiennes - Communauté : images du monde
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Lundi 15 décembre 2008

L'habitat des H'mongs est assez rudimentaire : leurs maisons sont construites à même le sol, sans fenêtre. Leurs greniers sont sur pilotis et s'il y a une étable, elle est construite en face de la maison.

La société hmong est très solidaire. Les gens de la même lignée se regroupent le plus souvent dans un village appelé giao.

A chaque village, son territoire, son génie tutélaire et ses conventions très observées.

Les Hmong rendent le culte des esprits, de la maison, de la porte et du bétail. Par ailleurs, le Bouddhisme, le Confucianisme et le Taoïsme ont des impacts certains sur leur mentalité.

 

 

 





 

 


Les jeunes choisissent leurs âmes soeurs. Est condamnée la relation de mariage entre les gens du même lignage.

On constate peu de divorces chez cette ethnie.

Le mariage par rapt est fréquent sans subir aucune opposition de la famille de la jeune fille. Le garçon en informe ses beaux-parents deux jours après l’enlèvement et demande la cérémonie de noces.

Le modèle patrilinéaire et polygamique est encore de rigueur.

La jeune femme après le mariage ne peut rentrer chez ses parents qu’avec la permission de ses beaux-parents et en compagnie de son mari.


 




 



Si le mari est mort, la veuve épouse le jeune frère du défunt. Si ce dernier n’avait pas de frère, elle épouserait un de ces cousins. En cas de divorce, la femme loge dans la maison d’un notable qui la protège jusqu’au moment de se remarier. Au cas où elle souhaite reprendre sa liberté, elle doit verser à sa belle-famille une certaine somme à titre de dédommagement.

 

L’accouchement en position accroupie est populaire. Le placenta est enseveli sous le lit si le bébé est une fille et au pied de la colonne principale de la maison en cas d’un garçon.

 

 


 

 

 

 


Auguste Pavie, rapporte de son expédition au Cambodge, au Laos et au Vietnam, (1887/1888) une petite histoire que lui a raconté un bonze Cambodgien. Elle accompagnera les images suivantes.

 

(Cliquer sur l'hermine ci-dessous pour en savoir plus sur Auguste Pavie)

 

 

 

 

Un jeune prêtre vient de quitter la pagode et l'habit religieux pour rentrer dans sa famille et choisir une compagne. Il se baigne au bord du fleuve par la grande chaleur du milieu du jour.










Tout à coup, une partie de la berge, rongée par les eaux, s'éboule. La chute des terres cause un remous tel qu'il pousse le nageur jusque dans la partie impétueuse du courant. Il est entraîné malgré ses efforts. Le soleil baisse à l'horizon ; le jeune homme a en vain lutté pour gagner le bord. Le léger vêtement qui le couvrait pour le bain a disparu. Ses forces l'abandonnent : il implore Pra‑En, lui confie son destin et, se contentant de se maintenir à la surface de l'eau, il se laisse emporter.











À ce moment, trois jeunes filles venues pour puiser de l'eau l'aperçoivent. La première pousse dans le fleuve un tronc de bois mort auquel le naufragé parvient à s'accrocher, mais son épuisement est grand : incapable de le diriger vers la rive, il reste à la merci des eaux. On entend dans le lointain le grondement d'un rapide. Les flots s'y brisent tumultueusement contre les rochers. Malgré le secours puissant qu'il a reçu, l'infortuné va périr. Les jeunes filles le suivent en courant sur le bord.










La deuxième a pris un long bambou ; elle le lui tend. Il peut le saisir ; il est sauvé ! Au moment où il sort de l'eau, la troisième voit qu'il est nu. Elle se dépouille rapidement de son écharpe et la lui jette.










Aussitôt qu'il est à terre, le jeune homme tombe à genoux sur le sol : il remercie Pra‑En, puis les jeunes filles. Celles‑ci l'interrogent ; il répond :

"J'ai ce matin quitté la pagode et l'habit religieux pour rentrer dans ma famille et choisir une compagne. Je me baignais au bord du fleuve par la grande chaleur du milieu du jour, tout à coup une partie de la berge, rongée par les eaux, s'éboule. La chute des terres cause un remous tel qu'il me pousse jusque dans la partie impétueuse du courant. Je n'en puis sortir  ; mes forces sont épuisées. Je sens que je vais périr ; je remets mon destin aux mains de Pra‑En. Vous apparaissez alors : vous êtes mon salut."

 









Les jeunes filles ont considéré le naufragé;  elles l'ont trouvé beau. La pensée est venue à chacune qu'il pourrait devenir son époux. La troisième s'exprime ainsi :

"Ce qui arrive, ô jeune homme, a lieu par la volonté de Pra‑En lui‑même : l'une de nous sans doute vous est destinée !"

Et son regard dit qu'elle serait heureuse d'être celle choisie.




 






Mais la première jeune fille aussitôt s'écrie :

"Il ne saurait être l'époux d'une autre que moi. Je l'ai sauvé, il m'appartient."

 








Alors la deuxième parlant à son tour: "C'est à moi qu'il doit être, sans moi sa mort était certaine ! Allons au juge !"

 

 


 





Cependant le juge a écouté le récit du jeune homme. Il a aussi entendu les deux premières jeunes filles. Il s'adresse à la troisième :

- Et vous qui couvrez votre poitrine de vos bras croisés, quelle obligation vous doit le naufragé qui puisse être comparée aux services rendus par vos compagnes ?

 

 

 




 



- Je n'ai pas contribué à lui sauver la vie. Le voyant sortir sans vêtements de l'eau, je me suis dévêtue de mon écharpe et la lui ai jetée."

 

 





 



À ce point de la lecture, le prêtre s'arrêtant s'adressa à ceux qu'il instruisait :

« Maintenant réfléchissez et inscrivez sur vos ardoises en faveur de qui vous eussiez rendu le jugement. »…




 



 




...Pour connaître la suite, rendez-vous au prochain article, et, d'ici là, faites votre propre jugement...


 






 

 

 

 






 

 

 







(Ecolières de retour de l'école)


 

 

 




 

 

 

 

 






 

 

 

 

 







A suivre...

 

 




 

 







Par Erwan - Publié dans : Légendes vietnamiennes - Communauté : images du monde
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Mercredi 10 décembre 2008
Venus de Chine dans les années 1800, ils se sont implantés dans le Nord Ouest du Vietnam, à la frontière de la Chine et du Laos. C'est le septième groupe le plus important du pays, il compte environ 600 000 individus. Leur habitat se situe entre 900 m et 1 500 m d'altitude. Ils sont connus aussi sous le nom de Miao et de Méo. Chaque communauté regroupe une dizaine de familles appartenant toutes à la même lignée.

 

 

 


 


 

Si les hommes ont une préférence pour une tenue européenne, les femmes et les enfants gardent le costume traditionnel. Ce costume varie en fonction de l'appartenance au groupe. On distingue en effet les H'mongs Noirs, les H'mongs Rouges, les H'mongs Bariolés, les H'mongs Verts…

(Les photos vous montrent des H'mongs Noirs).

 

 

 






 

Le mendiant qui devint roi

 



Le candide avait reçu du roi du Monde aquatique un parasol magique qui faisait pleuvoir à chaque fois qu'il l'ouvrait. De cette manière, ses terres ne souffraient jamais de la sécheresse.

 

 


 

 

 

 

 


Un jour qu'il appelait ainsi la pluie, un poisson aux écailles étincelantes et multicolores tomba des nuages et nagea avec grâce dans une flaque d'eau. Séduit par sa beauté, le garçon le ramassa et le mit dans une jarre d'eau pure. Il venait souvent l'admirer et lui parler comme à un ami.

 

 

 


 



 

 



 


 

 

 


 

Le candide constata qu'après chacune de ses absences, il retrouvait sa maison rangée et nettoyée, comme si quelqu'un habitait là et veillait à son bon ordre. Intrigué, il feignit un jour de partir, revint aussitôt par derrière et grimpa dans la charpente pour épier. Il vit alors sortir de la jarre la fille du roi du Monde aquatique. Elle se mit à faire le ménage et la cuisine.

 

 

 



 

 

 

 

 


Il prit une décision rapide, descendit de sa cachette et alla casser la jarre. La fille, privée de refuge, dut lui avouer que depuis leur dernière rencontre elle s'était éprise de lui et avait obtenu de son père l'autorisation de venir vivre avec lui. Mais que, craignant son refus, elle s'était contentée de ce stratagème.

 

 

 


 

 

 

 




Le garçon, tout heureux, lui proposa de l'épouser sur le champ. Il vécut alors dans un bonheur total, passant son temps à regarder sa femme, ne la quittant plus un instant, négligeant toute activité. Pour le pousser au travail, son épouse eut l'idée de dessiner deux portraits d'elle, qu'elle plaça à chaque bout du champ, de telle sorte qu'il pouvait la voir tout en labourant.

 

 

 

 


 


 


 

Mais un jour, pendant qu'il travaillait, des soldats passèrent à proximité de la maison et remarquèrent la beauté particulière de sa femme. Ils décidèrent de l'enlever et l'emmenèrent pour la présenter au souverain du pays.

 

 

 


 


 

 


 

Le roi tomba aussitôt sous le charme de la captive et décida de l'épouser. Il répudia toutes ses autres femmes.

 


 





 

 

 






 

 



Il décréta qu'elle devenait la reine, son unique épouse de premier rang. Cependant, celle-ci demeurait une beauté froide et ne souriait jamais, malgré toutes les tentatives du roi pour la distraire.

 

 

 


 


 

 


 

Pendant ce temps, le pauvre candide était désespéré de la disparition de sa femme. Il décida de partir à sa recherche. Errant de village en village, de ville en ville, il demandait à tous ceux qu'il rencontrait s'ils savaient quelque chose d'elle.

 

 

 


 


 

 

 





 

 



 

À la longue, il devint tout maigre et, avec ses habits en haillons, il eut tout d'un mendiant.

Un jour, quelqu'un lui dit que la nouvelle reine ressemblait à celle qu'il décrivait. Malgré son aspect misérable, il se présenta avec courage aux portes du palais. Comme obéissant à un ordre mystérieux, les soldats le laissèrent entrer.

 

 

 

 


 

 

 

 


 

On le conduisit devant le couple royal. A sa vue, la reine se mit à rire, retrouvant toute sa pétulance. Le roi, étonné et ravi, crut que la seule vue du mendiant avait suffi à faire sortir sa reine préférée de la léthargie.

 

 

 


 


 

 


 

Il décida d'échanger, à l'abri des regards pour créer la surprise, ses habits royaux contre les haillons du miséreux, afin de surprendre et d'amuser sa favorite.

Mais dès qu'il eut revêtu des guenilles, la reine appela les soldats pour chasser le faux mendiant, qu'elle fit passer pour fou.

 

 

 


 

 

 

 

 


Après quoi, elle demanda à son ancien époux de l'accompagner dans ses appartements privés.

 

 


 

 

 

 


 

Grâce aux habits royaux, personne n'osa lever les yeux sur lui. C'est ainsi que le candide devint roi. Pour le bonheur du peuple, il se révéla être un bon souverain, et sut gouverner avec justice. Grâce au pouvoir magique de son parasol qui faisait venir la pluie à la demande, le pays devint prospère et ne souffrit plus des sécheresses si catastrophiques autrefois.

 

(N.B. : Les deux photos précédentes vous montrent des H'mongs rouges).


Ngyên-Xuân-Hùng

(Contes du Vietnam)

 

 




Ci-dessous : une robe de H'mongs Bariolés :



 


 

 

 



 

 

 



Une robe de H'mongs Noirs :

 

 






 


A suivre…

 

 

 



 

 

 

 







 

Par Erwan - Publié dans : Légendes vietnamiennes - Communauté : Asie
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Lundi 8 décembre 2008
Une petite balade sur la Rivière Noire, et au fil de l'eau, nous rencontrerons les barges des concasseurs de galets - ils "récoltent" les gallets de la rivière pour l'entretien des routes mises à mal par les pluies diluviennes de la mousson - des habitations Thaïs perdus dans la végétation, et quelques buffles qui ont trouvé refugent dans les eaux de la rivière pour se protéger de la chaleur.
Pour accompagner les photos, quelques vers de mon ami Dông Phong, poète Vietnamien exilé en Bretagne.





















Histoire pour Margaux

 

 

Lorsque je n’étais qu’un pauvre jeune garçon,

Peinant dans ma bonne vieille ville de Saigon

A étudier dans le grand lycée français,

Mélangeant mes accents au subjonctif parfait,

Je n’avais jamais vu une seule fourchette,

Bien sûr, chez nous on ne se sert que de baguettes,





















Mais je dévorais tout ce qui sentait Paris,

Si goulûment Villon, Hugo, Malraux, Loti,

Sans compter ce moineau d’écolier qui court

Vers Anatole France au jardin Luxembourg.

Je souhaitais pouvoir danser aux bals musette,

Enlaçant des filles aux airs de Mistinguett

A Montmartre, Bastille ou place Panthéon,
























A Paris tout semblait beau, même sous les ponts,

Et je rêvais surtout du Canard Enchaîné

Qui me promettait tant et plus de liberté

Et de démocratie dont nous avions faim.
























Je rongeais mon frein mais je pus partir enfin

Vers la liberté dans ce merveilleux pays

Dont les gens souvent en abusent à l’envi.
























J’ai joui de cela et gagner quelques sous,

Sans pouvoir soulever le rideau de bambou,

Partager ces valeurs à mon cher pays natal

Où les miens souffrent à mort de ce maudit mal.






















Et voilà tu sais tout, ma très aimée Margaux,

Ris un peu pour ce que cette histoire vaut.

 

Dông Phong

 

Gouesnou le 2 juin 2006

 

En cliquant sur la vignette ci-dessous, vous serez dirigés sur le site de l'auteur : terrelointaine.over-blog.fr











 








 

Dong Phong (Vent d’Est) est la signature d’un biologiste Vietnamien naturalisé "Breton". Il est aussi diplômé de l'École Pratique des Hautes Études (La Sorbonne) en sciences historiques et philologiques. Il  s'est fait connaître des amateurs de poésies par son recueil bilingue, Poèmes inter mi-temps, publié aux éditions Publibook.























A suivre...













Par Erwan - Publié dans : Vietnam - Communauté : Asie
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